Les éditeurs canadiens demandent au gouvernement canadien de s’attaquer au monopole de Google/Facebook

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Les éditeurs canadiens demandent au gouvernement canadien de s’attaquer au monopole de Google/Facebook

• Aucun recours aux fonds publics ou aux taxes à la consommation

• S’attaquer à la domination monopolistique des géants du Web

• Niveler les règles du jeu en matière de numérique, tel que recommandé dans le rapport

• Adopter le modèle australien comme politique

Le 22 octobre 2020

Les éditeurs de médias d’information du Canada appellent aujourd’hui tous les partis politiques au Parlement à soutenir l’adoption de l’approche australienne pour lutter contre les pratiques monopolistiques de Google et de Facebook.

Au Canada, comme dans les démocraties de par le monde, les deux géants américains du Web contrôlent la grande majorité des recettes publicitaires en ligne et distribuent le contenu des journaux sans les compenser. Le modèle mis en œuvre en Australie permet de contrer ces pratiques monopolistiques et de niveler les règles du jeu dans le domaine numérique, sans frais pour les contribuables et sans qu’il soit nécessaire d’imposer des frais d’utilisation ou d’autres mesures.

La recommandation demandant au Canada d’adopter le modèle australien est présentée dans le rapport intitulé Niveler les règles du jeu en matière de numérique, commandé par Médias d’Info Canada, qui a mené une analyse approfondie des mesures adoptées dans les démocraties du monde entier pour faire face à ce même défi.

Médias d’Info Canada représente plus de 90 % du lectorat des médias d’information au Canada, en représentant des publications d’information quotidiennes, régionales, communautaires et ethnoculturelles.

« Les Canadiens apprécient des médias d’information forts, diversifiés et indépendants et ceux-ci sont essentiels à notre démocratie », a déclaré Jamie Irving, vice-président de la société d’édition Brunswick News Publishing et président du groupe de travail de Médias d’Info Canada. « Publier de vraies nouvelles coûte de l’argent, et Google et Facebook – deux des plus grandes entreprises du monde – ne peuvent continuer à être autorisées à faire du resquillage sur le dos des éditeurs de médias d’information canadiens qui produisent des contenus d’actualité, sans que ces derniers ne soient compensés de manière équitable. Nous avons entendu l’engagement creux des géants mondiaux du Web en faveur du journalisme et de la compensation symbolique. Le temps est venu de s’attaquer aux géants du Web, comme l’a indiqué le gouvernement fédéral en septembre dernier. ».

Voici les éléments clés du modèle australien:

• Une approche efficace qui n’entraîne aucun nouveau financement public, aucune taxe à la consommation, ni aucun frais d’utilisation.

• Les éditeurs, avec l’approbation du gouvernement, forment une unité de négociation collective pour négocier une compensation pour l’utilisation de leur contenu et de leur propriété intellectuelle. Ce n’est que grâce à cette approche collective que l’immense pouvoir monopolistique des géants du Web pourra être contré et que les règles du jeu en matière de numérique pourront être nivelées.

• Un code de conduite pour s’assurer que les monopoles du Web n’utilisent pas de nouveaux algorithmes et d’autres technologies propriétaires pour étendre leur domination du marché et engendrer des pratiques de concurrence déloyale.
• Une application rigoureuse. Selon le modèle australien, les géants du Web sont soumis à des amendes de plusieurs centaines de millions de dollars pour une seule infraction. Des sanctions de cette ampleur sont les seuls moyens efficaces pour freiner des entreprises de cette taille qui ont un pouvoir sans précédent.

• Un contexte comparable. Les éditeurs canadiens et australiens sont confrontés à des défis importants face aux géants du Web. Le Canada et l’Australie partagent de fortes identités régionales et des systèmes parlementaires et juridiques semblables.

