Philothérapie – Libérez-vous par la philosophie, Nathanaël Masselot, Les Éditions de l’Opportun

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DOSSIER

Philothérapie

Quand la philosophie nous aide

ARTICLE # 3

Ma lecture

Je ne suis procuré plusieurs livres traitant de la philothérapie. Je vous présente un rapport de ma lecture de ces ouvrages.

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Philothérapie

Libérez-vous par la philosophie

Nathanaël Masselot

Les Éditions de l’Opportun – Novembre 2019


Résumé de l’éditeur

ET SI LES GRANDS PHILOSOPHES VOUS AIDAIENT À MIEUX VIVRE ?

Ai-je le droit au bonheur ? Comment apprendre à oser ? L’amitié peut-elle accepter le mensonge ? Comment développer ma confiance en moi ? Comment gérer un deuil ? Ces questions essentielles – et bien d’autres – trouvent des réponses limpides chez les philosophes, et autres grands penseurs. Nathanaël Masselot, Docteur en philosophie, le prouve avec ce premier livre de philothérapie.

Grâce à la philothérapie, Nietzsche, Platon, Spinoza, Sénèque… vous accompagnent efficacement sur le chemin du bien-être. Les pensées puissantes des grands philosophes, confrontées à nos problèmes quotidiens, sont d’une aide évidente.

La philothérapie, nouvelle voie du développement personnel.


Au sujet de l’auteur

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Source : LinkedIn.

Présentation de l’auteur sur sa page LinkedIn

Depuis l’obtention de mon doctorat en 2016, consacré au temps et à l’individu, je poursuis avec passion mon activité d’enseignant (principalement en lycée où j’occupe un poste de titulaire et ponctuellement en université). Depuis 2018, j’exerce également l’activité de philothérapeute, à Lille. Par ce biais, j’offre aux adultes une solution de thérapie et de développement personnel centrée autour de la philosophie existentielle : quête de soi, de sens, usage de la liberté, dans le milieu professionnel et personnel.

Source : LinkedIn.

Présentation de l’auteur par l’éditeur

Nathanaël Masselot est Docteur en philosophie. Il s’appuie sur les questions posées lors de ses entretiens pour puiser les forces essentielles dans la sagesse exprimée par les plus grands philosophes depuis la nuit des temps.

Source : Les Édition de l’Opportun.


Site web de l’auteur

Le cabinet de Philothérapie

La philosophie au service de notre existence (accompagnement en thérapie et développement personnel)

Tout le monde se pose des questions existentielles. Et ce n’est pas une maladie !

Depuis plus de deux ans, mon cabinet de philothérapie constitue une démarche originale, alternative aux approches existantes, qui se propose de tirer parti des questions existentielles que vous rencontrez.

Loin de remplacer les autres approches existantes, la philothérapie s’inscrit progressivement dans le paysage de la thérapie et du développement personnel car elle répond à un besoin naturel, ancré dans l’existence humaine. On peut l’exprimer de plusieurs manières : agir librement, donner du sens, se sentir bien, s’accomplir personnellement.

Avec la philosophie comme outil, j’aide les individus à répondre à leurs questions existentielles. Répondre, c’est-à-dire agir. Je les accompagne pour identifier les fondamentaux de leur existence, mieux se connaître, s’affirmer et vivre plus librement.

Source : Le cabinet de Philothérapie.


Présentation de la philothérapie par l’auteur

Une approche au service de votre liberté

A la manière de Platon qui voyait dans le philosophe le plus habilité à être le « médecin de l’âme », la philothérapie répond aux besoins de l’individu qui a pris conscience du caractère fondamental de la connaissance de soi. Philosophiquement, il s’agit de passer au crible les structures essentielles de notre existence individuelle. En prenant le temps de se pencher sur soi, pour appréhender son existence sous un angle philosophique, on vit différemment, plus librement.

La philothérapie s’articule ainsi autour de deux piliers : la compréhension de soi et l’action, pour les réconcilier.

