Une danse dangereuse avec le philothérapeute Patrick Sorrel

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Philothérapie

Une danse dangereuse avec Patrick Sorrel, philothérapeute

Par Serge-André Guay, président éditeur et auteur,
Fondation littéraire Fleur de Lys

Qui est Patrick Sorrel ? Voici ce que j’ai trouvé sur l’une des pages de l’annonce de l’un de ses livres sur le site d’autoédition lulu.com et sur son site web.


Patrick Sorrel est professeur agrégé de philosophie depuis 2005. Il poursuit en parallèle ses recherches et sa pratique sur les techniques psychocorporelles de libération des blocages inconscients : hypnose humaniste, respiration holotropique, danse biodynamique, etc. Il fait aussi partie du comité scientifique de l’IANDS-France, qui étudie les expériences de mort imminente. Actuellement, il participe, avec l’association « L’atelier des Possibles », à la création d’une école démocratique en Isère. Ces livres sont le fruit d’une auto-publication, le but étant de s’affranchir le plus possible des réseaux traditionnels d’édition et d’impression. Si vous voulez participer à leur évolution, n’hésitez pas à vous rendre sur la page Facebook : « L’expérience de la liberté intérieure ». Source : lulu.com.


QUI SUIS-JE ?

De l’enseignement à l’accompagnement…

En premier lieu, je suis enseignant, agrégé de philosophie, depuis 2005. Après 8 ans de sédantarisation dans des lycées de la région dauphinoise, je ne tiens plus en place et décide de devenir remplaçant pour parcourir les nombreux lycées grenoblois. Chaque lycée est un nouvel univers à découvrir ! Avec ses propres règles, plus ou moins légitimes, mais jamais co-construites avec les enfants qui en sont les sujets.

En second lieu, je suis à la recherche d’une autre pédagogie, d’une autre relation à l’apprenti sage. Je décide de rejoindre en 2016 l’Atelier des Possibles et de co-constuire avec cette joyeuse bande un école démocratique, où chacun est libre d’apprendre selon son rythme et ses aspirations, et de participer à l’élaboration des règles communes.. C’est là que je découvre l’influence des parents et des adultes dans les blessures que portent nos jeunes élèves.

En troisième lieu, je suis passionné par les nombreuses méandres de notre conscience, ses différents états, son élasticité, ses possibilités, ses blessures. Je rejoins en 2013 l’IANDS-France qui étudie scientifiquement les expériences de mort imminente et accompagne les expérienceurs dans les aléas du quotidien. Mon rôle est d’analyser les conséquences pragmatiques de ce bouleversement existentiel. Sur les croyances, sur la philosophie, sur la vie… J’essaie de créer des ponts avec la recherche sur les états modifiés de conscience et notamment les états de transe provoquées par la danse, le chant, certaines substances psychoactives, ou spontanément.

En quatrième lieu, je suis l’auteur de cinq ouvrages sur « L’expérience de la liberté intérieure ». Cela a été ma manière d’accoucher, entre 2015 et 2018, de ce que j’ai accumulé d’expériences et d’apprentissages durant ces années de recherches. Et c’est aussi, aujourd’hui encore, un plaisir immense de me laisser guider dans l’écriture par ce qui me dépasse bien souvent.

Enfin, je suis un corps.

Un corps-image, obsédé par le tour de son ventre, et (inconsciemment ?) persuadé que des épaules carrées lui permettront de rester maître de lui en toute circonstance.

Un corps-outil aussi, obsédé par la performance, disciple fidèle d’une volonté intransigeante. Passionné de construction (maçonnerie, charpenterie,…) puis de sport aquatique (après la natation, la compétition en hockey subaquatique me permettra de défouler une énergie débordante des années durant), je vais souvent jusqu’à l’épuisement, avant-même de m’en rendre compte.

Un corps-propre enfin, qui se découvre sur le tard, cherche à s’apprivoiser dans la danse biodynamique, dans la respiration holotropique, dans les expériences de jeûne, de cécité, de tantra, ou dans le chant thérapeutique. Timide mais si délicieux qu’il devient urgent de transmettre et de partager !

Source : …philothérapie… (site de web de Patrick Sorrel).

