Violences sexuelles et abus de pouvoir dans le milieu littéraire- Lettre rédigée par un groupe de femmes et minorités de genre

LETTRE OUVERTE

Violences sexuelles et abus de pouvoir dans le milieu littéraire

Lettre rédigée par un groupe de femmes et minorités de genre

Chère communauté littéraire,

Nous sommes des femmes et minorités de genre œuvrant dans le milieu littéraire. En plein cœur de cette nouvelle vague du mouvement #metoo/#moiaussi, nous avons entamé un échange à propos de notre environnement de travail. Force est de reconnaître que les violences à caractère sexuel y sont répandues, protéiformes, banalisées et tacitement acceptées. Au-delà du sentiment de libération que peuvent créer les témoignages et les dénonciations, au-delà de la beauté de ce temps d’écoute, de solidarité et de soutien, il en ressort les constats suivants :

  1. Une culture du silence, favorisant les violences à caractère sexuel, sévit dans le milieu littéraire depuis plusieurs années, voire des décennies.
  2. Elle provient certainement, en partie, de l’oppression patriarcale et des mythes que ce système véhicule. Ces mythes ont pour effet pervers de banaliser la violence. On peut penser au discours sur la nécessaire ambiguïté des rapports de séduction, à la défense d’un désir irrépressible et sacro-saint, à la mystique du poète maudit à qui tout est pardonné à l’avance en raison de son pseudo-génie ou de sa notoriété. On peut également songer à la valorisation, dans le milieu littéraire, de la liberté, de la transgression, de l’ouverture d’esprit et de l’anticonformisme, ces valeurs détournées de leur signification profonde pour masquer, faciliter et légitimer des comportements abusifs.
  3. Les femmes et minorités de genre ne se sentent pas à l’aise de créer dans un environnement où la performance passe trop souvent par le fait de plaire et les dynamiques qui en découlent, parfois fondées sur l’insidieuse association entre valeurs littéraire et sexuelle.
  4. Cette culture du silence a plusieurs impacts :
    • • Elle tolère les violences à caractère sexuel et laisse proliférer les traumas qui s’ensuivent.
    • • Elle génère et entretient un climat malsain, toxique, qui subsiste grâce à la peur (de la mise au ban, de la violence), et mène à la souffrance, au doute et à la solitude des femmes et minorités de genre subissant des violences à caractère sexuel.
    • • Elle abandonne les victimes en n’assignant pas directement et clairement la honte aux agresseurs, bien souvent protégés par leur position ou leur notoriété au sein d’un réseau puissant qui, en ne les dénonçant pas, en détournant le regard, en banalisant leurs comportements, les protège et perpétue ces agressions.
    • • Elle isole et musèle les victimes de violences à caractère sexuel, murées dans la honte de dénoncer une figure appréciée et figées par la peur du rejet de leurs collègues. Ce faisant, elle empêche les solidarités et résistances qui viendraient d’une libération de la parole sur le long terme.
    • • Elle renforce les liens entre le milieu et les agresseurs, dont certains occupent des positions de pouvoir et d’autorité. Ce boys club, que soutient la culture du silence, peut mener à l’exclusion de certaines femmes et minorités de genre du milieu littéraire et même, à l’auto-exclusion. En effet, les personnes subissant un comportement abusif vont souvent s’isoler et avoir peur et honte de prendre la parole.
