Votre éditeur prend position ! Autoédition ou autopublication ?

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ÉDITORIAL

Votre éditeur prend position !

Autoédition ou autopublication ?

Serge-André Guay, président éditeur
Fondation littéraire Fleur de Lys

Depuis quelques années et dans la foulée de la montée en puissance de l’autoédition,  certains intervenants critiques de ce mode d’édition l’opposent à l’autopublication.

Dans son Mémoire de M2 Édition imprimée et numérique (Université Fédérale Toulouse Midi-Pyrénées, France) intitulé « Les relations entre autoédition et chaîne du livre traditionnelle : entre tensions et complémentarités » et daté de l’année universitaire 2019-20202, l’étudiante Clémence Rainteau écrit :

Pour mieux délimiter les limites de l’autoédition, nous pouvons faire une première distinction entre autoédition et autopublication. L’autopublication signifie le processus par lequel l’auteur met en forme son texte et le rend public, sans pour autant avoir la volonté d’en tirer des bénéfices financiers. L’arrivée du numérique, des blogs, des forums et plus récemment des plateformes d’écriture collaborative (comme Wattpad, Fyctia, Scribay etc.) participent à l’engouement pour le partage d’histoires et ainsi pour l’autopublication. A contrario, l’autoédition définit, quant à elle, une forme d’édition dans laquelle l’auteur entend endosser le rôle de l’éditeur. Il prend donc en charge les différentes missions normalement dévolues à l’éditeur. Marie-Laure Cahier et Elizabeth Sutton, dans leur ouvrage Publier son livre à l’ère numérique, mettent d’ailleurs en exergue cette différence entre autopublication et autoédition :

« L’autopublication consiste simplement à rendre public un texte, sans souci de qualité particulier. […] L’autoédition consiste à dépasser le seul objectif d’ouvrir la porte de son intimité, prend en considération l’existence et les attentes d’un lectorat, et vous conduit à agir en éditeur de votre propre oeuvre. »

Marie-Laure Cahier et Élizabeth Sutton, Publier son livre à l’ère numérique : Autoédition, maisons d’édition, solutions hybrides, Paris, Éditions Eyrolles, 2016, p. 100.

La différence entre autoédition et autopublication réside donc en la capacité de l’auteur autoédité à agir et penser comme un éditeur, pour intégrer son livre dans un marché et lui donner vie.

J’ai noté l’apparition du dénominatif « autopublication » dans le magazine web français ActuaLitté – les univers du livre avec une certaine appréhension. J’ai perçu dans l’introduction du mot « autopublication» une autre dévalorisation de l’autoédition. En effet, souffrant déjà une mauvaise presse, désormais l’autoédition se voyait accompagnée d’une sous-catégorie de moindre qualité.

Aujourd’hui, on pourrait conclure que la mise en place de cette sous-catégorie avait pour but de purger l’autoédition de ses  auteurs et de leurs œuvres dits de piètre qualité. Une critique négative trop large de l’autoédition ne servait plus ses détracteurs, surtout lorsque des auteurs, que dis-je des écrivains, de renom s’autoéditent.

Le magazine web français ActuaLitté souligne dans son article « L’auteur sans éditeur, en toute transparence » : « (…) l’autopublication, encore trop souvent appelée autoédition (…) ». Dans son article « Autoédition : une solution pour plus de diversité dans les livres ? », ActuaLitté écrit : « Le nouveau numéro de la revue Bibliodiversity se consacre à l’autopublication – notion floue souvent nommée autoédition.

La confusion n’est pas le propre du magazine ActuaLitté. Elle demeure entière partout sur le web.

Dans l’encyclopédie en ligne Wikipédia, on trouve un article titré «Autoédition» dont le premier sous-titre est « Autopublication ». On trouve aussi un article intitulé « Autopublication » dont voici le premier paragraphe :

L’autopublication est le « processus de mise en forme d’un contenu sélectionné, collecté, agrégé, synthétisé, en vue de sa diffusion sans intermédiaire ». Ce terme s’applique surtout au domaine de l’Internet : on s’autopublie sur un blog, sur un site de partage de documents, etc.(1) C’est un terme à mettre en parallèle avec l’auto-édition même si ces deux termes sont proches. Ce qu’il faut comprendre à travers le terme d’autopublication c’est la gratuité de l’opération. C’est-à-dire que la personne qui s’autopublie évite les frais d’envoi du manuscrit à une maison d’édition en choisissant de se publier sur une plateforme en ligne gratuitement.

