Article # 16 : La philosophie, un art de vivre de vivre, Collectif sous la direction de Jean-François Buisson, Les Éditions Cabédita, 2021

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DOSSIER

Philothérapie

Consulter un philosophe

Quand la philosophie nous aide

Article # 16

La philosophie, un art de vivre

Collectif

Sous la direction de Jean-François Buisson

LES AUTEURS

Laurence Bouchet, philosophe praticienne

Michel Maxime Egger, sociologue, écothéologien

Fernando Figares et Laura Winckler, spécialistes en philosophie comparée

Maël Goarzin, doctorant en philosophie antique

Jacqueline Kelen, écrivaine

Xavier Pavie, philosophe, écrivain

Fernand Schwarz, anthropologue, philosophe et écrivain

Bertrand Vergely, essayiste, agrégé de philosophie

ISBN : 978-2-88295-901-0

Éditions Cabédita, Suisse, 2021, 140 pages


Cet article présente mon point de vue au sujet du livre« La philosophie, un art de vivre».

Dans un premier, je présente le livre et, dans un deuxième temps, vous trouverez mon rapport de lecture.

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Quatrième de couverture

S’il est une discipline qui peut nous aider à vivre dans un monde désormais volatile, incertain, complexe et ambigu, mais aussi à construire l’avenir sur des bases plus sûres et plus stables, c’est bien la philosophie. Mais une philosophie qui aura retrouvé sa vocation première, celle d’être de nouveau un «mode de vie» étroitement lié à la réflexion philosophique, une façon plus sage d’être au monde, plus en lien avec les valeurs éthiques et spirituelles fondamentales, plus juste et respectueuse de l’environnement, plus favorable à l’épanouissement de l’individu et de la civilisation.

Ce livre est une contribution au renouveau de la philosophie comme art de vivre, mouvement lancé plus particulièrement par Pierre Hadot.

Nous avons réuni ici plusieurs auteurs, dont nous savons l’importance qu’ils accordent à une certaine manière de vivre dans leur propre existence, afin qu’ils partagent avec nous la richesse de leurs idées et de leurs expériences..

Source : Éditions Cabédita.


Table des matières

PRÉFACE
Jean-François Buisson
LA VOIE DE L’HOMME NOBLE
Jacqueline Kelen

La Force
La Prudence
La Tempérance
La Justice

PHILOSOPHIE ANTIQUE ET EXERCICES SPIRITUELS.
Fernand Figares et Laura Winckler

Rencontrer notre vie intérieure
Pourquoi des exercices spirituels dans les écoles de philosophie ?
Le but de la philosophie : une bonne entente
Les trois axes de la philosophie
La pratique de l’éthique : apprendre à vivre
La pratique de la logique : apprendre à dialoguer
La pratique de la physique : apprendre à mourir
Importance de la vie philosophique

DE LA THÉORIE À LA PRATIQUE : VIVRE EN STOÏCIEN AUJOURD’HUI
Maël Goarzin

Le stoïcisme de l’Antiquité tardive à l’époque moderne
Le stoïcisme contemporain
Le stoïcisme comme manière de vivre
S’exercer quotidiennement

VIVRE NOTRE SPIRITUALITÉ AUJOURD’HUI
Fernand Schwarz

D’où vient cette difficulté à changer ?
Dépendre de l’extérieur ou découvrir notre profondeur
La vie intérieure se cultive
L’esprit : l’élévation de la vie
Les trois clés de la vie spirituelle : silence, vide, immobilité
Le silence
Le vide
L’immobilité
Transmuter nos fragilités par la pratique

DIALOGUE SOCRATIQUE EN PHILOMOBILE
Laurence Bouchet

Ateliers de pratique philosophique
Gagner contre soi-même, un certain rapport au langage
La Philomobile dans la cour de l’école
Philosopher ou rencontrer l’altérité
Travailler sa pensée
Socrate au XXIe siècle ?

L’IMAGINATION PEUT-ELLE ÊTRE UN EXERCICE SPIRITUEL CONTEMPORAIN ?
Xavier Pavie

Comprendre l’imagination
Trois formes d’imagination
Les enjeux d’une maîtrise de l’imagination
L’imagination comme exercice spirituel contemporain
L’imagination chez les Anciens
Les formes d’imagination comme exercice spirituel
L’imagination-mémoire
L’imagination-combinaison
L’imagination créatrice
L’imagination et les nouveaux exercices spirituels

LA SOBRIÉTÉ JOYEUSE POUR SORTIR DU CONSUMÉRISME
Michel Maxime Egger

Nécessaire changement de paradigme
Qui suis-je ?
Faux moi consommateur
De l’individu à la personne
Quel est mon désir ?
Promesses illusoires
Vers la sobriété joyeuse
De quoi ai-je peur ?
Angoisse du manque et de la mort
Vers une conscience d’abondance
Le dehors et le dedans

ÊTRE LA PHILOSOPHIE
Bertrand Vergely

Une question
Une responsabilité
Un combat
Un travail
Un engagement
Un rêve
Une communion
Une inspiration
Une aventure


Extrait

PRÉFACE

Il est temps de prendre conscience qu’une science privée de réflexion et qu’une philosophie purement spéculative sont insuffisantes.

Science avec Conscience, Edgar Morin, Éd. Seuil.

De nos jours, la philosophie reste considérée comme une discipline universitaire, abstraite, réservée à une élite intellectuelle. Pourtant, dans son berceau de la Grèce antique, elle était d’abord philosophia, amour de la sagesse. Et cette quête de sagesse se traduisait par une certaine manière de vivre en accord avec les principes issus de la réflexion philosophique.

Elle consistait en premier lieu à réfléchir, bien entendu, à connaître, mais cette connaissance n’était pas la finalité de l’exercice. En effet, à quoi peut bien servir une connaissance si elle ne nous est pas utile dans la vie quotidienne ?

