Article # 11 : La consultation philosophique, Oscar Brenifier, Éditions Alcofribas, 2020

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DOSSIER

Philothérapie

Consulter un philosophe

Quand la philosophie nous aide

Article # 11

La consultation philosophique

Oscar Brenifier

Éditions Alcofribas, 2020, 169 pages

ISBN-10 ‏ : ‎ 1660613507

ISBN-13 ‏ : ‎ 978-1660613502

Ce livre est disponible gratuitement en format PDF : cliquez ici.


À propos du livre

Qui suis-je ? Où vais-je ? Quelle est ma vision du monde ? Comment pourrais-je penser autrement ? Autant de questions fondamentales qui se doivent d’être posées, mais trop souvent sont ignorées, car nous sommes pris dans l’engrenage du quotidien et des obligations. La consultation philosophique est un exercice de la pensée, où le philosophe praticien invite son interlocuteur à se poser, afin de s’interroger sur des questions fondamentales. Dans cet ouvrage, l’auteur aborde différentes facettes de cette pratique, décrivant à la fois ses enjeux, ses compétences et ses difficultés. Divers éléments théoriques y sont présentés, mais aussi la description et l’analyse d’une session de consultation.


À propos de l’auteur

Docteur en philosophie (Paris IV-Sorbonne) , Formateur, Consultant, Auteur. Depuis plusieurs années, en France et dans de nombreux pays, il travaille sur le concept de « Pratique philosophique », tant sur le plan pratique que théorique. Il est un des principaux promoteurs de la philosophie dans la cité : cafés-philo, ateliers philosophiques avec les enfants et les adultes, ateliers et séminaires en entreprise, etc. Il a publié de nombreux ouvrages en ce domaine, dont la collection « PhiloZenfants » (éditions Nathan), qui ont été édités dans plus de trente langues. Il est également l’un des auteurs du rapport de l’UNESCO « La philosophie, une école de la liberté ». Avec Isabelle Millon, il a fondé l’Institut de

Pratiques Philosophiques, organisme destiné à la promotion et à la formation de la philosophie comme pratique. La consultation philosophique est une des modalités importantes de cette pratique, inspirée de la démarche socratique, qui prend la forme d’un entretien où le philosophe travaille en tête-à-tête avec un interlocuteur, l’invitant à mettre en œuvre sa pensée, afin de penser soi-même et le monde, en travaillant à la fois ses attitudes existentielles et ses compétences cognitives.


Table des matières

ET POURQUOI DONC ?

  • L’étranger – 6
  • Philosophies – 8
  • La cité – 9
  • La classe – 11
  • L’atelier de philosophie – 14
  • Le cabinet de philosophie – 16

LES FONDEMENTS THÉORIQUES D’UNE PRATIQUE PHILOSOPHIQUE

  • La matérialité comme altérité – 18
  • L’altérité comme mythos et logos – 19
  • L’altérité comme « l’autre » – 19
  • L’altérité comme unité – 20
  • Qu’est-ce que philosopher ? – 20
  • Identifier – 21
  • Critiquer – 21
  • Conceptualiser – 21
  • Tous philosophes ? – 21

LA CONSULTATION PHILOSOPHIQUE

  • Principes – 22
    • Naturalisme philosophique – 22
    • La double exigence – 23
    • Les premiers pas – 23
    • Anagogie et discrimination – 24
    • Penser l’impensable – 25
    • Passer au « premier étage » – 26
    • Est-ce bien philosophique? – 26
  • Difficultés – 27
    • Les frustrations – 27
    • La parole comme prétexte – 29
    • Douleur et péridurale – 30
  • Exercices – 30
    • Établir des liens – 30
    • Vrai discours – 31
    • Le singulier – 31
    • Universel et singulier – 32
    • Accepter la pathologie – 32

PHILOSOPHER C’EST CESSER DE VIVRE

  • Deux philosophies – 33
  • Le sage n’a pas de désirs – 34
  • Interrompre la narration – 36
  • L’ascétisme du concept – 39
  • Le travail de la pensée – 41
  • La raison – 43
  • Penser l’impensable – 46
  • Que faire ? – 47
  • Etre personne – 51

LE BON SENS EST-IL COMMUN ?

  • Paradoxe du sens commun – 53
  • Désaccord et incompréhension – 55
  • Statut du groupe – 58
  • La fracture intellectuelle – 60
  • La logique comme principe d’exclusion – 62
  • La logique en œuvre – 64
  • Le principe de causalité – 66
  • La philosophie du sens commun – 67
  • Les limites du sens commun – 68

PHILOSOPHER C’EST SE RÉCONCILIER AVEC SA PROPRE PAROLE

  • Avoir raison – 72
  • Protéger la parole – 73
  • Prendre le risque de penser – 74
  • Maltraiter la parole – 74
  • Inquiétude de la parole – 76
  • Escamoter la parole – 76
  • Penser par autrui – 78
  • Mauvaises manières – 79
  • Accepter la finitude – 79
  • Un ami qui ne veut pas notre bien – 80

LE STATUT DE LA PAROLE

  • Pas de discussion – 82
  • Sujet empirique et sujet transcendantal – 83
  • Méthode dialectique et méthode démonstrative – 84
  • L’illusion de la certitude – 86
  • Se confronter à l’autre – 88
  • La parole comme interpellation – 89
  • La fragilité de l’être – 90
  • L’illusion du « Pourquoi ? » – 92
  • Argumentation et approfondissement – 94
  • Paradoxes de la parole contrainte – 95