  1. D’après Gabriel Gallezot, maître de conférence en sciences de l’information et de la communication à Nice.

Dans son livre « Autoédition, autopublication : Le guide complet » l’auteur Jérôme Verne présente son ouvrage :

Vous vous interrogez sur l’autoédition ? Vous souhaitez devenir auteur indépendant mais craignez de mal vous y prendre ? Vous êtes déjà auteur autoédité, mais vous n’êtes pas entièrement satisfaits du rendu de vos livres numériques et papier ? Ce livre a pour but de répondre à vos questions et de vous guider pas à pas dans cette aventure palpitante qu’est l’autopublication.

L’auteur demande au lecteur s’il s’interroge sur l’autoédition et lui précise : « Ce livre a pour but de répondre à vos questions et de vous guider pas à pas dans cette aventure palpitante qu’est l’autopublication. » L’autoédition et l’autopublication sont ici sur le même ou une variante de vocabulaire pour ne pas se répéter.

Même confusion dans le texte publié sous le titre « À propos de l’auto-édition » sur le site web « Libres d’écrire – Écrivez et publiez en toute liberté ! » :

En France, deux auteurs se sont démarqués en faisant appel à l’auto-édition. Le premier est Jacques Vandroux, un auteur expérimenté qui, accompagné par sa femme, a non seulement auto-publié de nombreux livres mais a également contribué à l’essor de l’auto-édition grâce à ses réflexions et articles à ce sujet. Le second auteur a eu une trajectoire différente, plus basée sur le court terme. Il s’agit de Agnès Martin-Lugand. Elle a auto-publié avec succès « Les gens heureux lisent et boivent du café », puis a ensuite été éditée dans la foulée aux éditions Michel Lafon avec des milliers de ventes générées.

Sur son site web, Véronique Plouvier tente une distinction entre autoédition et autopublication :

Autoédition ou autopublication ?

Derrière le mot « autoédition » qui est un terme générique, se cache en fait plusieurs réalités.

A proprement parlé l’autopublication (de l’anglais self-publishing) consiste à rendre public un texte, sans souci de qualité particulière ou de vente*. Ce sont, par exemple, les mémoires d’un grand-père destinées à ses petits-enfants. L’ambition est de transmettre sans vraiment chercher à trouver des lecteurs en dehors du cercle familial.

L’autoédition est, elle, plus exigeante. L’auteur doit, en effet, réaliser seul toutes les taches réalisées par un éditeur « classique » dans un souci de qualité. L’objectif est que le lecteur ne perçoive aucune différence entre un livre auto-édité et un livre édité de manière traditionnelle.

* Publier son livre à l’ère numérique de Marie-Laure Cahier et Elizabeth Sutton.

Sur le site web Mon BestSeller.com, l’article intitulé « Auto-édition et auto-publication », on peut lire : « L’auto-publication n’est pas antinomique avec l’autoédition. La différence fondamentale, c’est qu’elle prône la gratuité comme moyen de diffusion de l’écrit. ». Je ne sais pas de quelle gratuité il s’agit. Est-ce la gratuité du service de publication en ligne offert à l’auteur ou la gratuité d’accès à l’œuvre par les lecteurs intéressés ? Quoiqu’il en soit, la gratuité n’est pas la différence fondamentale entre autoédition et l’autopublication.

Une vision québécoise différente, plus respectueuse et inclusive

Ce méli-mélo éditorial français opposant autoédition et autopublication m’apparaît peu respectueux, exclusive et même discriminatoire. Si au Québec, l’autoédition ne jouit pas d’une meilleure réputation au sein de l’industrie traditionnelle du livre, il n’y a pas de débat conduisant à la création d’une sous-classe de l’autoédition. Bref, il ne nous vient pas à l’idée de destituer des auteurs autoédités en auteur autopubliés.

De ce coté de l’Atlantique, l’autoédition demeure un choix ouvert à tous, c’est-à-dire autant aux écrivains professionnels, aux auteurs entrepreneurs et aux auteurs amateurs, et ce, dans le plus grand des respects des objectifs particuliers de chacun.