« Les philosophes de l’Antiquité grecque et romaine, écrit Pierre Hadot (Qu’est-ce que la philosophie antique ?, Pierre Hadot, Éd. Payot.), célèbre historien de la philosophie antique, n’étaient pas avant toute chose des faiseurs de livres. En écrivant, ils travail-laient en fait à changer leur regard sur le monde, sur eux-mêmes et sur leurs sentiments, afin de modifier leur propre existence (…). Même leurs spéculations les plus abstraites (en physique, en métaphysique, en astronomie) étaient destinées à comprendre pour mieux agir, et non pas à connaître pour connaître. »

La première finalité de la philosophie consiste à lever les voiles du mystère de la vie, à connaître et à comprendre les lois de l’uni-vers, et à se connaître soi-même. La seconde, à nous donner les clés pour vivre en accord avec le produit de la pensée, nous amenant à plus d’harmonie avec la nature et de respect de ses lois afin de réaliser notre destin d’être humain.

Les philosophes de l’Antiquité étudiaient en priorité l’univers, cherchant à en comprendre non seulement le fonctionnement, mais son sens, son origine et sa finalité. La question du « pour-quoi » primait sur celle du « comment ». Pourquoi vivre pour, ensuite, savoir comment vivre.

Ils partaient du principe que la raison de la partie était à trouver dans la raison du Tout. Le sens de l’existence humaine se dévoile dans la logique évolutive de la Nature elle-même. La philosophie était alors une école de la vie avec la sagesse comme horizon.

Et de quoi a-t-on le plus manqué dans ces derniers siècles si ce n’est d’un peu de sagesse !

PHILOSOPHER OU VIVRE AVEC PHILOSOPHIE

Ainsi s’agissait-il moins de philosopher que de vivre avec philosophie. Il n’y avait pas de philosophie sans vie philosophique. On reconnaissait un philosophe à sa façon de se conduire conformément à une éthique de l’existence. Comme le dit Plutarque, « c’est la pratique de vie quotidienne de Socrate qui est sa vraie philosophie ».

Que s’est-il passé pour que la philosophie, d’abord amour de la sagesse, se soit réduite à un pur exercice de pensée et de langage qui n’incite plus à vivre sagement, qui ne guide plus nos vies pour qu’elles soient meilleures ?

Pierre Hadot nous explique l’histoire de la rupture entre la vie philosophique et le discours philosophique.

« Avec le Moyen Âge, on assiste à une séparation radicale du mode de vie philosophique (qui fait partie désormais de la spiritualité chrétienne), et du discours philosophique, qui devient un simple outil théorique au service de la théologie (…). La philosophie se réfugie dans les universités où il ne s’agit plus, comme dans l’Antiquité, de former des hommes, mais des professeurs qui formeront à leur tour d’autres professeurs. »

Rupture entre langage et réalité

Jeanne Hersch, éminente philosophe genevoise, constate une autre rupture encore, celle entre le langage et la réalité : « Par-delà l’expression verbale, il n’y a pas de réalité et, par conséquent, les problèmes ont cessé de se poser (…). Dans notre société occidentale, l’homme cultivé vit la plus grande partie de sa vie dans le langage. Le résultat est qu’il prend l’expression par le langage pour la vie même. » (L’étonnement philosophique, Jeanne Hersch, Éd. Gallimard.)

On comprend par là qu’aujourd’hui l’exercice du langage se suffit à lui-même et que, par conséquent, la philosophie se soit déconnectée des problèmes de la vie quotidienne.

Par ailleurs, le mythe du Progrès pouvait-il s’embarrasser de valeurs morales et spirituelles ? Dans un monde dominé par les appétits et les intérêts, dont la finalité s’est réduite au confort matériel et à la satisfaction des plaisirs immédiats, quelle aurait été la place de la sagesse, des vertus et de la morale ?

Aujourd’hui, le paradigme moderne s’épuise avec l’effondre-ment de nos utopies et des idéologies dominantes. Nous entrons dans une nouvelle époque, qui appelle une vision renouvelée du monde. Si nous sommes passés d’un paradigme religieux à un paradigme scientifique, c’est peut-être à la philosophie de nous inspirer celui de demain.

Changer de paradigme

C’est notre vision du monde, la conception que nous avons de la nature mais aussi de l’être humain et de sa place dans l’univers qui déterminent nos actions, nos préoccupations, nos finalités existentielles. En effet, si la nature n’est qu’un objet de prédation, sans vie, sans âme, sans destin, nous ne sommes alors, nous-mêmes, que des consommateurs de biens matériels voués uniquement à rechercher un maximum de confort, à nous reproduire et à mourir à la fin sans que tout cela n’ait aucun sens transcendant.

Il est donc essentiel d’élargir la représentation que nous nous faisons du monde, de notre place ici et de notre destinée…

« Il convient d’aller aux racines des problèmes, qui sont de l’ordre de l’être et de la culture pour inventer un nouveau paradigme », nous dit Michel-Maxime Egger (page 104), de revenir sur les définitions de quelques notions essentielles : qui sommes-nous ? Pourquoi sommes-nous là ? L’existence a-t-elle une finalité ? À quoi sert-il de vivre ? L’évolution a-t-elle un sens ? Quel est le mystère de la vie ? Quelles devraient être nos véritables priorités ?

Là, la philosophie joue pleinement son rôle. Elle est une aide inestimable, à plusieurs titres.
Elle nous apprend à penser, nous pousse à réfléchir, à discerner, à accoucher les esprits (Laurence Bouchet, page 69). Elle nous ouvre l’accès à la vie intérieure et à vivre la spiritualité avec naturel (Fernand Schwarz, page 58). Elle nous fait découvrir les dimensions insoupçonnées de notre propre nature, la nécessité d’une vie morale et la puissance des vertus (Jacqueline Kelen, page 12).

Elle est une véritable école de vie qui nous exhorte à un perfectionnement de nous-mêmes à travers la pratique d’exercices quotidiens inspirés de ceux proposés par les stoïciens, par exemple (Fernand Figares et Laura Winckler, page 25, et Maël Goarzin, page 42), ou par l’exercice de l’imagination (Xavier Pavie, page 85), si nécessaire pour réinventer le monde et faire fructifier

la créativité. Au fond, « la philosophie peut être la vie-même » (Bertrand Vergely, page 122).

