Le Conseil supérieur de la langue française remet les insignes de l’Ordre des francophones d’Amérique et le Prix du 3-Juillet-1608

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COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Le Conseil supérieur de la langue française remet les insignes de l’Ordre des francophones d’Amérique et le Prix du 3-Juillet-1608

QUÉBEC, le 27 oct. 2021 /CNW Telbec/ – La 42e cérémonie de remise des insignes de l’Ordre des francophones d’Amérique et du Prix du 3-Juillet-1608 s’est tenue aujourd’hui à Québec, au Palais Montcalm, sous la présidence d’honneur de monsieur Simon Jolin-Barrette, ministre de la Justice et ministre responsable de la Langue française, en présence de madame Alicia Despins, membre du comité exécutif de la Ville de Québec et conseillère municipale responsable de la culture, de la technoculture et des grands événements, et de monsieur Pierre Boutet, président du Conseil supérieur de la langue française.

Lors de cet événement annuel, ce sont habituellement sept nouveaux récipiendaires qui sont nommés à l’Ordre, soit deux pour le Québec et cinq pour l’Acadie, l’Ontario, l’Ouest canadien, les Amériques et les autres continents, et une organisation qui reçoit le Prix du 3-Juillet-1608. Toutefois, parce que le Conseil n’a pas été en mesure, l’automne dernier, de souligner les contributions des récipiendaires et de l’organisation lauréate de l’édition 2020 en raison de la situation sanitaire, il le fait cette année en les réunissant tous dans le cadre d’un même événement.

L’Ordre des francophones d’Amérique est une décoration décernée par le Conseil depuis 1978. Cette distinction reconnaît les mérites de personnes qui se consacrent au maintien et à l’épanouissement de la langue française en Amérique, ou qui accordent leur soutien à l’essor de la vie française sur le continent américain.

Pour le Québec :
Monsieur Pierre Nepveu
Monsieur Fred Pellerin
Biz
Madame Zita De Koninck

Pour l’Acadie :
Monsieur Serge Rousselle
Monsieur Kenneth Gaudet

Pour l’Ontario :
Madame Dyane Adam
Madame Linda Cardinal

Pour l’Ouest canadien :
Madame Anne Leis
Madame Françoise Sigur-Cloutier

Pour les Amériques :
Madame Jayne Abrate
Madame Françoise Lionnet

Pour les autres continents :
Madame Françoise Sule
Monsieur Hans-Jürgen Lüsebrink

Le Prix du 3-Juillet-1608, créé aussi en 1978, commémore la fondation de la ville de Québec et rappelle son importance historique pour les francophones d’Amérique. Par ce prix, le Conseil veut rendre hommage à une organisation œuvrant en Amérique du Nord qui rend des services exceptionnels à une collectivité de langue française.

Il est remis au Centre de recherche interuniversitaire sur la littérature et la culture québécoises, représenté par son directeur général, monsieur Robert Dion, et à la Ville de Dieppe, représentée par son maire, monsieur Yvon Lapierre.

Le ministre Jolin-Barrette a rendu hommage aux récipiendaires et à l’organisation lauréate en ces mots : « Ces ambassadeurs font vivre la langue française en contribuant à son rayonnement et à son apprentissage. Aussi, par leurs actions et par leur engagement, ils mettent en lumière les liens qui existent entre langue, culture, histoire et identité. Leurs travaux et leurs œuvres témoignent ainsi du fait que notre langue commune est source d’inspirations diverses. »

Membre du comité exécutif de la Ville de Québec, madame Alicia Despins, qui a remis le Prix du 3-Juillet-1608, a pour sa part déclaré : « Je suis fière de participer à la remise de ce prix qui met en lumière les services exceptionnels de deux organismes. Je félicite donc le Centre de recherche interuniversitaire sur la littérature et la culture québécoises ainsi que la Ville de Dieppe qui contribuent au rayonnement de la langue française de même qu’à celui des connaissances sur le fait français. »

Le président du Conseil, Pierre Boutet, a de son côté mentionné : « Ce rendez-vous annuel est important à un double titre. D’abord parce qu’il permet de prendre la mesure des réalisations de personnes et d’organismes résolument engagés dans la promotion du français. De surcroît, cette cérémonie nous autorise à souligner de nouveau que l’attachement à la langue française, sa promotion de même que sa défense participent à sa vitalité. »

Rappelons que les insignes de l’Ordre sont constitués d’une médaille et d’une fleur de lys stylisée qui représente le symbole de l’Ordre et qui est portée à la boutonnière. Pour sa part, le Prix est constitué d’une œuvre d’art réalisée par une artiste québécoise et d’une plaque commémorative. Les récipiendaires et l’organisation lauréate reçoivent également un parchemin calligraphié, signé par le premier ministre du Québec, par le ministre responsable de la Langue française ainsi que par le président du Conseil.

Pour en savoir davantage, vous pouvez consulter le site Web du Conseil sous l’onglet Prix et distinctions.

Annexe

RÉCIPIENDAIRES DE L’ORDRE DES FRANCOPHONES D’AMÉRIQUE

QUÉBEC

Monsieur Pierre Nepveu

Pierre Nepveu est né à Montréal en 1946. Il a poursuivi des études de lettres à l’Université de Montréal et à l’Université Paul-Valéry de Montpellier, en France. Professeur de français et de littérature dans le sud de l’Ontario, puis successivement aux universités de Sherbrooke, de Colombie-Britannique et d’Ottawa, il entreprend, en 1978, une carrière d’une trentaine d’années au Département des littératures de langue française de l’Université de Montréal, duquel il demeure professeur émérite.

Ses travaux sur la littérature, et en particulier sur la poésie, comprennent des essais, des articles ainsi qu’une anthologie, La poésie québécoise des origines à nos jours, réalisée avec Laurent Mailhot. Son essai L’écologie du réel, publié en 1988, examine les mutations et l’apport migratoire que connaît la littérature québécoise au cours de cette décennie. Dix ans plus tard, Intérieurs du Nouveau Monde veut dégager la dimension subjective et spirituelle de l’expérience américaine dans les littératures du Québec, des francophonies du Canada, d’Haïti et des États-Unis. Pierre Nepveu se consacre ensuite pendant dix ans à l’édition de l’œuvre du poète Gaston Miron, en collaboration avec Marie-Andrée Beaudet, et il fera paraître, en 2011, une biographie du poète et de l’éditeur.

