Le Trente Hebdo – L’infolettre de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec – FPJQ

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Le Trente Hebdo

L’infolettre de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec – FPJQ


Reproduit avec l’aimable autorisation de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec – FPJQ

EN MANCHETTE

Après deux ans de procédures judiciaires, la Dre Isabelle Désormeau perd son combat

Elle tentait d’empêcher les médias de dévoiler son nom

L’identité de la Dre Isabelle Désormeau a été rendue publique, après deux ans de procédure pour empêcher les médias de la divulguer. L’anesthésiste, qui a cessé la pratique en 2019, est impliqué dans une enquête pour meurtre par euthanasie en 2019 sur un patient de 84 ans, à l’hôpital Cité-de-la-Santé (photo), situé à Laval.

« C’est dommage qu’on ait dû se battre aussi longtemps, mais au moins justice a été rendue », a déclaré au Journal de Montréal le président de la FPJQ, Michael Nguyen.

La docteure estimait que le dévoilement de son identité pourrait lui porter préjudice si un procès devait se dérouler. La Cour Suprême a rejeté sa demande d’appel, vendredi dernier, et les interdits de publication ont été levés hier après-midi par la Cour supérieure. Les noms des docteurs Joseph Dahine et Hugo Veilleux, considérés comme des témoins importants, ont aussi été divulgués.

Le Collège des médecins a également tenu une enquête en déontologie sur le dossier de la Dre Désormeau. La police de Laval a tenté d’en obtenir les résultats, mais la Cour supérieure a refusé la demande à la fin novembre. Le rapport du coroner sur les circonstances du décès n’a toujours pas été rendu public.

LE COMPTE RENDU DU JOURNAL DE MONTRÉAL

L’Afghanistan et le Mexique, les pays les plus dangereux pour les journalistes

Le rapport annuel de Press Emblem Campaign est dévoilé

Selon le rapport annuel de la Press Emblem Campaign (PEC), dévoilé ce matin à Genève, 77 travailleurs des médias ont été tués dans 28 pays depuis janvier 2021. L’Afghanistan est le pays qui a recensé le plus de victimes en 2021, avec 12, devant le Mexique où dix journalistes ont été assassinés.

Parmi les pays les plus dangereux viennent ensuite le Pakistan (7 décès), l’Inde (6), les Philippines (4), le Yémen (4), et la République démocratique du Congo (3). Au moins un journaliste aurait aussi été tué dans une vingtaine de pays, dont les États-Unis.

« Le nombre de journalistes tués a diminué de 8% par rapport à la même période de l’an dernier, une légère amélioration. Une amélioration a eu lieu en Amérique latine en dehors du Mexique, par contre une détérioration est observée en Afrique et en Europe. Le Mexique et l’Afghanistan sont parmi les pays les plus dangereux depuis plusieurs années, mais l’augmentation en Afrique est particulièrement inquiétante », a analysé Blaise Lempen, le secrétaire général de la PEC.

Sur les cinq dernières années, le Mexique a enregistré le plus grand nombre de victimes avec 66, selon la PEC.

LES DÉTAILS

Malgré les critiques pour empêcher Radio-Canada de le présenter

Le documentaire « La parfaite victime » a finalement été diffusé

Une requête avait été déposée lundi au diffuseur public par les présidents de quatre associations d’avocats de la défense pour que le documentaire « La parfaite victime » ne soit pas présenté sur les ondes le lendemain. Selon la lettre adressée à l’ombudsman, Radio-Canada devrait « éviter d’exposer le grand public à cette vision trompeuse de la justice et d’infliger aux victimes une souffrance injustifiée en plus de potentiellement les décourager de porter plainte ». Les associations soutiennent également dans la lettre que le documentaire contrevient aux « normes et pratiques journalistiques » de la Société d’État.

« On peut à bon droit critiquer le fait que certains propos tenus dans le film ne soient pas rigoureusement conformes à la réalité. On peut être en désaccord avec le message ou le ton du film. Mais cela ne saurait en aucun cas constituer un motif suffisant pour empêcher sa diffusion », a indiqué par courriel au Devoir lundi Marc Pichette, le porte-parole de Radio-Canada.