Repenser la philosophie

Comme le dit Roger-Pol Droit en parlant de Pierre Hadot : « Depuis une quarantaine d’années, il transforme en profondeur notre conception de la philosophie. »

Il n’est pas le seul à remettre en question la philosophie, mais il reste que réactualiser la philosophie comme mode de vie aujourd’hui n’est pas chose évidente.

Mais le mouvement est en marche et nous ne pouvons que nous réjouir des multiples initiatives qui fleurissent un peu par-tout avec un succès grandissant : philosophie pour enfants dans les écoles, consultations philosophiques, ateliers de dialogue philosophique, écoles de philosophie pratique à la manière classique…

Oui, la philosophie comme art de vivre est non seulement possible aujourd’hui, mais elle est devenue essentielle pour affronter les défis à venir et pour, simplement, nous aider à retrouver le chemin ascendant de notre évolution comme êtres humains en devenir. L’amour de la sagesse a perduré…

Jean-François Buisson
Philosophe humaniste
Formateur en philosophie appliquée

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Vidéo Nouvelle acropole


Ma lecture de

La philosophie, un art de vivre, Collectif sous la direction de Jean-François Buisson, Les Éditions Cabédita, 2021

Serge-André Guay, auteur et président éditeur
Fondation littéraire Fleur de Lys

Rupture entre langage et réalité

Jeanne Hersch, éminente philosophe genevoise, constate une autre rupture encore, celle entre le langage et la réalité : « Par-delà l’expression verbale, il n’y a pas de réalité et, par conséquent, les problèmes ont cessé de se poser (…). Dans notre société occidentale, l’homme cultivé vit la plus grande partie de sa vie dans le langage. Le résultat est qu’il prend l’expression par le langage pour la vie même. » (L’étonnement philosophique, Jeanne Hersch, Éd. Gallimard.)

On comprend par là qu’aujourd’hui l’exercice du langage se suffit à lui-même et que, par conséquent, la philosophie se soit déconnectée des problèmes de la vie quotidienne.

Source : La philosophie, un art de vivre, Collectif sous la direction de Jean-François Buisson, Les Éditions Cabédita, 2021, Préface,  p. 9.

(Lévis, Québec, le 24 octobre 2021) Lors des mes études au sujet des motivations dans les années 1990, j’ai appris que la communication professionnelle prenait place et lieu de l’action, notamment dans les annonces (conférences presse) impliquant des politiciens et des hommes d’affaires. Annoncer la construction d’un bâtiment, ce n’est pas la construction du bâtiment. Or, politiciens et hommes d’affaires prennent pour acquis que l’annonce de la construction d’un bâtiment s’inscrit comme une étape concrète de l’action même de construire. Le bon peuple sait fort bien, par expérience, qu’une annonce ne demeure qu’une annonce et que même la pelletée de terre ne débouche pas toujours sur l’action annoncée. C’est dire : «Nous avons agit en annonçant». Ça ne tient pas la route. Pour retrouver cette information, on se référera à l’édition de 1981 de «Les Motivations» de la Collection Que sais-je aux Presses universitaires de France (PUF) sous le plume de Alex Mucchielli.

Le phénomène observé en philosophie où le discours devient une fin en soi s’apparente un peu à cette analyse des motivations. Dans sa préface de «La philosophie un art de vivre», Jean-François Buisson cite Jeanne Hersch, éminente philosophe genevoise: «Dans notre société occidentale, l’homme cultivé vit la plus grande partie de sa vie dans le langage. Le résultat est qu’il prend l’expression par le langage pour la vie même.» Évidemment, l’expression par le langage peut tout à fait être une partie de la vie elle-même, voire une partie importante, mais la vie ne saurait se limiter à l’expression par le langage. Si nous parlons tous beaucoup lorsque l’occasion nous est donnée de sortir de notre solitude, nous savons fort bien qu’il y a une grande différence entre «ce que je dis» et «ce que je fais», à un point tel que je prends pour vrai ce que je dis uniquement parce que je le pense. Mais j’ai déjà bondé en ce sens dans le tout premier article de ce dossier.


Article # 1 : Introduction

Témoignage de ma recherche personnelle au sujet de la philothérapie (philosophie + thérapie) ou, si vous préférez, de la pratique de la philosophie en clinique. Il s’agit de consultation individuel ou de groupe offert par un philosophe praticien pour nous venir en aide. Elle se distingue de la « psychothérapie » (psychologie + thérapie) en ce qu’elle utilise des ressources et des procédés et poursuit de objectifs propres à la philosophie. On peut aussi parler de « philosophie appliquée ».


Dans le livre «La philosophie, un art de vivre», quatre mots/expressions reviennent souvent : vertus, exercices spirituelles, Dieu et âme. Dans la culture québécoise où s’inscrit dans notre histoire la répression et la domination du peuple et des politiques par le religieux catholique, ces mots/expressions souffrent d’une très mauvaise réputation, du moins, chez les plus vieux. Et ces derniers se font un devoir de le rappeler aux jeunes afin qu’ils soient vigilants face à toutes religions et à tous les Dieux. Même nos manuels d’histoire du Québec en conserve la mémoire d’une édition à l’autre. Le Québec fut une véritable théocratie et les conséquences se font sentir tout aussi bien aujourd’hui qu’hier. Les médias d’information ne manquent pas de mettre en vedette toutes nouvelles dénonciations des conséquences qui nous rattrapent sans cesse depuis plus de 50 ans. On découvre encore aujourd’hui des cimetières près des pensionnats où des jeunes des Premières Nations furent enterrés en cachette. Alors, la référence à la religion et à Dieu dans les ouvrages de philosophie populaire me rebute d’entrée jeu, même si mon devoir serait de faire la part des choses. Pour l’instant et pour moi, la philosophie est athée ou n’est pas philosophie. Les religieux catholiques québécois ont même corrompus l’idée des vertus à force de chantage et de menace d’aller en enfer. Parlant de vertus, Jacqueline Kelen écrit :

Pour simplifier, je résumerai en disant que la Force réunit le courage et la volonté, la Prudence, la clarté de l’esprit et le discernement, la Tempérance, la modération et la paix de l’âme, et la Justice la rectitude et la Vérité.