Pour mieux vous présenter l’approche de la philothérapie, j’ai écrit un livre qui : vous présente le dispositif général, met en scène dix entretiens virtuels sur des thèmes existentiels majeurs (appropriez-vous les questions qui vous interpellent, méditez-les, faîtes les vivre), présente des points de doctrine philosophique et donne des conseils pour pratiquer la philothérapie.

Source : Le cabinet de Philothérapie.


Ma lecture

J’accorde à ce livre cinq étoiles sur cinq. Une lecture agréable et très instructive sur la pratique de la philothérapie en cabinet de consultation.

Ma lecture a comblé mes deux attentes, La première concernait la pratique elle-même de la philothérapie et son positionnement dans l’univers des aides personnelles. La deuxième visait l’application pratique de la philothérapie face à divers problèmes.

Au sujet du positionnement de la philothérapie, l’auteur nous informe dans l’introduction de son livre :

La philothérapie, une nouvelle méthode

Aussi étonnant que cela puisse paraître, nous manquons cruellement d’un dispositif spécifique qui aborderait les questions de notre existence. Les possibilités quasi infinies qui nous sont proposées (développement personnel, thérapie, coaching…) nous laissent souvent dans l’embarras (quant au choix), si perplexe (devant leur nombre). En nous tournant du côté de la psychologie, des médecines alternatives, des activités fondées sur la découverte et la gestion des énergies, nous abordons des dispositifs qui, en effet, ont bien quelque chose à voir avec ce qui nous préoccupe. Mais en se focalisant sur la conscience, les mécanismes et la chimie de notre corps, ou encore la part de mystères qui entourent notre énergie vitale, ces disciplines s’interdisent de remonter à la source de l’objet fondamental qui motive leur investigation, et qui se trouve être également la raison pour laquelle nous faisons en vain appel à elles : l’existence elle-même.

Source : MASSELOT, Nathaniël, La philothérapie, Les Édition de l’Opportun, novembre 2029, pp. 11-12.

J’aime beaucoup l’idée reconnaissant à la philothérapie et à la philosophie elle-même comme ce que je nomme la « science des profondeurs », la science qui remonte à source première du problème abordé.

Nathaniël Massselot nous offre dix entretiens philosophiques, chacun mettant en scène un individu et un questionnement personnel. Chaque entretient se déroule en une ou plusieurs séances. Voir le Sommaire ci-dessous.

INTRODUCTION – Une philosophie de l’existence pour libérer notre conscience
OSER – Comment s’affirmer librement en disant « non » ?
LE BONHEUR – Comment faire son propre bonheur sans imiter les autres ?
LA VÉRITÉ – Faut-il toujours être sincère en amitié ?
LA CONFIANCE EN SOI – Comment trouver des ressources « naturellement divines » en soi-même pour se faire confiance ?
L’ADDICTION – Comment gérer l’addiction et en finir avec elle ?
LE BIEN-ÊTRE – Comment se sentir bien chez soi ?
LA MORT – Comment faire l’épreuve du deuil ?
L’AMOUR – Comment construire son couple sur une image viable de l’amour ?
L’ÉCRITURE – Écrire : une posture pour se libérer ?
LE TRAVAIL – Comment surmonter les contradictions de notre vie professionnelle et de notre existence ?
CONCLUSION – La philothérapie, une solution pour atteindre la liberté


INTRODUCTION

(Texte intégral)

Tandis que j’écris ces lignes et que vous les lisez, une chose nous unit, et non des moindres : il s’agit du sentiment de notre existence. C’est le matin, l’après-midi, le soir ou la nuit ; le temps est beau ou maussade ; nous sommes en train de savourer chaque minute qui s’écoule ou au contraire nous subissons péniblement les heures ; notre passé nous réjouit ou nous rebute ; nous courons à folles enjambées vers l’avenir ou nous l’appréhendons timidement, à tâtons. Les modulations qui affectent le cours de notre développement sont multiples, intenses, bouleversantes, parfois merveilleuses. Il est certain que tout dans nos vies n’a pas encore été accompli. Il est probable que vous ayez éprouvé l’intensité de l’existence, dans ce qu’elle a de grandiose et de misérable, parfois un peu des deux dans le même instant. Nous poursuivons nos chemins quand bien même une rupture s’immisce en nous-mêmes : nous ne nous reconnaissons plus, nous oublions qui nous étions, nous avons perdu le cap de ce que nous voulions devenir. Que ferons-nous dans cinq minutes, demain, dans trois mois ou dans cinq ans ? Sans très bien savoir pourquoi ni comment cela est possible, la conscience de notre existence nous offre des possibilités extraordinaires. C’est dans cette conscience que tout se joue. En nous le monde se déroule ; par nous il existe ; pour nous il fait sens.