Réalisé par les journalistes Monic Néron et Émilie Perreault, « La parfaite victime » dévoile les obstacles que rencontrent les victimes d’agressions sexuelles lorsqu’elles portent plainte.

Les précisions du Devoir

À l’aube de son deuxième anniversaire

L’avenir de la coopérative CN2i analysé par Projet J

La coopérative nationale de l’information indépendante (CN2i) célébrera son deuxième anniversaire de création après-demain. Le journaliste Daniel Allard s’est penché sur l’avenir de ses coopératives et de leur modèle d’affaire dans un article publié sur Projet J.

CN2i a vu le jour officiellement le 11 décembre 2019. Elle est formée de six coopératives de solidarité, chacune propriétaire de l’un ses six quotidiens régionaux (Le Soleil, Le Quotidien, Le Droit, La Tribune, Le Nouvelliste et la Voix de l’Est) qui étaient auparavant sous la gouverne de Groupe Capitales Médias.

Les coopérants ont appris cet automne que le financement était assuré pour les cinq premières années. « Qu’est-ce qui pourrait faire qu’elles (les coops) seront encore là ou non dans 5, 10, 50 ans ? » s’interroge Jean-Hugues Roy, journaliste et professeur à l’UQAM. « C’est un modèle que je considère actuellement unique au monde. Mais il n’y a plus d’argent à faire avec de l’info, les Coopératives de l’information sont-elles l’occasion de faire de l’information un véritable bien public ? » se questionne le professeur de l’UQAM.

« Il ne faut pas parler des coops comme de la cogestion. Les coops n’en sont pas. Les dg gèrent. Les employés ne gèrent pas », précise M. Roy. Pour sa part, le professeur associé à l’Université Laval, François Demers, considère que les Coops « vont s’affirmer et prospérer, dans la mesure où elles vont parvenir à devenir des coopératives, c’est-à-dire des cabinets d’associés ».

Ancien patron de presse du mensuel d’affaires, le Journal Chefs d’entreprise, Pierre Drapeau a une vision qui croise celles des professeurs Roy et Demers. « La circulation de l’information doit s’adapter, les entreprises de presse sont toutes menacées, voire vont disparaître. Ici il y a la pertinence tentante de l’aide de l’État, mais il y a un risque et au final il faut faire très attention. D’autant plus que la circulation de l’information, c’est au fond dangereux pour les gouvernements et c’est pourquoi ils ne les aideront, véritablement, jamais ».

Le texte de Projet J

Imposition de redevances aux géants du Web par le gouvernement canadien

Les médias espèrent récupérer entre 100 et 150 millions par an

Le secteur de la presse au Canada estime que Google et Facebook pourraient payer en redevance aux éditeurs entre 100 et 150 millions de dollars canadiens annuellement. La condition, l’adoption rapide d’une loi par le gouvernement Trudeau, inspirée de la législation australienne, qui obligerait les géants de la technologie à payer pour les contenus des médias qui sont partagés sur leurs plateformes.

Selon des sources du milieu interrogées par Press Gazette, la législation pourrait entrer en vigueur d’ici l’été ou au début de l’automne. Un processus d’arbitrage en cas de différends entre les médias et les géants du Web serait également instauré si des accords sont impossibles à conclure. Les libéraux s’étaient engagés lors de la dernière campagne électorale fédérale à déposer un projet de loi à ce sujet dans les 60 premiers jours de son mandat.

Une récente enquête de Press Gazette a aussi révélé que les éditeurs australiens qui ont joint le programme News Showcase de Google obtiennent des redevances plus généreuses que leurs homologues internationaux. En se fondant sur les ententes en Australie, les géants de la technologie pourraient payer l’équivalent de 30 % des coûts annuels des salles de presse canadienne.

Les explications

Meurtre d’un policier à Toronto

Une requête inhabituelle de la défense

L’avocat d’Umar Zameer, un prévenu de 31 ans accusé d’avoir tué de façon préméditée en juillet dernier un policier, Jeffrey Northrup (photo), a demandé à la juge qui l’a libéré sous caution de lever l’interdit de publication sur les motifs ayant conduit à sa décision. Cette libération sous caution, en attendant le procès dans deux ans, avait soulevé un tollé dans la communauté et la classe politique ontarienne.