KELEN, Jacqueline, Le voie de l’homme noble, La philosophie, un art de vivre, Collectif sous la direction de Jean-François Buisson, Les Éditions Cabédita, 2021, p. 17.

Je ne peux pas vraiment s’opposer à ces vertus, en mots et en actes, du moins délibérément et consciemment. Elles demeurent à mes yeux un idéal, une visée, à exprimer concrètement dans de la vie quotidienne du philosophe. Un seul mot me cause problème : «Vérité». Je ne l’accepte que par opposition à «Mensonges» et, encore là, que du bout des lèvres. Utiliser ce mot dans un livre de philosophie populaire s’en prendre garde aux références des lecteurs ne me semble pas prudent.

VÉRITÉ (nom commun)

1 – Caractère de ce qui est conforme à la réalité.
2 – Proposition, jugement ou croyance qui est vraie.
3 – Réalité profonde d’une chose, par opposition à ses manifestations superficielles.

EXEMPLES(S)

1 – La vérité d’une proposition scientifique est parfois difficile à établir.
2 – C’est une vérité bien admise que les poules ne poussent pas sur les arbres.
3 – La vérité du capitalisme, c’est l’exploitation.

TERME(S) ASSOCIÉ(S)

correspondance, faux

REMARQUE

La définition de “vérité” est controversée. Il n’y a d’accord ni sur la nature du concept, ni sur la façon de le penser. Même la définition précédente , pourtant très classique, ne fait pas consensus. Ceux qui tendent à l’accepter ne s’accordent pas sur sa formulation précise ou ses implications. “Qu’est ce que la vérité ?” reste une question ouverte. Difficultés philosophiques mises de coté, la “vérité” est une notion très courante. Son usage est peut-être inévitable, en dépit des incertitudes philosophiques.

Source : Dicophilo.

Selon moi, la vérité n’est pas un concept sûre en raison de son appropriation par tout un chacun. «À chacun sa vérité» finit-on par affirmer, comme «À chacun son opinion». Je crois que la vérité ne peut pas exister sans le doute qui doit l’accompagner. Il ne faut rien prendre pour acquis. En science, du moins en épistémologie des sciences, en parle rarement de la vérité mais plus souvent et généralement de connaissance et cette dernière se construit sur le «déjà su». La connaissance n’est vraie que le temps qu’arrive une autre connaissance qui l’anéantisse. À mes yeux, il n’y a pas de vérité immuable, universelle. Admettre une vérité va à l’encontre de l’ouverture d’esprit nécessaire autant en philosophie que dans la vie quotidienne de chacun.

Qui plus est, la vérité est associé par Jacqueline Kelen à la vertu de la Justice. L’usage des deux mots en association donne aux lecteurs à percevoir dans l’instant ce qu’il connaît de la justice, c’est-à-dire le système judiciaire dont nous sommes découragés pour son manque apparent de justice. Nous savons que le système judiciaire ne rend pas la vérité. Le référence première au pouvoir judiciaire impose la prudence aux philosophes. Bien sûr, il s’agit de la vertu de la Justice dans notre vie. Mais nous ne rendons pas la Vérité parce que nous pratiquons la justice.

La pratique des vertus, dont les quatre principales viennent d’être exposées, peut sembler austère voire rebutante à nombre de gens parce qu’elle est exigeante et demande le meilleur de chacun. Aussi, les Grecs, suivis par les Romain, ont-ils ajouté la vertu plus souriante de l’amitié qui est émulation vers le Souverain Bien, soutien et compagnonnage affectueux. Tous, de Socrate à Plotin en passant par Cicéron et Sénèque, témoignent de cette délicate et chaleureuse vertu, ce «soleil de l’amitié».

KELEN, Jacqueline, Le voie de l’homme noble, La philosophie, un art de vivre, Collectif sous la direction de Jean-François Buisson, Les Éditions Cabédita, 2021, p. 23.

Il ne faut pas que le philosophe en devenir se retrouve devant une montagne qu’il n’en finit plus de gravir et, une fois au sommet, se retrouve devant une autre montage à conquérir et ainsi de suite. Le travail sur soi ne doit pas être une montagne qui en cache une autre. Soutenir que « La pratique des vertus, (…), peut sembler austère voire rebutante à nombre de gens parce qu’elle est exigeante et demande le meilleur de chacun » témoigne certainement d’une certaine honnêteté mais on s’approche ici d’une approche qui s’apparente au développement personnel où le moi se dresse comme une montagne à escalader, souvent dans la souffrance.


Celui qui pratique la vertu de justice bannit tout ce qui relève du mensonge, de la fraude, de la corruption, de la dissimulation et de la trahison, il rejette le vol, l’imposture et la délation, la duplicité et le parjure. Vivre selon la Justice, c’est éviter toute compromission, tous les petits arrangements et aménagement de la conscience. Un homme juste s’avère droit, loyal, intègre en toutes circonstances, personne ne peut l’acheter ni le détourner de sa voie morale

KELEN, Jacqueline, Le voie de l’homme noble, La philosophie, un art de vivre, Collectif sous la direction de Jean-François Buisson, Les Éditions Cabédita, 2021, p. 22.

L’expression «exercice spirituelle» demeure assimilée à la religion au Québec.

En outre, le terme «spirituel» ne doit pas être compris dans le sens «religieux«», les exercice religieux n’étant qu’un type, particulier, d’exercice spirituel. Les «exercices spirituels» ne sont pas non plus des «exercices moraux», car ces derniers pourrait se limiter à un certain code de bonne conduite. Comme P. Hadot l’a clairement exprimé: «Le mot spirituel permet bien de faire entendre que ces exercices sont l’œuvre non seulement de la pensée, mais de tout le psychisme de l’individu.»

FIGARES, Fernando, WINCKLER, Laura, Philosophie antique et exercices spirituels, La philosophie, un art de vivre, Collectif sous la direction de Jean-François Buisson, Les Éditions Cabédita, 2021, p. 28.