Au Canada, Google et Facebook contrôlent 80 % de tous les revenus publicitaires en ligne. Ils utilisent leur contrôle monopolistique non seulement pour détourner la publicité des éditeurs de médias d’information, mais aussi pour détourner les millions de revenus publicitaires investis sur les sites de médias d’information. Même lorsque les annonceurs paient spécifiquement pour faire de la publicité sur les sites de médias d’information, Google et Facebook conservent la majeure partie de ces revenus, tout en recueillant et en utilisant à leurs propres fins les données sur les lecteurs et les annonceurs des sites de médias d’information.

« Le pouvoir et la domination incontrôlés de Google et de Facebook ont d’importantes répercussions sur les médias d’information du monde entier et le Canada est confronté au même défi, » a déclaré Jamie Irving. « Cela va au-delà des préoccupations concernant l’abus de la vie privée des citoyens et leur rôle dans la diffusion de la désinformation. Le Canada a la responsabilité de faire preuve de leadership sur ces questions importantes. »

Le gouvernement du Canada a annoncé dans son discours du Trône du 23 septembre que « le gouvernement agira pour que leurs revenus soient partagés plus équitablement avec nos créateurs et nos médias, et exigera également qu’ils contribuent à la création, à la production et à la distribution de nos histoires, à l’écran, dans les paroles, dans la musique et dans les écrits. »

Médias d’Info Canada demande au gouvernement de s’attaquer, sans plus tarder, aux géants du Web et d’adopter le modèle australien au Canada.

Les PDG des entreprises suivantes dirigent les discussions avec le gouvernement du Canada, notamment Glacier Media, Black Press, Torstar, Postmedia, Globe and Mail, La Presse, Québecor et Brunswick News.

– 30 –


Rapport : Niveler les règles du jeu en matière de numérique

Cliquer pour télécharger la version complète du rapport « Niveler les règles du jeu en matière de numérique ».


Ce que Google et Facebook ne veulent pas que vous sachiez à
propos de leur campagne contre les nouvelles locales

Cet automne, les petits et grands éditeurs de nouvelles locales du Canada se sont unis pour exhorter le
gouvernement fédéral – et les députés de tous les partis – à se joindre aux démocraties du monde entier pour
lutter contre les attaques incessantes de Google et de Facebook contre les nouvelles locales.

Les deux géants du web se servent de leur position de monopole pour priver les journaux locaux des revenus –
principalement issus de la publicité – qui permettent de financer le vrai journalisme. Dans un rapport qui porte
bien son nom, Niveler les règles du jeu en matière de numérique, nous avons défini les actions globales
nécessaires pour desserrer cette mainmise déloyale dans notre marché.

Depuis la publication de ce rapport, Google et Facebook, qui sont déjà dans l’eau chaude en raison de leurs
problèmes de diffusion de la désinformation, ont répliqué en produisant eux-mêmes des messages de
désinformation sur mesure.

Ce mois-ci, dans le cadre de sa campagne de lobbying mondiale très coûteuse visant à lutter contre toute
restriction de leur richesse et de leur pouvoir, Google a écrit à tous les députés à Ottawa.
Nous ne nous attarderons pas sur les fausses déclarations les plus flagrantes contenues dans la lettre. Par
exemple, nous n’avons jamais accusé Google de « voler » du contenu, comme ils le prétendent. Ils affirment
également que « pas tous les éditeurs sont d’accord avec Médias d’info Canada » ; dans les faits, nous
représentons les éditeurs des publications quotidiennes, régionales, communautaires et ethnoculturelles qui
représentent plus de 90 % du lectorat des médias d’information au Canada.

Nous nous concentrerons plutôt sur les propos de fond qu’avance Google. Ceux-ci sont aussi importants pour ce
qu’ils omettent, que pour ce qu’ils affirment.

Google affirme ne pas avoir provoqué « le bouleversement du modèle économique des journaux », ce qui
implique que ceux que Google qualifie avec dédain de « médias traditionnels » n’ont pas suivi l’évolution de la
technologie. En fait, les éditeurs de journaux canadiens, petits et grands, se sont adaptés au monde numérique
dès la montée d’Internet dans les années 1990.