LA CONSOLATION PHILOSOPHIQUE

  • Histoire de la consolation philosophique – 100
  • Gymnastique et médecine – 102
  • Douleur et consolation – 103

LE CONCEPT ÉPOUVANTAIL

  • Tout pour être heureux – 105
  • Tentative d’explication – 106
  • Guérison ou pas – 107
  • Se voir et s’entendre – 109
  • Rejet de soi – 110
  • Échec ou pas – 112

LE DÉNOUEMENT DE LA PENSÉE

  • Le concept, condition ou obstacle. – 112
  • Le coup de force du concept – 114
  • Le concept comme pratique – 115
  • La vérité comme dénouement – 117
  • Dénouer ou trancher – 118
  • Le nœud et le lien – 120
  • Thérapie et raison – 121

PARLER C’EST JOUER

  • Convictions – 121
  • S’arracher à l’urgence – 122
  • La parole outil – 123
  • L’abandon des certitudes – 124
  • Penser l’hypothèse – 125
  • La vérité du jeu – 126
  • Penser l’impensable – 127
  • Accéder à l’humanité – 128
  • Produire du sens – 129
  • La réalité des mots – 130
  • S’aliéner pour penser – 131

ANALYSE D’UNE CONSULTATION – 133

ANNEXE

  • J’ai testé une consultation de philosophie – Olivia Benhamou – 158
  • Jeux sérieux – Morten Fastvold – .. – 162

Ma lecture

Cet article présente et relate ma lecture du livre du «La consultation philosophique» de Osacar Brenifier aux Éditions Alcofribas. Ce livre est disponible gratuitement en format PDF : cliquez ici. Site web de l’auteur à visiter pour d’autres livres numériques gratuits : http://www.pratiques-philosophiques.fr/fr/livres-gratuits/.

J’ai adoré ce livre. Il est dense, très dense. On ne peut pas le lire comme un roman. Me voici enfin devant un auteur qui dit tout, où, quand, comment il observe, comment il pense, comment il chemine, comment il voit, comment il entend, comment il anticipe, comment il tire ses conclusions… Bref, un auteur qui expose son propre système de pensée dans un essai plus que formateur pour le nôtre. Il y autant entre les lignes que dans le texte lui-même. J’ai à relire et à relire encore cet essai pour en saisir toutes les informations, les observations et la formation. Ce livre est en soi une succession d’expériences de pensées pour le lecteur. Il est initiatique, non pas dans le sens ésotérique du terme, mais plutôt dans son sens philosophique pur en ce qu’il s’adresse, tantôt subtilement, tantôt sans détour, à notre esprit, et qu’il nous donne ainsi à penser, sereinement. On ne peut que soutenir que l’auteur, Oscar Brenifier, a une grande et valeureuse expérience de la consultation philosophique. On ne peut pas écrire un tel ouvrage sans une telle expérience pratique. Aucun des livres que j’ai lu à ce jour offre autant de détails et de précisions, tout pour satisfaire l’analytique amateur que je suis.

J’accorde à ce livre 5 étoiles sur 5


Oscar Brenifier profite du premier chapitre de son essai pour témoigner de marche sur les sentiers de la philosophie, de son enfance à l’adolescence, puis à l’université, puis dans la cité.

La cité

Que faire maintenant ? Entrer dans le giron de l’institution ? J’avais fait l’expérience d’enseigner quelques années en Terminale. Expérience intéressante, mais que je ne saurais poursuivre. Il me semble trouver là une corruption à cette philosophie que je révère plus que tout – un peu trop d’ailleurs, comme je le découvrirai plus tard.

L’obligation pour les élèves d’assister au cours de philosophie, la contrainte d’un programme lourd, truffé d’incontournables, où peu de temps – sinon aucun – est réservé à l’échange et à la réflexion, me semblent instaurer une insupportable facticité. Le mensonge que représentent les contradictions du cours de philo, tel qu’il est défini officiellement, m’est insupportable. On prétend apprendre aux élèves à penser, ils sont théoriquement notés au bac sur cette capacité, mais on leur demande d’ingurgiter des heures durant de longues leçons, cours magistraux où un professeur débite sans pitié d’interminables tirades, étirant à plus soif des développements souvent incompréhensibles à la majorité des élèves, qui notent et notent, indifférents, ou ne notent pas, la plupart du temps sans penser ce qui est dit. Combien de collègues fondent leur enseignement sur le présupposé que les élèves n’ont rien à dire et qu’ils ne pensent pas ! Combien d’élèves en concluent que la philosophie n’est qu’une matière, qui ne les concerne pas, qui simplement réduit la moyenne au bac ! De toute façon le professeur les traite comme des ignares. Pacte de la banalité et de la pensée étriquée, de l’académisme et du préjugé.

Quant à l’université, elle m’est de fait interdite. Déjà à cause du parcours étrange qui est le mien, puis à cause de la non moins étrange thèse que j’ai soutenue, mais aussi par conviction personnelle : parce qu’il me semble que le lieu de la philosophie se trouve dans la cité, et non dans quelque tour d’ivoire, aussi tentante et nécessaire que soit parfois cette isolation, qui sait nous abriter des brouhahas du monde. Mais si j’avais prévu que la philosophie mettait le monde à l’épreuve, j’avais beaucoup moins envisagé l’inverse : que le monde met la philosophie au pied du mur, d’où elle peu avoir du mal à se relever.