Articles signés par Patrick Sorrel à titre de philothérapeute

Philothérapie : Redonner à la philosophie sa vocation thérapeutique. Les Philosophes.fr

Philothérapie : la philosophie au service du soin à la personne. Energie-Santé, 25 Janvier 2020


Le livre De la fuite à la danse de Patrick Sorrel

Présentation par l’auteur

Dans ce premier tome, il convient d’opérer un « petit débroussaillage philosophique », salutaire pour restaurer un espace de choix authentique, à l’intérieur du temple de notre propre conscience. En effet, nous prenons trop souvent, trop systématiquement la Fuite. Dans la revendication d’une liberté conçue comme absence de contraintes, en premier lieu. Dans la tentation de contrôle et de maîtrise de sa propre vie, et par extension de la Vie, en second lieu. Et tout cela pour quoi, au final ? N’est-ce pas pour éviter de s’incarner pleinement dans son corps, d’accueillir et de VIVRE, entièrement, les douleurs comme les joies qui nous assaillent ? Car c’est de cela seul qu’il s’agit, au final, quand on parle de liberté : il s’agit de reprendre sur nous la totale responsabilité de notre existence, et de se porter joyeusement au devant de ce qui vient. C’est précisément cela que j’appelle : Danser la Vie.

Source : lulu.com.


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Mon commentaire

Par Serge-André Guay, président éditeur et auteur,
Fondation littéraire Fleur de Lys

Cette invitation à danser la vie lancée par le philothérapeute Patrick Sorrel m’étourdit lorsque je la met en perspective de certaines de ses affirmations relevées sur son site web, dans ses articles et la présentation de ses livres.

Commençons par celle citée ci-dessus :

Dans ce premier tome, il convient d’opérer un « petit débroussaillage philosophique », salutaire pour restaurer un espace de choix authentique, à l’intérieur du temple de notre propre conscience. En effet, nous prenons trop souvent, trop systématiquement la Fuite.

À la suite de ma lecture du livre ÉLOGE DE LA FUITE de Henri Laborit il y a plusieurs années, je comprends la fuite, non pas comme une tare, un comportement mental à corriger, mais comme une source d’avancement.

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« Éloge de la fuite est un essai de Henri Laborit publié en 1976. Il analyse plusieurs aspects fondamentaux de la vie en société (l’amour, la mort, le travail, etc.)1. Il insiste sur le besoin quasi permanent de l’être humain à vouloir fuir la situation dans laquelle il se trouve, à la recherche d’un nouvel état de plaisir2 et sur la difficulté pour lui de s’écarter des rapports de force et de pouvoir. L’auteur s’appuie sur ses connaissances en neurobiologie. » Source : Wikipédia

“Pour échapper à ces structures suffocantes tissées par notre éducation et à la sclérose des ordres établis, il nous faut d’abord apprendre à connaître les mécanismes qui engendrent ces structures, à décrypter les pulsions inconscientes qui nous poussent dans la course à la domination, à mettre au clair les discours par lesquels nous tentons de maquiller et de légitimer tous ces processus inconscients enclenchés par notre système nerveux. […] Source : Éloge de la fuite. Henri Laborit.

La fuite dont parle Laborit ne relève pas du sauve-qui-peut impuissant. Elle n’est pas un retour en arrière, mais une marche continuelle vers l’avant, une remise en cause permanente des situations établies, une fuite loin des pouvoirs en place, y compris et surtout ceux que nous avons nous-mêmes contribué à installer. Car sitôt installé, un pouvoir se corrompt immanquablement. Fuir, c’est « choisir un but et corriger la trajectoire de l’action à chaque seconde ». Le but à atteindre est évolutif dans le temps et dans l’espace, jamais figé dans des certitudes idéologiques sectaires et rigides. Source : Éloge de la suite autour de Henri Laborit.

Pour moi, la fuite est source de salut face au mammouth qui me fonce dessus. Ce n’est qu’après mettre mis en sécurité que je pourrai réfléchir.

