Réflexions sur le métier de philosophe – Pour en finir avec un certain art de la dérision, Martin Mongin, Le PortiQue – Revue de philosophie et de sciences humaines

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REVUE DE PRESSE

Réflexions sur le métier de philosophe

Pour en finir avec un certain art de la dérision

Screenshot 2021-07-19 at 16-23-05 Le Portique - Revue de philosophie et de sciences humaines

Martin Mongin, Le PortiQue – Revue de philosophie et de sciences humaines


Référence électronique

Martin Mongin, « Réflexions sur le métier de philosophe »Le Portique [En ligne], Recherches, mis en ligne le 07 décembre 2007, consulté le 19 juillet 2021. URL : http://journals.openedition.org/leportique/1393 ; DOI : https://doi.org/10.4000/leportique.1393


Au sujet de l’auteur

Martin Mongin enseigne la philosophie dans l’ouest de la France. Il mène en parallèle une réflexion générale sur la dimension professionnelle de l’activité philosophique en France et à l’étranger et sur les rapports entre la philosophie et le monde des affaires. Dernier article publié : « Qui sont les « nouveaux philosophes » analytiques ? », revue Esprit, décembre 2006.


Au sujet de la revue

Le Portique, revue semestrielle de philosophie et sciences humaines, a été créée en 1997 à l’initiative de Jean-Paul Resweber et Benoît Goetz. Cette revue universitaire à comité scientifique international, proposant études et débats, se veut carrefour de questionnements et de rencontres, lieu de recherche pour une approche transdisciplinaire. Elle met en dialogue les sciences humaines et la réflexion philosophique et entend garantir un pluralisme de points de vue. La revue est aussi ouverte au grand public. Elle donne rendez-vous au lecteur sous le Portique, espace ouvert dont la sagesse est conforme au modèle stoïcien d’une pensée du seuil, des degrés et des limites, et qui se risque à penser l’événement.


Résumé

Il s’agit d’en finir une bonne fois pour toutes avec les jugements défaitistes et rabat-joie sur l’actualité et l’avenir de l’activité philosophique en montrant comment celle-ci est parvenue, par elle-même, et contrairement à tout ce qui a été annoncé, à se moderniser et à s’inscrire dans le nouveau contexte du marché du travail. Le philosophe est aujourd’hui, qu’on le veuille ou non, un professionnel à part entière. Ce sont les discours, à forte teneur idéologique, qui contestent cet état de fait que nous chercherons à déconstruire ici, à travers une présentation des métamorphoses de la philosophie contemporaine et un retour sur les rapports entre philosophie et salaire.


En licence, l’étudiant acquiert véritablement le « métier » de philosophe en élargissant et en approfondissant son information tout en se spécialisant dans un ou plusieurs domaines.

UCL, Faculté des sciences philosophiques, Institut supérieur de philosophie

Je crois que la philosophie a de beaux jours devant elle si elle veut être utile ; si elle accepte l’ambiguïté d’un de ses concepts essentiels, si elle s’offre ouvertement comme « spéculation », si elle se donne, si elle se vend.

A. Etchegoyen – Les entreprises ont-elles une âme ?, Editions François Bourin, 1990, p. 290.

1. Situation de la philosophie

Quiconque entreprend aujourd’hui de faire le point sur la pratique de la philosophie en France est d’emblée sommé de faire le constat suivant : une grande majorité de philosophes se retrouve encore contrainte, pour trouver un emploi, de se tourner vers une autre branche que la sienne. Autrement dit, pour ce qui est de leur propre discipline, il y a beaucoup de philosophes au chômage. Comme si la philosophie n’avait plus aucun rôle à jouer dans notre société ; comme si elle était incapable de se réinventer, de s’adapter — condamnée par là même au déclin et aux livres d’histoire.

Nous voudrions montrer ici qu’il n’en est rien, qu’il n’y a là aucune fatalité, que la philosophie, qu’on le veuille ou non, s’adapte, qu’elle jouit même d’une certaine renommée sur le marché de l’emploi et que, moyennant quelques aménagements dans leur cursus, les étudiants en philosophie peuvent représenter de véritables atouts pour certains secteurs de pointe de l’économie — un grand nombre d’entre eux d’ailleurs, notamment à l’étranger, y trouve déjà son compte. Montrer aussi que, contrairement a ce qu’on a trop longtemps laissé entendre, philosophie et commerce ne sont pas irréconciliables ; que la philosophie a tout à gagner en cherchant à s’inscrire dans la sphère des échanges économiques. Montrer enfin la nécessité qu’il y a de se débarrasser d’un certain idéal de l’activité philosophique qui, bien qu’il ait pu faire date, nous paraît totalement obsolète, voire scélérat, dans le monde qui est le nôtre.

Un petit nombre d’étudiants en philosophie continue en effet d’être la victime plus ou moins consentante d’un mythe qui a la vie dure : celui du philosophe-dilettante. Il a en effet toujours été plus ou moins admis, depuis la Grèce lointaine, que la pratique de la philosophie ne pouvait pas s’accommoder de l’obtention d’un salaire. Qu’il était tout particulièrement inconcevable de vouloir en faire profession. Mais en continuant de voir dans leur discipline quelque chose dont on ne pourrait faire un métier, à savoir une occupation principale permettant de gagner honnêtement sa vie, ces étudiants se condamnent eux-mêmes au chômage longue-durée ou à la réorientation. La mauvaise foi, bonne à justifier toutes les inconséquences, leur permettra de se féliciter un temps de cette mise en retrait du monde de travail — jusqu’à ce que la nécessité les pousse finalement à mendier une deuxième chance. Pour éviter ces erreurs de parcours, il convient d’en finir au plus vite avec ce mythe suranné et de convaincre les « dissidents » de saisir les opportunités professionnelles qu’on leur offre pourtant sur un plateau.


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Président éditeur, Fondation littéraire Fleur de Lys

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