Outre les essais, son œuvre littéraire compte deux romans et, surtout, une dizaine de recueils de poèmes qui sont autant de méditations sur le monde contemporain, ses tensions, ses douleurs, ses beautés. En parallèle, Pierre Nepveu est actif dans plusieurs champs de l’activité littéraire : traductions, lectures publiques, jurys, tables rondes et conférences, ici comme à l’étranger. Depuis 2010, il est engagé dans le projet Les voix de la poésie, qui vise la promotion et la récitation de la poésie dans les écoles secondaires du Québec et du Canada. En 2017, il faisait une tournée de conférences au Japon portant sur l’évolution littéraire et culturelle des francophonies canadiennes.

Le parcours de Pierre Nepveu se caractérise par sa vision interculturelle du Québec et par sa volonté d’engagement public. Ses livres lui ont valu de nombreux prix, dont celui du Gouverneur général à trois reprises, et le prix Athanase-David pour l’ensemble de son œuvre. Membre de l’Académie des lettres du Québec et de la Société royale, il a été nommé membre de l’Ordre du Canada en 2011 et officier de l’Ordre national du Québec en 2018.

C’est notamment pour son apport à la recherche ainsi qu’à l’appareil critique sur la littérature québécoise, pour sa contribution à la diffusion de la poésie au Québec et pour son talent d’écrivain – essayiste, poète et romancier – maintes fois primé et reconnu partout que le Conseil supérieur de la langue française lui décerne l’Ordre des francophones d’Amérique.

Monsieur Fred Pellerin

Diplômé en littérature de l’Université du Québec à Trois-Rivières, fils de comptable agréé, il est devenu « conteur agréable par mégarde » après avoir été bercé par les histoires de sa grand-mère, de son voisin Eugène et de son père. Les histoires de Fred Pellerin sont celles de son patelin : Saint-Élie-de-Caxton, petit village québécois de la Mauricie. Anecdotes, potins et rumeurs passent à la moulinette de Fred Pellerin pour en ressortir sous forme de contes pour adultes.

Il a déjà derrière lui six spectacles de contes prenant chacun pour héros un illustre personnage de son village : Dans mon village, il y a belle Lurette… (2001), Il faut prendre le taureau par les contes! (2003), Comme une odeur de muscles (2005), L’Arracheuse de temps (2008), De peigne et de misère (2012) et Un village en trois dés (2017).

Son premier a été présenté plus de 600 fois en France et au Québec, et lui a valu une médaille de bronze aux Jeux de la Francophonie en 2001. Son second est porté à l’écran par le réalisateur Luc Picard et prend le titre de Babine. Fred Pellerin en assure la narration. Son troisième a croisé les oreilles de plus de 150 000 spectateurs et a fait l’objet d’un second film, Ésimésac. Son quatrième s’est vu remettre un billet « Double platine » bien spécial, certifié FREDisq, pour couronner la vente de plus de 200 000 billets au Canada et en Europe. Il fera également l’objet d’un projet de film à sortir en 2021, sous la direction de Francis Leclerc. Son tout dernier spectacle de contes, inspiré d’un nouveau personnage, la postière du village, a pris la route à l’automne 2017 avec plus de 200 dates à guichets fermés au calendrier, dont 25 à Paris, au Théâtre l’Atelier.

Avec six spectacles de contes, de nombreuses collaborations avec l’Orchestre symphonique de Montréal et Kent Nagano, cinq livres-disques, trois scénarios de films, cinq albums de musique ainsi que des documentaires salués par la critique, Fred Pellerin a joint des millions d’amoureux de son art. Toutes ses créations ont reçu les prix et les honneurs de l’industrie et du public.

En 2013, il a fait son entrée dans Le Robert encyclopédique des noms propres. En 2014, il a reçu un doctorat ès lettres honoris causa de l’Université Laval et, cinq ans plus tard, un doctorat honoris causa de l’Université du Québec à Trois-Rivières ainsi qu’un diplôme honorifique du Cégep de Shawinigan.

C’est notamment pour sa créativité à manier la langue française qui le distingue, pour son habilité à enrichir le conte québécois par divers recours langagiers et pour le rayonnement de son travail dans la francophonie que le Conseil supérieur de la langue française lui décerne l’Ordre des francophones d’Amérique.

Biz

Écrivain, rappeur et scénariste, Biz, de son vrai nom Sébastien Fréchette, est membre du groupe Loco Locass. Le trio a fait paraître quatre albums de 2000 à 2012, soit Manifestif, In Vivo, Amour oral et Le Québec est mort, vive le Québec!, et a remporté trois Félix, dont celui d’auteur-compositeur-interprète en 2005. La formation a aussi publié deux recueils, Manifestif en 2000 et Poids plume en 2005, permettant aux lecteurs de goûter sa poésie dense de références intertextuelles et de métaphores.

Par ailleurs, lassé que le hockey des Canadiens de Montréal ne se conjugue musicalement qu’en anglais, le groupe dote ses partisans d’une chanson de ralliement en français, intitulée Le but, alors que les séries éliminatoires de 2009 battent leur plein. En 2010, Le but et la chanson intitulée Hymne à Québec, composée dans ce dernier cas pour la téléréalité La série Montréal-Québec, deviendront les deux titres francophones les plus téléchargés au Canada.

En parallèle à sa carrière de rappeur, Biz décide de s’atteler à une carrière dans la littérature. Virtuose de la langue, il jongle avec les mots et les lettres. À titre d’auteur, il a publié huit romans chez Leméac : Dérives (2010), La chute de Sparte (2011), Mort-Terrain (2014), Naufrage (2016), La chaleur des mammifères (2017), Cadillac (2018), Les abysses (2019), L’horizon des événements (2021) et un livre pour enfants, C’est Flavie (2018). En 2012, La chute de Sparte a reçu le Prix jeunesse des libraires du Québec et le Prix du livre jeunesse des Bibliothèques de Montréal. En 2015, Mort-Terrain a remporté le Prix littéraire France-Québec.

En tant que scénariste, Biz a coréalisé le documentaire Maudite machine! (2002). Il a aussi coscénarisé l’adaptation cinématographique de son roman La chute de Sparte (2018). À l’automne 2020, il a coanimé avec Samian le documentaire Oka, 30 ans après, diffusé sur la chaîne Historia. Depuis 2011, il collabore au club de lecture de l’émission de la radio de Radio-Canada Plus on est de fous, plus on lit! Il tient aussi une chronique Sport et société dans l’émission de Jean-Charles Lajoie à TVA Sports.