Le débat à savoir si un livre est une autopublication ou une autoédition n’a pas lieu d’être pour assurer à chacun le statut qui lui revient compte tenu de sa démarche et de son œuvre.

Le jugement sur la qualité littéraire de l’œuvre respecte le statut de chacun. Ainsi, on ne s’attend pas à ce que l’œuvre d’un auteur amateur soit à la hauteur de l’œuvre d’un écrivain professionnel quoique nous reconnaissions dans certains cas que l’œuvre de l’auteur amateur soit une véritable perle de la littérature, une œuvre qui mériterait une édition traditionnelle à grande échelle.

Au-delà de ce jugement sur la qualité littéraire de l’œuvre, on prendra en considération sa valeur en correspondance avec sa contribution au patrimoine littéraire national. On ne saurait se contenter des œuvres commercialisées par les éditeurs traditionnels (à compte d’éditeur) pour dressez un portrait juste et complet de la vie littéraire de notre peuple. Les éditeurs traditionnels refusent plus de 90% des manuscrits soumis à leur attention par les auteurs et les écrivains. Autrement dit, peu importe la dimension de la surface de toutes les librairies réunies, le bon peuple n’a droit qu’à moins de 10% des écrits de ses auteurs et écrivains professionnels. Et quand nous pensons aux critères de sélection des éditeurs traditionnels, notamment lorsque le succès des ventes espérées étouffe tout autre critère, nous ne sommes pas nécessairement assurés d’avoir en main le meilleur du meilleur parce qu’il est est question d’éditeurs à compte d’éditeurs.

Je compare souvent les livres en autoédition à toutes ces photographies anciennes conservées avec grand soin par nos bibliothèques nationales. Les photographies qui nous en apprennent le plus sur notre passé et notre patrimoine ne sont pas celles des photographes officiels de l’époque mais plutôt celles des amateurs, même si elles sont mal cadrées, un peu floues ou tachées par l’acide au développement de la pellicule. Pourquoi il n’en serait pas de même des œuvres littéraires refusées par les éditeurs et de celles qui dorment au fond des tiroirs ?

La distinction admise dans le secteur de l’autoédition aux Québec concerne le but de l’auteur autoédité. L’auteur entrepreneur vise souvent une carrière professionnelle ou, à tout le moins, entretient des aspirations pécuniaires avouées.

L’écrivain professionnel reconnu par ses pairs parce que déjà édité par l’industrie traditionnelle du livre, recherche dans l’autoédition une nouvelle expérience d’édition de ses œuvres, soit pour rejoindre autrement ses lecteurs ou pour rejoindre de nouveaux lecteurs. Il tente peut-être sa chance dans un genre littéraire qu’il n’a pas exploré à ce jour. Sa motivation est sans doute liée à la valeur qu’il accorde à son œuvre, malgré le refus de son éditeur. Cet écrivain professionnel va entreprendre l’édition de son œuvre et deviendra lui aussi un auteur entrepreneur, à la différence de la reconnaissance dont il profite déjà.

Enfin, l’auteur amateur, à l’image des photographes amateurs, pratique un loisir qui impose le respect. Les uns n’affichent aucune aspiration pécuniaire et investisse librement dans leur loisir littéraire comme le photographe amateur investirait dans l’achat d’un nouvel appareil, ou comme le skieur investira dans un billet de saison auprès de station de ski. Les autres en espèrent un revenu d’appoint de la vente de leurs œuvres enfin devenues des livres bien concrets grâce à l’autoédition, papier ou numérique, qui couvrira les frais de la pratique de son loisir littéraire, comme celui ou celle qui mettra en vente ses toiles à la fin de sa participation à un programme d’ateliers de peinture artistique offert par sa municipalité.

Tous, sans aucune discrimination, assure le rôle de l’éditeur, avec la formation, les connaissances, la contribution de personnes ressources et les moyens financiers dont ils disposent. On ne peut donc pas séparer les auteurs de l’autoédition en deux camps : les autopubliés parce qu’ils n’assument le pas le rôle d’éditeur et les autoédités parce qu’ils assument le rôle d’éditeur.