Et s’il existait une approche qui permettrait d’aborder vraiment les questions liées à notre existence ? Et si ces questions n’étaient pas un problème, une anomalie, mais simplement une manifestation existentielle ? Ne pourrait-on pas alors s’emparer de cette occasion pour mieux nous comprendre ? Ne pourrait-on pas, au lieu d’espérer simplement un retour à la normale, accentuer notre existence, nous rendre davantage maîtres de celle-ci ? Ne pourrait-on pas, plutôt que redouter ce que l’existence peut nous réserver, tirer profit de ce qu’elle est fondamentalement ?

Accueillir l’existence comme question

Beaucoup de nos sentiments, questions, découvertes et problèmes sont existentiels. Suis-je capable de me libérer de la peur de la mort ? M’est-il permis d’être heureux ? Puis-je espérer partager quelque chose d’intense avec autrui ou suis-je condamné à vivre l’essentiel dans la solitude ? De telles questions sont parfaitement naturelles et légitimes. Il n’est toutefois pas facile de les accueillir, de leur donner toute leur puissance. Pourquoi cela m’arrive-t-il ? J’aime moins, l’angoisse m’envahit, le changement m’effraie, je retombe dans des travers que j’exècre. Je pourrais aussi mieux tirer profit des chances qui me sont offertes. Une simple question peut constituer une incroyable opportunité pour transformer les choses. À condition que l’on sache l’appréhender correctement et que l’on ose mettre l’existence en question, c’est-à-dire faire le pari de la nouveauté, s’exposer au vertige pour trouver des bases plus certaines que jamais, courir le risque de douter un moment avant de répondre de ses choix et de ses actes.

La philothérapie encadre cette étape transitoire qui accompagne tout effort philosophique sincère. Le type de questionnement philosophique engage fondamentalement toujours plus que moi : la philothérapie n’est pas uniquement orientée vers la découverte d’un moi profond qui serait caché dans les abîmes de chaque conscience ou de notre histoire personnelle. À la fin du XVIIIe siècle, le philosophe allemand Emmanuel Kant s’interrogeait déjà : que puis-je savoir ? que puis-je faire ? que m’est-il permis d’espérer ? Et finalement, « qu’est-ce que l’homme ? », comme un résumé ultime qui réinitialisait une question vieille de 25 siècles. En maîtrisant le questionnement philosophique, vous porterez votre regard sur vous-même en tant qu’humain, vous qui êtes pourtant un humain différent de tous les autres. Vous serez agréablement surpris•es par quelque chose qui vous dépasse, un « je ne sais quoi » que nous allons apprendre à connaître au cours de cet ouvrage.

La philothérapie, une nouvelle méthode

Aussi étonnant que cela puisse paraître, nous manquons cruellement d’un dispositif spécifique qui aborderait les questions de notre existence. Les possibilités quasi infinies qui nous sont proposées (développement personnel, thérapie, coaching…) nous laissent souvent dans l’embarras (quant au choix), sinon perplexes (devant leur nombre). En nous tournant du côté de la psychologie, des médecines alternatives, des activités fondées sur la découverte et la gestion des énergies, nous abordons des dispositifs qui, en effet, ont bien quelque chose à voir avec ce qui nous préoccupe. Mais en se focalisant sur la conscience, les mécanismes et la chimie de notre corps, ou encore la part de mystères qui entourent notre énergie vitale, ces disciplines s’interdisent de remonter à la source de l’objet fondamental qui motive leur investigation, et qui se trouve être également la raison pour laquelle nous faisons en vain appel à elles : l’existence elle-même.