En 2012, Biz a été professeur d’expression orale à l’émission Star Académie. En 2019, il obtient la distinction Mérites du français dans la culture, décerné par l’Office québécois de la langue française, pour sa contribution à l’usage, au rayonnement et à la mise en valeur du français, ainsi qu’à la vitalité et à l’enrichissement de la culture de langue française.

C’est notamment pour son talent à jouer avec les mots dans une poésie innovante, pour sa promotion du français dans un style musical, et pour sa contribution à la vitalité de la langue française et à la sauvegarde du patrimoine linguistique québécois que le Conseil supérieur de la langue française lui décerne l’Ordre des francophones d’Amérique.

Madame Zita De Koninck

Professeure émérite de la Faculté des lettres et des sciences humaines de l’Université Laval, Zita De Koninck est spécialiste de la didactique des langues secondes. Née de parents flamands, elle étudie en linguistique française et en psychopédagogie, et enseigne d’abord dans l’Ouest canadien, en Espagne et en Belgique. De retour au Québec, elle participe à la francisation des entreprises et s’engage dans le milieu scolaire où s’ouvrent les premières classes d’accueil.

Elle a consacré l’essentiel de sa carrière à l’intégration des élèves allophones à la société québécoise, multipliant les interventions dans les milieux scolaires, contribuant à la formation des enseignants, et publiant des ouvrages pédagogiques et des rapports de recherche sur le sujet. Elle a dirigé ou codirigé quinze étudiants au doctorat et trente étudiants à la maîtrise, plusieurs devenant professeurs d’université ou enseignants dans des collèges ou des écoles, contribuant à leur tour à l’essor de la francophonie en Amérique ou ailleurs dans le monde. Son plus grand défi pédagogique aura été celui de l’intervention auprès des élèves allophones en grand retard scolaire.

Ses principales contributions se situent au chapitre de projets d’éducation interculturelle, de façons de faire novatrices pour soutenir l’apprentissage du français non seulement dans les cours de français langue seconde, mais dans toutes les matières scolaires et, au sein de la vie des écoles, de la production d’outils d’enseignement et d’évaluation destinés aux milieux pluriethniques, ainsi que de la conduite de recherches de pointe menées auprès de la population allophone.

Son engagement pour l’épanouissement de la francophonie s’est concrétisé par la mise sur pied d’ententes avec des établissements d’enseignement dans une vingtaine de pays pour permettre aux futurs enseignants d’aller enseigner le français ailleurs dans le monde. Cet engagement s’est aussi manifesté par son rôle de responsable pédagogique (2004-2014) au sein des Stages de perfectionnement en langue, culture et société québécoises, accueillant à l’Université Laval des enseignants en provenance de tous les continents, et par les nombreuses missions effectuées en Europe et en Amérique du Sud pour l’Association internationale des études québécoises (AIEQ). Elle a de plus été l’instigatrice, en 2017, des ateliers Rêver en français destinés aux étudiants internationaux inscrits aux études supérieures et postdoctorales.

Sa nomination comme conseillère scientifique au Fonds de recherche du Québec – Société et culture (2020-2025) fait naturellement suite à ses avis d’experte dont la portée a été appréciée, notamment sur les enjeux liés au développement de la littératie précoce et en milieu scolaire.

C’est notamment pour son engagement dans l’intégration des élèves allophones à la communauté francophone, pour sa contribution à la formation d’enseignants de français langue seconde, et pour son apport à la recherche universitaire et à la francophonie internationale que le Conseil supérieur de la langue française lui décerne l’Ordre des francophones d’Amérique.

ACADIE

Monsieur Serge Rousselle

Natif de Saint-Isidore et résident de Tracadie, au Nouveau-Brunswick, Serge Rousselle détient un diplôme de premier cycle en sciences politiques (mention summa cum laude) et un autre en droit (mention summa cum laude) de l’Université d’Ottawa, et il est titulaire d’une maîtrise en droit de l’University of Cambridge ainsi que d’un doctorat en droit de l’Université McGill pour lequel sa thèse avait pour titre La diversité culturelle et le droit constitutionnel canadien au regard du développement durable des cultures minoritaires.

Professeur à compter de 1992 à la Faculté de droit de l’Université de Moncton, il en a été le vice-doyen, puis le doyen. Professeur invité dans plusieurs universités européennes, il a également dirigé le Centre international de la common law en français, le Bureau des Amériques de l’Agence universitaire de la Francophonie ainsi que le Centre de traduction et de terminologie juridiques de l’Université de Moncton. Ce constitutionnaliste compte à son actif de très nombreuses publications et communications à travers le monde dans les domaines des droits linguistiques, autochtones et environnementaux.

Membre du Barreau du Nouveau-Brunswick depuis 1995, Me Rousselle a été impliqué dans diverses causes ayant trait au droit constitutionnel, et particulièrement aux droits linguistiques, dont le Renvoi relatif à la réforme du Sénat qu’il a plaidé à la Cour suprême du Canada. Outre le fait d’avoir été député provincial et à la tête de différents ministères, dont celui de l’Éducation, il a également été procureur général du Nouveau-Brunswick de 2014 à 2018.

Tout en étant chroniqueur et analyste dans divers médias écrits et électroniques, il a été très actif en matière de services à la collectivité, ayant été, entre autres, président du Conseil des doyens et des doyennes des facultés de droit du Canada, président de l’Association des juristes d’expression française du Nouveau-Brunswick, rédacteur en chef de la Revue de la common law en français, membre du comité de gestion de l’Observatoire international des droits linguistiques et membre du conseil d’administration de l’Institut canadien de recherche sur les minorités linguistiques.

Au fil des ans, il a reçu plusieurs distinctions, dont la médaille d’or de l’Université d’Ottawa pour son excellence scolaire, le prix France-Acadie pour son livre Éducation et droits collectifs. Au-delà de l’article 23 de la Charte, rédigé avec Rodrigue Landry, et le prix Juriste de l’année de l’Association des juristes d’expression française du Nouveau-Brunswick pour sa contribution exceptionnelle à l’avancement des droits linguistiques.

C’est notamment pour sa contribution à l’avancement des droits linguistiques des minorités francophones et acadiennes, pour son engagement au rayonnement de la langue et de la culture françaises, et pour implication dans les services à la collectivité francophone que le Conseil supérieur de la langue française lui décerne l’Ordre des francophones d’Amérique.