Dans son mémoire, Clémence Rainteau écrit : « L’autopublication signifie le processus par lequel l’auteur met en forme son texte et le rend public, sans pour autant avoir la volonté d’en tirer des bénéfices financiers. » À mon humble avis, publier un « texte » est une chose, publier une « œuvre » en est une autre. Je peux accepter le terme « autopublication » pour un simple texte destiné à un blogue, un forum ou une plateformes d’écriture en ligne. Mais je ne peux pas l’accepter lorsque ce texte est en soi une œuvre, une œuvre complète écrite dans le but de lui donner pour support un livre, numérique ou papier. Dans ce cas, seule le terme « autoédition » est valable.

Madame Rainteau ajoute : « L’arrivée du numérique, des blogs, des forums et plus récemment des plateformes d’écriture collaborative (comme Wattpad, Fyctia, Scribay etc.) participent à l’engouement pour le partage d’histoires et ainsi pour l’autopublication. »

À mes yeux, l’autopublication n’implique pas au final un livre. Il sert donc à rien au magazine ActuaLitté de répéter « l’autopublication, encore trop souvent appelée autoédition » ou de soutenir que « Le nouveau numéro de la revue Bibliodiversity se consacre à l’autopublication – notion floue souvent nommée autoédition. » La rédaction d’ActuaLitté change le libellé du terme « autoédition » pour « autopublication » dans son annonce de ce numéro du magazine Bibliodiversity. C’est quoi cette guerre inutile à l’autoédition ?

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L’Auto-édition (numérique) – janvier 2019 – revue Bibliodiversity – €5.00 – Tax included. S’éditer soi-même est de moins en moins perçu comme un geste égocentré, narcissique – voir revanchard. Contourner la fonction sélective d’un tiers (l’éditeur) au profit d’une relation directe au lecteur potentiel – que cela soit par choix ou par obligation, lorsque l’on a été rejeté par ceux « de la place » – semble au contraire en parfaite adéquation avec l’air du temps, qui prône l’horizontalité des rapports, l’absence d’intermédiaire et la relation directe du producteur au consommateur, les circuits courts, la méfiance des experts, des élites et de la comitologie. Si l’auto-édition est décomplexée, elle est surtout dynamique sous format numérique, où les barrières à l’entrée sont aujourd’hui négligeables. Source

Il faut parler d’un manuscrit et non pas d’un simple texte lorsque l’on traite de l’autoédition.

Je suis très heureux que cette guerre Autoédition/Autopublication en France n’ait pas encore contaminé le Québec et j’espère que ce ne sera jamais le cas.

On se bat à échelle planétaire pour permettre à tous et chacun de lire et écrire. On ne va tout de même pas tomber dans une guerre de mots lorsque l’un des nôtres se donne la peine d’écrire une œuvre jusqu’au bout et d’éditer lui-même son manuscrit pour en faire un livre. Tous les auteurs, qu’ils soient amateurs, entrepreneurs et tous les écrivains professionnels, méritent notre respect pour de tels gestes d’écriture et de partage qui viennent enrichir notre patrimoine littéraire au-delà des limites de la littérature officielle proposée par nos éditeurs commerciaux.

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Petit guide de l’autoédition au Québec – Quand l’auteur devient éditeur – L’autoédition est un mode de publication de plus en plus populaire. BAnQ, notamment par ses services aux éditeurs, est fréquemment amenée à répondre aux questions de personnes ayant un projet de publication en cours et souhaitant en savoir davantage sur l’autoédition. Elle a donc conçu ce petit guide définissant certains concepts, rassemblant des liens vers des ressources utiles et apportant des réponses à des questions fréquemment posées. Bonne lecture! Cliquez ici pour télécharger ce document (PDF)

Cette idée de réduire une part de l’autoédition à l’autopublication en soutenant qu’il n’y a pas de travail d’édition dans ce dernier et qu’il vise essentiellement la gratuité n’est pas conforme à la réalité. Il y a toujours à l’agenda de l’auteur, peu importe son statut, un certain travail d’édition, qu’il soit question d’un simple texte, d’une œuvre complète ou d’un manuscrit. D’ailleurs, n’est-ce pas dans le cadre de ce travail d’édition que certains auteurs offrent en lecture leurs écrits sur des plateformes web de partage afin d’obtenir des commentaires de lecteurs et d’auteurs-éditeurs expérimentés ?