Aujourd’hui, Me Nader Hasan exige que la juge Jill Copeland dévoile les raisons qui l’ont poussé à libérer son client en septembre puisque de fausses informations circulent à son sujet depuis plusieurs mois. L’avocat reconnaît que sa « requête est inusitée et peu orthodoxe », mais il soutient qu’elle n’a rien d’« opportuniste ». « Nous souhaitons nous assurer que notre client ait un procès juste et équitable », a-t-il expliqué.

Selon lui, la levée de cet interdit de publication est devenue nécessaire pour contrer les informations mensongères qui ont circulé dans la presse à la suite des propos du chef de police de Toronto et d’autres politiciens qui se sont prononcés sur le système de justice. Me Hasan a toutefois indiqué qu’il ne reprochait pas aux médias de faire leur travail. « Il est toutefois clair que la police dicte le récit des événements de son point de vue », a-t-il mentionné.

L’agent Jeffrey Northrup a été heurté mortellement par une voiture alors qu’il enquêtait avec un collègue dans le stationnement souterrain de l’hôtel de ville de Toronto dans la nuit du 1er au 2 juillet.

LE REPORTAGE DE RADIO-CANADA

Pluralité des points de vue en France

CNews se fait encore taper sur les doigts

CNews collectionne décidément les mises en demeure. Cette fois, la chaîne d’informations française a été accusée par le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) d’avoir relégué les interventions du gouvernement (l’exécutif) et du parti La France insoumise aux horaires de nuit.

Selon un relevé que le CSA a rendu public sur le Web, « plus de 82 % du volume total des interventions des membres de l’exécutif et plus de 53 % du temps de parole des représentants de La France insoumise » ont été diffusés entre minuit et 5 h 59. Averti par l’organisme au début du mois de novembre, le groupe Canal+, propriétaire de la chaîne, avait « contesté la position retenue par le Conseil et s’était abstenu d’annoncer des mesures susceptibles de résorber, même partiellement, les déséquilibres constatés ».

Le CSA a déjà sévi à l’endroit de CNews en 2021. En mars, une amende de 200 000 euros (286 000$) a été infligée à la chaîne pour des propos d’Éric Zemmour sur les migrants et en juin, une mise en demeure lui a été imposée pour avoir donné trop de temps d’antenne à un candidat du Rassemblement national (RN) lors des élections régionales en Île-de-France.

Le Monde explique

Des journalistes pris à partie dans un rassemblement

Pas d’amour entre Zemmour et les médias

À l’image de Donald Trump, le candidat d’extrême droite à l’élection présidentielle française, Éric Zemmour (photo), ne se prive pas de vilipender les médias à chacune de ses apparitions publiques. Lors de son premier rassemblement partisan, qui a réuni près de 15 000 personnes à Paris dimanche, l’ancien journaliste a poursuivi son dénigrement envers la presse.

« Depuis des mois, il ne se passe pas une seule journée sans que le pouvoir et ses relais médiatiques ne m’attaquent. Ils inventent des polémiques (…), ils fouillent dans ma vie privée, ils me traitent de tous les noms », a-t-il lancé devant une foule gonflée à bloc, provoquant des huées.

Des journalistes de l’émission Quotidien sur TF1 et de Mediapart ont d’ailleurs subi les foudres de plusieurs militants en recevant des coups derrière la tête et des menaces à peine voilées. « Je pardonne plus, je tue », aurait lancé un militant en bousculant Eliot Blondet, photographe à l’agence Abaca. « Vol de matériel photo. Projectiles sur la presse. Insultes » indique une publication de sa part sur Twitter.

Christophe Deloire, secrétaire général de Reporters sans frontières (RSF), affirme que « le média-bashing est devenu une pratique politique assez fréquente dans toute l’Europe ». Il invite d’ailleurs Éric Zemmour à s’arranger pour que les débordements ne se reproduisent plus. « S’il laisse faire, c’est sa responsabilité et elle est lourde ».

