« Là, on tente de donner à des gens qui vont passer par l’histoire orale l’impression qu’ils sont devenus des auteurs, en leur vendant un livre relié avec leur nom sur la couverture. » Simon Harel, spécialiste des récits de soi et autobiographies à l’UQAM

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Votre éditeur prend position

Encore un universitaire hautain face à l’auteur amateur

Serge-André Guay, président éditeur
Fondation littéraire Fleur de Lys

Dans le cadre d’une série d’articles au sujet de l’écriture de soi (autobiographie) publiée par quotidien LE DEVOIR, la journaliste Catherine Lalonde interroge Simon Harel, spécialiste des récits de soi et autobiographies à l’UQAM . Il déclare :

« Là, on tente de donner à des gens qui vont passer par l’histoire orale l’impression qu’ils sont devenus des auteurs, en leur vendant un livre relié avec leur nom sur la couverture. On donne une forme de statut sorti de l’édition papier traditionnelle, symbole d’honorabilité du domaine des lettres, à des gens qui n’en font pas partie. Pour moi, c’est à peu près du même ordre que de vendre des pierres tombales », tranche M. Harel. « Tant qu’à faire, ils devraient s’associer à des pompes funèbres, comme service complémentaire aux arrangements préfunéraires. Ils pourraient faire un package, dans une telle logique du posthume. »

Source : LALONDE, Catherine, Autobiographie, se raconter pour revivre, LE DEVOIR, 4 janvier 2021.

Monsieur Simon Harel parle alors des services de rédaction et de publication d’autobiographie offerts à la population. La journaliste Catherine Lalonde a déjà noté dans son article, à la lumière des spécialistes qu’elle a consultés, que « Les réserves naissent du jeu sur l’apparence de livre professionnel, sur l’apparence — fausse — d’autobiographie, sur la rapidité du processus. »

Et Alors ? Qu’est-ce que ça peut bien faire que le résultat offre l’apparence de livre professionnel ?

Qu’est-ce que ça peut bien faire si les gens ont l’impression qu’ils sont devenus des auteurs ?

Les seules personnes que ça peut déranger sont nos universitaires et autres agents de l’Institution de la littérature qui, de toute façon, méprisent régulièrement le peuple qui s’adonne à l’écriture à loisir.

Vous pensez réellement que les auteurs amateurs sont dupes. Nous connaissons notre place et notre statut. Ce n’est pas parce que avons en main un exemplaire du livre aux apparences professionnelles de notre autobiographie avec notre nom dessus que nous nous prenons pour un auteur. C’est parce que nous avons consacré des heures et des heures, des jours et jours, des semaines et des mois à l’écriture que nous nous reconnaissons comme un auteur, un auteur amateur, sans prétention, même si la joie de tenir entre ses mains un tel exemplaire nous trahie. Nous éprouvons un sentiment du devoir accompli comme toutes personnes qui s’adonnent à des pratiques culturelles en amateurs à la vue de leurs œuvres qu’ils ont eu le courage de compléter. Et peu nous importe qui des universitaires traitent nos œuvres de « littérature sauvage ». Nous sommes des amateurs et nous en sommes fiers. Nous méritons le respect ne serait-ce que pour nos efforts.

Nous sommes des amateurs et nous en sommes fiers.

Nous méritons les respect ne serait-ce que pour nos efforts.

Nous ne nous promenons en criant « Je suis un auteur, je suis un auteur… » mais plutôt « J’ai écrit… ». C’est pour vous dire que nous ne nous bombons même pas le torse sur notre statut d’auteur amateur.

Quant à nos autobiographies, vous, chers universitaires, vous en apprendrez davantage sur la vie ici bas que dans les autobiographies professionnelles mises de l’avant par l’Institution de la littérature. Il en va de même des photographies personnelles que nous y ajoutons. Elles en disent plus que les photographies professionnelles des époques que nous avons traversées.

Non seulement Monsieur Simon Harel, spécialiste des récits de soi et autobiographies à l’UQAM, nous méprise mais il tente de nous ridiculiser en soutenant que nous devrions nous associer à des pompes funèbres, comme service complémentaires aux arrangements préfunéraires pour un package dans une logique du posthume. C’est déjà le cas, du moins pour la Fondation littéraire Fleur de Lys avec ses services d’édition posthume offert depuis 2018.


N’emmenez pas vos secrets dans votre tombe

Service d’édition posthume de la Fondation littéraire Fleur de Lys


Mon jardin secret

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La Fondation littéraire Fleur de Lys vous offre de publier vos secrets après votre décès. Vous me racontez votre histoire secrète, je l’écris et je l’édite sous le sceau de la confidentialité. Le livre est soumis à votre approbation. C’est votre nom (autobiographie) ou le mien (biographie) qui apparaît à titre d’auteur, selon vos préférences. Ce n’est qu’à la suite de votre décès que nous rendons public votre livre.