Monsieur Kenneth Gaudet

Kenneth Gaudet a œuvré dans le domaine de l’éducation en français tout au long de sa carrière, qui a débuté́ en 1966. Il a contribué́ à l’éducation en français, langue première, qui, aujourd’hui, est toujours parlée en Nouvelle-Écosse. Il a été enseignant durant les vingt premières années de sa vie professionnelle. Par la suite, de 1986 à 1989, il a été directeur de l’école secondaire de Clare. Il a également travaillé à la Direction acadienne et française du ministère de l’Éducation de la Nouvelle-Écosse, un poste important qui lui a permis d’apporter des changements majeurs en faveur des Acadiens et des francophones néo-écossais à une période où la communauté́ acadienne et francophone de cette province n’avait pas encore son propre conseil scolaire francophone et, conséquemment, n’assurait pas le contrôle sur l’éducation en français.

Ce poste au ministère de l’Éducation lui a aussi permis d’exercer divers mandats déterminants, que ce soit à titre de président du Comité d’éducation de langue française des provinces maritimes, de membre du bureau de direction de l’Association canadienne d’éducation de langue française, de conseiller au Commissariat aux langues officielles (programmes jeunesse), de membre du Professional Development Assistance Fund du Syndicat des enseignants de Nouvelle-Écosse, de membre du Comité́ consultatif du ministère de l’Éducation sur la programmation scolaire et, enfin, de membre d’un comité́ national des directeurs et des directrices de programmation scolaire.

De 1990 à 1996, Kenneth Gaudet a été directeur général du Conseil scolaire Clare-Argyle, toujours en Nouvelle-Écosse, et, de 1997 à 2000, il a travaillé à titre d’assistant du député́ fédéral du comté de Nova-Ouest. C’est en 2000 qu’il est élu conseiller scolaire au sein du Conseil scolaire acadien provincial (CSAP) créé́ en 1996. Il en a été successivement le vice-président, de 2000 à 2002, et le président pendant 17 ans, de 2002 à 2019. Sous sa présidence, le Conseil a connu énormément d’avancement et de progrès.

Tout en assumant ses fonctions au CSAP, il a continué à contribuer à l’épanouissement et au rayonnement des Acadiens et des francophones par divers autres moyens, et plus spécifiquement à titre de coordonnateur par intérim et de conseiller spécial au Bureau des Affaires acadiennes de la Nouvelle-Ecosse. En octobre 2020, il a effectué son dernier mandat à titre de conseiller scolaire au sein du CSAP, organisme dont les retombées et l’essor doivent beaucoup à son dévouement et à sa persévérance.

C’est notamment pour son engagement dans le maintien et le renforcement de la langue française en Nouvelle-Écosse, pour sa contribution à l’avancement de l’éducation en milieu minoritaire, et pour sa défense des droits des Acadiens et des francophones que le Conseil supérieur de la langue française lui décerne l’Ordre des francophones d’Amérique.

ONTARIO

Madame Dyane Adam

Présidente fondatrice du Conseil de gouvernance de l’Université de l’Ontario français (UOF) depuis avril 2018, Dyane Adam a été au centre de la création de cette première université autonome de langue française en Ontario en qualité de présidente du Conseil de planification de l’Université de langue française (2016-2018). Depuis mai 2020, elle siège au conseil d’administration de la Fondation Pierre Elliott Trudeau et en assume présentement la vice-présidence. Elle est une ancienne commissaire aux langues officielles du Canada (1999-2006).

Dyane Adam détient une maîtrise et un doctorat en psychologie clinique de l’Université d’Ottawa. Sa carrière l’a amenée à travailler au Québec et en Ontario, où elle a jumelé la pratique privée en psychologie clinique à l’enseignement et à la recherche universitaires. Au cours de cette période, elle a notamment occupé le poste de vice-rectrice adjointe en enseignement et services en français à l’Université Laurentienne pour ensuite devenir principale du Collège Glendon de l’Université York à Toronto en 1994. Au cours des années, elle a œuvré au sein de plusieurs organismes provinciaux, nationaux et internationaux en faveur de la reconnaissance des droits de la minorité linguistique francophone, de la condition féminine et de l’accès à des services de santé et d’éducation en français.

Auteure de publications professionnelles et scientifiques, elle a participé à de nombreux colloques à l’échelle nationale et internationale, s’est exprimée devant des comités parlementaires et des tribunaux, a produit des recherches variées, et a prononcé maintes allocutions liées aux enjeux actuels de la francophonie, de l’éducation, de la dualité linguistique et pour faire du respect des droits linguistiques une priorité canadienne. Ses interventions touchent ainsi un large éventail de domaines ayant un impact sur le quotidien des Canadiennes et des Canadiens, dont l’éducation, la santé, l’immigration, la langue de travail, le développement communautaire et l’espace numérique.

Pour l’ensemble de ses réalisations, elle s’est vu décerner des doctorats honorifiques de l’Université McGill, de l’Université d’Ottawa, de l’Université de Moncton, de l’Université Saint-Paul, de l’Université Laurentienne et du Collège Boréal. Elle a entre autres été nommée membre de l’Ordre du Canada, chevalier de l’Ordre de la Pléiade, chevalier de l’Ordre des Palmes académiques de la République française et médaillée du jubilé de la reine Elizabeth II. Plus récemment, le Conseil scolaire Viamonde a désigné en son nom une école primaire à Milton, en Ontario, l’École élémentaire Dyane-Adam.

C’est notamment pour son apport à la reconnaissance des droits des minorités linguistiques, pour sa contribution au rayonnement de la francophonie canadienne et pour son leadership dans la création de la première université autonome de langue française en Ontario que le Conseil supérieur de la langue française lui décerne l’Ordre des francophones d’Amérique.

Madame Linda Cardinal

Linda Cardinal est professeure à l’Université de l’Ontario français à Toronto. Elle est aussi professeure émérite à l’École d’études politiques de l’Université d’Ottawa, où elle a été titulaire de la Chaire de recherche sur la francophonie et les politiques publiques de 2004 à 2019. En 2020 et 2021, elle a été directrice régionale pour les Amériques à l’Agence Universitaire de la Francophonie à Montréal. À ce titre, elle a œuvré au rayonnement de la francophonie et à la promotion de la langue française sur l’ensemble des Amériques.