1200px-Wikipedia-logo-v2-fr.svgExercice spirituel

Pierre Hadot donne un sens philosophique et non religieux au terme : il s’agit pour lui d’« une pratique volontaire, personnelle, destinée à opérer une transformation de l’individu, une transformation de soi »(2). Il rapproche la notion de celle de « montage psychique » chez Raymond Ruyer(3). Pour Hadot, les pratiques stoïciennes de « préparation aux difficultés de la vie », que sont la maladie, la pauvreté, l’exil, sont des exercices spirituels. Un exemple d’exercice est de « se préparer par la pensée à leur éventualité », c’est-à-dire l’anticipation mentale de ces difficultés(2).

Hadot cite aussi les épicuriens avec leurs pratiques de « l’examen de conscience, […] l’aveu des fautes, la méditation, la limitation des désirs »(2). Pour Hadot, les exercices spirituels constituent la philosophie elle-même, et ne sont pas de simples ajouts au discours abstrait.

Il écrit en effet dans son volume sur Wittgenstein que la notion d’exercice spirituel « me servait à désigner […] une activité, presque toujours d’ordre discursif, qu’elle soit rationnelle ou imaginative, visant à modifier, en soi ou chez les autres, la manière de vivre et de voir le monde »4. Mais Hadot précise que le choix de cette expression « n’est peut-être pas heureu[x] »(4).

Source : Exercice spirituel, Wikipédia.

NOTES

(2) Hadot 2001, p. 145.

(3) Raymond Ruyer, La Gnose de Princeton, Paris, Fayard, 1974, ch. 21-22.

(4) Raymond Ruyer, La Gnose de Princeton, Paris, Fayard, 1974, ch. 21-22.


L’idée de travail sur soi va plus loin avec Laurence Bouchet qui parle ni plus ni moins de « gagner contre soi-même» :

Qu’est-ce que ça veut dire gagner contre soi-même ? Nous avons tous une tendance à protéger nos certitudes. Aussi, dès qu’elles sont questionnées, souvent nous réagissons très rapidement face à ce que nous percevons comme une attaque. Il y a là quelque chose d’instinctif, nous voulons nous défendre parce que nous nous sentons menacés.

Très souvent nous agissons sans réfléchir, poussé par une émotion, donc par une sorte de mécanisme déterminé, comme si nous n’avions pas d’autre choix que de faire ce que nous faisons. Or gagner contre soi-même, ces gagner contre ces mécanismes rigides en nous, c’est gagner en souplesse et donc en liberté.

BOUCHET, Laurence, Dialogue socratique en Philosophie, La philosophie, un art de vivre, Collectif sous la direction de Jean-François Buisson, Les Éditions Cabédita, 2021, p. 73.

Dans le domaine de l’étude du comportement, on parle de « mécanismes de défense » et de « réactions involontaires » depuis des décennies. Et on parle aussi de contourner les mécanismes de défense avec une « approche indirecte » afin de ne pas les éveiller.  Je crois que les philosophes praticien auraient avantage à se mettre au parfum des études du comportement. Il n’est pas question ici des récentes découvertes en neurosciences qui confirment l’Erreur de Descartes mais des travaux ayant commencés dans les années 1930, notamment sur le rapport entre les motivations et le comportement. Ils pourraient ainsi éviter la confrontation avec la méthode dialectique.

La dialectique n’est pas le savoir, mais la méthode qui permet d’y parvenir. Socrate nous donne le courage d’affronter nos propres ignorances en jalonnant le chemin. Le savoir est au cœur du chemin. C’est le dialogue qui s’instaure qui fera apparaître la vérité. À travers la pratique dialectique, Socrate nous invite à participer à un véritable processus alchimique.

Comme l’œuvre alchimique, la dialectique connaît trois phases :

  • l’examen de conscience : l’observation consciente de nos actes et pensées.
  • la réfutation des préjugés (phase critique ou l’on passe en revue les actes et les pensées pour en vérifier leur validité).
  • la maïeutique, l’art de s’accoucher soi-même. Lorsque les prises de consciences sont acquises, on meurt à une partie de nos mauvaise habitudes, il y a une renaissance, d’un moi plus authentique.

FIGARES, Fernando, WINCKLER, Laura, Philosophie antique et exercices spirituels, La philosophie, un art de vivre, Collectif sous la direction de Jean-François Buisson, Les Éditions Cabédita, 2021, pp. 36-37.

Il se trouve des philosophes praticiens faisant de la dialectique un dogme. Ils recherchent l’affrontement avec leur client avec une certaine violence et un réel manque de respect de l’Être sensible à abattre, à réduire au silence. Une fois l’Être sensible au cimetière, ils espèrent que l’Être raisonné va tout simplement prendre le dessus. Or l’Être raisonné a besoin de l’Être sensible, d’un coup de pouce des émotions. Il faut donc composer avec les deux Êtres, le sensible et le raisonné, sans quoi tout ce dialogue socratique pur ne demeure qu’un simple jeu avec l’Intellect.

Travailler à concentrer sa pensée, c’est aussi apprendre à y ouvrir un vide qui sera pénétrable à ce que nous allons accueillir : une idée nouvelle, une question inattendue, une autre perspective. C’est apprendre à désapprendre, à ne pas nous laisser encombrer par ce que nous savons ou croyons savoir, à pratiquer l’ignorance comme nous y pousse Socrate par ses questions. Ces dernières crèvent les bulles d’opinions suffisantes dans lesquelles nous avons tendance à nous enfermer.

BOUCHET, Laurence, Dialogue socratique en Philosophie, La philosophie, un art de vivre, Collectif sous la direction de Jean-François Buisson, Les Éditions Cabédita, 2021, p. 80.

On vit dans un monde où l’opinion règne en roi et maître. Ce n’est pas en mettant à l’épreuve l’opinion elle-même, une opinion donnée, que la personne va nécessairement apprendre à désapprendre. Il faut remonter à la racine même du problème : le système de pensée qui fomente ou adopte les opinions d’une personne. Le sujet est donc la pensée elle-même, plutôt que l’opinion.

Laurence Bouchet écrit :

À la fois penser et penser ce que l’on pense, c’est le propre de la conscience humaine : prendre du recul avec elle-même.

BOUCHET, Laurence, Dialogue socratique en Philosophie, La philosophie, un art de vivre, Collectif sous la direction de Jean-François Buisson, Les Éditions Cabédita, 2021, p. 80.

