La Fondation littéraire Fleur de Lys franchira le cap des 20 ans d’expérience en édition en ligne au Québec le 23 juin 2023

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DOSSIER

La Fondation littéraire Fleur de Lys franchira le cap des 20 ans d’expérience en édition en ligne au Québec en 2023


Article 1

Une perspective unique sur l’évolution du nouveau monde du livre

Je pense de plus en plus à la célébration des 20 ans de la Fondation littéraire Fleur de Lys en 2023 à titre de pionnière québécoise de l’édition de livres en ligne. Nous avons alors introduit au Québec une offre d’édition numérique et papier jumelée à notre propre librairie en ligne.

Nous avons opté pour une nouvelle forme d’autoédition : l’édition participative. Il s’agit de réduire les frais d’autoédition demandés à l’auteur par une contribution à la financière et de travail bénévole de notre organisation. Ainsi, l’auteur ne débourse pas le total de la facture de l’autoédition de son livre.

Nous étions aussi le seul éditeur-libraire sans but lucratif dans la francophonie mondiale. Ce statut juridique fut adopté à la suite d’une consultation des auteurs dans le cadre de notre étude de marché menée en ligne.

Autre fait d’arme, la Fondation littéraire Fleur de Lys a adopté des critères de sélection des œuvres dont l’application est sous la responsabilité d’un comité de lecture, ce qui n’est pas la norme en matière d’autoédition. Contrairement à plusieurs autres services d’autoédition qui publient tout et n’importe quoi, souvent pour réaliser le maximum de profit, la Fondation littéraire Fleur de Lys a pu constituer ainsi un catalogue de titres de tous les genres littéraire qui soit de qualité dans le plus grand respect des lecteurs et lectrices.

À l’époque, certains éditeurs en ligne imposaient aux auteurs un fonctionnement similaire à l’édition traditionnelle en exigeant de l’auteur la cession de ses droits sur son œuvre pour être édité. La Fondation littéraire Fleur de Lys a pris bonne note des critiques des auteurs et n’a jamais exigé de ses auteurs une telle cession de leurs droits d’auteur.

Dès le départ, nous nous sommes distingués en fixant une durée déterminée à nos contrats d’édition. Plus encore, nous avons introduit une clause permettant à l’auteur de rompre son contrat avec nous si jamais il trouvait un éditeur traditionnel qui lui assurait une distribution en libraires avec pignons sur rue. Après tout, l’édition en ligne ne doit pas privée l’auteur de ses chances de voir son œuvre éditée par un éditeur traditionnel s’il le souhaite.

Et pour éclairer les auteurs sur le monde du livre, la Fondation littéraire Fleur de Lys s’est donnée une mission d’éducation populaire au sujet des droits d’auteur, des contrats d’édition, des différents types d’édition et de tous les domaines concernant de prêt ou de loin le nouveau monde du livre né des nouvelles technologies numériques et du web.

Enfin, la Fondation littéraire Fleur de Lys a aussi archivé de nombreux documents au sujet de ce nouveau monde du livre afin d’en pérenniser l’accès à tous à partir de son propre serveur alors qu’ils disparaissaient du web. Nous sommes fiers d’assumer les frais d’hébergement de ces documents.

Dès le départ nous nous sommes inscrits dans le mouvement mondial de démocratisation de l’accès à l’édition amorcé dans les années 90. Ce fut et c’est encore notre cheval de bataille.

Bref, nous avons apporté à l’édition en ligne plusieurs innovations dès notre création.

Depuis bientôt 20 ans, nous respectons à la lettre le modèle d’affaire original de l’édition en ligne qui balise notre succès. Nous avons vu naître puis disparaître bon nombre d’éditeurs en ligne parce qu’ils n’ont pas respecté ce modèle d’affaire pourtant très simple.

Premièrement, il faut garder le cap sur l’impression à la demande d’un seul exemplaire à la fois à la demande expresse de chaque lecteur. Ainsi, chaque livre imprimé est un livre vendu d’avance. C’est ainsi qu’on évite tous les frais liée à un inventaire pré-imprimé, son entreposage et sa gestion.