Elle est reconnue à l’échelle internationale pour ses travaux sur les régimes linguistiques comparés, le constitutionnalisme, la citoyenneté et les minorités. Elle a publié et dirigé de nombreux travaux sur les régimes linguistiques et les politiques linguistiques, ainsi que sur l’action publique. Parmi ses ouvrages, citons Une langue qui pense, paru en 1993, et Une tradition et un droit, écrit en collaboration avec Sébastien Grammond en 2017. Elle a récemment publié, en collaboration avec Jason Luckerhoff et Marc Johnson, le numéro de la revue Enjeux et société sur le thème « Enraciner une nouvelle université au 21e siècle ». Directrice de thèse dévouée, elle a contribué à former des générations d’étudiantes et d’étudiants, devenus universitaires à leur tour au Canada et à l’étranger pour les uns, fonctionnaires et leaders communautaires pour les autres.

Linda Cardinal est aussi une universitaire active dans son milieu. Elle a fait partie du premier conseil d’administration du Centre de la francophonie des Amériques. Elle est l’une des fondatrices du mouvement en vue de faire officialiser le caractère bilingue de la ville d’Ottawa. Elle a organisé deux rencontres sur les rapports entre les francophones du Québec et du reste du Canada en amont du Sommet sur le rapprochement des francophonies canadiennes de juin 2021, présidé par la ministre Sonia LeBel. Elle intervient régulièrement dans les médias, en plus de prêter son expertise à divers comités gouvernementaux et parlementaires.

En 2013, elle a été élue membre de la Société royale du Canada. En 2014, elle a été faite chevalière de l’Ordre des Palmes académiques de la République française. En 2017, elle a reçu l’Ordre du Canada pour ses recherches sur les politiques publiques et les droits linguistiques. En 2020, elle a été récipiendaire de l’Ordre de la Pléiade, Assemblée parlementaire de la francophonie, section ontarienne. En 2021, elle a été reconnue comme l’une des dix personnalités les plus influentes de la francophonie canadienne.

C’est notamment pour son apport au développement et au rayonnement de la francophonie ontarienne, pour son engagement dans la défense des langues officielles et des droits des minorités linguistiques, et pour sa contribution à l’étude des politiques linguistiques que le Conseil supérieur de la langue française lui décerne l’Ordre des francophones d’Amérique.

OUEST CANADIEN

Madame Anne Leis

Orthophoniste et détentrice d’un doctorat en psychologie de la santé décerné par l’Université Louis Pasteur, Strasbourg I, Anne Leis est professeure titulaire au Département de santé publique et d’épidémiologie de la Faculté de médecine de l’Université de la Saskatchewan depuis 1995, et elle en est sa directrice depuis 2014. Ses recherches se sont d’abord centrées sur les besoins des personnes atteintes de cancer et de leurs proches, et sur leur résilience. Puis, la langue et la culture comme déterminants de la santé et leur relation avec le milieu minoritaire francophone l’ont de plus en plus interpelée.

Cela fait plus de 30 ans qu’elle vit dans l’Ouest canadien à la suite de la mutation professionnelle de son mari, le Dr Timothy Leis, psychologue et cadre supérieur retraité du gouvernement du Canada. Avec leurs quatre enfants, ils ont été chaleureusement accueillis dans la communauté francophone de Saskatoon et ont embrassé la défense des droits à l’éducation francophone.

Anne Leis est notamment devenue présidente de l’Association des parents de l’école canadienne-française de Saskatoon de 1993 à 2002 et elle a aussi accepté la présidence de l’Association provinciale des parents fransaskois de 1996 à 2002. Elle a de plus travaillé à la mise sur pied du Centre éducatif à la petite enfance Félix le chat, et a œuvré à recueillir des fonds pour appuyer son démarrage et sa viabilité. Elle a aussi accepté la présidence de la Fédération des francophones de Saskatoon de 2002 à 2006 et celle du Réseau Santé en français de la Saskatchewan de 2006 à 2016. Dans tous ces postes, elle a eu maintes occasions de faire valoir les besoins de la communauté francophone et de défendre ses intérêts dans les domaines de l’éducation, du développement communautaire et de la santé. Depuis 2018, elle est présidente de la Société Santé en français.

Elle a reçu des reconnaissances qu’elle attribue à l’engagement de son couple : le prix Charles-Cimon (1998), décerné au bénévole de l’année de la communauté francophone de Saskatoon, le prix du bénévole de l’année dans la catégorie « Diversité » par la Ville de Saskatoon (2004) ainsi que la médaille du bénévolat de la province remise par la lieutenante-gouverneure en 2012. En 2016, elle a été adoubée membre de la Compagnie des Cent-Associés francophones pour sa contribution à la francophonie canadienne sur les plans professionnel et bénévole. Elle a finalement été nommée deux fois, soit en 2017 et en 2018, comme l’une des dix personnalités influentes de la francophonie canadienne au Palmarès Francopresse.

C’est notamment pour sa contribution à l’accroissement des services de santé en français en Saskatchewan, pour son engagement à défendre le droit à l’éducation en français pour les Fransaskois et pour son apport au rayonnement de la francophonie canadienne que le Conseil supérieur de la langue française lui décerne l’Ordre des francophones d’Amérique.

Madame Françoise Sigur-Cloutier

Françoise Sigur-Cloutier est née et a fait ses études à Toulouse, en France. Immigrante reçue au Canada en 1967, elle arrive à Calgary en 1969 avec trois enfants en bas âge, son baccalauréat en philosophie et suffisamment d’enthousiasme pour commencer son baccalauréat en éducation à l’Université de Calgary. La situation du français à Calgary et dans l’Ouest canadien la propulse dans le « combat de sa vie » pour ses enfants et elle, mais aussi pour toute une communauté. Son engagement comme bénévole puis comme employée de l’Association canadienne-française de l’Alberta est, de loin, la façon la plus efficace qu’elle a de s’intégrer à la société canadienne.

Parallèlement, Françoise Sigur-Cloutier allait aussi commencer son action féministe, avec la création du Réseau femmes Calgary, qui la mènera à Nairobi, au forum de l’ONU en 1985, et plus tard à la présidence du Réseau national d’action éducation femmes et à celle du Groupe de référence national des femmes sur la problématique du marché du travail/National Women’s Reference Group on Labour Market Issues.

Lorsque la frénésie des Jeux olympiques s’empare de Calgary, elle est aux langues officielles de Petro-Canada et sera parmi ces milliers de bénévoles qui ont fait le succès retentissant de Calgary 88. En 1990, elle devient la première directrice générale de la Fédération provinciale des Fransaskoises en Saskatchewan, rôle pour lequel elle sera reconnue comme l’une des cent femmes qui ont exercé une influence sur la société canadienne.