Un livre en héritage

Service d’édition posthume de la

Fondation littéraire Fleur de Lys

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Un livre en héritage – Service d’édition posthume de la Fondation littéraire Fleur de Lys – Il n’est pas besoin d’avoir des secrets à révéler pour laisser un livre en héritage. Une telle œuvre fera office de bienveillance de votre part et aidera vos proches à faire leur deuil. Que ce soit l’histoire de votre vie, un recueil de poésie, un recueil de pensées ou une œuvre de fiction, votre livre en héritage s’inscrira parmi les meilleurs souvenirs de vos proches.


Voilà qui est dit.

Réponse de la journaliste Catherine Lalonde, Le Devoir

Monsieur,

Vous détournez les propos de M. Harel.

Le contexte pourtant est clair dans l’article (c’est moi qui souligne):

«Aujourd’hui, des entreprises privées, comme Mémorial éditions ou Mabiographie.ca, offrent désormais un service sur mesure d’écriture et d’édition de biographies, imprimées en toute petite quantité, qui prend les apparences des autobiographies professionnelles. Des initiatives qui laissent les spécialistes consultés perplexes. Comme archives familiales, pourquoi pas ? disent certains. « Je crois aussi à la littérature comme art et métier », indique Nicolas Lévesque. « Un artiste qui fait un portrait de nous, avec les codes, la technique, ça peut être plus fort. Quelqu’un parfois peut parler à notre place, mieux que nous. »

Les réserves naissent du jeu sur l’apparence de livre professionnel, sur l’apparence — fausse — d’autobiographie, sur la rapidité du processus.»

On ne parle donc pas, et M. Harel non plus, d’auteurs amateurs, mais bien de gens qui n’ont pas écrit une seule ligne; qui ont raconté leur vie à un rédacteur qui l’a écrite à leur place, sans aucune reconnaissance finale pour ce rédacteur-là.

C’est ce service-là que commente M. Simon Harel.

Bonne fin de journée, merci de lire Le Devoir,

Catherine Lalonde

Reporter


Réponse de Simon Harel

Monsieur,

Je n’ai pas répondu à vos courriels.

Je ne m’engagerai pas dans un débat au sujet de vos affirmations quant à ce que le journaliste du Devoir a rapporté de mes propos.

Je vous ai bloqué sur mon compte Gmail.

Vous intervenez dans le cercle de ma profession.

Vous troublez ma quiétude et mon droit à une vie privée exempte d’interpellations répétées.

J’ai été interrogé par le Devoir à titre d’expert et de professeur titulaire spécialiste du domaine autobiographique.

Mon intervention était de nature professionnelle et se trouve protégée par la liberté académique qui est affirmée par la Charte de mon université et défendue par mon syndicat.

J’ai les éléments en main qui m’autorisent à vous poursuivre pour harcèlement moral et diffamation.

Ceci est le premier et dernier avis que vous recevrez.

Bien à vous,

Simon Harel


Réponse de Alexis Lussier, Directeur du département d’études littéraires, Université du Québec à Montréal

Cher monsieur, bonjour,

Je vous confirme que j’ai bien reçu votre courriel, en précisant, cependant, que M. Simon Harel n’est pas à l’emploi de l’UQAM depuis plusieurs années.

En vous adressant mes plus respectueuses salutations,
Alexis Lussier
Directeur du département d’études littéraires
Université du Québec à Montréal
​C.P. 8888, succ. Centre-ville
Montréal, Québec
H3C 3P8, Canada


Ma conclusion

Je me suis trompé (une fois encore) dans mon interprétation de l’article de Catherine Lalonde (Le Devoir). Il m’apparaît que je n’ai pas associé le propos du professeur Harel au bon sujet :

On ne parle donc pas, et M. Harel non plus, d’auteurs amateurs, mais bien de gens qui n’ont pas écrit une seule ligne; qui ont raconté leur vie à un rédacteur qui l’a écrite à leur place, sans aucune reconnaissance finale pour ce rédacteur-là.

Catherine Lalonde, Le Devoir.

Il n’y a donc pas de discrimination envers les auteurs amateurs dans les propos de M. Harel et l’article de Mme Lalonde.

Je dois reconnaître que je n’ai pas bien compris cette phrase de M. Harel rapportée dans l’article de Mme Lalonde : « Là, on tente de donner à des gens qui vont passer par l’histoire orale l’impression qu’ils sont devenus des auteurs, en leur vendant un livre relié avec leur nom sur la couverture. »

Serge-André Guay, président éditeur
Fondation littéraire Fleur de Lys

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