    • • Une charge mentale et des comportements d’évitement sont imposés aux femmes et minorités de genre qui, pour exister et évoluer en toute sécurité dans ce milieu, doivent policer leur attitude, se méfier de leurs collègues, quitter tôt un événement, refuser de collaborer à un projet, couper les ponts avec le milieu, entre autres.
    • • Les discriminations et violences liées au genre croisent trop souvent, dans le milieu littéraire, celles associées à la race, à l’âge ou à l’orientation sexuelle. La culture du silence ne permet pas d’aborder franchement ces problèmes que dénonce le féminisme intersectionnel. Elle ne permet pas la circulation des pouvoirs; elle maintient des femmes et minorités de genre racisées en dehors du milieu littéraire.
    • • Le milieu de travail de toutes et tous est ainsi affecté, privant le public et la population d’œuvres pouvant témoigner de réalités sociales jusqu’alors ignorées, cachées ou refoulées.
  5. Nous constatons également que le milieu littéraire, dans sa structure et son quotidien, se caractérise par son aspect collaboratif. On pense ici, notamment, aux revues, aux collectifs, et plus largement, à une hiérarchie relevant de l’appui, de l’avis et de la critique des pairs. Cela engendre une complexité supplémentaire lorsque vient le temps de réfléchir aux actes de nos collègues.
  6. Lorsqu’on parle des identités de genre en littérature, c’est souvent dans une perspective analytique, mais dans la vie littéraire et paralittéraire gravitent des corps, des corps bien réels, les corps des autrices, des corps qui font aussi les textes et qui s’inscrivent, à divers degrés, dans l’écriture. Rappelons que la frontière entre le privé et le public est particulièrement floue dans le milieu littéraire, ne serait-ce que par l’aspect intime qui se dégage parfois de l’écriture. Nous remarquons que des personnes utilisent ce lien entre le texte et le corps des autrices pour faire preuve de coercition, insidieuse ou pas, ce qui a un impact sur la prise de parole des femmes et des minorités de genre et, en définitive, sur la parité au sein du milieu littéraire.
  7. La multiplication des postes occupés par une même personne engendre aussi sa propre complexité, parce qu’ainsi le pouvoir symbolique et réel se dédouble et s’étend à plus d’un projet ou d’un groupe de travail. L’écosystème littéraire étant restreint, nous refusons que le milieu soit le « terrain de chasse » de prédateurs, terrain de chasse d’autant plus dangereux qu’une culture de l’alcool teinte le milieu et est un facteur de vulnérabilité pour les femmes et minorités de genre.
  8. Nous ne soulignerons jamais assez que le milieu littéraire est précaire. Cette précarité rend possibles divers abus de pouvoir et violences sexuelles. Les personnes commentant ces abus et ces violences ont bien souvent le prestige et les moyens de faire basculer une carrière littéraire. En littérature, le parcours professionnel ou commercial d’une autrice ou d’un auteur repose sur un réseau de relations humaines et professionnelles, parfois entremêlées. On le sait : plus une sphère de production est restreinte, plus le capital symbolique y est puissant. Il nous incombe, par conséquent, dans un petit milieu comme le nôtre, de prendre la mesure de ce pouvoir dont disposent certains éditeurs, programmeurs littéraires, professeurs et écrivains, qu’on associerait parfois à juste titre au vedettariat littéraire. Il est impératif de réfléchir à ce que ce pouvoir peut autoriser, dans l’esprit de certains, et à l’abri des regards.