En 1993, elle se joint aux Éditions de la nouvelle plume, en sera la présidente de 2002 à 2012, et c’est sous sa direction que la maison d’édition développera ses collections, ce qui lui vaudra la reconnaissance du Conseil des arts du Canada. Pour son action à cette maison, elle recevra le Prix du livre français en 2013 et la Médaille du souverain en 2016. De 1994 à 2012, elle est chef des services des communications régionales pour la Société Radio-Canada. Elle y favorisera entre autres, avec conviction, une collaboration soutenue avec le milieu fransaskois.

En 2012, elle est élue à la présidence de l’Assemblée communautaire fransaskoise. Elle y restera jusqu’en 2018 après avoir œuvré aux dossiers les plus névralgiques de la communauté, notamment l’enseignement postsecondaire et l’immigration. Françoise Sigur-Cloutier retourne à Calgary en mai 2019 pour se rapprocher de sa famille. Elle continue à contribuer activement à sa communauté, que ce soit aux niveaux local, provincial ou national.

C’est notamment pour sa contribution au rayonnement de la francophonie canadienne en milieu minoritaire, pour son soutien aux initiatives et aux projets des communautés francophones de l’Alberta et de la Saskatchewan, et pour son engagement à l’égard de l’éducation, de l’immigration et de l’édition francophones que le Conseil supérieur de la langue française lui décerne l’Ordre des francophones d’Amérique.

AMÉRIQUES

Madame Jayne Abrate

Jayne Abrate est secrétaire générale de l’American Association of Teachers of French (AATF) depuis 1997. Elle a fait ses études en français et en théâtre à l’Illinois Wesleyan University avant de passer une année à Reims, en France, comme assistante d’anglais. Elle a par la suite obtenu un doctorat en littérature française de la Purdue University (Indiana) avec, comme sujet de thèse, les tragédies de Voltaire. C’est à l’université qu’un professeur lui a fait découvrir la littérature québécoise. Pendant les 15 années durant lesquelles elle a enseigné au niveau universitaire, la littérature, la chanson et la culture québécoises figuraient régulièrement dans ses cours.

Lorsqu’elle est devenue secrétaire générale, l’un de ses premiers mandats fut d’organiser un congrès à Montréal, événement qui a accueilli plus de 800 professeurs venus des États-Unis. Le congrès annuel de l’AATF a souvent lieu à l’extérieur du pays pour permettre aux congressistes de profiter d’un environnement francophone. Après Montréal, ce congrès s’est tenu plusieurs fois au Québec (2005, 2011, 2015 et 2023 prévu), en Martinique (2003, 2018), en Belgique (2008) et à Paris (2000 et 2024 prévu).

Jayne Abrate travaille toujours avec des associations locales pour offrir des visites culturelles afin de sensibiliser les professeurs à l’histoire, à la culture et à l’actualité de la francophonie qui les entourent. L’organisation de ces activités comporte toujours un volet pédagogique. Elle continue de présenter une dizaine d’ateliers et de conférences par an aux professeurs de français des États-Unis. La francophonie des Amériques fait souvent l’objet de ces présentations. Auteure et rédactrice de plusieurs ouvrages sur l’enseignement de la culture, la pédagogie par projet et l’utilisation des documents authentiques, Jayne Abrate prépare actuellement un manuel de classe sur l’utilisation de la cuisine québécoise dans l’apprentissage du français.

Elle entretient des contacts réguliers avec les organismes qui s’intéressent à l’enseignement du français. Elle représente l’AATF, la plus grande association professionnelle de professeurs de français au monde avec quelque 10 000 membres, lors de divers congrès régionaux et nationaux, et siège au conseil d’administration du Joint National Committee for Languages, une fédération qui représente les intérêts des professionnels de langues devant les instances gouvernementales américaines.

Elle est lauréate du Founders Award (Central States Conference on the Teaching of Foreign Languages), du Nelson Brooks Award for Excellence in the Teaching of Culture (American Council on the Teaching of Foreign Languages) ainsi que du Distinguished Service Award (Association of Departments of Foreign Languages/Modern Language Association), et elle a aussi été nommée commandeur de l’Ordre des Palmes académiques par le ministère de l’Éducation de France.

C’est notamment pour sa contribution à l’enseignement du français sur l’ensemble du territoire des États-Unis, pour sa promotion de la langue française auprès des décideurs américains et pour son engagement à faire connaître la culture québécoise partout en Amérique que le Conseil supérieur de la langue française lui décerne l’Ordre des francophones d’Amérique.

Madame Françoise Lionnet

Née à l’île Maurice, Françoise Lionnet grandit dans une famille mauricienne d’origine bretonne par son père, dont les aïeux arrivent à Maurice vers la fin de la période coloniale française. Par sa mère et sa grand-mère aux origines mixtes – provençale, hollandaise et sud-africaine -, elle apprend très tôt la valeur de la diversité raciale, religieuse et culturelle. À l’âge de huit ans, elle passe six mois en Afrique du Sud, où elle apprend à parler couramment l’anglais, et acquiert aussi des notions d’afrikaans (cet autre créole) et de zoulou.

À Maurice, elle fait ses études primaires et une partie de ses études secondaires. Ses parents s’installent à La Réunion en 1962, et elle y termine sa scolarité, obtenant son baccalauréat de philosophie en 1966 avant d’être admise en hypokhâgne au lycée Mignet, à Aix-en-Provence. Étant l’aînée de quatre enfants, elle quitte le pays et poursuit ses études supérieures à Aix, bénéficiant de bourses et de séjours linguistiques au Clare College, à Cambridge, en Angleterre, puis à Munich, en Allemagne.

Sa famille lui manque, mais elle ne reviendra dans l’océan Indien que pour de rares vacances, étant engagée dans un parcours qui va l’amener à Ann Arbor, en Amérique du Nord, en 1969, après l’obtention d’une bourse d’échange avec l’Université du Michigan, où elle se forme à l’enseignement du français, langue étrangère. Elle y décroche sa maîtrise en 1971 et, plus tard, son doctorat. Elle passe les années 1970 à Toronto comme enseignante à Ryerson, avant de terminer sa thèse. Elle se marie, suit son mari qui enseigne à la New School for Social Research à New York, donne naissance à deux enfants et déménage à Chicago, où elle sera en poste à la Northwestern University jusqu’en 1998, année où elle accepte un poste à Los Angeles, ville-monde tentaculaire dont la diversité et la multiplicité lui rappellent l’île Maurice à une tout autre échelle.