Deuxièmement, il est nécessaire de se limiter à une distribution et une vente en ligne et ainsi résister à l’appel des auteurs qui souhaitent une distribution en librairies traditionnelles. S’il faut accepter les commandes de ces deniers en s’en tenant à l’impression à la demande, il faut éviter les frais de tout inventaire qu’implique une large distribution en librairies traditionnelles. Les coûts élevés de l’impression à la demande d’un seul exemplaire à la fois ne permettent pas d’envisager un partage du prix de vente avec les distributeurs et les libraires traditionnels.

Troisièmement et c’est le plus important, il faut conscientiser l’auteur sur sa démarche dans le respect de son statut : auteur amateur, auteur entrepreneur ou écrivain professionnel. Depuis quelques années, la Fondation littéraire Fleur de Lys se concentre sur les auteurs amateurs, ceux et celles qui écrivent et veulent publier à loisir. Nous épousons ainsi la cause du loisir littéraire et des pratiques culturelles en amateur. La Fondation littéraire Fleur de Lys tend la main aux auteurs amateurs parce qu’ils sont souvent plus vulnérables face aux intentions des actionnaires des entreprises de services d’autoédition commerciales.

Nos auteurs recherchent davantage un succès d’estime qu’un succès commercial.  En fin de compte, ils écrivent pour les membres de leur famille, leurs amis et leurs connaissances, les habitants de leur localité ou de leur région et parfois même pour tous les lecteurs partageant leurs intérêt pour un sujet ou un genre littéraire donné, lecteurs à rejoindre par et sur le web. Il en va ainsi du nouveau monde du livre pour les auteurs amateurs.


Perspective historique de l’édition en ligne

L’étude de marché pour l’implantation et le développement d’une maison d’édition en ligne au Québec a commencé en l’an 2000. Cette recherche a donc permis de remonter aux premiers pas de l’édition en ligne au cours des années 90. À l’époque, on retrouve plus d’une trentaine d’expériences d’édition en ligne en Europe, dont près de la moitié en France, et déjà plus de 300 aux États-Unis d’Amérique. La documentation sur ce nouveau type d’édition abonde et nous imprimons alors plus de 10,000 pages de textes publiées sur le web.

Ainsi, non seulement nous avons l’expérience pratique de l’édition en ligne depuis prêt de 20 ans, nous sommes aussi capable de la situer dans une perspective historique complète, de sa naissance sur le web à aujourd’hui. C’est le propre des plus vieux de pouvoir témoigner de l’histoire à moins d’être rigoureux lorsqu’on prend le train en marche.

Nous relevons un manque flagrant de rigueur dans de nombreux articles au sujet de l’histoire de l’édition en ligne  et son développement. Pour l’Alliance of Independent Authors, les auteurs frustrés par le refus de leurs manuscrits pas l’édition traditionnelle « ont soudain vu une opportunité » que « vers juin 2007 » « avec l’avènement de la technologie numérique et des smartphones comme appareils de lecture ».  Il n’y a rien de plus faux.

Avec l’avènement de la technologie numérique et des smartphones comme appareils de lecture, vers juin 2007, ces créatifs frustrés par les gardiens ont soudain vu une opportunité. Peu de temps après, en novembre 2007, le Kindle est né, intégré à la plus grande librairie en ligne au monde et à l’étonnante innovation d’auto-édition de Kindle Direct Publishing (KDP).

With the advent of digital technology and smartphones as reading devices, circa June 2007, those creatives frustrated with gatekeepers suddenly saw an opportunity. Shortly afterward, in November 2007, the Kindle was born, integrated with the largest online bookstore in the world, and the stunning self-publishing innovation of Kindle Direct Publishing (KDP).

Source : AskALLi Team, Facts and Figures about Self Publishing: The Impact and Influence of Indie Authors, Alliance of Independent Authors, June 22, 2020

L’édition en ligne est née dans les années 90. Les auteurs de l’époque, face à un taux de refus de plus de 90% des manuscrits par les éditeurs traditionnels, n’avait qu’une seule option : l’autoédition papier, dont la pratique remontre déjà à plusieurs siècles.