Résolu, je frappe aux portes des mairies, des centres culturels, des bibliothèques municipales. Ma stratégie est la suivante. Proposer qu’entre les cours de théâtre et l’initiation au patchwork se tiennent des ateliers de philosophie. Je pars du principe que si la majorité de la population n’apprécie pas la philosophie, c’est uniquement parce qu’elle n’y a pas eu accès : connaître Platon, c’est l’aimer. J’imagine déjà toutes les villes de France et de Navarre avec un atelier, et du monde, beaucoup de monde. Pourquoi pas des stades entiers ! Ainsi fonctionnent les fantasmes. Mais heureusement, la réalité veille. Les fonctionnaires ou les élus me regardent bizarrement, ce sont de grands inquiets : « Que voulez-vous ? De quelle philosophie parlez-vous ? Vous faites cela pour présenter une liste aux élections ? Êtes-vous une secte ? Pourquoi n’allez-vous pas à l’université pour cela ? » Comme toujours, la suspicion devant l’étrange et l’inhabituel. C’était quelque temps avant que la philosophie ne devienne une mode : rapidement, entre autres à cause de la création et de la médiatisation des cafés-philo, l’idée allait devenir « air du temps ».

(…)

En même temps, je dois le reconnaître, un combat reste à mener. Pour beaucoup de non-initiés, philosopher, c’est principalement discuter. Dire ce que l’on veut, parler pour parler, tenir de grands discours sans autre souci que celui d’être vu, entendu et admiré, pour d’autres il s’agit d’une nouvelle psychothérapie de groupe. Or il me semble que philosopher implique un travail réel : l’exigence de s’arracher à l’opinion, la sienne propre en particulier, à travers l’autre, concitoyen vivant ou auteur disparu. Sans tomber dans l’excès inverse qui consiste à nier la subjectivité en abusant de l’érudition, l’ascèse et le travail sur soi sont au cœur de cette activité, afin de permettre à l’être singulier de se constituer. Le poujadisme qui consiste à affirmer « Tous philosophes », « Pas besoin de livres » ou « Tout le monde a raison », sans autres préambules ou considérations, assignent la pensée à ce qu’elle a de plus creux. Mêmes écueils que décrits chez Platon : d’un côté les sophistes qui savent et colportent un savoir, de l’autre des individus qui se contentent de débiter des phrases dont ils ignorent l’origine, la nature, le contenu et les implications. Comment tracer une voie entre Charybde et Scylla, un passage aussi ténu qu’une lame de rasoir ? Entre ceux qui attendent que l’on fasse cours et ceux qui veulent uniquement avoir raison, comment instaurer un philosopher digne de ce nom ? Je commence à déchanter. Il était temps. Quoi qu’il en soit, à travers mon travail, j’aurais été initié à une dimension cruciale de la pensée : le pluralisme conceptuel. Cueillir la pensée là où elle est, la travailler à partir de sa singularité, la façonner à partir de ce qu’elle offre.

Source : Brenifier, Oscar, La consultation philosophique, Éditions Alcofribas, 2020, pp. 9-10.

Viendra la classe, l’atelier de philosophie et le cabinet de philosophie.

Le cabinet de philosophie

Un cabinet est une pièce retirée où l’on mène des activités discrètes, de nature privée, en opposition au salon ou à la salle à manger qui sont des lieux de réception, de vie sociale.

Le cabinet de philosophie est donc destiné à l’entretien particulier, en opposition à un atelier, un débat, un cours ou une conférence. De ce fait, il y sera traité de questions singulières, plutôt que de questions générales, c’est-à-dire centrées sur un individu particulier, ce qui ne restreint en rien l’universalité des propos tenus. Car il s’agit tout d’abord de distinguer l’entretien philosophique privé – ou consultation philosophique – d’une consultation de type psychologique, auquel il sera trop facilement associé. Cette distinction nous permettant déjà de définir quelque peu la spécificité de l’activité.

Comme dans toute activité philosophique, l’entretien privé évitera de se cantonner à la narration d’événements vécus, à l’énumération d’impressions et de sentiments personnels, ainsi qu’aux associations d’idées. Non pas que ces types d’échanges soient en eux-mêmes dépourvus d’intérêt, mais simplement parce que la philosophie, comme toute activité, est dotée d’exigences propres. Elle exige avant tout l’analyse, la délibération et la construction d’une pensée. Pour ce faire, trois composantes nous semblent indispensables, à divers et variables degrés. L’identification, qui consiste à devenir conscient de ses propres idées et des présupposés qu’ils contiennent implicitement. La critique, qui consiste à envisager les objections que l’on pourrait formuler à l’encontre des propositions initiales. La conceptualisation, qui consiste à émettre de nouvelles idées capables de prendre en charge les problématiques ayant pu émerger au cours de ce processus analytique. Bien entendu, cela suppose une indispensable capacité de distanciation face à soi-même, identique en réalité à celle exigée lors de toute discussion digne de ce nom. Exigence plus laborieuse qu’on ne le pense souvent. Mais il est clair que la pratique de la philosophie implique de pouvoir agir au niveau du conscient et de pouvoir raisonner sur soi, ce qui n’est pas donné immédiatement à tous, en particulier lorsque des processus pathologiques récurrents parasitent le fonctionnement de l’esprit individuel.