En savoir plus

Une enquête inédite de Reporters sans frontière

« Le grand bond en arrière du journalisme en Chine »

Deux ans après Le Nouvel ordre mondial des médias selon la Chine, Reporters sans frontières (RSF) publie « Le grand bond en arrière du journalisme », un rapport qui décrit l’ampleur de la campagne de répression menée par le régime contre le droit à l’information.

Un document accablant de 82 pages démontre l’accélération des violations des engagements internationaux de Pékin en matière de liberté d’opinion et d’expression. Publié un an avant le 20e Congrès du Parti communiste chinois, prévu pour la fin 2022, le rapport révèle aussi la campagne de répression sans précédent menée ces dernières années par le régime chinois contre le journalisme et le droit à l’information dans le monde entier en plus de mesurer la détérioration de la liberté de la presse à Hong Kong, autrefois un modèle en la matière. Il détaille également la stratégie de Pékin pour contrôler l’accès à l’information à l’intérieur et hors de ses frontières

« Si la Chine continue dans cette direction, les citoyens chinois risquent de perdre l’espoir de voir un jour la liberté de la presse instaurée dans leur pays, et le régime de Pékin parviendra peut-être à imposer son anti-modèle, y compris dans d’autres pays », s’inquiète le secrétaire général de RSF, Christophe Deloire, qui appelle les démocraties à « identifier toutes les stratégies appropriées pour dissuader le régime de Pékin de poursuivre ses politiques répressives et pour soutenir tous les citoyens chinois qui à la fois aiment leur pays et veulent défendre le droit à l’information ».

Consulter le rapport

States Newsroom aux États-Unis

Un organisme sans but lucratif prend le relai de l’info locale

Un désintérêt des lecteurs, les coupes budgétaires dans les salles de presse, la fermeture de plusieurs journaux et la pandémie de COVID-19 ont porté un dur coup aux salles de presse aux États-Unis et plus particulièrement aux médias couvrant l’information régionale. Les politiques gouvernementales des États sont de plus en plus délaissées au profit de l’info nationale. States Newsroom, un réseau de salles de rédaction sans but lucratif couvrant les activités politiques dans les États à travers le pays, tente ainsi de prendre la relève des médias traditionnels.

Les journalistes surveillent de près les législatures et les agences de réglementation des États où sont prises les décisions qui affectent de nombreux aspects de la vie quotidienne des citoyens : impôts, règles environnementales, politique de santé, financement des écoles, droits des travailleurs, etc. « Les politiques adoptées par les gouvernements d’États ont le plus d’impact sur la vie des gens et sont le moins couverts », a souligné Chris Fitzsimon, directeur et éditeur de States Newsroom. « C’est pourquoi nous existons ».

Le nombre de journalistes affectés à la couverture de ces paliers de gouvernements est en baisse depuis des décennies. Il a chuté de 35% entre 2003 et 2014. Des activistes entreprenants, des groupes d’intérêt, des blogueurs et des publications spécialisées ont tenté de combler le vide et de prendre le relai. Les activités des organisations à but non lucratif se sont également intensifiées, parfois en collaboration avec des médias bien établis, comme le partenariat d’Associated Press avec Report For America, qui finance en partie les salaires des journalistes des organes de presse locaux.

Le dossier du Washington Post

Médias américains

Les « bâtards tordus » de Donald Trump

Donald Trump (photo) a continué son entreprise de démolition des médias amorcée lors de son mandat à la présidence. Dans un discours à des convives réunis à son domaine de Mar-a-Lago, en Floride, samedi dernier, l’homme d’affaires a qualifié les journalistes de « bâtards tordus (crooked bastards) ».

Sa conférence, qui a été diffusée par le blogueur et provocateur de droite, Jack Posobiec, est venue rappeler les fréquentes remarques acerbes aux médias qui émaillaient ses discours lorsqu’il était président.

« Le pays est un endroit très dangereux », a-t-il affirmé en fin de semaine poursuivant ses allégations sur de prétendues fraudes électorales qui lui aurait fait perdre son poste au profit de Joe Biden en novembre 2020.

