Pierre-Yves McSween, un commerçant perdu dans le monde québécois du livre

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Pierre-Yves McSween, un commerçant perdu dans le monde québécois du livre


Révision des lois sur le statut de l’artiste

EXTRAIT DE L’INFO UNEQ – NUMÉRO 341

« On connaît peu les conditions de travail des écrivaines et des écrivains »

Il est faux de croire que les écrivaines et les écrivains vendent un produit sans prendre de risque financier, comme on a pu l’entendre récemment à Radio-Canada. Au contraire, leurs coûts fixes sont énormes, a expliqué la présidente de l’UNEQ, Suzanne Aubry, à l’émission Plus on est de fous, plus on lit ! du 1er septembre. Le travail de recherche et de documentation, la rédaction, la recherche d’un éditeur et la promotion ne sont pas rémunérés, sauf exceptions. Le risque financier fait partie de leur quotidien.

Suzanne Aubry a réfuté des idées reçues sur le métier d’écrire et sur l’édition en rappelant les lacunes de la loi sur le statut de l’artiste censée encadrer la littérature : « Les écrivaines et les écrivains sont les seuls artistes à ne pas avoir d’ententes collectives parce que nous sommes sous ce que j’appelle la mauvaise loi ». Un rapport de force déséquilibré leur impose des cessions de droits. Il n’existe pas de filet social en littérature, ni de mécanismes d’arbitrage et de médiation. Plus que jamais, une nouvelle loi s’impose.

Écouter l’entrevue

SOURCE : Union des écrivaines et des écrivains québécois.


FACEBOOK DÉBAT

India Desjardins répond à Pierre-Yves McSween :

Respectueusement, je pense qu’écrire un livre mériterait un salaire. Ça va plus loin que les pourcentages de ventes. Chaque intervenant du domaine du livre reçoit un salaire. (graphiste, relationniste de presse, éditeur, réceptionniste). L’auteur reçoit un pourcentage. Si on calculait le salaire des gens basé seulement sur le risque, plusieurs personnes ne serait pas payées. Donc si un restaurateur prend le risque pour son restaurant, le chef devrait être payé au pourcentage? Un producteur et un distributeur de film et le propriétaire de la salle prennent des risques donc le scénariste ne devrait pas recevoir de salaire? (On en reçoit un, info en passant.) Moi je pense que c’est justifié de se questionner sur ce système qui a mal vieilli. On peut réfléchir à d’autres solutions (comme le salaire minimum pendant l’écriture du livre au taux horaire plus une part des profits si le livre en fait). Mais l’argument de la prise de risque, qu’on rabâche d’année en année, est lassant. C’est insultant pour les auteurs qui prennent leur REER pour écrire leur roman pendant un an. C’est insultant pour les auteurs qui font des sacrifices financiers pour leur projet de livre. Rappelons que tous les auteurs ne réalisent pas les mêmes ventes, donc n’ont pas accès aux mêmes possibilités de salaires, pourtant pour les mêmes sacrifices, le même nombre d’heures consacrées à leur travail. Et qu’on perd d’excellents auteurs qui n’ont pas les moyens d’exercer leur métier.

Source : Pierre-Yves McSween, Facebook, 26 août 2021.

Pierre-Yves McSween répond à India Desjardins :

Comme toute activité de création, c’est une question de risque et de rendement. S’il n’y a pas de clients pour un livre, il faut subventionner tout auteur qui se met à écrire?

Si je décide d’écrire à temps plein, je prends tout un risque. L’auteur doit aussi se questionner sur le marché potentiel de son œuvre.

Source : Pierre-Yves McSween, Facebook, 26 août 2021.


Écrire en se questionnant sur le marché potentiel de son œuvre ne relève pas de l’Institution littéraire. Autrement, tous les auteurs devraient alors sonder le potentiel commercial de leurs œuvres sur les plateformes de publications en ligne avant même de les soumettre à des éditeurs agréés.