La consultation philosophique peut s’effectuer dans divers cadres : cabinet privé, entreprise, institution. Dans tous les cas de figure, il s’agira d’adresser des problèmes spécifiques, particulièrement de type existentiel ou moral, concernant directement le sujet, celui qui s’engage dans le processus de consultation, qui en général choisira l’objet de la discussion. Les modi operandi des divers praticiens varieront principalement sur deux paramètres essentiels. Premièrement, sur la proximité ou l’éloignement entre le philosophique et le psychologique. Certaines pratiques restent proches du cas singulier, sans tellement chercher à le conceptualiser ou à l’universaliser, ou tout au moins ne poussent pas tellement le sujet dans cette direction, contrairement à d’autres, plus formellement philosophiques, plus exigeantes dans le domaine de l’abstraction.

Deuxièmement, sur la contribution conceptuelle du consultant. En reste-t-il à un pur questionnement, ou élabore-t-il des schémas d’analyse ou d’interprétation, voire propose-t-il des références codifiées – auteurs classiques, maîtres spirituels ou autres – afin de clarifier ou d’élucider les questions du sujet ?

Source : Brenifier, Oscar, La consultation philosophique, Éditions Alcofribas, 2020, p.16.

Les extraits ci-dessus appuient l’idée du détail et de la précision plus que légitime pour non seulement observer les pensées et la logique de l’auteur mais aussi et surtout pour former celles du lecteur. Oscar Brenifier nous un programme et des instructions pour la consultation philosophique.

Toutes les références à la lutte contre ses propres opinions a retenu mon attention. Vous me savez déjà sensible au fait que plusieurs personnes prennent pour vrai ce qu’elles pensent uniquement parce qu’elles le pensent. Et cela se résume souvent à de simples opinions qui ne tiennent pas souvent la route face aux faits et à la logique. Un jour, j’ai demandé à un jeune homme d’une trentaine d’années de me dire ce que son cerveau pouvait produire d’autre que des opinions. Il m’a répondu que tout ce que le cerveau peut engendrer, ce sont des opinions.

L’objection sur la dimension « psychologisante » de l’exercice, voire sa banalité, présente une difficulté qui n’est pas à écarter trop rapidement. D’une part parce que la tendance est grande chez le sujet, face à un interlocuteur unique qui se consacre à son écoute, de s’épancher sans retenue aucune sur son ressenti, surtout s’il a déjà pris part à des entretiens de type psychologique. Il se sentira d’ailleurs frustré de se voir interrompu, de devoir porter des jugements critiques sur ses propres idées, de devoir discriminer entre ses diverses propositions, d’être privé de « complexité », etc. Autant d’obligations qui font pourtant partie du « jeu », de ses exigences et de ses mises à l’épreuve. D’autre part, parce que pour des raisons diverses, la philosophie tend à ignorer la subjectivité individuelle, pour se consacrer surtout à l’universel abstrait, aux notions désincarnées. Une sorte de pudeur extrême, voire de puritanisme, incite le professionnel de la philosophie à craindre l’opinion au point de vouloir l’ignorer, plutôt que de voir en cette opinion l’inévitable point de départ de tout philosopher ; que cette opinion soit celle du commun des mortels ou celle du spécialiste, ce dernier se trouvant non moins victime de cette « maladive » et funeste opinion, quand bien même il s’agit d’une docte opinion.

Nous répondrons à de telles objections en expliquant la nature philosophique de la démarche. Premièrement que notre exercice consiste à identifier chez le sujet, au travers de ses opinions, les présupposés non avoués à partir desquels il fonctionne. Ce qui permet de définir et creuser le ou les points de départ. Deuxièmement à prendre le contre-pied de ces présupposés, de manière construite, afin de transformer d’indiscutables postulats en simples hypothèses. Troisièmement d’articuler les problématiques ainsi générées au travers de concepts identifiés et formulés. En cette dernière étape, ou auparavant si l’utilité s’en est déjà fait sentir, l’interrogateur pourra utiliser des problématiques « classiques », attribuables à un auteur, afin de valoriser ou mieux identifier tel ou tel enjeu apparaissant au cours de l’entretien.

(…)

Notre hypothèse de travail consiste précisément à identifier certains éléments de la subjectivité, bribes que l’on pourrait nommer opinions, opinions intellectuelles et opinions émotionnelles, afin d’en prendre le contrepied et de faire l’expérience d’une pensée « autre ».

Source : Brenifier, Oscar, La consultation philosophique, Éditions Alcofribas, 2020, pp. 27-28.

« C’est ton opinion », « À chacun son opinion » et d’autres expressions semblables viennent souvent mettre fin à toute discussion et je déteste cela.