« Nous n’avons pas de presse, a-t-il lancé. La presse est tellement corrompue. Nous n’avons pas de presse. S’il y a une bonne histoire sur nous, une bonne histoire sur n’importe lequel des républicains, conservateurs, ils en font une mauvaise histoire. Et si c’est une mauvaise histoire, ils en font la pire histoire de l’histoire. Ce sont des personnes très malhonnêtes ».

Donald Trump affirme qu’il est fier d’avoir contribué à faire changer l’opinion des Américains sur les médias. Selon lui, avant son arrivée au pouvoir, ces derniers avaient un taux de popularité de 94 ou 95% tandis que maintenant, il serait inférieur à celui du Congrès.

Les détails dans le Guardian

Une série podcast sur la cellule Spotlight diffusée par France Culture

Retour sur un scandale sexuel qui a ébranlé l’église américaine

Au début des années 2000, une petite équipe de journalistes du Boston Globe, nommée la cellule Spotlight, a dévoilé un énorme scandale de pédocriminalité qui va faire vaciller l’église américaine. Une série de baladodiffusion concernant cette affaire est disponible sur France Culture depuis le 2 décembre dernier. Elle fait un retour sur cette enquête, qui a été suivie par de nombreuses révélations à travers le monde.

Racontée par Matt Carroll, l’un des journalistes de l’équipe du Boston Globe qui a révélé le scandale de pédophilie, la série « Mécaniques du journalisme » est découpée en quatre épisodes et permet d’accéder aux coulisses de l’enquête journalistique.

ÉCOUTER LA SÉRIE EN BALADODIFFUSION

Affaire Andrew Cuomo

Son frère Chris perd son emploi à CNN

Le présentateur vedette de CNN, Chris Cuomo (photo), a été congédié de son poste par la direction de la chaîne d’informations samedi dernier à la suite d’une enquête menée pour son implication dans la défense de son frère Andrew Cuomo, ex-gouverneur de l’État de New York, inculpé d’agressions sexuelles.

Le journaliste avait déjà été suspendu le 30 novembre dernier pour que CNN examine ses agissements. « Pendant le processus de cet examen, des informations supplémentaires ont été mises en lumière. Malgré le licenciement, nous allons enquêter comme il se doit », a indiqué CNN. Selon des documents publiés par la procureure générale de l’État, Chris Cuomo aurait notamment dicté des communiqués de presse et utilisé des sources journalistiques pour obtenir de l’information sur les accusatrices à la source de l’affaire qui a forcé son frère à démissionner en août dernier.

« Ce n’est pas comme ça que je veux que mon passage à CNN se termine, mais je vous ai déjà dit pourquoi et comment j’ai aidé mon frère. Alors, laissez-moi vous dire qu’aussi décevant que cela puisse être, je ne pourrais pas être plus fier de l’équipe de Cuomo Prime Time », a réagi le présentateur à la suite de son congédiement.

POUR EN SAVOIR PLUS

Grèce

Une loi sur la désinformation est critiquée

Le 11 novembre dernier, le Parlement grec a approuvé un amendement au Code pénal et au Code de procédure pénale modifiant la définition de fausse nouvelle et augmentant les peines encourues pour les personnes reconnues coupables de les diffuser. Selon Reporters sans frontière (RSF), cette nouvelle disposition de la Loi porte atteinte au droit des journalistes de diffuser des informations d’intérêt général et à la liberté de la presse.

L’article 191 du Code pénal punit désormais la diffusion, en public ou sur internet, de toute information qui « cause de l’inquiétude ou de la peur parmi les citoyens » ou « trouble la confiance publique envers l’économie nationale, les capacités de défense ou la santé publique ». Si le délit est commis de manière répétée, la peine minimale s’élève à six mois de prison. Les propriétaires et les directeurs des médias qui publient ses « fausses nouvelles » sont aussi passibles des mêmes peines.

Les autorités grecques auront tout le loisir de poursuivre en justice ceux dont le travail journalistique ne leur convient pas, craint RSF. À la place de garantir le libre travail des professionnels de l’information, l’amendement exerce un effet dissuasif, car les journalistes risquent désormais des peines de trois mois à cinq ans de prison.

