Au sujet du du Réseau Francophone Numérique

Préservation numérique et accès sur des plateformes collaboratives

(Digital preservation and access on collaborative platforms)

« L’exemple du Réseau Francophone Numérique »

Driss Khrouz, Director, National Library of the Kingdom of Morocco, Rabat, Morocco.


Copyright © 2016 by Driss Khrouz. Ce travail est disponible sous licence Creative Commons Attribution 4.0 International Licence: http://creativecommons.org/licenses/by/4.0


Résumé:

Au début des années 2000, les projets internationaux de bibliothèques numériques se multiplient, favorisés par l’apparition de nouvelles technologies : la Bibliothèque Numérique Mondiale (World Digital Library), Europeana, Google Books, etc. Cependant, le constat est fait rapidement : ces projets n’accordent pas de place au patrimoine documentaire francophone, qui reste absent de ce nouveau paysage numérique, si ce n’est la présence de la Bibliothèque Nationale de France (BnF) au niveau d’Europeana.

Cela fait maintenant 10 ans que le Réseau Francophone Numérique (RFN) est en activité. Il compte aujourd’hui 25 institutions membres issues de pays culturellement très différents, mais unis autour des valeurs de la Francophonie. Les premières années ont été celles de la mise en place du Réseau, de sa constitution et de la mise en ligne de la première mouture de son portail numérique.

Aujourd’hui, le RFN veut aller encore plus loin. Après avoir refondé son identité juridique et sa structure de gouvernance, il est maintenant à la veille du déploiement de sa propre Bibliothèque Numérique, une initiative collaborative et multiculturelle visant à mettre en valeur les rapports qu’entretiennent des patrimoines culturels riches mais foncièrement différents avec la Francophonie.


Genèse du RFN

Au début des années 2000, les projets internationaux de bibliothèques numériques se multiplient, favorisés par l’apparition de nouvelles technologies : la Bibliothèque Numérique Mondiale (World Digital Library), Europeana, Google Books, etc. Cependant, le constat est fait rapidement : ces projets n’accordent pas de place au patrimoine documentaire francophone, qui reste absent de ce nouveau paysage numérique, si ce n’est la présence de la Bibliothèque Nationale de France (BnF) au niveau d’Europeana.

C’est dans ce contexte qu’est créé en 2006 le Réseau Francophone des Bibliothèques Nationales Numériques (RFBNN), ayant pour objectif la mise en place d’une bibliothèque numérique commune, qui permettra de partager des contenus numériques valorisant le patrimoine francophone mondial. Le projet reçoit immédiatement le soutien de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) lors du XIe sommet de la Francophonie à Bucarest. A l’initiative de la BnF, six bibliothèques nationales naturellement impliquées dans la Francophonie (Belgique, Canada, France, Luxembourg, Québec, Suisse) reconnaissent l’importance cruciale des programmes de numérisation pour le rayonnement des cultures francophones et de la langue française. Elles sont rapidement rejointes par la Bibliotheca Alexandrina. Suite à la naissance du réseau, le Secrétaire général de la Francophonie, Monsieur Abdou Diouf, déclarera à Bruxelles, lors de la rencontre des bibliothèques nationales et patrimoniales des pays partageant un intérêt commun pour la langue française :

« Ce qui se joue, en ce moment même, c’est la présence de la langue française dans l’espace numérique. Demain, ce qui ne sera pas numérisé et rendu accessible en ligne, risque d’être tout simplement occulté, pour ne pas dire oublié. Or, notre communauté a de grandes richesses à partager et à faire partager ».

Démarrage du Projet

En 2008, le portail du RFBNN est officiellement lancé lors du XIIème Sommet des chefs d’Etats et de gouvernement de la Francophonie à Québec. La conception et la réalisation technique de ce portail ont été confiées à la Bibliothèque et Archives Nationales du Québec (BAnQ), en vue d’offrir un accès centralisé au patrimoine documentaire numérisé, via une interface intuitive et conviviale.

En 2010, sous l’égide de l’OIF, le RFBNN simplifie son appellation et devient le Réseau Francophone Numérique (RFN). Il s’ouvre alors à toutes les institutions patrimoniales souhaitant participer à la sauvegarde ainsi qu’au partage de documents patrimoniaux francophones numérisés. A ce jour, le RFN compte 26 institutions membres, issues de 19 pays.

Cette vaste initiative, à la base d’un grand projet de numérisation au service de la conservation et de la diffusion du patrimoine écrit francophone, a été approuvée et encouragée lors de l’Assemblée Parlementaire de la Francophonie, réunie à Bruxelles du 8 au 12 juillet 2012, sur proposition de la Commission de l’Education, de la Communication et des Affaires Culturelles.