Penser l’impensable

Une des compétences importantes de la philosophie est la capacité à problématiser. Au travers des questions et des objections, on est censé examiner de façon critique des idées ou des thèses données, afin d’échapper au piège de l’évidence. Cette « évidence » est constituée par un ensemble de connaissances et de croyances que les philosophes appellent des « opinions » : des idées non raisonnées, établies simplement par habitude, rumeur ou tradition. Ainsi, en s’engageant dans le processus philosophique, on doit examiner les limites et la fausseté de toute opinion donnée et envisager d’autres chemins de pensée, ce qui, à première vue, pour la pensée commune, semble bizarre, absurde ou même dangereux. On doit suspendre son jugement, comme Descartes nous invite à le faire, et ne pas se fier à des émotions et à des convictions habituelles. Voire même, par sa « Méthode », il nous demande de subir un certain processus mental qui, d’après lui, garantit d’obtenir une sorte de connaissance plus fiable, qu’il nomme aussi « évidence », en opposition à une opinion « établie », qu’elle soit vulgaire ou savante. Afin d’être fiable, cette « évidence » doit pouvoir supporter le doute, et il faut pour cela prévenir la précipitation et le préjugé, et la pensée doit prendre des formes claires et distinctes. Avec la méthode dialectique, que ce soit chez Platon, Hegel ou autre, le travail de la critique ou de la négativité va plus loin, puisqu’il est indispensable de pouvoir penser le contraire d’une proposition afin de la comprendre et l’évaluer : pour penser une idée il est nécessaire d’aller au-delà de cette idée, et toute possibilité d’« évidence » tend naturellement à disparaître. Mais pour mettre en œuvre de telles procédures cognitives, nous devons être dans un certain état mental, adopter une attitude spécifique, composée de distanciation et de perspective critique. Ce procédé est très exigeant, il rencontre de nombreux obstacles. La sincérité est un des obstacles courants à cette attitude, ainsi que la bonne conscience et la subjectivité qui doivent abandonner leur emprise tenace sur l’esprit. Plus radicalement, les principes moraux, les postulats cognitifs et les besoins psychologiques qui nous guident dans la vie doivent être mis entre parenthèses, être soumis à une critique âpre, et même être rejetés, ce qui ne se produit pas naturellement puisque cela génère de la douleur et de l’angoisse, travail qui exige une grande capacité de se distancier avec soi-même. Se dédoubler – ainsi qu’Hegel le suggère – comme condition au penser vrai, comme condition de la conscience. Et afin d’accomplir un tel changement d’attitude, on doit en fait « mourir à soi », « lâcher prise », on doit abandonner ne serait-ce que momentanément ce qui nous est le plus cher, sur le plan des idées et sur le plan des émotions les plus profondes. « Biologiquement, je ne peux pas le faire! » me répondit une fois un professeur espagnol, quand je lui demandais de problématiser sa position sur un certain sujet. Visiblement, elle avait plutôt bien perçu le problème, sans pour autant prendre vraiment conscience des conséquences intellectuelles de sa résistance ou de son refus. Notre vie, notre être, semblent fondés sur certains principes établis que nous considérons non négociables. Alors, si la pensée implique de problématiser, si le travail de négativité représente une condition indispensable à une réflexion digne de ce nom, il s’agit donc de mourir afin de penser. En observant la façon dont les personnes impliquées dans une discussion s’échauffent lorsqu’on les contredit, comment elles ont recours à des positions et des stratégies extrêmes afin de défendre leurs idées, y compris la plus flagrante mauvaise foi, on peut en conclure en effet, qu’abandonner ses propres idées représente bien une sorte de « petite mort ».

Source : Brenifier, Oscar, La consultation philosophique, Éditions Alcofribas, 2020, p. 46.

Je suis bouleversé lorsque je me trouve devant une personne que se donne raison ou cherche à avoir raison à tout prix et qui n’admet aucun doute, aucune faille par laquelle la lumière pourrait entrer et éclairer sa sacro-sainte opinion. Avec ces personnes, l’objectif est de créer une faille pour donner une chance à la lumière de pénétrer et de se tenir prêt à soulager l’éblouissement douloureux des yeux habitués à vivre dans le noir.

PARLER C’EST JOUER

Convictions

La plupart du temps, lorsque nous parlons, nous voulons croire ce que nous disons.

D’ailleurs, nous faisons tout pour que soit partagée cette croyance, nous voulons que les autres nous croient, nous faisons d’énormes efforts en ce sens : nous nous justifions, nous argumentons, nous promettons et jurons, et nous supportons difficilement de ne pas être cru ou d’être contredit. Nous préférons d’ailleurs que la discussion s’arrête si elle ne procède pas comme nous le souhaitons. Si cela est tout à fait compréhensible sur le plan existentiel, où notre engagement est lourd et fort conséquent, chargé d’expectatives, cela pose problème sur le plan de la pensée. (…).

Source : Brenifier, Oscar, La consultation philosophique, Éditions Alcofribas, 2020, p. 121.

« Le concept, écrit Oscar Brenifier, est un outil crucial de la pensée, sinon le principal, comme c’est généralement accepté en philosophie, en particulier depuis Hegel.»

L’ascétisme du concept

(…)