Notre milieu manie trop bien le verbe pour ignorer qu’il dispense parfois de l’action, et que cela est terriblement coûteux. Ceci est un appel à l’action. Les mots ne suffisent plus. C’est assez.

Nous demandons aux intervenantes et intervenants du milieu littéraire que les mots soient suivis de gestes, de prises de position fermes, de réformes, d’actions réparatrices claires, concrètes et transparentes, afin de briser cette culture du silence et de faire cesser les violences qu’elle dissimule et entretient.

Nous demandons aux éditrices et éditeurs ainsi qu’aux programmeuses et programmeurs littéraires de réfléchir à la cohabitation de victimes et d’agresseurs au sein de leur catalogue, de leurs lancements et de leurs événements littéraires. Nous leur demandons de trouver une solution qui tienne compte des besoins des victimes : être à l’aise, ne pas avoir à endurer la présence d’un agresseur réactivant des traumas, ne pas devoir décliner des invitations/des opportunités pour éviter celui-ci, etc. Nous demandons aux éditrices et éditeurs ainsi qu’aux programmeuses et programmeurs littéraires d’accepter cette charge mentale pour éviter que les survivantes et survivants n’aient à porter ce fardeau supplémentaire.

Nous demandons également aux éditrices et éditeurs ainsi qu’aux programmeuses et programmeurs littéraires et aux directrices et directeurs de revues littéraires un processus d’embauche vigilant et lucide, qui s’assure, par un mécanisme de consultation des femmes et minorités de genre du milieu, que les candidates et candidats retenus n’ont pas commis de violences à caractère sexuel.

Nous demandons aux personnes qui n’ont pas commis d’abus, mais qui ont volontairement fermé les yeux sur les abus de leurs collègues, de prendre publiquement position contre ces abus et de s’engager activement à les dénoncer et à ne plus les tolérer. Nous leur demandons de devenir des alliées et des alliés, qui joignent la parole aux actes.

Nous proposons aux festivals, aux librairies et à tout autre organisme culturel, entreprise ou individu organisant des événements littéraires – du plus officiel des galas au plus officieux des partys – de s’assurer de la présence d’un minimum de deux femmes et minorités de genre compétentes et bienveillantes qui restent sobres tout le long de l’événement. Leur rôle serait de veiller au bien-être et à la sécurité de tout le monde. Nous leur demandons également de mettre en place une politique de tolérance zéro lors de leurs événements. Considérant que les relations de pouvoir continuent en dehors du cadre professionnel, il est à noter que les événements et rassemblements privés se doivent de faire régner le respect et de participer au bien-être collectif.

Nous demandons un effort supplémentaire pour que les jurys, les comités de travail et les directions littéraires soient paritaires. Nous croyons que la parité est la pierre angulaire d’un changement de culture, les rapports de forces inégalitaires étant au fondement de ce qui pourrit notre milieu.

Nous demandons à ce qu’il existe, au niveau du financement par des organismes comme le CALQ, des structures de soutien pour recevoir les préoccupations des membres du jury relativement aux enjeux de harcèlement, que ce soit de la part d’une employée ou d’un employé de l’institution, d’une ou d’un membre du jury ou bien d’une personne soumettant une demande.

Nous demandons que les critiques littéraires réfléchissent à la fétichisation de la « jeune autrice », de « l’autrice endommagée/traumatisée » ou de « l’autrice trash ». Ce sont des archétypes dangereux, car en plus d’être capacitistes et âgistes, ils accentuent la vulnérabilité des principales intéressées. Ils détournent l’attention des œuvres en plus d’attirer les prédateurs du côté des autrices.

Lors des Salons du livre et des tournées de promotion, il est primordial que les éditrices et éditeurs ainsi que les programmeuses et programmeurs littéraires s’assurent de la sécurité des femmes et minorités de genre. On ne devrait jamais leur imposer une cohabitation, une chambre partagée. Si on leur laisse la responsabilité de se loger, il faut s’assurer de leur bien-être et ne jamais rester dans un flou impressionniste qui les fragilise. Nous demandons à ce qu’on rende sécuritaires leur hébergement, mais aussi leurs déplacements. La sécurité des femmes et minorités de genre devrait être assurée en tout temps par les responsables des Salons et tournées de promotion.

Nous reconnaissons que l’UNEQ est un partenaire essentiel, qui a été proactif dès les débuts de cette crise. Et c’est en tant que partenaire que nous demandons à notre syndicat et à sa cellule de crise d’entamer une réflexion sur les processus de justice alternative. Comme syndicat, l’UNEQ pourrait offrir de la médiation, la formation de comités de justice réparatrice, la prise en charge collective, etc. Tout le monde ne veut pas passer par le système de justice pour les raisons qu’on connaît, ce qui ne veut pas dire qu’on ne peut rien faire d’autre comme communauté littéraire. Il serait possible de se doter d’un organisme à part qui ferait respecter nos droits en tenant compte de la spécificité du milieu littéraire.

Nous demandons à l’UNEQ de produire et de diffuser un document qui s’adresserait aux jeunes autrices qui en sont à leurs premières armes, et qui serait accessible à toutes et à tous sur le site de l’UNEQ (comme le « Guide de l’impôt »). Ce document répertorierait le type de comportements abusifs de certaines personnes en situation de pouvoir (exemple : « conseillers littéraires » : quoi éviter). Il offrirait des balises éthiques, des mises en garde et une liste des ressources pour les victimes de violences à caractère sexuel.