Au Québec, le seul syndicat d’écrivains reconnu officiellement est l’Union des écrivaines et des écrivains Québec (UNEQ).


L’UNEQ a été reconnue en 1990 comme l’association la plus représentative des artistes du domaine de la littérature, en vertu de la Loi sur le statut professionnel des artistes en arts visuels, des métiers d’art et de la littérature et sur leurs contrats avec les diffuseurs (L.R.Q., chapitre S-32.01). Par conséquent, l’UNEQ s’exprime au nom de tous les écrivains québécois.

L’UNEQ a aussi été accréditée en 1996 par le Tribunal canadien des relations professionnelles artistes-producteurs pour négocier, de façon exclusive, avec les producteurs relevant de la compétence fédérale, afin de conclure des accords-cadres qui définissent les conditions d’embauche des travailleurs professionnels autonomes du secteur littéraire.

Source : UNEQ.


L’auteur autoédité peut en devenir « Membre associé » :


L’auteur, autrice ou coauteur, coautrice qui a publié un livre d’au moins 48 pages, portant un numéro d’ISBN, et qui est :

  • un livre autoédité ;
  • un livre d’artiste, un livre-objet ;
  • un cahier de paroles et musique de chansons, un recueil d’histoires drôles ;
  • le catalogue d’une exposition ;
  • un dictionnaire, un atlas, une encyclopédie ;
  • un guide ou un manuel (pédagogique, scolaire, religieux, de psychologie populaire, etc.) ;
  • un livre pratique (recettes de toutes sortes), un cahier d’exercices ;
  • un répertoire, un index, une compilation, une bibliographie, une chronologie, une généalogie ;
  • un rapport, une enquête.

Source : UNEQ


Notez qu’il est question d’un « livre » autoédité d’au moins 48 pages, non pas d’un simple texte. « L’UNEQ regroupe quatre catégories de membres : les membres titulaires, les membres adhérents, les membres associés et les membres d’honneur. »

Aussi,  l’UNEQ a mis en place une plateforme de formation à distance baptisée « L’auteur autonome » incluant tous les types d’édition.


L’auteur autonome

Formations pour écrivains et professionnels du milieu du livre

La plateforme L’auteur autonome s’adresse aux écrivains de la relève, aux écrivains professionnels et à tous ceux qui ont besoin d’informations sur le milieu du livre et le métier d’écrivain.

On y trouve plusieurs formations et outils de perfectionnement professionnels (documents, vidéos, questionnaires, etc.) sur divers aspects du métier d’écrivain :

  • chaîne du livre (imprimé et numérique) ;
  • méthodologie de négociation ;
  • contrat d’édition ;
  • paramètres de l’édition numérique ;
  • reddition de comptes ;
  • fiscalité de l’écrivain et de l’artiste ;
  • autoédition et publication à compte d’auteur ;
  • conception d’un document promotionnel ;
  • autopromotion sur le Web ;
  • représentations publiques ;
  • diversification des revenus ;
  • etc.

Les membres de l’UNEQ ont accès gratuitement à plusieurs outils. Communiquez avec le secrétariat, par courriel ou par téléphone, et un numéro de clé d’enregistrement vous sera transmis : ecrivez@uneq.qc.ca ou (514) 849-8540.

Source : UNEQ.


Au Québec, l’auteur autoédité n’est pas (n’est plus) discriminé depuis bon nombre d’années en raison du respect de son d’un type d’édition plutôt qu’un autre. Il peut être membre du syndicat des écrivains professionnels.

Il nous reste à considérer l’auteur amateur à classer dans « Les pratiques culturelles en amateurs ». Le Conseil québécois en loisir (CQL) parlent également du loisir culturel associatif en ces termes :

Il compte dans ses rangs des « amateurs » au sens noble du terme, soit des personnes qui, par amour des arts, de la culture et du patrimoine, et ce, sans aspiration pécuniaire, font de la musique, du théâtre, de la danse, écrivent, font du chant choral, des courts métrages, des recherches historiques et généalogiques, vont au cinéma dans des salles à l’extérieur du circuit commercial, etc. Il s’agit de véritables amateurs de la culture, qui souhaitent s’exprimer, découvrir, et partager leurs passions. S’ils apprécient les rencontres avec les œuvres, les objets et les artistes, ils souhaitent aussi, parfois, devenir eux-mêmes des professionnels. Il est par ailleurs reconnu, particulièrement dans les régions et les petites communautés, que le véritable accès à la culture dans ses diverses formes d’expression, soit souvent possible grâce à ces «amateurs», jeunes et moins jeunes.