L’arrivée des ordinateurs personnels grand public et des logiciels de traitement de texte et d’autres en traitement de l’image, notamment la suite Microsoft Office en 1989, suivi de la commercialisation permettant à tous d’accéder au réseau Internet et l’arrivée du logiciel du World Wide Web dans le domaine public en 1993 ouvrent de nouvelles possibilités à l’autoédition.

L’œuvre peut être lue en se passant désormais du papier. On peut la publier en ligne sur une page ou un site web.

L’édition en ligne n’a pas encore de livres numériques téléchargeables quoiqu’il soit tout de même possible d’offrir un fichier texte de l’œuvre produit avec un logiciel de traitement de texte. Mais les auteurs craignent pour la protection de leurs droits d’auteur puisqu’un tel fichier peut être facilement copié et modifié, souvent jusqu’à ce qu’on ne reconnaisse plus la version originale et ainsi se l’approprier sous un autre nom. Dans la foulée, des certifications de droits d’auteur web seront créées.

Il faut attendre la popularisation du fort numérique PDF (Portable Document Format) présenté par la société Adobe Systems en 1992 et son développement rapide les années suivantes pour parler officiellement de livres en format numériques téléchargeables par les internautes. L’éditeur en ligne ajoute alors à son site web les options de paiement en ligne et devient éditeur-libraire en ligne.

L’internaute télécharge le fichier PDF de l’œuvre désormais mise en page comme un vrai livre. Cette mise en page sera statique, c’est-à-dire qu’elle apparaîtra aux lecteurs tel que l’auteur l’a faite. L’auteur utilise son logiciel de traitement de texte pour effectuer cette mise en page. Il commande ensuite l’impression de son fichier mis en page en format PDF et ce dernier conserve la mise en page originale.

La lecture du fichier se fait à l’écran de l’ordinateur personnel ou sur l’une des rares tablettes électroniques disponibles.

Le livre numérique sous forme de fichier téléchargeable est né et commercialisé dès les années 90 par un nombre croissant d’éditeurs-libraires électroniques (en ligne sur le web).

Puis vient l’impression à la demande permettant d’imprimer un seul exemplaire à la fois ou des micro-tirages d’une dizaine ou plus d’exemplaires à un coût rentable pour l’éditeur-libraire en ligne. Auparavant, les procédés d’impression analogique, en particulier l’offset, imposaient des tirages minimum de centaines voire de milliers d’exemplaires, ce que ne pouvait pas se permettre l’éditeur-libraire en ligne en raison des coûts.

Les catalogues des éditeurs-libraires en ligne compte rapidement de nombreux titres et l’impression d’exemplaires de tous ces livres n’est pas envisageable sur le plan financier. Il lui faudrait assumer les coûts de commandes de centaines d’exemplaires à l’imprimeur traditionnel (Offset), les coûts de l’entreposage et de gestion d’inventaire… Or, l’éditeur-libraire en ligne mise sur justement le fait qu’il soit en ligne pour éviter les coûts qu’il devrait assumer s’il était partie prenante de la chaîne traditionnelle du livre.

L’éditeur-libraire en ligne peut ajouter autant de titres qu’il le souhaite à son catalogue pour autant qu’il en assume les frais d’hébergement d’un exemplaire numérique de chaque œuvre sur un serveur de sa propriété ou loué. Un seul exemplaire du PDF suffit pour le vendre à des centaines de lecteurs. Il n’a pas d’entrepôt si ce n’est numérique.

L’éditeur-libraire (ou l’auteur-éditeur-libraire) en ligne conclut chaque vente directement avec le lecteur, sans aucun intermédiaire à payer. C’est là son modèle d’affaire.

Avec l’impression à la demande, l’éditeur-libraire élargit son offre au livre papier. Le lecteur a désormais le choix entre la version numérique et la version papier avant même la fin des années 90.

Toutes ces innovations donnent lieu à une véritable révolution qui engendre un tout nouveau monde du livre dans lequel s’inscrit la Fondation littéraire Fleur de Lys à titre de pionnier québécois de l’édition en ligne avec impression papier et numérique à la demande dès 2003.