Nous demandons à l’UNEQ de réfléchir à un moyen de protéger les victimes quand l’agresseur est l’éditeur.

Nous demandons à l’UNEQ d’offrir des ateliers éduquant ses membres sur les violences à caractère sexuel. L’UNEQ pourrait embaucher ponctuellement des intervenantes et intervenants psychosociaux spécialisés dans les violences à caractère sexuel afin d’animer ces ateliers d’information. Ceux-ci pourraient être conçus en collaboration avec le Conseil des arts et des lettres du Québec. On peut imaginer qu’ils soient rendus obligatoires pour celles et ceux qui feraient une demande de bourse, par exemple.

Nous demandons que l’adhésion à l’UNEQ et/ou les contrats d’édition soient accompagnés d’un contrat de nature éthique ou déontologique, afin de ne pas reproduire le modèle qui fait que la responsabilité de subir des violences à caractère sexuel ou de s’en protéger n’incombe qu’aux femmes et minorités de genre. Pour que tout le monde soit impliqué et que le rappel de cette responsabilité soit clair et net, un tel engagement nous semble nécessaire.

Nous demandons à l’ANEL de se doter des outils adéquats et d’un lieu pour recueillir anonymement les témoignages de ses membres. Nous demandons à ce que soit dispensée une formation obligatoire aux éditrices et éditeurs ainsi qu’aux programmeuses et programmeurs littéraires pour s’assurer du bien-être des membres de leur entreprise et de leur communauté. Nous demandons aussi la création d’un code déontologique ainsi que l’instauration d’une ressource externe constituée de personnes n’œuvrant pas dans le milieu littéraire.

Nous demandons que les journalistes, critiques, libraires, professeures et professeurs réfléchissent à leur façon d’entrer en contact avec les autrices. Nous souhaitons que cette réflexion transforme leurs habitudes et leur code de déontologie. Le courriel est un mode de communication adéquat. Il permet de conserver une saine distance professionnelle, ce qui n’est pas le cas des réseaux sociaux. Le moment où ces intervenantes et intervenants entrent en contact avec les autrices est aussi important : la nuit n’est jamais propice aux propositions de nature professionnelle.

Nous demandons enfin, avec insistance, aux personnes en position d’autorité dans le milieu littéraire de réfléchir, à partir d’une perspective intersectionnelle, aux difficultés supplémentaires que rencontrent les femmes racisées, les minorités de genre et les orientations non-hétéros dans notre environnement, celles-ci participant à l’isolement des victimes et/ou à leur discrédit.

Nous espérons votre écoute, nous espérons votre soutien, nous espérons votre soif de justice, nous espérons votre rage et votre amour et votre désir de transformer le milieu littéraire pour qu’il devienne un environnement plus sécuritaire et plus égalitaire. Nous valons mieux que cela, toutes et tous.

À vous la parole. Nous écoutons.