Source : Le loisir culturel et les pratiques culturelles en amateur : un apport essentiel à la culture québécoise, Mémoire déposé par le Conseil québécois du loisir au ministre de la Culture et des Communications, monsieur Luc Fortin dans le cadre de la consultation publique pour le renouvellement de la politique culturelle du Québec : UN NOUVEAU CHAPITRE CULTUREL POUR LE QUÉBEC, Conseil québécois du loisir.)

Le loisir culturel en amateur se définit donc en partie par l’absence d’aspiration pécuniaire, ce qui exclut les auteurs entrepreneurs. Le CQL souligne que les personnes impliquées «souhaitent aussi, parfois, devenir eux-mêmes des professionnels». Dans ce cas, le loisir littéraire est un passage vers une carrière professionnelle et non pas le cadre de cette dernière.

L’auteur amateur québécois peut se limiter à écrire des textes ou se lancer dans l’écriture d’une œuvre complète, d’un véritable manuscrit, sans être discriminé lorsque vient le temps de l’éditer. Il trouvera des programmes d’activités en loisir littéraire offerts par sa municipalité, par différents organismes et par des consultants ou des entreprises privés. Si autrefois, le loisir littéraire se limitait souvent à des clubs de lecture et des clubs d’écriture. Aujourd’hui, le loisir littéraire dépasse les limites de l’écriture pour inclure l’édition, la correction, la révision, bref tout le travail d’édition y compris la confection de la maquette du livre et la gestion de l’impression d’exemplaires.

Enfin, il faut mentionner la « Loi sur le développement des entreprises québécoises dans le domaine du livre » (Communément appelée « loi du livre ») » : « Depuis 1981, la Loi sur le développement des entreprises québécoises dans le domaine du livre (chapitre D-8.1) régit les pratiques commerciales des intervenants de la chaîne du livre, de façon à assurer à chacun une part – la plus équitable possible – des revenus tirés du commerce du livre. » (Source : Ministère de la Culture et des Communications du Québec). Cette loi caractérise l’industrie québécoise du livre et est unique au monde.

Les éditeurs, les distributeurs et les libraires peuvent accéder aux avantages spécifiés pour chacun dans la LOI DU LIVRE en obtenant auprès du ministère un agrément. Par exemple, l’éditeur agréé doit retenir les services d’un distributeur agréé et le libraire agréé doit se procurer obligatoirement les livres de cet éditeur auprès du distributeur agréé qu’il a choisi. Ainsi, au Québec, un libraire ne commande pas directement ses livres auprès de l’éditeur. De plus la LOI DU LIVRE oblige les bibliothèques et autres acheteurs institutionnels à se procurer leurs livres uniquement auprès des libraires agréés.

L’auteur autoédités souhaitant une distribution nationale en libraires physiques (avec pignon sur rue) doit intéresser un distributeur agréé qui en fera l’offre aux libraires. S’il l’auteur autoédité envisage une distribution locale ou régional, il pourra tenter d’intéresser directement le ou les libraires de son territoire et la consignation d’exemplaires sera la norme. Et s’il veut intéresser une bibliothèque de sa municipalité ou de sa région, il se butera à la LOI DU LIVRE qui force les bibliothèques à se procurer leurs livres auprès des libraires agréés. On dénombre quelques rares dérogations à cette directive de la LOI DU LIVRE chez les bibliothèques qui se donnent pour mission d’offrir à leur clientèle la littérature locale ou régionale autoéditée, et ce, avec un budget spécial.

Au Québec, l’auteur autoédité n’entre pas directement et automatiquement en conflit avec l’industrie traditionnelle du livre parce qu’il n’est pas reconnu comme un éditeur selon les définitions de la LOI DU LIVRE; cette dernière est exclusive.