Et au Québec… La Loi du livre

Le Québec fait bande à part dans l’apparition et le développement de ce nouveau monde du livre en raison de la Loi sur le développement des entreprises québécoises dans le domaine du livre (Communément appelée « loi du livre »). Le Québec est le seul territoire national dans le monde à voir son industrie du livre être soumise à une tel loi. Elle se caractérise par le fait qu’elle est exclusive, c’est-à-dire que seuls les différents joueurs de la chaîne du livre agréées par le gouvernement du Québec sont considérés comme étant partie prenante de l’industrie québécoise du livre et, ce faisant, à profiter des programmes d’aide de l’État.

Tout ce qui ne cadre pas dans l’industrie du livre définit par Loi du livre passe sous le radar de l’État, du milieu littéraire et des grands médias d’information. Ainsi, les premières années de la révolution numérique dans le domaine du livre en cours hors de nos frontières, notamment en Europe et aux États-Unis d’Amérique, intéressaient peu ou pas l’industrie québécoise du livre et les grands médias. Il faudra attendre au commencement des années 2000 pour connaître les premières réactions de l’industrie québécoise du livre face aux avancées de cette révolution en cours à l’étranger.

Il faut prendre en considération l’absence de cloisonnement de l’industrie du livre à l’étranger où aucune Loi du livre tel que nous la connaissons ne s’applique. Ainsi, ailleurs dans le monde, le bouillon de la révolution dans le domaine du livre a touché dès le départ l’ensemble des milieux littéraires, des gouvernements, des nouveaux entrepreneurs du livre, des maillons de la chaîne du livre… bref l’ensemble de la société par le biais des médias d’information qui suivent l’affaire de très près.

Lorsque les médias québécois nous informent au sujet de la révolution dans le monde du livre, ils oublient que leurs observations et leurs constations ne sont pas applicables au Québec en raison de la Loi du livre.

Par exemple, les initiatives et la montée en flèche de l’autoédition dans le monde ne s’appliquent pas au Québec parce que le phénomène est marginalisé par la Loi du livre.

Le gouvernement du Québec ne peut pas encourager le nouveau monde du livre parce que la Loi du livre lui interdit de supporter toutes entreprises qui ne sont pas reconnues par la Loi du livre. Cette dernière rejette l’édition en ligne parce que l’éditeur est virtuel et que ses livres ne se retrouve pas en librairies. Pour être reconnu à titre d’éditeur et par le fait même avoir droit à l’aide de l’état selon la Loi du livre, il faut que cet éditeur soit agréé par le ministère de la Culture du Québec, qu’il confie la distribution de ses livres à un distributeur agréé par le ministère de la Culture du Québec, alors que les libraires doivent également être accrédités par le ministère de la Culture du Québec. Bref, seul les éditeurs ayant une distribution de leurs livres par un distributeur agréé dans les librairies agréées sont reconnus et peuvent jouir des programmes d’aide de l’État.

L’éditeur en ligne ne peut donc pas être agréé par le ministère de la Culture du Québec parce qu’il ne fait pas la distribution de ses livres dans les librairies agréée avec pignons sur rue pour les offrir uniquement en ligne, souvent dans sa propre librairie en ligne.

Au-delà de cette question d’aide de l’État, il y a l’absence de prise de position et de reconnaissance de l’édition en ligne par le gouvernement du Québec. Aucun ministre québécois du la Culture n’a souligné l’importance de l’édition en ligne, pas même dans le cadre des pratiques culturelles en amateur. Pourquoi ? Sans doute parce que nos ministres de la Culture ne veulent pas froisser l’industrie traditionnelle du livre, cette dernière ne voyant d’un bon œil l’édition en ligne. Aux yeux de l’industrie traditionnelle du livre elle est la seule à pouvoir offrir aux lecteurs des livres de qualité; elle s’en donne le monopole.

L’industrie québécoise du livre tient tellement à conserver la Loi du livre en l’état qu’elle refuse même que le gouvernement du Québec y intègre le livre numérique, et ce, même s’il est une réalité depuis plusieurs décennies.