Xavier Pavie demande : «L’imagination peut-elle être un exercice spirituel contemporains ?». À la lecture du texte de Xavier Pavie, je me suis souvenu du livre «Créativité : l’imagination constructive» de Alexander Faickney Osborn publié en 1978 chez Dunod.


1200px-Wikipedia-logo-v2-fr.svgAlex Osborn

Alex Faickney Osborn () est un publicitaire américain, fondateur en 1919, avec Bruce Fairchild Barton et Roy Sarles Durstine, de l’agence de publicité américaine BDO qui, en fusionnant avec la George Batten Company, devient BBDO en 1928. À la faveur de cette fusion, il assume la vice-présidence exécutive de BBDO jusqu’à sa retraite en 1960.

Il a conçu le brainstorming (remue-méninges en français), technique d’idéation de groupe qu’il a lancée en 1940 pour promouvoir, avec succès, son agence auprès de ses clients et de ses futurs clients éventuels1.

Il en dévoile la recette et les quatre règles de base en 1948 dans son livre Your Creative Power. How to Use Imagination to brighten life, to get ahead2, livre plutôt orienté vers la créativité humaniste de développement personnel. Il y donne l’origine du mot brainstorming : les participants appelaient ces réunions créatives des brainstorm sessions parce qu’on s’attaque à un problème.

Avec Sidney Parnes (en), Alex Osborn a fait évoluer la méthode du brainstorming vers une méthode plus complète et plus structurée, le Creative Problem Solving.


Xavier Périe présente l’imagination « comme un réflexe » qui nous déconnecte du réel.

Mais en tout état de cause, l’imagination réussit à nous écarter de ce à quoi nous avons à faire face. Cette déconnection du réel est effectuée comme un réflexe, ainsi que nous le disions précédemment, sans qu’elle soit nécessairement maîtrisée ou dirigée, en conséquence de quoi, à propos d’une même situation, notre imagination peut nous emmener où elle le souhaite en fonction de nos craintes et de nos peurs. Comme au contraire, elle peut nous emmener vers plus de sérénité et de contrôle de soi, y compris dans la formulation de solution. La proposition d’une imagination comme exercice spirituel pourrait prendre sens dans cette reprise en main de l’orientation de notre imaginaire.

PAVIE, Xavier, L’imagination peut-elle être un exercice spirituel contemporains ?, La philosophie, un art de vivre, Collectif sous la direction de Jean-François Buisson, Les Éditions Cabédita, 2021, p. 88.

Je ne crois pas que l’imagination agissent comme un réflexe. L’imagination est plutôt une faculté. À mon humble avis, monsieur Pavie se rapproche un peu trop de la «pensée positive» de la psychologie en souhaitant une «imagination positive». Mais cela peut convenir à certains.


L’Encyclopédie philosophique

1. Qu’est-ce que l’imagination?

(…)

Quoi qu’il en soit, on peut dire qu’aujourd’hui, il existe un certain consensus chez les chercheurs en philosophie de l’esprit pour définir l’imagination. L’imagination est une attitude mentale d’un type bien particulier. Elle ne consiste pas à croire ou à percevoir quelque chose, mais à entretenir une sorte de « pseudo-croyance » ou de « pseudo-perception ». Lorsque j’imagine un arbre, je ne le perçois pas avec mes cinq sens, mais je procède à une sorte de simulation « dans ma tête ». De même, lorsque j’imagine qu’un animal dangereux est caché derrière un rocher, je ne crois pas que c’est réellement le cas ; je suis plutôt en train faire comme si c’était le cas (et je n’ai pas forcément d’image mentale de l’animal dangereux). On pourrait donc définir l’imagination comme la faculté de simuler certains états mentaux tels que les perceptions ou les croyances.

(…)

2. À quoi sert l’imagination?

Pourquoi imaginons-nous? On peut bien sûr le faire pour le plaisir : c’est le cas avec l’immersion narrative, lorsqu’on se plonge dans un roman ou dans un film. Mais cet usage hédoniste n’est probablement pas celui qui explique l’origine de l’imagination comme faculté cognitive. Du point de vue évolutionnaire, quel avantage peut-il y avoir à imaginer? Karl Popper (2001, p. 146) remarquait que la pensée a ceci de supérieur à la sélection naturelle qu’elle permet « d’envoyer ses hypothèses mourir à sa place. » Or, comme capacité à simuler, l’imagination permet justement de se projeter hors de la réalité perçue et d’explorer des possibilités en toute sécurité. Dans la mesure où cela nous apporte des informations et enrichit notre connaissance (Gibert 2014), on peut dire que l’imagination possède alors une fonction « épistémique » (du grec « épistémè », qui signifie « connaissance »).

(…)

3. Peut-on faire confiance à l’imagination?

(…)

Le philosophe britannique Timothy Williamson (2010) remarque pour sa part que nous n’avons de toute façon guère le choix : même s’il ne faut pas s’y fier aveuglément, la simulation imaginative demeure indispensable lorsqu’il s’agit de s’émanciper du ici et du maintenant. Cela implique enfin, explique-t-il, que les expériences de pensée des philosophes peuvent être réellement utiles :

« Dès lors qu’on reconnaît l’imagination comme un moyen normal d’apprendre, l’utilisation par les philosophes contemporains d’une telle technique peut être vue comme une application tenace et extraordinairement systématique de notre appareil cognitif ordinaire. Il reste beaucoup à comprendre sur la fonction de l’imagination comme moyen de connaître – mais si elle n’avait pas fonctionné, nous ne serions pas là pour nous poser la question » (Williamson, 2010, nous traduisons).

Source : Gibert, Martin (2016), «Imagination (GP)», dans Maxime Kristanek (dir.), l’Encyclopédie philosophique, consulté le 25 octobre 2021, https://encyclo-philo.fr/imagination-gp


Le texte «La sobriété joyeuse pour sortir du consumérisme» signé par Michel Maxime Egger est un bel exemple de la philosophie appliquée à vie de tous les jours en ce qu’il se prononce sur un sujet d’actualité. Ce type d’approche de la philosophie rejoindra un lectorat, un auditoire ou un client en consultation suivant un centre d’intérêt particulier. On s’attend à de telles interventions ciblées de la part des philosophes de la vie quotidienne. Le défi : susciter l’amour de la sagesse.