Qu’est-ce que la conceptualisation ? C’est l’activité d’identifier, de produire, de définir ou d’utiliser des concepts, intégrés dans un processus de pensée globale. Chacun des quatre aspects de la conceptualisation présente une certaine difficulté et constitue les raisons de notre résistance à la conceptualisation. Mais d’une manière générale, le problème avec la conceptualisation est qu’elle agit par une action de réduction : elle réduit, elle rétrécit, et de ce fait elle véhicule une connotation sèche et dure. En conceptualisant, nous allons du concret à l’abstrait, du multiple au simple, du réel au virtuel, du perceptible au pensable, des entités inscrites dans le temps, la matière et l’espace, aux entités acosmiques, immatérielles et intemporelles : nous entrons au royaume des idées pures, le royaume du penser de la pensée. Et si le plus souvent l’idée de « réduction » véhicule une connotation négative, nous devrions rappeler au lecteur qu’en philosophie, elle peut être au contraire une activité positive et utile, comme dans le concept de « réduction phénoménologique » ou de « réduction eidétique » , proposées par Husserl. C’est un processus mental où nous sommes invités à mettre entre parenthèses le monde, ce que nous en savons, et à suspendre un jugement fondé en subjectivité, afin de saisir la réalité intérieure d’un phénomène, en lui-même, objectivement, comme il apparaît. Dans ce processus, nous devons abandonner toute réalité environnante, afin de contempler les objets de notre perception mentale déconnectée de leur contexte. Ce phénomène peut se produire naturellement, par exemple quand nous sommes étonnés, car nous voyons alors uniquement l’objet de notre étonnement; cependant, le processus de la réduction phénoménologique nous demande en général de recréer artificiellement une telle occurrence, peu courante, une tâche très artificielle et exigeante, qui nous permet de saisir l’essence intérieure d’un objet de la pensée en abandonnant, dans la mesure du possible, notre vue du monde préétablie, qui biaise subjectivement notre pensée, engluant l’objet pensé dans sa propre matrice. Le procédé de réduction peut également se produire en observant les variations apparentes d’un objet donné, afin d’abandonner les caractéristiques contingentes et de conserver seulement le nécessaire, l’essence d’une chose, ainsi révélée.

Source : Brenifier, Oscar, La consultation philosophique, Éditions Alcofribas, 2020, p. 39.

Vous le savez aussi à la lecture de mes précédents articles dans ce dossier, je nourris une aversion envers la psychologie parce qu’elle ne remplit pas ses promesses. Je ne veux pas voir la psycho contaminer la philo.

Guérison ou pas

Néanmoins, il est une certaine différence entre une démarche de nature psychologique et une démarche de nature philosophique, si l’on peut ainsi généraliser. Dans la perspective qui est la nôtre, il n’y a pas à aller mieux, il n’y a pas à guérir, il n’y a même pas à atténuer la souffrance, non pas que cette dimension thérapeutique ou palliative soit exclue, mais simplement parce que ce n’est pas la finalité de notre affaire. Qu’il y ait problème, qu’il y ait souffrance, voire même qu’il y ait pathologie, nous ne le nions guère et ces termes sont utiles pour caractériser ce qui se passe, mais nous n’avons pas à « guérir », nous ne sommes pas « thérapeute », quand bien même la pratique philosophique peut avoir une dimension thérapeutique, et que périodiquement nos clients nous disent avoir trouvé dans notre pratique un certain bien-être ou une atténuation de leur souffrance morale. Certes, une personne vient nous voir en général parce qu’un problème lui paraît difficile à supporter ; certes, quelques collègues se nomment eux-mêmes philothérapeutes ; certes, la consolation ou la recherche du bonheur sont des termes familiers de la culture philosophique ; mais pour autant, ce n’est pas ainsi que nous concevons notre pratique. Nous serions d’ailleurs sur ce point en accord avec Spinoza : ce n’est pas en cherchant le bonheur qu’on le trouvera. Nous pourrions en dire autant du problème en soi : ce n’est pas en cherchant la « solution » au problème qu’il sera résolu. Les « solutions » ne sont d’ailleurs souvent que des « cache-sexe », des refuges pour se protéger du problème, pour l’ignorer ou le nier. Résoudre à tout prix un problème est au demeurant une vision quelque peu réductrice, qui renvoie à une phobie du problème.

De notre point de vue, la philosophie est un art de l’ailleurs, elle est le lieu de l’altérité, de l’inattendu et de l’impensable. Pour philosopher, d’une certaine manière, il ne faut pas savoir ce que l’on cherche. On peut certes résoudre un problème – aucune raison a priori d’exclure cette possibilité – mais on peut aussi bien l’accepter, l’ignorer, en percevoir sa nature dérisoire, apprendre à l’aimer, le dissoudre, comprendre la dimension constitutive de sa nature, on peut le sublimer ou le transcender, le réarticuler ou le transposer, autant de manières de traiter un problème, mais pour cela, pour trouver le chemin approprié, il faut abandonner toute velléité spécifique, qui subordonnerait la réflexion à une finalité prédéterminée et nous empêcherait de voir ce qui se passe. Car le maître mot, s’il en est un, est pour nous la conscience : voir, percevoir, apercevoir ; là se trouve dans notre perspective l’ancrage, le non-négociable, quand bien même le sujet nous avoue en fin de compte, explicitement ou non, qu’il ne souhaite pas voir. Avant de nous rencontrer, le sujet « sait » qu’il y a là quelque chose qu’il préfère ne pas voir, il est nécessairement conscient de son désir ou de sa volonté de non-voir. Mais accepte-t-il ce « savoir » ? Ensuite, à travers le dialogue philosophique, grâce au questionnement, il voit, il sait, de manière plus explicit, plus difficilement évitable. Après cela, il a vu, il a perdu cette virginité factice dont il ignorait la nature, et s’il désire retrouver l’originaire, s’il regrette le jardin d’Eden et souhaite y retourner, il le fera en connaissance de cause. Il ne sera plus le même. Même s’il réussit à quelque peu oublier sa propre réalité en un second temps.