L’industrie québécoise du livre a longtemps été à la traîne de la révolution technologique dans le domaine du livre. face aux livres en format numérique et au commerce en ligne du livre, notre industrie du livre attendait l’aide de l’État. L’industrie québécoise du livre ne bouge pas d’iota sans l’aide de l’État et elle s’assure qu’elle soit la seule à recevoir cette aide.

Et malgré toutes les avancées en faveur d’une démocratisation de l’accès à l’édition, l’industrie québécoise du livre a continué à refuser plus de 90% des manuscrits soumis à son attention par les nouveaux auteurs, les auteurs entrepreneurs et même les écrivains professionnels.

Lorsque nous avons lancé la Fondation littéraire Fleur de Lys en juin 2003, c’est à la demande même de l’Union des écrivaines et des écrivains québécois (UNEQ) que nous avons ouvert notre projet à leurs membres, les écrivains professionnels. Jusque-là notre projet d’édition en ligne était destiné aux auteurs amateurs et aux auteurs entrepreneurs ne trouvant pas d’éditeurs traditionnels pour leurs œuvres. Or, l’UNEQ nous a précisé que même les écrivains professionnels déjà publiés par un éditeur traditionnel éprouvaient des difficultés à retrouver un éditeur pour leurs nouvelles œuvres.

En l’absence d’aide et de reconnaissance de l’État, l’éditeur-libraire en ligne québécois se retrouve tout fin seul à supporter son initiative. En 2003, la Fondation littéraire Fleur de Lys ne disposait que d’un ordinateur usagé acquis pour 200.00$ canadiens, de quelques logiciels avec licences et de quelques logiciels piratés, d’une chambre d’enfant dans un appartement, d’une connexion internet et d’une expertise en communication-médias pour importer la révolution du monde du livre au Québec. Le ministère de la Culture nous a refusé l’aide de 5,000.00$ que nous lui demandions pour lancer notre projet de maison d’édition en ligne. Il s’agissait d’une demande d’aide dite discrétionnaire (accordée par le ministre lui-même) puisque la Loi du livre interdit à son ministère de venir en aide à l’édition en ligne, à tout ce qui n’est pas de l’édition traditionnelle.

Lors des préparatifs du projet d’édition en ligne de la Fondation littéraire Fleur de Lys nous profitons des cinq années d’expérience suivant l’arrivée des premiers éditeurs de livres en ligne en Europe, plus spécifiquement en France, et aux États-Unis d’Amérique. On sait que la France tiendra sa Commission de réflexion sur Le livre numérique en 1998-1999 :


Sénat – France

Commission de réflexion sur le  » livre numérique « 

11e législature

Question écrite n° 14256 de M. Emmanuel Hamel (Rhône – RPR) publiée dans le JO Sénat du 18/02/1999 – page 491

M. Emmanuel Hamel attire l’attention de Mme le ministre de la culture et de la communication sur sa réponse à la question nº 8845 parue à la page 2372 du Journal officiel, Sénat, Débats parlementaires, questions remises à la présidence du Sénat, réponses des ministres aux questions écrites du 23 juillet 1998 dans laquelle elle annonce qu’une  » commission de réflexion sur le « livre numérique »… est chargée d’identifier, avant février 1999, les effets du développement d’Internet et de la numérisation sur la politique du livre et de la lecture… « . Il lui serait reconnaissant de bien vouloir lui indiquer quelles conclusions ont été tirées de cette réflexion, quelles propositions ont été formulées par cette commission afin de favoriser, dans ce domaine,  » une meilleure concertation entre les institutions publiques et le secteur privé « , quelles recommandations ont été retenues par le gouvernement et vont être concrètement mises en œuvre.