Face au constat du manque de dispositif qui aborde directement notre existence, qui en conceptualise le questionnement pour l’inscrire dans des pratiques concrètes, est née l’idée de la philothérapie. Elle se présente comme une approche, une méthode et une clé de compréhension qui ménage un accès direct aux structures profondes de l’existence. Son expertise se fonde notamment sur l’idée qu’en chacun de nous, c’est l’existence elle-même qui se dévoile. Mais n’allons pas trop vite ! Explorons ensemble ses ambitions, son fonctionnement, et les possibilités qu’elle nous offre.

Comprendre par le questionnement existentiel

La philothérapie se propose d’abord de combler le silence qui encadre trop souvent le questionnement existentiel. En effet, il arrive que l’on nie son caractère incontournable, normal et nécessaire : on parle alors de « questions existentielles » comme s’il s’agissait d’élucubrations nées d’un esprit bizarre. Ne sachant pas reconnaître la fonction essentielle qu’elles occupent dans notre existence, on les perçoit comme une dimension parasite, comme une source de retardement ou de confusion dans le cours de nos actions. Elles sont mises de côté. Leur oubli n’est jamais que provisoire. Il provoque frustration et perte de transparence face au monde et à soi. Le questionnement existentiel reste pour certaines personnes, et même certains thérapeutes, quelque chose de mystérieux pour lequel il n’existe pas de mode d’investigation spécifique : abordé n’importe comment et mal dirigé, il peut engendrer un véritable chaos dans notre vie. Entreprendre un questionnement existentiel, c’est reconnaître que peu de choses qui nous arrivent sont liées au hasard, à la chance ou à la malchance, à un dysfonctionnement de notre conscience ou à une particularité de notre caractère. C’est admettre que quelque chose est inscrit dans la structure la plus intime de notre existence, et qui motivera les grandes décisions qui dicteront les orientations de nos vies, mais aussi tous les petits doutes du quotidien. Dévoiler ce noyau existentiel qui nous anime devient capital.

Libérer notre conscience

La philothérapie a l’ambition de libérer notre conscience. Elle y parvient non pas en supprimant l’existence ou en l’appauvrissant (c’est au contraire de là qu’elle tire toute sa raison d’être) mais en accentuant notre regard sur elle : en donnant libre cours à son questionnement ; en le dirigeant selon des principes viables et une méthode féconde ; en ménageant des perspectives pratiques assurant un aboutissement concret, une modification réelle de notre existence à l’issue du questionnement. Pour être transformée, notre existence a besoin de ressources qui conviennent à ce type de questionnement : seules des ressources existentielles peuvent combler un questionnement existentiel. Cela signifie que nous assumons de ne pas nous enfermer dans des solutions définitives, immuables. Elles pétrifieraient notre existence. Pour en soutenir l’élan, la forme du dialogue accompagne le mouvement d’ouverture de notre conscience : à nous-mêmes, aux autres et au monde.

Dans les pages qui suivent, je n’entends aucunement proposer un manifeste de philothérapie ni un quelconque modèle, mais j’espère présenter un chemin possible qui montre à quel point la philosophie offre des ressources pertinentes pour transformer nos vies, accentuer notre conscience, donner du sens à ce qui nous entoure – en bref, pour nous accomplir humainement. Telles sont les marques, jamais définitives, d’une conscience libérée.

Qu’est-ce qui différencie la philothérapie des autres approches ?

On me demande souvent ce qui différencie la philothérapie des autres approches « psy », et pourquoi il faudrait porter son choix sur celle-ci. La philothérapie est une thérapie qui a lieu dans un cabinet philosophique. Cela signifie qu’elle respecte les points suivants.