Dans son article « Philothérapie : la philosophie au service du soin à la personne », Patrick Sorrel écrit au sous-titre « Analyser notre système de croyances » :

J’aime me représenter l’être humain, du point de vue de son énergie mentale, comme un Univers (uni-vers) : c’est-à-dire une constellation plurielle et complexe (de planètes, de satellites, de météorites parfois), ayant un but et une direction communs. On pourrait aussi se représenter cette image de la pluralité au service d’un but commun comme un tissu, un réseau, une toile, un patchwork, qui possède une fonction globale (revêtir une personne par exemple ?) mais des parties très différentes les unes des autres.

Et ce qui constitue cette constellation ou ce tissu mental, ce sont nos croyances. Je n’aime pas faire cette distinction (pourtant traditionnelle en philosophie) entre croyance et connaissance : car cette distinction est elle-même appuyée sur une croyance indémontrable : à savoir qu’il puisse exister une manière de prouver de manière indubitable quelque chose, et que cette preuve résiste absolument au doute, à l’évolution de nos conceptions, à l’épreuve du temps. Ceci est d’un dogmatisme fou, et dangereux de surcroît. Car nos connaissances évoluent perpétuellement, et sont donc elles-mêmes des croyances, empruntées pour un temps, mais préférant cacher leur aspect provisoire derrière un rideau de fumée rationnelle.

Je ne suis pas d’accord. Il n’y a aucune connaissance digne de ce nom qui résiste au doute. C’est le principe même de la pensée scientifique de Gaston Bachelard, philosophe des sciences, qui introduit le « doute systématique » dans son  livre La Formation de l’esprit scientifique. Contribution à une psychanalyse de la connaissance objective, Paris, Vrin, 1938.

Selon le professeur et sociologue des sciences Olivier Clain, non seulement le premier geste de la démarche critique est une mise en doute des connaissances acquises, mais la connaissance elle-même apparaît dès lors comme une réflexion critique, c’est-à-dire, comme « une démarche qui rend possible une avancée continuelle du savoir par destruction du déjà su, des évidences déjà accumulées ». Source : Clain, Olivier, cours Science, Éthique et Société, programme de formation Télé-Universitaire du département de sociologie de l’Université Laval.

Le professeur Nicolle formule en ces mots la démarche : « La connaissance est une lutte à la fois contre la nature et contre soi-même. On connaît contre une connaissance antérieure. La connaissance n’est pas une simple acquisition; elle est une remise en question de ce que l’on croyait savoir et qu’on savait mal ».Source : Nicolle, Jean-Marie, Histoire des méthodes scientifiques – Du théorème de Thalès à la fécondation in vitro, Bréal, 1994, p.107. Les caractères ont été mis en italique par l’auteur. Le professeur Nicole traite ici de l’enseignement de Gaston Bachelard.

N’y a-t-il pas là un nouvel élément ? Qu’est-ce que vous inspire : « par destruction du déjà su » et « contre une connaissance antérieure » ? La réponse doit préciser qu’est-ce qui peut détruire le déjà su. Seul un doute au sujet d’une connaissance déjà établie (pour vrai) peut détrôner cette dernière. Si je ne doute pas de la connaissance établie, il n’est aucune raison de croire que je sais mal. Si je doute d’une connaissance établie, mon doute détruit cette connaissance et c’est sur ces ruines que s’installera une nouvelle connaissance, plus certaine, jusqu’à ce qu’un doute vienne la détruire à son tour, pour une connaissance encore plus certaine. Lorsque je crois en une connaissance, j’accepte l’éventualité de devoir l’abandonner si un doute survient. Le bénéfice du doute, c’est la certitude… jusqu’au prochain doute !

Patrick Sorrel soutient qu’il n’aime pas la différence entre la « connaissance » et la « croyance ». À l’évidence, il confond l’une et l’autre, ce qui est impardonnable à mes yeux pour un philothérapeute.

Il faut de soutenir : « Car nos connaissances évoluent perpétuellement, et sont donc elles-mêmes des croyances, empruntées pour un temps, mais préférant cacher leur aspect provisoire derrière un rideau de fumée rationnelle. » Selon Patrick Sorrel, seules les croyances ont le pouvoir d’évoluer et, si la connaissance évolue, c’est qu’elle est devenue ainsi une croyance. Ça ne tient pas la route de la logique si nécessaire en philothérapie. Ce n’est pas parce qu’un connaissance évolue qu’elle devient une croyance.