Réponse du ministère : Culture publiée dans le JO Sénat du 13/01/2000 – page 109

Réponse. – Confié, en septembre 1998, à M. Alain Cordier, président du directoire de Bayard Presse, le rapport sur les enjeux culturels, socioculturels, économiques et juridiques du livre numérique a été rendu public en mai 1999. Ce rapport rappelle le bouleversement des habitudes d’écriture, de lecture et de pensée entraîné par l’apparition du numérique. Pour la première fois, en effet, un même individu peut réunir des fonctions jusqu’alors distinctes : celles de l’auteur, de l’éditeur, du diffuseur et du lecteur. De surcroît, il le fait à partir d’une machine, l’ordinateur, qui est utilisée simultanément dans trois des sphères d’intervention privilégiées de l’individu : l’école, le domicile, le travail. Enfin, grâce aux procédés de numérisation, le texte, et donc la lecture, se trouvent de plus en plus séparés de l’objet-livre. Le rapport met en avant le souci de tirer le meilleur parti du numérique afin que celui-ci favorise la lecture et l’écriture, la pensée et la création. L’exigence d’une fonction éditoriale qui permette de procéder à des sélections dans le flux d’informations qui circule sur le réseau, d’orienter le public et d’offrir aux auteurs de véritables débouchés est ainsi affirmée. La nécessité d’une médiation et l’impératif de régulation, notamment par l’application, au niveau européen, du système de prix unique au commerce électronique du livre, sont tout autant soulignés. Le rapport plaide également pour une présence accrue d’ œuvres de création sur Internet, rémunérées à leur juste valeur au titre de la propriété intellectuelle et artistique. Par ailleurs, le numérique appelle sans aucun doute des adaptations de la part des acteurs de la chaîne traditionnelle du livre afin que ceux-ci puissent tirer pleinement parti des évolutions en cours. Les propositions et prolongements possibles énoncés par le rapport concernent la nécessité de rendre permanent le travail de veille et de réflexion initié par la commission sur le livre numérique, par exemple sous la forme d’un groupe de travail associant les pouvoirs publics et les professionnels. La promotion d’une offre de contenu développant les nouvelles formes d’écriture et de création permises par le numérique est encouragée. Le rapport sur le livre numérique soutient l’adoption de normes internationales permettant de sécuriser les usagers et d’identifier les œuvres circulant sur les réseaux afin de pouvoir rémunérer leurs ayants droit. Le milieu scolaire, les bibliothèques et les librairies doivent s’ouvrir davantage au livre numérique dans un souci de complémentarité et non de concurrence avec le support papier. Le rapport réaffirme son souci de faciliter l’accès aux produits culturels numériques, notamment grâce à des incitations fiscales, à l’installation de lignes à haut débit dans certaines institutions culturelles ou à des actions destinées aux publics défavorisés. Sur la question particulière de la concertation entre les institutions publiques et le secteur privé, dans le domaine du numérique, le rapport sur le livre numérique engage les pouvoirs publics à soutenir la production d’ œuvres de qualité sur Internet ou sur CD-Rom en renforçant les dispositifs d’aide actuels. Sans que cette question soit explicitement évoquée dans ce rapport, les relations entre édition publique et édition privée sur les réseaux numériques doivent s’inspirer des principes de la circulaire du Premier ministre du 20 mars 1998 relative à l’activité éditoriale des administrations et des établissements publics de l’Etat, et s’inscrire dans les réflexions engagées à partir du rapport de M. Dieudonné Mandelkern sur  » la diffusion des données publiques et la révolution numérique « . Le ministère de la culture et de la communication souhaite que les options définies par le rapport de M. Alain Cordier fassent l’objet, notamment à travers le forum lancé sur ce sujet sur son site Internet, d’un large débat parmi les créateurs, les professionnels et l’opinion publique. Les enseignements qui en seront tirés permettront d’étayer les mesures concrètes que le Gouvernement sera amené à prendre, pour ce qui peut relever de l’intervention des pouvoirs publics et non des seuls professionnels, pour favoriser la coexistence et la complémentarité entre les réseaux numériques, les œuvres de création et la diffusion vers un large public.

Source : Sénat – France.


À télécharger

Le livre numérique : rapport de la commission de réflexion présidée par M. Alain Cordier


Le Conseil de L’Europe s’est mobilisé trois ans auparavant, en 1995, en lancant le projet « Nouvelle économie du livre » suivi de « Nouvelle économie du livre BIS » :


Tous les dossiers publiés sur le site du Internet du Conseil de l’Europe réunis dans un seul fichier PDF, 711 pages.