On trouve bien quelques éditeurs à compte d’auteur (à distinguer de l’autoédition) qui incluent la distribution en librairies traditionnelles (avec l’aide d’un distributeur lorsqu’ils ne le sont pas eux-mêmes) mais les succès de vente demeurent mitigés.

À la LOI DU LIVRE s’ajoute un système d’office :

office
Domaines : commerce > gestion de la commercialisation
édition

Auteur : Office québécois de la langue française Office québécois de la langue française, 2004

Définition

Mode de commercialisation des nouveautés qui sont envoyées périodiquement, selon des catégories et des quantités prédéterminées à partir d’une grille d’office.

Notes

L’office est un mode de commercialisation d’origine française qui s’applique, entre autres, aux nouveautés qui sont envoyées périodiquement selon des catégories et des quantités prédéterminées à partir d’une grille d’office.

Ce système n’est pas utilisé sur les marchés anglophones du Québec et du Canada. Si les titres ne sont pas explicitement commandés, ils ne seront pas expédiés.

Le concept d’« office » peut aussi s’appliquer à tout livre, autre qu’une nouveauté, dont la remise en vente a été motivée, par exemple, par l’actualité, la sortie d’un film ou la réimpression d’un livre.

L’office permet aux clients de recevoir des livres sans devoir les commander. Il est assorti de diverses conditions commerciales qui touchent, par exemple, les droits de retour ou les frais de port.

Cette fiche fait partie du Vocabulaire de la diffusion et de la distribution du livre.

Source : Office québécois de la langue française (OQLF).

L’agrément du libraire prévoit : « recevoir les envois d’office d’au moins 25 éditeurs agréés et garder les titres en étalage au moins 4 mois. » Source : MCCQ.

Rien n’empêche légalement le librairie, une fois les obligations de son agrément et de la LOI DU LIVRE respectées, de s’approvisionner auprès des distributeurs pour offrir à sa clientèle des livres autoédités, d’où l’offre de distribution de certains éditeurs à compte d’auteur. Mais ce n’est pas la norme. Les titres autoédités n’accèdent généralement pas aux librairies traditionnelles.

Tout cela pour revenir sur un point distinctif du Québec : l’autoédition est exclue par force de loi de la chaîne traditionnelle du livre. Il faut bien saisir qu’il s’agit de la « Loi sur le développement des entreprises québécoises dans le domaine du livre ». Ce cloisonnement évite d’englober tous les types d’édition dans un marché global et unique du livre, contrairement à la France.

Dans un tel marché, on peut vouloir dévaloriser les types d’édition secondaires jusqu’à discriminer certains auteurs avec le concept de l’autopublication parce que l’autoédition s’inscrit dans ce marché global et unique du livre. Ce n’est pas le cas au Québec. Aux yeux de la LOI DU LIVRE, l’industrie du livre ne concerne que les éditeurs à compte d’éditeur, agréées par le gouvernement.

On connait les visées de l’auteur entrepreneur face à cette industrie du livre; il veut y faire sa place. Mais cela vaut uniquement si l’auteur entrepreneur considère la distribution en librairies traditionnelles comme une potentiel source de revenu. La durée de vie d’un livre en librairie traditionnelle dépasse rarement trois mois. Et l’auteur a beau être aussi entrepreneur, il ne dispose pas nécessairement des ressources financières pour assurer une diffusion de son livre auprès des libraires ou encore retenir les services d’un distributeur. Certains auteurs entrepreneurs se lancent dans la création de leur propre maison d’édition et espèrent obtenir un agrément du ministère, ce qui peut prendre quelques années pour satisfaire à toutes les exigences.

Mais mon principal intérêt se porte sur les auteurs amateurs à qui je ne peux pas retirer le statut d’auteur autoédité au profit du statut d’auteur autopublié. Tel que souligné ci-dessus, tout est affaire du type d’écrit : une œuvre complète, un manuscrit qui deviendra un livre à la suite d’un travail d’édition.

Je ne considère pas les textes d’auteur publiés sur des blogs, des forums et des plateformes de partages comme des manuscrits au sens propre du terme. Publier un tel texte ne fait pas de vous un auteur de livre. Le mot-clé ici est LIVRE.

Président éditeur, Fondation littéraire Fleur de Lys

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