Ainsi Socrate nous invite à chercher ce que nous cherchons sans savoir ce que nous cherchons, quitte à décider de ne plus le chercher : nous ne devons pas décider à l’avance ce que nous cherchons, la nature de l’objet recherché reste encore à déterminer. Nous devons tracer de nouvelles pistes à partir d’indices, et découvrir peu à peu l’objet de la quête, tout en sachant que cet objet n’est pas une idole mais une icône ; il ne constitue pas la substance, il ne représente pas l’inconditionné, il est uniquement reflet et circonstances. Ainsi lorsque notre client médecin ne nomme pas cette dimension qui l’habite mais qu’il refuse d’habiter, il n’y a rien là d’extraordinaire. Pour Schiller, l’homme est pris dans la tension entre le fini et l’infini, il se tient au croisement de deux dimensions antinomiques, fracture de l’être. Il se trouve là une spécificité humaine. Les bêtes ne sont que dans le fini, les dieux ne connaissent que l’infini, nous explique Platon, ils n’ont donc besoin ni l’un ni l’autre de philosopher. Ce heurt entre la finitude et l’infini se niche au cœur de l’histoire humaine, histoire singulière et histoire collective, au cœur du drame humain, drame singulier et drame collectif, et l’on ne voit pas comment on pourrait y échapper et en guérir. Pas plus que l’on ne saurait échapper à la mortalité ou à l’humanité, car ces deux maladies sont constitutives de notre existence. Ou de manière ironique, disons que nous pouvons les guérir uniquement par leur accomplissement, par leur réalisation. Tout comme nous dirions qu’un cancer se guérit en allant jusqu’au bout de son processus. L’homme est sa propre maladie, nous indique la philosophie, que prétendrait-elle donc guérir ?

Que va faire notre médecin en sortant du cabinet de philosophie, va-t-il échapper à l’effet du questionnement ? Va-t-il fuir la prise de conscience ? Nous n’en savons rien et dans l’absolu, cela nous concerne peu, aussi cruel et inhumain que cela paraisse. Cela ne nous intéresse guère, ou bien nous intéresse sur un plan purement anecdotique, ce n’est pas notre souci. Il est venu, il a vu, il n’a pas dit, mais il a perçu, il a reconnu ou entrevu l’indicible ; que faire de plus ? Nous l’avons invité à nommer le fantôme, il a préféré ne pas l’invoquer. N’était-il pas prêt ? N’est-il pas fait pour cela ? Ne le souhaite-t-il pas ?

Nous n’avons pas à savoir pour lui, à décider pour lui, à vouloir pour lui. Il est venu au bal, nous l’avons invité à danser, il a souhaité faire uniquement quelques pas puis il s’est lassé, il a eu peur, ou bien il a décidé que la danse n’était pas une activité pour lui. Le présupposé de l’entretien philosophique est le libre consentement : nous avons là un individu autonome, dont nous penserons ce que nous voulons, mais l’important est uniquement ce qu’il pense de lui-même, ce qu’il pense pour lui-même, ce qu’il pense à partir de lui-même, quand bien même à travers nos questions nous l’invitons à penser plus avant, à penser à côté, à penser autrement. Nous l’aurons invité à voir, il aura vu ce qu’il aura pu voir, il aura vu ce qu’il aura voulu voir. Nous aurons déclenché un processus qui vivra la vie qu’il vivra. Ni plus ni moins.

Source : Brenifier, Oscar, La consultation philosophique, Éditions Alcofribas, 2020, p. 39.

La consultation philosophique peut se dire une « philothérapie » ? Voici la réponse de Oscar Brenifier :

Thérapie et raison

De ce que nous venons de voir, nous en concluons que la philosophie fait œuvre thérapeutique. Un terme que nous trouverons explicitement au moins chez Platon et chez Wittgenstein, implicitement chez les autres auteurs cités. Ensorcellement, confusion, aveuglement, dogmatisme, émotivité, passivité, phantasmes et illusions sont autant de pathologies dénoncées par les philosophes, ces praticiens de l’âme, de l’esprit, ou du corps pensant. Diagnostique philosophique. Plus que de la sagesse ou de la connaissance, c’est de la maladie dont il est alors question. Et face à ces maladies universelles et communes, ou cette unique maladie polymorphe, « humaine, trop humaine », dirait Nietzsche, prescription ultime, c’est bien de la raison dont on parle, cette raison qui semble être le soupirail ou la clef pour émerger de notre misère. Quand bien même cette faculté s’articule sous des formes différentes ou prend des noms différents, voire contradictoires, pour des raisons historiques, pour des raisons de connotations, si chère aux philosophes, chacun tenant toujours à se démarquer du voisin. Une raison qui pour l’un est folie, pour l’autre prescription. Une raison qui est parfois rationnelle, parfois raisonnable. Raison « pharmacon », poison et remède. Raison et fièvre, salut et perte, mènent un ballet incessant, quadrille de renversements. Pathologie de la singularisation, qui semble être la maladie philosophique par excellence, le désir d’être spécial, d’être original, voire d’être inouï ou incompréhensible. Ce désir est très présent, très prégnant chez ces « êtres pensants », quand bien même on rencontrera la critique d’un tel désir ici ou là. Car ces grands esprits semblent toujours trouver au sein de la poursuite effrénée d’une particularisation leur sens et leur essence, même lorsqu’ils se gaussent du sens, de l’essence et de la particularité. Nœud philosophique, pourrait-on dire en guise de conclusion.

Source : Brenifier, Oscar, La consultation philosophique, Éditions Alcofribas, 2020, pp. 107-109.

Je compte encore de nombreux passages soulignés dans mon exemplaire de « La consultation philosophique » de Oscar Brenifier. Vous comprendrez que les extraits ci-dessous sont là pour vous inviter à la lecture complète de cet essai si jamais vous vous reconnaissez dans le style direct de l’auteur.