1. On ne vous prescrira aucun médicament. À la différence de la psychiatrie, tout médicament ou recours à la chimie est exclu (voir le Prolongement méthodologique du troisième entretien sur le pharmakon et la nature du dialogue philosophique). On ne vous prescrira pas non plus de lire du Spinoza au lieu de prendre un médicament ! Comme vous vous en doutez, le « problème » est ailleurs : il ne se réduit pas aux mécanismes de votre cerveau, de votre corps ni même de votre psyché. Mais poursuivons l’esquisse de présentation.

2. Au contraire de la psychanalyse, la philothérapie ne fait pas appel à l’inconscient ni aux topiques de l’appareil psychique dans un cadre explicatif ou fonctionnel. Vous ne serez pas placés sous hypnose, on ne vous demandera pas de faire appel à la méthode de l’association libre, ni de vous investir pendant plusieurs années. D’ailleurs, l’intervention de la philothérapie est ponctuelle : quelques séances espacées sur plusieurs semaines suffisent, en général, à surmonter le questionnement et à remplir l’objectif fixé au début de l’entretien.

3. En ce qui concerne la psychologie (en dépit de toutes les catégories : analytique, appliquée, clinique, cognitive, comparée, différentielle, évolutionniste, expérimentale, humaniste, positive, etc.), majoritairement tournée vers l’étude de nos processus mentaux, la philothérapie, elle, n’est ni exclusivement ni majoritairement orientée vers ce qui se passe en nous.

4. Si la ou le philothérapeute pouvait s’enorgueillir, elle ou il oserait mentionner, qu’à la différence de toutes les disciplines qui viennent d’être énumérées (la psychanalyse a un peu plus d’un siècle, les principales branches de la psychologie et de la psychiatrie quelques décennies, parfois quelques années), la philosophie offre des ressources millénaires dont on a régulièrement tiré bénéfice.

5. Enfin, j’ose indiquer l’existence d’une forme de bienveillance dans la philothérapie. Je ne vois pas de raison qui justifierait, en ce qui concerne l’entretien philosophique, de se tenir en retrait en se réfugiant derrière la moindre façade, de ne pas s’impliquer dans un échange d’égal à égal (voir le Prolongement méthodologique du premier entretien, « La philothérapie est placée sous le signe de la sincérité »).

J’ai toujours été frappé par le fait que les philosophes que j’admire le plus sont des personnes qui n’ont jamais caché leur humanité, et ceci tout en poussant le plus loin qu’il leur était possible le degré de conceptualité philosophique. Cela est certainement dû au fait que leur action comme la nôtre se joue sur la seule scène qui soit certaine et où l’humain•e et la ou le philosophe-thérapeute sont uni•e•s par la même condition qu’ils partagent : le théâtre de l’existence, ce lieu unique où les représentations sont en même temps innombrables et réelles et dont l’examen est la responsabilité de tous. C’est pourquoi je vois la ou le philothérapeute comme un•e interlocuteur•trice de l’existence, et que, dans le cabinet existentiel, la condescendance n’a pas sa place.

Faut-il considérer la philothérapie comme un dispositif de soin ?

Cette question est délicate. La première question étant de savoir s’il faut considérer comme « saine » une personne qui souffre (parfois énormément) de l’existence. Du point de vue de la philothérapie, ces problèmes existentiels sont regardés comme étant parfaitement naturels, même incontournables. Il ne s’agit donc pas de « soigner » comme quand on veut éradiquer ce dont on veut être guéri. Ce trait constitue une ligne de démarcation entre la nature d’un problème existentiel et la souffrance psychologique en général. Il n’est peut-être pas toujours évident de savoir si un problème existentiel a une importance telle qu’il déclenche une manifestation considérée après coup comme pathologique ou si c’est la souffrance psychologique (ou la pathologie) qui conduit à forger des problèmes existentiels. Quelle que soit leur obédience, assez rares sont les médecins, thérapeutes et spécialistes qui, à ma connaissance, vont jusqu’à réduire les problèmes existentiels à de pures représentations ou productions mentales qui seraient cantonnées dans les bornes de notre appareil psychique ou cérébral. Si un tel débat théorique n’est pas sans intérêt (il s’organise notamment autour du problème que l’on nomme le « réductionnisme1 »), nous pouvons nous contenter de l’idée que les questions existentielles et les pathologies psychiques ont, de part et d’autre, une relative indépendance qui justifie de ne pas les confondre. En focalisant son attention sur le questionnement existentiel, la philothérapie jouit d’une autonomie dans un domaine qui n’empiète pas sur les autres.

