Bagdad-Paris-Montréal

Né à Bagdad, en Irak, en 1928, Naïm Kattan affirmait qu’il possédait en réalité trois villes de naissance : Bagdad, Paris et Montréal. Le choix du français, langue d’usage et langue d’écriture, fut au cœur de son fascinant parcours.

Juif irakien, Naïm Kattan a d’abord appris l’arabe et l’hébreu, ses deux langues maternelles. Avant même l’adolescence, il écrivait de la fiction en arabe. Il apprendra ensuite l’anglais et le français, et s’initiera à la littérature occidentale.

Après des études en droit à Bagdad et en littérature à la Sorbonne, il débarque au Canada en 1954 et s’installe à Montréal. «Ce ne fut pas facile parce qu’à cette époque, le français était réservé aux catholiques, racontait-il en 2007. On me demandait sans cesse à quelle paroisse j’appartenais. Les gens ne comprenaient pas qu’un juif irakien puisse parler français.»