Les signataires

  1. Pascale André
  2. Audrée Archambault
  3. Mary Ash
  4. Alexa Asselin
  5. Rosalie Asselin
  6. Soline Asselin
  7. Marie-Charlotte Aubin
  8. Daphné B.
  9. Stéphanie Barahona
  10. Zéa Beaulieu-April
  11. Alex Beausoleil
  12. Sophie Bédard
  13. Vanessa Bell
  14. Marie-Andrée Bergeron
  15. Juliette Bernatchez
  16. Pascale Bérubé
  17. Marido Billequey
  18. Marie-Ève Blais
  19. Isabelle Boisclair
  20. Julie Bosman
  21. Hélène Bughin
  22. Anne-Renée Caillé
  23. Ariane Caron-Lacoste
  24. Margot Cittone
  25. Myriam Comtois
  26. Catherine Cormier-Larose
  27. Nélina Cornejo
  28. Adeline Corrèze
  29. Myriam Côté
  30. Véronique Cyr
  31. Marie Darsigny
  32. Carole David
  33. Shelbie Deblois
  34. Martine Delvaux
  35. Fanie Demeule
  36. Roxane Desjardins
  37. Nelly Desmarais
  38. Gabrielle Doré
  39. Kim Doré
  40. Véronique Drouin
  41. Alycia Dufour
  42. Andréanne Dufour
  43. Geneviève Dufour
  44. Nathaly Dufour
  45. Isabelle Dumais
  46. Catherine Dupuis
  47. Catherine Dussault Frenette
  48. Virginie Fauve
  49. Marie-Julie Flagothier
  50. Véronique Fontaine
  51. Natalie Fontalvo
  52. Valérie Forgues
  53. Anne-Marie Fortin
  54. Cato Fortin
  55. Carolanne Foucher
  56. Charlotte Francoeur
  57. Andréane Frenette-Vallières
  58. Mireille Gagné
  59. Marie-Noëlle Gagnon
  60. Andrey-Ann Gascon
  61. Mélissa Gasse
  62. Évelyne Gauthier
  63. Gabrielle Giasson-Dulude
  64. Amélie Gillenn
  65. Nadia Gosselin
  66. Marie-Ève Groulx
  67. Sara Hébert
  68. Laila Héloua
  69. Céline Huyghebaert
  70. Mélanie Jannard
  71. Pénélope Jolicoeur
  72. Rosalie Ladouceur
  73. Chloé LaDuchesse
  74. Véronique Laforest
  75. Madiboula Kébé
  76. Marie-Pierre Laëns
  77. Annie Lafleur
  78. Roseline Lambert
  79. Clara Lamy
  80. Annie Landreville
  81. Mélanie Landreville
  82. Eve Landry
  83. Joëlle Landry
  84. Sophie-Anne Landry
  85. Juliette Langevin
  86. Tania Langlais
  87. Valérie Langlois
  88. Catherine Lavarenne
  89. Élisabeth Lavoie
  90. Alex-Sandrine Leblanc
  91. Laurence Leduc-Primeau
  92. Valérie Lefebvre-Faucher
  93. Catherine Lefrançois
  94. Marie-Christine Lemieux-Couture
  95. Kateri Lemmens
  96. Ari Lessard
  97. Rosalie Lessard
  98. Mélissa Gasse
  99. Mélissa Grégoire
  100. Alice Lienard
  101. Caroline Louisseize
  102. Véronique Marcotte
  103. Stéphane Martelly
  104. Ellie Martineau-Lavoie
  105. Alice Michaud-Lapointe
  106. Kateri Lemmens
  107. Charlotte Moffet
  108. Annabelle Moreau
  109. Geneviève Morin
  110. Pascale Morin
  111. Leïka Morin
  112. Roxane Nadeau
  113. Mélodie Nelson
  114. Catherine Ocelot
  115. Sarah-Jane Ouellet
  116. Anaïs Paquin
  117. Véronique Pascal
  118. Annie Perreault
  119. Lucille Pesloûan
  120. Marie-Hélène Poitras
  121. Sans Rocheleau
  122. Valérie Picard
  123. Lily Pinsonneault
  124. Si Poirier
  125. Nathalie Ranger
  126. Katherine Raymond
  127. Kiev Renaud
  128. Valérie Roch-Lefebvre
  129. Sarah Rocheville
  130. Karine Rosso
  131. Stéphanie Roussel
  132. Mélanie Roy
  133. Jolène Ruest
  134. Lucille Ryckebursch
  135. Virginie Savard
  136. Chloé Savoie-Bernard
  137. Marie-Ève Sévigny
  138. Jeanne Simoneau
  139. Romy Snauwaert
  140. Érika Soucy
  141. Jessica St-Pierre
  142. Olivia Tapiero
  143. Camille Toffoli
  144. Karianne Trudeau Beaunoyer
  145. Rosalie Trudel
  146. Élise Turcotte
  147. Sarah Turner
  148. Justina Uribe
  149. Mélodie Vachon Boucher
  150. Chloé Varin
  151. Laurence Veilleux
  152. Maude Veilleux
  153. Mélissa Verreault
  154. Aimée Verret
  155. Myriam Vincent
  156. Catherine Voyer-Léger

 

 

Président éditeur, Fondation littéraire Fleur de Lys

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