Patrick Sorrel écrit : « Mon système de croyances est donc toujours un choix, une manière d’entrer en contact avec la Réalité, un système me permettant d’agir sur la Réalité. » J’ai déjà longuement insister sur le FAIT que nous ne pouvons pas considérer pour vraie une chose uniquement parce que nous la pensons. Voir mon livre (numérique gratuit) J’AIME PENSER ou Comment prendre plaisir à penser dans un monde où tout un chacun se donne raison.

J’ai la nette impression que Patrick Sorrel confond également « croyance » et « opinion », une opinion prise, non pas pour ce qu’elle est, mais considérée comme la/sa vérité par celui ou celle qui l’exprime. «À chacun son opinion » pour fuir un débat un peu trop ardu.

« Nous aimons croire que nous sommes objectifs, que nous sommes intéressés par l’information objective. En fait, à moins qu’une personne devienne subjective au sujet d’une information objective, elle ne s’y intéressera pas et elle ne sera pas motivée par cette information. Nous disons juger objectivement, mais en réalité nous réagissons subjectivement.

Nous faisons continuellement des choix dans notre vie quotidienne. Nous choisissons des « choses » qui nous appa¬raissent subjectivement, mais nous considérons nos choix comme étant objectifs. »

« We like to believe that we are objective, that we are interested in objective information. Actually, unless one becomes subjective about a new objective information, he is not interested in it and is not motivated by it. We say we judge objectively, but actually we react subjectively.

We continually make choices in daily life. We choose the « things » which appeal to us subjectively, but we consider the choices objective. »

Source : Cheskin, Louis, Basis For marketing Decision, Liveright, New York, 1961, p. 82.

Lorsque Patrick Sorrel affirme que toute croyance est intéressée par opposition à désintéresser (« N’allons tout de même pas croire que l’on puisse si facilement changer de croyance, comme on change d’habit. Ce serait le cas si nos croyances étaient désintéressées, c’est-à-dire si elles ne servaient à rien, au final, dans la relation que nous entretenons avec notre environnement. »), il a raison. Mais parle-t-il vraiment des croyances ou des opinions ? Ou croit-il que toute opinion est l’expression d’une croyance ?

Les enjeux de la philothérapie selon Patrick Sorrel

1

Partons d’un postulat, certes difficile à démontrer ici, mais évident pour moi : la perte de sens (au sens de signification, de raison d’être) ne provient que trop souvent d’une perte de contact avec nos propres sensations, par conséquent avec notre corps-propre. Retrouver le plaisir de la sensation, de l’émotion, et enfin du sentiment : telle est pour moi l’enjeu premier de la philothérapie. Source : SORREL, Patrick Philothérapie : Redonner à la philosophie sa vocation thérapeutique, Les Philosophes.fr.

Je ne crois pas que l’on puisse fonder une philothérapie sur le plaisir retrouvé des sensations, des émotions et des sentiments puisque ces derniers faussent la catharsis intellectuelle et même émotionnelle nécessaire pour prendre du recul face à soi-même et ses pensées. Le bien vivre avec ses émotions relève davantage de la psychologie et, plus spécifiquement, de l’intelligence émotionnelle.

Gaston Bachelard nous propose ces quatre exercices disciplinaires pour conduire notre intelligence avec rigueur13 :

1. La catharsis intellectuelle : toute culture scientifique doit commencer (…) par une catharsis intellectuelle et affective, c’est-à-dire par une véritable purification des préjugés, des idées toutes faites, des opinions admises. C’est une condition préalable pour qui veut vraiment entreprendre une recherche intellectuelle. Bachelard reprend ici la tradition philosophique, qui, depuis Socrate en passant par Descartes, exige la rupture avec la doxa (l’opinion) pour penser librement par soi-même.

Tel que rapporté par : Nicolle, Jean-Marie, Histoire des méthodes scientifiques – Du théorème de Thalès à la fécondation in vitro, Bréal, 1994, pp. 115-116.