Le déroulement d’un entretien philosophique

Un entretien philosophique désigne une unité de temps et de lieu (le cabinet philosophique) dans lequel un individu et un•e philothérapeute (dans cet ouvrage, moi-même) accomplissent conjointement un effort de pensée pour formuler, clarifier, traiter, évaluer ou encore alimenter un problème philosophique déterminé en amont. Il s’agit toujours d’un problème existentiel qui se trouve être à l’origine d’une orientation de vie, assumée dans des proportions variables par la personne venue me consulter, et qui a besoin de le surmonter pour continuer à vivre. Entendons par-là : continuer à vivre pleinement, sans se priver de sa conscience ou se replier dans le déni. Si les points d’aboutissement du questionnement sont variables, ils traduisent dans la plupart des cas un renouveau qui se solde par un changement significatif de pensée et d’action.
Guide de lecture

Cet ouvrage met en scène 10 entretiens philosophiques. Le terme « entretien » m’a toujours semblé le plus adéquat (notamment, par rapport au terme « consultation », connoté médicalement) pour rendre compte de la nature de l’échange en philothérapie. Vous assisterez à un questionnement qui s’élabore, et non à une restitution recomposée, encore moins à des recettes générales prêtes à l’emploi. Chacun des entretiens qui suivent adopte son propre rythme, en fonction des thèmes abordés, de leur coloration, de la tournure que prennent les problèmes ou des ressources philosophiques sur lesquelles on s’appuie.

1. Les entretiens

La question centrale de chaque entretien est divisée en plusieurs séances au cours desquelles une ou plusieurs questions existentielles sont traitées (l’ouvrage en compte une centaine). La méthode utilisée est celle du dialogue. Dans la mesure où un problème existentiel ne se présente jamais comme une question de dissertation, la plupart des questions abordées possèdent leur propre unité et pourraient être lues isolément, ce qui laisse au lecteur la possibilité de faire son propre parcours en commençant par l’entretien de son choix, et en naviguant d’une question à une autre. J’ai toutefois opté pour une certaine progressivité (le premier entretien, « oser », a par exemple un statut préliminaire) et jugé utile d’indiquer certains liens (compléments, comparaisons) par un jeu de renvoi qui aidera le ou la lecteur•trice soucieux•euse d’avoir un panorama général de la manière dont la philosophie aborde les questions de notre existence. On peut de cette façon tirer un grand bénéfice d’une lecture continue de l’ouvrage, en suivant simplement le fil des chapitres.

Bien sûr, toutes les personnes qui franchiront la porte de ce cabinet seront ici fictives. Le respect de la confidentialité des échanges est essentiel. La fiction permet en outre une projection. Il n’est en vérité pas si difficile de se mettre à la place d’un autre dès lors qu’est admise l’idée que la pensée est d’abord fondamentalement un dialogue de l’âme avec elle-même, et que celle ou celui qui pense, inéluctablement, est amené•e tantôt à se dédoubler, tantôt à se démultiplier (du moins provisoirement) avant de trouver l’issue du chemin refermant son questionnement.

2. Les points de philosophie

Des points de philosophie constituent des appuis réguliers pour aider à la compréhension des sujets traités. Des rappels des fondamentaux, des éclaircissements et autres qui peuvent se lire indépendamment des entretiens. La plupart des auteurs cités sont de grands penseurs, des philosophes ; des psychologues ou encore des poètes sont aussi mentionnés dans ces points.

3. Les prolongements méthodologiques

Dans plusieurs entretiens, j’ai jugé bon d’ajouter un prolongement afin d’aller un peu plus loin dans le questionnement. Il s’agit d’approfondir un aspect du problème qui n’était pas directement utile dans le cadre strict de la question posée. Ces aspects ont le plus souvent à voir avec ma propre pratique de la philosophie et offrent aux lecteurs•trices une perspective plus méthodologique (s’ils souhaitent par exemple apprendre à mieux conduire leur propre pensée, quand cela est possible, sans aide extérieure).