En 1996, ayant obtenu une bourse Fulbright pour enseigner à l’Université de Maurice, elle redécouvre le quotidien de son pays d’origine après des décennies d’absence. Elle renouvelle son contact avec ses frères et sa sœur, et avec les écrivains et les chercheurs mauriciens. Directrice pendant dix ans d’un programme soutenu par la Fondation Mellon, elle laisse une profonde influence sur les études transnationales et encourage les échanges entre Maurice et les États-Unis. En 2015, elle obtient un poste à Harvard et se réjouit de pouvoir y enseigner les cultures de l’océan Indien.

C’est notamment pour son engagement dans la reconnaissance de la multiplicité des cultures et des littératures francophones dans les études universitaires américaines, pour sa défense de la diversité langagière dans un contexte de mondialisation, et pour son soutien aux jeunes chercheurs que le Conseil supérieur de la langue française lui décerne l’Ordre des francophones d’Amérique.

AUTRES CONTINENTS

Madame Françoise Sule

Native de France, Françoise Sule a enseigné au Département de français, italien et lettres classiques de l’Université de Stockholm jusqu’en 2019 et enseigne depuis à l’Université du Temps Libre de Stockholm. La littérature francophone, et particulièrement celle du Québec, l’accompagne. Elle a publié et présenté, lors de colloques, des articles sur l’auteure d’origine innue Rita Mestokosho. La création d’une banque d’entretiens avec les auteurs en visite en Suède et son rôle-conseil dans la publication d’une anthologie sur la littérature canadienne témoignent aussi de son intérêt pour le fait français au Québec et pour le rayonnement de la francophonie.

Françoise Sule est membre de l’Association internationale des études québécoises (AIEQ) depuis 2002 et en assure la vice-présidence pour l’Europe depuis 2016. Au fil des ans, elle a contribué, en collaboration avec cette association, à l’accueil d’une quarantaine d’auteurs québécois dans le cadre de tournées d’auteur. Elle a également offert quatre sessions de formation basées sur l’ouvrage Le Québec, connais-tu? auxquelles ont participé des professeurs et des étudiants de français en Suède, en Finlande et en Estonie.

En 2013, elle instaure le Prix littéraire des lycéens AIEQ Suède/Estonie/Catalogne, un prolongement hors Québec du Prix littéraire des collégiens. En 2017, lors du Salon international du livre de Québec, elle participe à une table ronde organisée par l’AIEQ sur le thème « La littérature québécoise dans le monde : 20 ans de traduction ». En 2019, c’est au Salon du livre de Montréal qu’elle est reçue dans le cadre de la rencontre « La littérature québécoise voyage en Suède », échangeant alors avec des auteurs québécois ayant séjourné en Suède à son invitation.

Françoise Sule a présidé, de 2008 à 2019, l’Association des enseignants de français en Suède et a participé en 2008 au congrès de la Fédération internationale des professeurs de français tenu à Québec. Elle assume la responsabilité du Cercle littéraire francophone, en collaboration avec la bibliothèque de la ville de Stockholm, et traduit divers ouvrages suédois en français. Pendant plus de vingt ans, elle a été responsable de l’Institut d’études canadiennes de l’Université de Stockholm, inauguré en 1995.

Le travail de Françoise Sule a été reconnu par la remise de distinctions par les gouvernements de France (officière des Palmes académiques 2009, officière de l’Ordre du mérite 2021), du Québec (Médaille du 50e anniversaire du ministère des Relations internationales et de la Francophonie 2017) et du Canada (Médaille du Gouverneur général du Canada 2017). En 2016, le Prix de la Francophonie en Suède lui est octroyé pour le projet Lilian Thuram – Éducation contre le racisme.

C’est notamment pour son enseignement de la langue française à des milliers de Suédois, pour sa contribution au rayonnement de la culture et de la littérature québécoises, et pour son apport au développement de réseaux d’études québécoises partout dans le monde que le Conseil supérieur de la langue française lui décerne l’Ordre des francophones d’Amérique.

Monsieur Hans-Jürgen Lüsebrink

Le professeur Hans-Jürgen Lüsebrink est né en Allemagne, en 1952, d’une famille ayant des origines huguenotes remontant à l’immigration de réfugiés français en Allemagne à la fin du XVIIe siècle. Après des études de lettres françaises, d’histoire et de littérature comparée dans les universités de Mainz, en Allemagne, et de Tours, en France, il a obtenu un doctorat en philologie romane à l’Université de Bayreuth en Allemagne en 1981 et un second doctorat en histoire, en 1984, à l’École des hautes études en sciences sociales à Paris.

Après avoir été assistant, puis maître-assistant auprès de la Chaire de littératures romanes et comparées à l’Université de Bayreuth, il a été nommé, en 1988, professeur de littératures et civilisations romanes à l’Université de Passau, en Bavière, après l’obtention de sa thèse d’habilitation soutenue en 1987. Entre 1993 et 2018, il a été titulaire de la Chaire d’études culturelles romanes et de communication interculturelle à l’Université de la Sarre, où il a été nommé ensuite professeur senior en 2018.

En 2001, il fonde le Centre d’études interculturelles sur le Québec et la francophonie nord-américaine. Le Québec ainsi que l’histoire de sa littérature, de sa culture et de ses médias ont constitué depuis le début des années 1990 l’un des centres majeurs de ses activités d’enseignement et de recherche.

Celles-ci ont été marquées par de nombreux séjours de recherche et d’enseignement au Canada et au Québec, ainsi que comme professeur invité dans les universités Laval, de Montréal, de Moncton et d’Ottawa; également par l’établissement de programmes d’échanges d’étudiants et d’enseignants entre les universités de Passau puis de la Sarre, d’une part, et, d’autre part, l’Université Laval, l’Université de Montréal, l’Université du Québec à Montréal et l’Université de Moncton; et enfin par sa participation à l’École doctorale internationale Diversité des universités de Montréal, de Trèves et de Sarrebruck, dont il a été l’un des cofondateurs en 2013, puis le codirecteur du côté allemand, une école doctorale subventionnée jusqu’en 2022 par le Conseil de recherches en sciences humaines (CRSH) du Canada et son correspondant allemand, la Deutsche Forschungsgemeinschaft.

Membre de l’Association internationale des études québécoises dès l’année de sa fondation en 1997, il a été membre du conseil d’administration de l’organisme pendant six ans, occupant notamment le poste de vice-président pour l’Europe. Ses activités de recherche et ses publications sur le Québec ont connu un encouragement majeur grâce aux bourses de recherche obtenues au Québec, au Canada et en Allemagne, et en particulier à l’obtention de la bourse Diefenbaker du CRSH en 2001 qui lui a permis de séjourner une année entière à Montréal.