2

Chercher le sens de cette distance prise avec la sensation : tel est pour moi l’enjeu second de la philothérapie : et il s’agira de construire à deux une sorte de généalogie du sens, dans ses deux sens : significations et sensations. Comment avons-nous construit les croyances qui nous habitent aujourd’hui ? Comment avons-nous vécu tel ou tel événement, quelle perception en avons-nous eu, quel sens lui avons-nous donné, et quel impact sur notre sensibilité présente, sur notre perception du monde et de notre propre personne ? Source : SORREL, Patrick, Philothérapie : Redonner à la philosophie sa vocation thérapeutique, Les Philosophes.fr.

Nous sommes toujours dans le cadre d’une psychothérapie plutôt que d’une philothérapie. la question « Comment avons-nous construit les croyances qui nous habitent aujourd’hui ? » s’attarde à nous replonger dans le passé, comme la psychologie a pris l’habitude dans sa pratique.

3

Enfin, il y a fort à parier que la perte de sens occasionne des difficultés à avancer sereinement et résolument dans la vie, à créer, à prendre des risques, à jouer. Difficulté à prendre une direction. Hésitation, indécision, paralysie du choix, sentiment de perte de liberté. Ou au contraire dépendance, crédulité, abandon à une direction toute faite, déjà déterminée : perte d’autonomie. Construire ses propres solutions, petit pas par petit pas ; et retrouver l’élan et le désir d’avancer, qui sont toujours présents dans le corps vivant : tel est l’enjeu tertiaire de la philothérapie, telle que je la conçois. Source : SORREL, Patrick, Philothérapie : Redonner à la philosophie sa vocation thérapeutique, Les Philosophes.fr.

En philosophie, on ne parle du sens que dans le « sens de la vie ». Si la « perte du sens » paraît d’actualité, il vaut mieux parler de la « perte de repères » ou de la « perte de valeurs ».

Et parlant du « corps vivant », Patrick Sorrel Écrit :

Ma croyance personnelle est que rien n’est vain ni inutile dans cette vie : nous ne nous sommes pas incarnés pour devoir ensuite espérer quitter au plus vite ce corps. La philothérapie, telle que je la conçois, interrogera aussi la croyance immatérialiste chère à Socrate : elle questionnera ses origines, son intention, enfin le besoin qu’elle cherche (peut-être maladroitement) à servir. En attendant, une thérapie ne peut pas être complète si elle délaisse le corps, si elle est trop intellectuelle. Car si changer sa croyance a un impact non négligeable sur la vie « réelle », dans le concret de la matière et des corps, la contrepartie est vraie : c’est par le travail sur son propre corps que les évolutions psychologiques et spirituelles les plus efficaces auront lieu. Source : SORREL, Patrick, Philothérapie : Redonner à la philosophie sa vocation thérapeutique, Les Philosophes.fr.

Là, je décroche. : « (…) une thérapie ne peut pas être complète si elle délaisse le corps, si elle est trop intellectuelle ». Et je décroche une fois pour toute : « Je suis pragmatique : je veux pouvoir incarner dans mon corps tout ce que j’apprends et découvre spirituellement.» (Source) Nous sommes ici dans l’art thérapie qui relève de la psychologie avec ses séances de danse, de méditation, de respiration… On ne peut se soustraire à ma critique en se référant à une « Approche philo-corporelle ». Je reconnais le corps comme un objet philosophique et, par conséquent, la « philosophie du corps ».

La philosophie du corps, depuis Merleau Ponty, décrit dans l’expérience vécue les relations écologiques du soi avec les autres, par l’étude des interactions entre le corps, le cerveau-esprit, les cultures et le monde. Le renouvellement des travaux de la phénoménologie du corps par les neurosciences permet de fonder une nouvelle ontologie humanisant le corps dès sa constitution.

Les textes du présent recueil abordent l’expérience corporelle sous les thèmes liés de l’identité corporelle, de l’image du corps et du schéma corporel. La philosophie du corps ainsi conçue fournit une méthodologie interdisciplinaire et une ontologie de l’immersion aux débats contemporains sur la bioéthique, le care et le genre.

Source : Présentation du livre « Textes clés de philosophie du corps – Expérience, interactions et écologie corporelle » sous la direction de Bernard Andrieu chez Vrin éditeur.