Et c’est sans oublier l’évaluation commerciale des œuvres (critères de sélection) par ces mêmes éditeurs agréés qui questionneraient l’évaluation de l’auteur du potentiel commercial de son œuvre. Pensez-vous que les éditeurs se laisseraient imposer une évaluation du potentiel commerciale d’une œuvre faite par son auteur ? Jamais à moins que l’auteur compte des milliers d’abonnés sur ses pages des réseaux sociaux et même encore là, il y a toujours une grande marge entre les intentions d’achat et les gestes d’achat.

Aussi, au Québec, les éditeurs agréés ne perçoivent pas le succès d’une œuvre sur les plateformes de publication en ligne comme un indice du succès commercial potentiel de cette œuvre à récupérer au plus vite mais plutôt comme des ventes perdues, des ventes qu’ils ne réaliseront pas si jamais ils reprenaient à leur compte la publication de l’œuvre.

Pierre-Yves McSween ne connaît pas le milieu québécois du livre.


PORTRAIT de la diversité de l’offre  des distributeurs de livres

no 3 | mai 2017

Les lecteurs canadiens ont aujourd’hui accès à une remarquable diversité de livres en langue française publiés au Québec, au Canada français et dans les autres pays de la francophonie mondiale. Cette production éditoriale en tous genres témoigne de la richesse et du dynamisme de notre culture nationale, mais également de l’importance du français comme langue internationale de diffusion des connaissances et de la culture. Les membres de l’ADELF sont les principaux artisans de l’accès à cette diversité. En effet, ce sont les distributeurs de livres qui rendent disponibles ces ouvrages et qui en assurent la commercialisation sur le marché canadien. La présente étude a été réalisée dans le but d’actualiser les données sur la diversité de l’offre de livres proposée par les membres de l’ADELF. Les informations qu’elle contient proviennent principalement des réponses des membres à un questionnaire établi par l’ADELF en mars 2017.

FAITS SAILLANTS

– 2 248 éditeurs sont représentés au Canada par les membres de l’ADELF
– 703 894 titres en catalogue
– 42 230 nouveaux titres mis en marché au cours de la dernière année
– 259 799 titres vendus à au moins un exemplaire au cours de la dernière année
– 79 % de titres sont vendus à moins de 50 exemplaires
– 21 % des titres sont vendus à 50 exemplaires et plus
– environ 3 000 détaillants canadiens sont couverts par les distributeurs
– 686 emplois à temps plein créés par les membres de l’ADELF

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Dans ce contexte, qui prend le plus grand risque dans l’industrie québécoise du livre, l’éditeur ou l’auteur ? L’éditeur voir sa prise de risque diminuer avec les aides financières de l’État jumelées aux dispositions de la Loi du livre. C’est l’auteur qui court le plus grand risque parce qu’il ne profite pas ou si peu des aides de l’État.

Pierre-Yves McSween oublie que le TEMPS (consacré à l’écriture), c’est de l’ARGENT, qu’il soit question d’un écrivain à temps plein ou à temps partiel. Si nous nous appliquons la logique de Pierre-Yves McSween, l’écrivain devrait mettre en vente son manuscrit et ses droits sur ce dernier sur le marché des éditeurs agréés et ces derniers les acheter. On ne parle plus d’un contrat d’édition mais d’un contrat de vente semblable à tout autre.

Et si les éditeurs agréés persistent et signent sur le statut de travailleur autonome de l’écrivain, il nous faut ici retenir les mêmes règles que pour l’ensemble des travailleurs autonomes. Et dans ce cas, parler de démarchage des écrivains auprès des éditeurs agréés avec des propositions d’écriture chiffrées financièrement et accompagné d’un portefolio. Aucun travailleur autonome n’offre son temps et ses énergies gratuitement; il est en quête de contrats fermes et chiffrés AVANT de se mettre au travail. C’est ainsi que tous les travailleurs autonomes parviennent à vivre de leur travail.

À SUIVRE

Président éditeur, Fondation littéraire Fleur de Lys

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