4. Les points de philothérapie

Enfin, la plupart des entretiens se clôt par un point sur la philothérapie afin de développer plus amplement ce processus nouveau et, en fonction de l’entretien qui s’est déroulé avant, des aspects pratique et technique de la méthode. Par exemple, le 7e entretien qui se déroule avec une jeune lycéenne pose la question, dans le point de philothérapie, de savoir à partir de quel âge l’on peut suivre ce genre de thérapie.

L’ouvrage a l’ambition d’amener les ressources existentielles à chaque lecteur•trice afin qu’il•elle se les approprie à sa guise. Si besoin, vous ferez le choix de modifier, rectifier ou d’alimenter personnellement ce que vous jugez digne de l’être. Voyez ce qui vous parle et ce que vous rejetez ; observez ce qui vous interpelle le plus ; demandez-vous pourquoi tel problème philosophique anime votre passion tandis que tel autre vous laisse plus froid ; donnez libre cours à toutes vos réactions de lecture : avez-vous déjà expérimenté personnellement l’une de ces situations ? certaines ? toutes ? comment y avez-vous répondu ?

En vous donnant un aperçu de ce que l’on peut attendre de la philosophie, je souhaite que cet ouvrage vous aide à mettre en pratique votre propre philothérapie. Peut-être est-ce pour vous un premier pas, peut-être n’est-ce qu’un pas supplémentaire dans un long cheminement. Je souhaite de tout cœur que cette lecture vous soit profitable et vous remercie par avance d’avoir osé penser qu’elle puisse contribuer à trouver ce que vous cherchez.


La philosophie et les philosophies

Ce livre m’a aidé à comprendre l’usage DES philosophies par LA philosophie.

J’ai souligné à nos lecteurs dans les textes précédents celui-ci dans ce dossier mon appréhension face à ceux et celles épousant une philosophie ou une doctrine philosophique en particulier au détriment de LA philosophie.

Aussi, je suis exaspéré par ces gens qui pigent des passages (des citations) ici et là dans les philosophies pour se bâtir une philosophie ou une approche philosophique du type méli-mélo qui leur est propre, et ce, sans respect des doctrines en cause et, par conséquent, au détriment de LA philosophie.

Dans le livre PHILOTHÉRAPIE, l’auteur Nathaniël Masselot nous informe, à chaque entretien (chapitre), des « Auteurs sollicités » au cours de la ou des séances.

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La lecture du livre m’appris l’utilité des textes philosophies (des philosophies) dans le cadre de la philosophie, et ce, dans le plus grand respect des « Auteurs sollicités ». Nous sommes alors très loin de ces méli-mélos qui contorsionnent les grands philosophes et leurs écrits pour construire des collages racoleurs.

Il faut dire que les auteurs sollicités par Nathaniël Masselot dans son livre jouissent d’une reconnaissance propre à leur contribution à LA philosophie et à différents thèmes chers aux philosophes.

Au fil de ma lecture, j’ai ainsi pu observer la présence de LA philosophie dans LES philosophies des auteurs sollicités.

Mon approche de ce livre peut surprendre car je m’arrête davantage au contenant et au montage du livre qu’à son contenu, du moins au premier coup d’œil. Si je devais me justifier, il me faudrait en appeler à ma crainte de voir la philothérapie copier l’approche et la structure de la psychothérapie dans sa mise en marché.

Je ne suis qu’un observateur mais cette position me donne un point de vue de l’extérieur, ce qui n’est pas toujours évident pour ceux et celles qui éprouvent des difficultés à prendre du recul une fois en marche.


Le contenu du livre m’a beaucoup plus.

Je l’ai dévoré.

Je vous en recommande la lecture.

* * * * *


Serge-André Guay, auteur et président éditeur
Fondation littéraire Fleur de Lys

Président éditeur, Fondation littéraire Fleur de Lys

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