C’est notamment pour sa contribution au développement des études québécoises, pour son apport aux collaborations scientifiques entre chercheurs d’Europe et d’Amérique, et pour son engagement dans la promotion de la culture québécoise en Allemagne et dans le monde que le Conseil supérieur de la langue française lui décerne l’Ordre des francophones d’Amérique.

ORGANISATIONS LAURÉATES DU PRIX DU 3-JUILLET-1608

Centre de recherche interuniversitaire
sur la littérature et la culture québécoises (CRILCQ)

Né en 2003 de la fusion du Centre de recherche en littérature québécoise (CRELIQ) de l’Université Laval et du Centre d’études québécoises (CÉTUQ) de l’Université de Montréal, le Centre de recherche interuniversitaire sur la littérature et la culture québécoises (CRILCQ) est un regroupement stratégique de chercheuses et de chercheurs qui rassemble près de 60 membres ordinaires. Il compte également des membres collaborateurs de plusieurs organisations canadiennes et étrangères, et plus de 300 membres étudiants.

Le CRILCQ est le seul centre de recherche à se consacrer à l’étude systématique de la littérature et de la culture québécoises. Sa position unique dans le domaine des sciences humaines, des arts et des lettres l’amène à agir en tant qu’interface indispensable entre ce qui se crée et ce qu’on en sait.

La mission du CRILCQ tient à trois mandats liés à l’avancement des connaissances, à la formation des étudiantes, des étudiants, de nouvelles chercheuses et de nouveaux chercheurs, ainsi qu’au rayonnement des études québécoises. Plus précisément, le CRILCQ a pour objectifs :

de contribuer au développement des connaissances en mettant sur pied des réseaux interdisciplinaires et internationaux de recherche, en appuyant les diverses activités de recherche, de création et de diffusion de ses membres, et en mettant à la disposition des chercheuses et des chercheurs québécois et étrangers une structure d’accueil et des ressources documentaires;
de former les étudiantes et les étudiants ainsi que les jeunes chercheuses et chercheurs en les intégrant aux différents projets de recherche du CRILCQ, en leur donnant accès à des activités qui leur sont spécialement destinées et en leur offrant un appui financier;
de promouvoir les études québécoises au Québec, au Canada et à l’étranger en organisant des activités de diffusion et de transfert (colloques, tables rondes, publications, etc.), en accueillant des chercheuses et des chercheurs ainsi que des enseignantes et des enseignants étrangers, et en encourageant les échanges internationaux.

Les chercheuses et les chercheurs du CRILCQ se consacrent tant à l’analyse des œuvres qu’à l’interprétation historique des pratiques et des corpus dans une perspective qui met en rapport les différents domaines abordés : littérature, théâtre, cinéma, danse, musique, cirque, histoire de l’art, journalisme, etc.

Ces recherches reflètent la vie littéraire et culturelle québécoise dans sa diversité : du geste créateur à l’enseignement et à la critique, en passant par les formes elles-mêmes, des plus anciennes aux plus récentes. Trois axes déterminent sa programmation scientifique : les travaux de nature historique, l’étude des interactions culturelles entre les arts, ainsi que les analyses formelles de textes et d’œuvres.

C’est notamment pour son apport au développement des études culturelles et littéraires québécoises, pour son engagement à l’égard de jeunes chercheurs et pour ses ouvrages marquants qui participent au rayonnement des connaissances sur le fait français au Québec que le Conseil supérieur de la langue française lui décerne le Prix du 3-Juillet-1608.

Ville de Dieppe

Située au cœur de l’Acadie, Dieppe est une ville moderne et dynamique qui jouit d’une réputation enviable, comme le démontre sa forte croissance au cours des dernières décennies. Elle est la quatrième cité la plus importante au Nouveau-Brunswick et la plus grande ville majoritairement francophone à l’extérieur du Québec.

Dieppe agit régulièrement à titre de chef de file dans différentes initiatives qui permettent l’épanouissement de ses résidents francophones tout en mettant en valeur les différentes cultures qui constituent le tissu social de sa population. Au fil des ans, la Ville de Dieppe a réalisé de nombreux projets, organisé d’innombrables activités et lancé divers programmes afin de promouvoir et d’encourager l’utilisation de la langue française.

Elle s’est officiellement déclarée « ville francophone offrant des services bilingues » en 2000, s’est dotée en 2005 d’une politique linguistique qui déclare que le français est la langue de travail et a adopté un arrêté en 2010 portant sur l’affichage extérieur commercial, qui priorise le français. D’ailleurs, cette initiative a profondément changé le paysage linguistique sur son territoire.

Elle a également été l’hôte de nombreux événements faisant la promotion de la langue française. En 1994, elle était l’une des communautés hôtes du premier Congrès mondial acadien. En 1999, Dieppe a accueilli le Village de la francophonie dans le cadre du Sommet de la francophonie. Selon les estimations, ce sont environ 100 000 personnes qui l’ont fréquenté pendant cinq jours. Puis, en 2003, la Ville a accueilli la finale des Jeux de l’Acadie, qui a permis à plus de 1 000 jeunes de participer à des compétitions sportives et à des activités culturelles. En 2019, le Congrès mondial acadien fait à nouveau un arrêt à Dieppe dans le cadre des festivités du 15 août, où environ 18 000 personnes ont assisté au grand spectacle présenté sur les ondes de Radio-Canada.

Et que dire des Mercredi Show qui, depuis plus de 30 ans, présentent des artistes acadiens et francophones lors de sa série de spectacles gratuits en plein air au centre-ville durant l’été? Ce ne sont que quelques exemples qui font de la francophonie l’une des composantes clés de la raison d’être de Dieppe et qui lui permettent de rayonner. Enfin, Dieppe poursuit sa croissance en offrant un environnement sécuritaire, accueillant, inclusif, chaleureux et familial, ainsi que des services et des infrastructures de première qualité en harmonie avec l’environnement.

C’est notamment pour ses politiques de promotion du français, pour ses initiatives d’affirmation de son identité francophone, pour son dynamisme lié à la place accordée au français, et pour sa volonté d’associer fierté acadienne et défense de la langue française que le Conseil supérieur de la langue française lui décerne le Prix du 3-Juillet-1608.

SOURCE Conseil supérieur de la langue française

Président éditeur, Fondation littéraire Fleur de Lys

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Publié dans Communiqués de presse

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