Enfin, j’attire votre attention sur l’annexe « Jeux sérieux – LA POSSIBILITÉ DE REDÉFINIR UN PARADIGME PHILOSOPHIQUE » signé par Morten Fastvold, philosophe consultant en Norvège. Il s’agit de ses « Réflexions sur les sessions conduites par Oscar Brenifier ». Cet texte retient mon attention parce qu’il met en comparaison la philosophie et la psychologie. À lire absolument.


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Serge-André Guay, auteur et président éditeur
Fondation littéraire Fleur de Lys


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Autres articles du dossier

Article # 1 : Introduction

Témoignage de ma recherche personnelle au sujet de la philothérapie (philosophie + thérapie) ou, si vous préférez, de la pratique de la philosophie en clinique. Il s’agit de consultation individuel ou de groupe offert par un philosophe praticien pour nous venir en aide. Elle se distingue de la « psychothérapie » (psychologie + thérapie) en ce qu’elle utilise des ressources et des procédés et poursuit de objectifs propres à la philosophie. On peut aussi parler de « philosophie appliquée ».

Article # 2 : Mise en garde contre le copinage entre la philosophie et la psychologie

La philothérapie gagne lentement mais sûrement en popularité grâce à des publications de plus en plus accessibles au grand public (voir l’Introduction de ce dossier).

L’un des titres tout en haut de la liste s’intitule « Platon, pas Prozac! » signé par Lou Marinoff paru en français en l’an 2000 aux Éditions Logiques. Ce livre m’a ouvert à la philothérapie.

L’auteur est professeur de philosophie au City College de New York, fondateur de l’Association américaine des praticiens de la philosophie (American Philosophical Practitioners Association) et auteurs de plusieurs livres.

Article # 3 : Philothérapie – Libérez-vous par la philosophie, Nathanaël Masselot, Les Éditions de l’Opportun

Présentation du livre Philothérapie – Libérez-vous par la philosophie suivie de mes commentaires de lecture.

Article # 4 : Sur le divan d’un philosophe – La consultation philosophie : une nouvelle démarche pour se connaître, changer de perspective, repenser sa vie. Jean-Eudes Arnoux, Éditions Favre

Présentation du livre Sur le divan d’un philosophe – La consultation philosophie : une nouvelle démarche pour se connaître, changer de perspective, repenser sa vie suivie de mes commentaires de lecture.

Article # 5 : Philosopher pour se retrouver – La pratique de la philo pour devenir libre et oser être vrai, Laurence Bouchet, Éditions Marabout

Cet article présente et relate ma lecture du livre « Philosopher pour se retrouver – La pratique de la philo pour devenir libre et oser être vrai », de Laurence Bouchet aux Éditions Marabout. Malheureusement ce livre n’est plus disponible à la vente tel que mentionné sur le site web de l’éditeur. Heureusement on peut encore le trouver et l’acheter dans différentes librairies en ligne.

Article # 6 : Une danse dangereuse avec le philothérapeute Patrick Sorrel

Cet article se penche sur l’offre du philothérapeute Patrick Sorrel.

Article # 7 : La consultation philosophique – L’art d’éclairer l’existence, Eugénie Vegleris

Le livre « La consultation philosophique – L’art d’éclairer l’existence » de Madame Eugénie Vegleris aux Éditions Eyrolles se classe en tête de ma liste des meilleurs essais que j’ai lu à ce jour au sujet de la « philothérapie ».

Article # 8 : Guérir la vie par la philosophie, Laurence Devillairs, Presses universitaires de France

À ce jour, tous les livres dont j’ai fait rapport de ma lecture dans ce dossier sont l’œuvre de philosophes consultants témoignant de leurs pratiques fondées sur le dialogue. Le livre « Guérir la vie par la philosophie » de Laurence Devillairs aux Presses universitaires de France (PUF) diffère des précédents parce que l’auteure offre à ses lecteurs une aide direct à la réflexion sur différents thèmes.

Article # 9 : Du bien-être au marché du malaise – La société du développement personnel – par Nicolas Marquis aux Presses universitaires de France

J’ai lu ce livre à reculons. J’ai appliqué les feins dès les premières pages. L’objectivité sociologique de l’auteur m’a déplu. Ce livre présente aux lecteurs des observations, que des observations. L’auteur n’en tire aucune conclusion.

Article # 10 : Happycratie : comment l’industrie du bonheur a pris le contrôle de nos vies, Eva Illouz et Edgar Cabanas, Premier Parallèle, 2018

J’accorde à ce livre cinq étoiles sur cinq parce qu’il m’a révélé les coulisses de la quête du bonheur au cœur de notre société néo-libérale. Je savais que cette obsession du bonheur circulait au sein de la population, notamment par le biais des coach de vie et des agents de développement personnel, mais je n’aurais jamais imaginé qu’elle cachait une véritable industrie soutenue par une idéologie psychologisante. Jusque-là, je ne connaissais de cette industrie que le commerce des livres et la montée en puissance des coachs de vie dédiés à la recherche du bonheur.

Président éditeur, Fondation littéraire Fleur de Lys

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Publié dans Dossier : Philothérapie – Quand la philosophie nous aide
One comment on “Article # 11 : La consultation philosophique, Oscar Brenifier, Éditions Alcofribas, 2020
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