Source : http://www.coe.int/T/F/Coop%E9ration%5Fculturelle/Culture/projets%5Ffinalis%E9s/Livre/

Commentaire : Le Conseil de l’Europe s’est impliqué activement dans le développement de l’édition en ligne sur son territoire en réalisant des études et des projets pilotes très intéressants. Le lecteur y trouvera les assises de l’argumentation politique en faveur de l’édition en ligne : démocratisation du monde du livre, diversité culturelle,… C’est à la lecture de ces études et de ces rapports de projets que l’on peut voir jusqu’à quel point le Québec se retrouve à des années lumières d’une véritable compréhension de l’avenir du livre qu’on l’on reconnaît partout ailleurs en Occident comme étant étroitement lié à l’Internet. Bref, alors que le gouvernement du Québec en est encore à réfléchir, l’Europe déclare «Mission accomplie».

Source : Centre d’information sur l’édition et le nouveau monde du livre, Fondation littéraire Fleur de Lys.


L’attention accorder à la naissance d’un tout nouveau monde du livre par les gouvernements en Europe mobilise les médias d’information et, par le fait même, l’attention à la fois de l’industrie du livre, des auteurs et des écrivains tout comme de la population. Ce n’est pas le cas au Québec.

Aux informations gouvernementales disponible sur le monde monde du livre s’ajoutent celles des premiers éditeurs en ligne et de leurs auteurs. Ces informations profiteront à notre étude de marché amorcée en l’an 2000-2001. Notre projet d’édition en ligne tente de corriger tous les irritants relevés par les auteurs en Europe et aux États-Unis d’Amérique depuis 1995.

Dans le cadre de notre étude de marché, nous parlerons de notre projet avec Louis Dubé, un fonctionnaire responsable de l’aide à l’édition à la Société de développement des entreprises culturelle (SODEC), une société d’état. Il soutient alors que si le Québec ne compte aucun éditeur en ligne, c’est qu’il n’y a pas de demande. La déclaration s’inscrit dans la Petite histoire des relations entre la Fondation littéraire Fleur de Lys et les gouvernements. Nous sommes en 2002.

Un an auparavant au 2e trimestre 2001, la même société d’état venait de publier une vaste étude intitulée «Les chiffres des mots: portrait économique du livre au Québec» signée par Marc Ménard. Dans son étude, monsieur Ménard pointe du doigt quelques-uns des éléments clés de l’avenir du livre dans le nouveau contexte technologique mais la SODEC demeurera sourde.


Les chiffres des mots – Portrait économique du livre au Québec

Marc Ménard, Société de développement des entreprises culturelles (SODEC), gouvernement du Québec, 2001.

Table des matières, avant-propos et introduction

Première partie – Le livre en quête de son marché

Chapitre 1 — Brève mise en perspective historique

Chapitre 2 — La marchandisation du livre, ou comment le livre s’insère sur le marché

Chapitre 3 — Le marché du livre au Québec

Deuxième partie – La filière du livre et ses composantes

Chapitre 4 — Composantes et structuration de la filière du livre

Chapitre 5 — L’édition

Chapitre 6 — La diffusion et la distribution

Chapitre 7 — Les librairies agréées

Chapitre 8 — Défis et perspectives d’avenir pour l’industrie du livre

Bibliographie

Annexe 1 — Méthode d’estimation du marché final

Annexe 2 — Balance commerciale du Québec, livres et imprimés

Annexe 3 — Présentation des termes et ratios financiers utilisés

Commentaire : Un rapport commandé par la Société de développement des entreprises culturelles du Québec (SODEC) et qui abordait, entre autres sujets, l’avenir du livre en relation avec l’Internet, l’édition en ligne, l’impression à la demande, les librairies en ligne,… et qui n’a inspiré aucune action concrète de la part du gouvernement du Québec ou, si vous préférez, qui fut mis sur les tablettes comme on le fait avec un «portrait». Très intéressant à lire pour quiconque veut connaître la chaîne du livre au Québec.


Nous lancerons tout de même le projet par la mise en ligne de notre site web le 23 juin 2003, sans aucune aide de l’État et avec des moyens financiers personnels plus que limités.

À SUIVRE

Président éditeur, Fondation littéraire Fleur de Lys

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