Le dernier texte de cet ouvrage collectif s’intitule «Être la philosophie» sous la plume de Bertrand Vergely.

La philosophie ne laisse rien passer. Ou c’est philosophique ou elle ne l’est pas. Kant explique qu’il existe une soif de la pensée qui attend d’être comblée. Cette soif, il l’appelle l’intérêt supérieur de la pensée. L’esprit attend de pouvoir moralement comprendre. Il réclame l’intelligence complète du monde, de l’homme et de la vie. Quand il n’est pas satisfait, il se sens frustré. Il a un sentiment d’ennui et de vide ou, à l’inverse, il a sentiment de colère. C’est l’esprit qui trépigne, Il réclame ses droits.

VERGELY, Bertrand, Être la philosophie, La philosophie, un art de vivre, Collectif sous la direction de Jean-François Buisson, Les Éditions Cabédita, 2021, p. 128.

Certains textes de ce livre sont formatés dans le style des livres de psychologie en développement personnel. Faites ceci, faites cela, le matin, le midi et le soir… Le tout parsemé de métaphores poétiques. Ce n’est pas mauvais en soi mais ces quelques textes ne me conviennent pas. Je suis tout de même content de ma lecture de ce livre.


J’accorde à ce livre 3½ étoiles sur 5


Serge-André Guay, auteur et président éditeur
Fondation littéraire Fleur de Lys


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Autres articles du dossier

Article # 1 : Introduction

Témoignage de ma recherche personnelle au sujet de la philothérapie (philosophie + thérapie) ou, si vous préférez, de la pratique de la philosophie en clinique. Il s’agit de consultation individuel ou de groupe offert par un philosophe praticien pour nous venir en aide. Elle se distingue de la « psychothérapie » (psychologie + thérapie) en ce qu’elle utilise des ressources et des procédés et poursuit de objectifs propres à la philosophie. On peut aussi parler de « philosophie appliquée ».

Article # 2 : Mise en garde contre le copinage entre la philosophie et la psychologie

La philothérapie gagne lentement mais sûrement en popularité grâce à des publications de plus en plus accessibles au grand public (voir l’Introduction de ce dossier).

L’un des titres tout en haut de la liste s’intitule « Platon, pas Prozac! » signé par Lou Marinoff paru en français en l’an 2000 aux Éditions Logiques. Ce livre m’a ouvert à la philothérapie.

L’auteur est professeur de philosophie au City College de New York, fondateur de l’Association américaine des praticiens de la philosophie (American Philosophical Practitioners Association) et auteurs de plusieurs livres.

Article # 3 : Philothérapie – Libérez-vous par la philosophie, Nathanaël Masselot, Les Éditions de l’Opportun

Présentation du livre Philothérapie – Libérez-vous par la philosophie suivie de mes commentaires de lecture.

Article # 4 : Sur le divan d’un philosophe – La consultation philosophie : une nouvelle démarche pour se connaître, changer de perspective, repenser sa vie. Jean-Eudes Arnoux, Éditions Favre

Présentation du livre Sur le divan d’un philosophe – La consultation philosophie : une nouvelle démarche pour se connaître, changer de perspective, repenser sa vie suivie de mes commentaires de lecture.

Article # 5 : Philosopher pour se retrouver – La pratique de la philo pour devenir libre et oser être vrai, Laurence Bouchet, Éditions Marabout

Cet article présente et relate ma lecture du livre « Philosopher pour se retrouver – La pratique de la philo pour devenir libre et oser être vrai », de Laurence Bouchet aux Éditions Marabout. Malheureusement ce livre n’est plus disponible à la vente tel que mentionné sur le site web de l’éditeur. Heureusement on peut encore le trouver et l’acheter dans différentes librairies en ligne.

Article # 6 : Une danse dangereuse avec le philothérapeute Patrick Sorrel

Cet article se penche sur l’offre du philothérapeute Patrick Sorrel.

Article # 7 : La consultation philosophique – L’art d’éclairer l’existence, Eugénie Vegleris

Le livre « La consultation philosophique – L’art d’éclairer l’existence » de Madame Eugénie Vegleris aux Éditions Eyrolles se classe en tête de ma liste des meilleurs essais que j’ai lu à ce jour au sujet de la « philothérapie ».

Article # 8 : Guérir la vie par la philosophie, Laurence Devillairs, Presses universitaires de France

À ce jour, tous les livres dont j’ai fait rapport de ma lecture dans ce dossier sont l’œuvre de philosophes consultants témoignant de leurs pratiques fondées sur le dialogue. Le livre « Guérir la vie par la philosophie » de Laurence Devillairs aux Presses universitaires de France (PUF) diffère des précédents parce que l’auteure offre à ses lecteurs une aide direct à la réflexion sur différents thèmes.

Article # 9 : Du bien-être au marché du malaise – La société du développement personnel – par Nicolas Marquis aux Presses universitaires de France

J’ai lu ce livre à reculons. J’ai appliqué les feins dès les premières pages. L’objectivité sociologique de l’auteur m’a déplu. Ce livre présente aux lecteurs des observations, que des observations. L’auteur n’en tire aucune conclusion.

Article # 10 : Happycratie : comment l’industrie du bonheur a pris le contrôle de nos vies, Eva Illouz et Edgar Cabanas, Premier Parallèle, 2018

J’accorde à ce livre cinq étoiles sur cinq parce qu’il m’a révélé les coulisses de la quête du bonheur au cœur de notre société néo-libérale. Je savais que cette obsession du bonheur circulait au sein de la population, notamment par le biais des coach de vie et des agents de développement personnel, mais je n’aurais jamais imaginé qu’elle cachait une véritable industrie soutenue par une idéologie psychologisante. Jusque-là, je ne connaissais de cette industrie que le commerce des livres et la montée en puissance des coachs de vie dédiés à la recherche du bonheur.