« S’il est légitime de lutter contre les fausses informations, en particulier dans le contexte de la Covid-19, la quête de la vérité ne passe pas par des peines de prison. Les autorités grecques devraient plutôt favoriser la fiabilité de l’information aux niveaux national, européen et international. Les outils nécessaires sont déjà à leur portée », estime Pavol Szalai (photo), le responsable UE-Balkans de RSF.

La position de RSF

Un journaliste arrêté en Turquie

Un journaliste Youtubeur a été emprisonné en Turquie pour avoir diffusé une entrevue en ligne. Hasan Köksoy (à droite sur la photo) a passé une nuit en détention, la semaine dernière, avant de comparaître devant un juge. Son avocat a dénoncé son arrestation sur Twitter et a promis de défendre les droits de son client. Il a toutefois précisé que « le public devrait savoir que cette décision n’est pas de nature juridique, mais politique ».

Dans l’entrevue en cause, un homme non identifié mentionne que le gouvernement turc utilise le peuple depuis des années. « Ils ont rempli leurs poches, leurs estomacs, leurs maisons, leurs boîtes à chaussures et leurs avions, tout en parlant de puissances étrangères, de conspirations des États-Unis. Ça suffit. Maudit soit celui qui a volé le pain de ce peuple. Nous avons besoin d’une révolution. Nous avons besoin de nous soulever ! ».

Dans ses tentatives pour museler la presse, le gouvernement turc utiliserait plusieurs tactiques, allant de l’emprisonnement des journalistes, à la fermeture de médias ou par l’exercice des pressions financières.

Les détails

Journalistes d’investigation arrêtés

Le régime russe cible maintenant leurs avocats

Après les journalistes, les autorités russes s’attaquent à leurs avocats dans le cadre de la loi sur les « agents de l’étranger ». Un deuxième avocat en trois mois a été obligé de quitter précipitamment la Russie.

Evgueni Smirnov (photo), un des défenseurs de l’ancien journaliste d’investigation Ivan Safronov, s’est réfugié en Géorgie à la fin du mois de novembre pour continuer à exercer sa profession. Une procédure disciplinaire a été initiée à son endroit par le barreau de la région de Leningrad et les services secrets.

En septembre, le défenseur des droits de la personne, Ivan Pavlov, avait également dû s’enfuir de la Russie en raison de poursuites pour divulgation d’informations confidentielles concernant une enquête visant le même journaliste.

Depuis l’adoption de cette loi en 2012, le classement de médias, journalistes et maintenant avocats, étiquetés comme « agents de l’étrange », est en forte hausse en Russie. Depuis un an, 85 organisations et reporters ont fait leur apparition sur cette liste gouvernementale. Sous peine d’amendes et de poursuites, les médias doivent, entre autres, envoyer chaque trimestre un rapport détaillé de leurs activités ainsi que de leurs revenus et dépenses au ministère de la Justice en plus de payer chaque année pour un audit indépendant.

Les précisions

Considéré comme le « Facebook russe »

VKontakte racheté par le Kremlin

Avec de plus de 100 millions d’utilisateurs dans le monde, le réseau social VKontakte est désormais contrôlé majoritairement par l’état russe. Par le biais de ses filiales, Gazprom-Media a obtenu plus de 50 % des droits de vote du « Facebook russe ». Gazprom est aussi propriétaire de 38 télévisions et de dix radios.

Jeudi dernier, le milliardaire russe Alicher Ousmanov a vendu 45 % de ses actions du groupe MF Technologies, la société qui contrôle VKontakte, à la compagnie d’assurances Sogaz, une filiale du géant pétrogazier Gazprom, appartenant à l’état. Gazprombank, la branche financière du géant énergétique a également augmenté sa participation dans VKontakte la semaine dernière, avant de confier ses actions à Gazprom-Media. La valeur économique de la transaction n’est pas très élevée, les sociétés d’État recevront moins de 5% des profits.

VKontakte a été créé en 2006 par Pavel Dourov, également concepteur de la messagerie protégée Telegram. Le nouvel acquéreur a assuré que le réseau restera « une entreprise indépendante ».

L’article sur le sujet

Président éditeur, Fondation littéraire Fleur de Lys

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