Au sujet de Bernard Andrieu

Philosophe du corps, il publie des travaux d’histoire des pratiques corporelles (comme le bronzage, le toucher, le vivant, les prématurés, le plein air, l’immersion, le vertige circassien, l’hybridation ou les cultes du corps) et établit une écologie corporelle. Il développe une émersiologie (1) du corps vivant dans la conscience du corps vécu.

(…)

Bernard Andrieu a fait, à plusieurs reprises, l’objet d’accusations de plagiat, que ce soit pour son livre Toucher (11). Se soigner par le corps11 ou pour un article sur la thérapie corporelle en eau froide paru en 2008 (12).

Source : Bernard Andrieu, Wikipédia.

À lire : La communication directe du corps vivant. Une émersiologie en première personne, Bernard Andrieu, Nicolas Burel
Dans Hermès, La Revue 2014/1 (n° 68), pages 46 à 52. Résumé : « L’émersiologie est une science réflexive née de l’émersion des sensibles vivants dans la conscience du corps vécu. L’émersion est le mouvement involontaire dans notre corps des réseaux, humeurs et images dont notre conscience ne connaît que la partie émergée. Le pas supplémentaire du vivant en première personne – qui est en train de s’accomplir avec les neurosciences in vivo – est l’immersion dans le corps vivant pour démontrer les conditions de son émersion, c’est-à-dire son émergence depuis son immersion cognitive dans la conscience du corps vécu. » Source et lecture de l’article : Mis en ligne sur Cairn.info le 24/04/2014.

À lire aussi : L’émersiologie, une philosophie du corps, ICiMa – Chaire d’Innovation Cirque et Marionnette.

Je me dois de reconnaître la « philosophie du corps » en raison de mon adhésion au proverbe latin : « Un esprit sain dans un corps sain » (mens sana in corpore sano).

« mens sana in corpore sano »

Que l’on traduit généralement par « un esprit sain dans un corps sain ». Cette citation est extraite de la Dixième des seize Satires de Juvénal (90 – 127) et prend place dans un ensemble plus large qui permet d’en fixer le sens plus précisément : « Alors faut-il que les hommes ne fassent jamais de voeux ? … Ce qu’il faut alors implorer, c’est un esprit sain dans un corps sain. » (Juvénal, Satires, 10, 346-366, trad. Henri Clouard). Ce que voulait dire Juvénal, c’est qu’il faut cesser d’implorer vainement les Dieux, qui n’écoutent pas les hommes. La seule chose à leur demander, c’est la santé physique et mentale. On voit ainsi quel fut le déplacement du sens antique au sens contemporain. Désormais, ce n’est plus un voeux que l’on demande aux Dieux de bien vouloir réaliser, mais au contraire une maxime que nous, hommes, devons appliquer. La santé était jadis pendue au fil d’une puissance transcendante – d’où son lien avec la « sainteté » ; les hommes en sont maintenant pleinement responsables. Nous sommes désormais maîtres du destin de notre santé, d’où maintenant le fait que cette maxime ne soit maintenant plus qu’une injonction à entretenir notre corps tout autant que notre esprit. La marque d’équipements sportifs Asics s’est ainsi baptisée du sceau de cette référence antique à l’aide de l’acronyme correspondant : Anima Sana In Corpore Sano – anima (âme) prenant place de mens (esprit) pour rendre le nom davantage prononçable.

Source : Morbleu.

J’admets donc l’utilité de la « philosophie du corps » mais je maintiens qu’elle demeure accessible que par une philosophie de l’esprit.

Enfin, je reconnais au philothérapeute Patrick Sorrel la liberté de construire sa propre doctrine philosophique mais la danse à laquelle il me convie m’apparaît dangereuse en raison de son approche centrée sur les croyances, parce qu’il n’aime pas faire la différence entre la « connaissance » et la « croyance », une différence essentielle en philosophie à mon humble avis. Il m’apparaît très risqué de fonder une philosophie sur des croyances.


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Voir aussi notre Dossier Philothérapie – Quand la philosophie nous aide


Président éditeur, Fondation littéraire Fleur de Lys

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3 comments on “Une danse dangereuse avec le philothérapeute Patrick Sorrel
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