Article # 11 : La consultation philosophique, Oscar Brenifier, Éditions Alcofribas, 2020

J’ai adoré ce livre. Il est dense, très dense. On ne peut pas le lire comme un roman. Me voici enfin devant un auteur qui dit tout, où, quand, comment il observe, comment il pense, comment il chemine, comment il voit, comment il entend, comment il anticipe, comment il tire ses conclusions… Bref, un auteur qui expose son propre système de pensée dans un essai plus que formateur pour le nôtre.

Article # 12 : Fin du chapitre : Oscar Brenifier, philosophe praticien

La lecture du livre «La consultation philosophique» signé par le philosophe praticien Oscar Brenifier (voir article #11 de notre dossier «Consulter un philosophe – Quand la philosophie nous aide») nous apprend qu’il adresse un document à ses clients potentiels. J’ai écrit à monsieur Brenifier pour lui demander s’il pouvait me faire parvenir ce document.

Article # 13 : La philo-thérapie, Éric Suárez, Éditions Eyrolles, 2007

Cet article présente et relate ma lecture du livre du «La philo-thérapie» de Éric Suárez, Docteur en philosophie de l’Université Laval (Québec), philosophe praticien (Lausanne), publié en 2007 aux Éditions Eyrolles. Ce livre traite de la consultation philosophique ou, si vous préférez, de la philo-thérapie, d’un point de vue pratique. En fait, il s’agit d’un guide pour le lecteur intéressé à acquérir sa propre approche du philosopher pour son bénéfice personnel. Éric Suárez rassemble dans son ouvrage vingt exemples de consultation philosophiques regroupés sous cinq grands thèmes : L’amour, L’image de soi, La famille, Le travail et le Deuil.

Article # 14 : Comment choisir son philosophe ? Guide de première urgence à l’usage des angoissés métaphysiques, Oreste Saint-Drôme avec le renfort de Frédéric Pagès, La Découverte, 2000

Ce livre se caractérise par l’humour de son auteur et se révèle ainsi très aisé à lire. D’ailleurs l’éditeur nous prédispose au caractère divertissant de ce livre en quatrième de couverture : «Étudier in extenso la pensée des grands théoriciens et en extraire un mode de réflexion agissant est une mission impossible pour l’honnête homme/femme. C’est pourquoi l’auteur de cet ouvrage aussi divertissant que sérieux propose des voies surprenantes au premier abord, mais qui se révèlent fort praticables à l’usage. L’une passe par la rencontre avec la vie et la personnalité du philosophe : la voie des affinités électives».

Article # 15 : La philosophie comme manière de vivre, Pierre Habot, Entretiens avec Jeanne Cartier et Arnold I Davidson, Le livre de poche – Biblio essais, Albin Michel, 2001

Référencé par un auteur à mon programme de lecture, le livre «La philosophie comme manière de vivre» m’a paru important à lire. Avec un titre aussi accrocheur, je me devais de pousser plus loin ma curiosité. Je ne connaissais pas l’auteur Pierre Hadot : «Pierre Hadot (né à Paris, le 21 février 1922, et mort à Orsay, le 24 avril 20101) est un philosophe, historien et philologue français, spécialiste de l’Antiquité, profond connaisseur de la période hellénistique et en particulier du néoplatonisme et de Plotin. Pierre Hadot est l’auteur d’une œuvre développée notamment autour de la notion d’exercice spirituel et de la philosophie comme manière de vivre.» (Source : Wikipédia)

Article # 16 : La philosophie, un art de vivre de vivre, Collectif sous la direction de Jean-François Buisson, Les Éditions Cabédita, 2021

Jeanne Hersch, éminente philosophe genevoise, constate une autre rupture encore, celle entre le langage et la réalité : « Par-delà l’expression verbale, il n’y a pas de réalité et, par conséquent, les problèmes ont cessé de se poser (…). Dans notre société occidentale, l’homme cultivé vit la plus grande partie de sa vie dans le langage. Le résultat est qu’il prend l’expression par le langage pour la vie même. » (L’étonnement philosophique, Jeanne Hersch, Éd. Gallimard.) / On comprend par là qu’aujourd’hui l’exercice du langage se suffit à lui-même et que, par conséquent, la philosophie se soit déconnectée des problèmes de la vie quotidienne.» Source : La philosophie, un art de vivre, Collectif sous la direction de Jean-François Buisson, Les Éditions Cabédita, 2021, Préface,  p. 9.

Article # 17 : Socrate à l’agora : que peut la parole philosophique ?, Collectif sous la direction de Mieke de Moor, Éditions Vrin, 2017

J’ai trouvé mon bonheur dès l’Avant-propos de ce livre : «Laura Candiotto, en insistant sur le rôle joué par les émotions dans le dialogue socratique ancien et sur l’horizon éthique de celui-ci, vise à justifier théoriquement un «dialogue socratique intégral», c’est-à-dire une pratique du dialogue socratique qui prend en compte des émotions pour la connaissance.» Enfin, ai-je pensé, il ne s’agit plus de réprimer les émotions au profit de la raison mais de les respecter dans la pratique du dialogue socratique. Wow ! Je suis réconforté à la suite de ma lecture et de mon expérience avec Oscar Brenifier dont j’ai témoigné dans les articles 11 et 12 de ce dossier.

Article # 18 : La philosophie, c’est la vie – Réponses aux grandes et aux petites questions de l’existence, Lou Marinoff, La table ronde, 2004

Lou Marinoff occupe le devant de la scène mondiale de la consultation philosophique depuis la parution de son livre PLATON, PAS PROJAC! en 1999 et devenu presque’intantément un succès de vente. Je l’ai lu dès sa publication avec beaucoup d’intérêt. Ce livre a marqué un tournant dans mon rapport à la philosophie. Aujourd’hui traduit en 27 langues, ce livre est devenu la bible du conseil philosophique partout sur la planète. Le livre dont nous parlons dans cet article, «  La philosophie, c’est la vie – Réponses aux grandes et aux petites questions de l’existence », est l’une des 13 traductions du titre original « The Big Questions – How Philosophy Can Change Your Life » paru en 2003.

D’AUTRES ARTICLES SONT À VENIR

Président éditeur, Fondation littéraire Fleur de Lys

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