Par exemple, La Presse a transformé son secteur de l’information en élaborant des produits numériques pour
appareils mobiles et pour ordinateurs ainsi qu’une édition gratuite pour tablette (LaPresse+) qui a remplacé à
terme tous les produits imprimés. Sur les petits marchés non urbains, des éditeurs indépendants comme
Neepawa Banner & Press (Manitoba) et Island Press Inc. (Île-du-Prince-Édouard), ont produit des
baladodiffusions et des séries de vidéos numériques pour compléter leurs éditions imprimées, en plus des
versions en pdf, des éditions électroniques sur leurs sites web et des applications mobiles.

Google affirme également ne pas « tirer de revenus significatifs des actualités ». Nous vous laissons le soin de
décider du montant des « revenus significatifs » pour une société qui a engrangé plus de 200 milliards de dollars
canadiens de revenus l’année dernière et qui bat encore des records cette année avec près de 60 milliards de
dollars canadiens de revenus pour le troisième trimestre de cette année.

Google ne reconnaît pas non plus dans sa lettre qu’elle et son homologue du monopole Internet, Facebook,
collectent à elles seules 80 % de tous les revenus publicitaires en ligne au Canada.Les omissions de faits et de contexte de Google sont délibérées – et délibérément trompeuses. Il en va de même pour des affirmations telles que « Google ne fixe pas les prix des annonces… (ils) sont déterminés par des enchères en temps réel ». Google utilise sa taille et sa richesse immenses ainsi que sa domination incontestée du marché pour accaparer la part du lion de toute publicité. Quelle que soit la méthode de calcul, cela constitue un abus de pouvoir.

Google possède un monopole sur chaque étape de l’achat et de la vente de publicité numérique. Depuis 2001,
Google a acquis de manière agressive des entreprises de technologie de publicité numérique qui représentaient
une menace quelconque. Leurs anciens concurrents ont été intégrés dans leur écosystème mondial. Google
contrôle désormais tous les aspects de la chaîne d’approvisionnement de la publicité numérique pour les
éditeurs et les annonceurs et en tire des revenus.

La technologie de Google propulse les systèmes d’annonces utilisés pour afficher des annonces sur les sites Web
des éditeurs ; elle est utilisée pour proposer ces placements au marché pour achat (enchères) ; elle est à la base
des systèmes utilisés pour faire des offres sur le placement de ces annonces ; elle est utilisée pour cibler les
consommateurs et suivre les performances de ces annonces ; et elle est utilisée pour vérifier la diffusion de ces
annonces.

Google touche à tous les aspects de la publicité numérique. Ceci, conjugué à sa domination en tant que moteur
de recherche, où les gens vont régulièrement pour trouver des nouvelles, en fait manifestement un monopole.
Google est l’enchère, le commissaire-priseur, le produit, l’acheteur et le vendeur.

La lettre que les députés ont reçue de Google fait partie d’un effort concerté de la part de Google pour lutter
contre le rejet croissant de ses abus de pouvoir dans les démocraties du monde entier. L’alarme que nous avons
sonnée dans notre rapport, Niveler les règles du jeu en matière de numérique, a ensuite été réitérée dans des
rapports encore plus récents du Sénat américain (Local Journalism: America’s Most Trusted News Sources
Threatened) et de la Chambre des Lords britannique (Breaking News? The Future of UK Journalism).
Google voudrait vous faire croire que non seulement Médias d’info Canada a tort, mais que les plus proches
alliés de notre pays – les États-Unis et le Royaume-Uni – ont également tort.

L’Australie, autre allié proche, prend des mesures décisives pour garantir un marché en ligne équitable pour les
médias dans leur pays. Compte tenu de la similitude de nos systèmes juridiques et politiques fédéraux, ainsi que
de nos cultures et économies, nous pensons que la même approche pourrait fonctionner ici au Canada. Il s’agit
là de la principale recommandation dans notre rapport. Nous pensons également que cette solution
fonctionnerait bien au Canada, car elle ne nécessite ni financement public ni nouvelle ou augmentation de taxe
ou de frais d’utilisation.

Il suffit que nos députés assument leur responsabilité de protéger les Canadiens et les entreprises canadiennes
de toutes tailles contre les pratiques prédatrices et destructrices d’un puissant monopole, et de garantir une
concurrence loyale.

Nous ne pouvons pas espérer que des intérêts aussi puissants que Google et Facebook permettent cela sans se
battre. Compte tenu de leur comportement dans d’autres juridictions, on peut s’attendre à ce que du lobbying
sauvage et des menaces pures et simples suivent. Cela a certainement été le cas en Australie et en Europe.
Nous continuerons à défendre les intérêts des organisations de nouvelles locales et des communautés que nous
desservons partout au Canada. Nous sommes d’accord avec une phrase figurant dans la lettre de Google :
« Non, le secteur de l’information n’est plus le même qu’il y a deux décennies. Les Canadiens innovants
l’améliorent ». Ce sont les femmes et les hommes qui travaillent dans les salles de rédaction à travers le Canada. De vrais journalistes, qui rapportent de vraies nouvelles et utilisent des moyens nouveaux et innovants pour
communiquer avec les Canadiens. Nous continuerons à nous battre pour eux et pour leurs communautés, même
face aux puissantes multinationales qui ne produisent pas de journalisme et cherchent à soutirer des profits du
travail des autres.

Nous espérons qu’en prenant les mesures législatives que nous exposons dans notre rapport, les députés de
tous les partis nous épauleront.

John Hinds
Président et directeur général
Médias d’info Canada

Source : Médias d’Info Canada

Médias d’Info Canada est la voix de l’industrie des médias imprimés et numériques du Canada. Médias d’Info Canada a vu le jour à la fin de 2016 lorsque ses membres ont décidé de jumeler l’Association canadienne des journaux (ACJ) et la Canadian Community Newspaper Association (CCNA) et représente des centaines de journaux de confiance dans chaque province et territoire. En tant que défenseur des politiques publiques, Médias d’Info Canada permet aux quotidiens et aux médias communautaires d’un océan à l’autre de parler d’une seule voix lorsqu’ils défendent leurs intérêts auprès des gouvernements, des organismes de réglementation et du grand public. À ce titre, Médias d’Info Canada surveille, analyse et fait pression contre les lois potentiellement nuisibles aux médias d’information et à la liberté de la presse.

Président éditeur, Fondation littéraire Fleur de Lys

Tagged with: , , , , , , , , ,
Publié dans Uncategorized

Laisser un commentaire

Entrer les renseignements ci-dessous ou cliquer sur une icône pour ouvrir une session :

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

Ce site web est sous licence Creative Commons – Attribution – Pas d’Utilisation Commerciale – Pas de Modification 2.5 Canada (CC BY-NC-ND 2.5 CA)
Article explicatif au sujet de notre maison d’édition

Entrez votre adresse de courriel pour suivre ce magazine littéraire et être notifié par courriel des nouvelles publications.

Joignez-vous à 1 267 autres abonnés

Dossier « Les 500 ans de la mort de Léonard de Vinci »
Dossier – Résultats du sondage « Les Québécois et leurs écrits »
TÉLÉCHARGEMENTS

Les documents PDF les plus populaires ci-dessous

Un petit détour – Vous êtes redirigés ici pour vous permettre de découvrir ce magazine en ligne avant de télécharger le document demandé. Tous nos documents à télécharger sont d’abord annoncés dans ce magazine. Abonnez-vous gratuitement (voir ci-dessous).

Composition technique d’un article de presse
Les styles interpersonnels selon Larry Wilson
Follow Appui-livres on WordPress.com
Magazine littéraire

Ce magazine littéraire est l’œuvre de la Fondation littéraire Fleur de Lys et s'inscrit dans une mission d'éducation populaire au sujet du monde du livre, et ce, tant auprès des auteurs que des lecteurs.

Vous pouvez nous écrire à l'adresse suivante :


contact@manuscritdepot.com

Archives
Recherche par catégorie
Se connecter
<span>%d</span> blogueueurs aiment cette page :