La mission du RFN recouvre trois aspects essentiels :

  • le premier est la préservation, par le biais de la numérisation, d’un patrimoine précieux parfois menacé de disparition, et d’une large diffusion à l’intention des publics chercheurs et non chercheurs.
  • Le second aspect est d’assurer le transfert de savoir-faire vers les institutions membres, et le développement de nouvelles compétences spécialisées comme la gestion de projets de numérisation, notamment en faveur de pays du Sud.
  • Le dernier aspect, et non des moindres, de la mission du RFN est d’offrir une plate forme d’échanges autour des enjeux de l’ère numérique, et de favoriser l’émergence d’une véritable communauté numérique francophone.

Afin de mener à bien cette mission, le réseau s’est tout d’abord doté d’une structure de gouvernance, d’outils professionnels de travail ainsi que de ressources humaines et financières optimales. La gouvernance générale est alors assurée par un comité de pilotage composé de 7 membres ainsi que d’observateurs de l’OIF. Une assemblée générale a lieu chaque année. Elle permet d’adopter les décisions importantes et offre une tribune à chaque membre du réseau souhaitant s’exprimer.

Le réseau s’est également doté d’une charte stratégique qui fait office de feuille de route. Adoptée en mars 2010 et révisée en avril 2013, cette charte définit les axes suivants :

  • Axe 1 : Un organisme international doté d’une personnalité morale
  • Axe 2 : Une mise à niveau des structures de numérisation des membres du réseau
  • Axe 3 : La numérisation d’archives appartenant à des auteurs contemporains
  • Axe 4 : Le recensement des ressources patrimoniales francophones
  • Axe 5 : L’évolution technologique du portail et le e-marketing associé

Le Portail du Réseau

Le portail du réseau est lancé dès l’année 2008. Il constitue alors une porte d’entrée unifiée vers les collections numérisées de presse francophone initialement diffusées par les bibliothèques numériques (quand elles existent) des institutions membres. Dès 2012, son rôle se renforce pour devenir un point d’accès centralisé au patrimoine documentaire numérisé en langue française, quelque soit le type de support, qu’il s’agisse de journaux, de revues, de monographies, de cartes et de plans, d’archives, de contenu vidéo etc.

En 2013, le portail subit une refonte en vue d’offrir une interface plus évoluée, via la mise en place de fonctionnalités avancées de consultation. En effet, la recherche de contenu supporte le texte intégral (full text), l’affinage des résultats s’effectue par facettes (faceted search) et les notices sont plus détaillées. Ces diverses améliorations permettent alors une meilleure réutilisation des données grâce à des métadonnées librement accessibles.

Ce portail communautaire à vocation collaborative, en synergie avec les tendances actuelles du web, offre un accès gratuit et instantané à des collections numérisées par 17 pays. Ces collections sont constituées d’une grande diversité de supports.

La collection RFN compte près de 690 000 fascicules issus de titres de journaux, essentiellement édités au XIXème et au XXème siècle. Les revues sont également à l’honneur avec de nombreux titres intégralement numérisés. Les monographies alimentent peu à peu la base de données qui compte actuellement une cinquantaine de titres. D’autres supports plus spécifiques sont également concernés au nombre desquels on compte les cartes et plans ainsi que les archives.

Des ensembles de grande valeur tels que la « Collection thématique America, 1500-1800 » [BAnQ] (cartes et plans) ou les « Mémoires du Canal de Suez » [Bibliotheca Alexandrina] sont mis à la disposition des usagers à travers l’interface du portail.

 

De plus, une section du portail est entièrement consacrée aux documents audiovisuels, parmi lesquels une sélection issue des conférences en ligne de la BnF, du Cercle littéraire et d’autres ensembles remarquables tels que « Arthur Lamothe et les Innus » [BAnQ] ou « Au fil des mots : treize poètes québécois se racontent » [BAnQ].

Enfin, le portail est également un centre de ressources en ligne dédié aux techniques de la numérisation patrimoniale. Il met à la disposition des professionnels un ensemble de documents techniques et théoriques destinés à accompagner leur montée en compétence. Toute la documentation utilisée lors des stages de formation y est disponible. Des guides méthodologiques relatifs à la préparation de cahiers de charges sont également offerts. Parmi ces documents, on peut trouver de nombreuses ressources traitant d’aspects métiers spécifiques, par exemple : « La chaine de numérisation », « Les formats de numérisation », « La numérisation des documents audiovisuels » etc.

Un réseau de Coopération Numérique

Le RFN est avant tout un réseau, et les acceptions modernes du terme réseau présupposent la présence d’une ou de plusieurs formes de partage. En effet, la coopération entre les pays du Nord et du Sud est essentielle au développement du RFN. Il est même fondé sur ce principe.

Etant donné le décalage technologique pouvant exister entre les différents membres du Réseau, le partage des connaissances et des ressources en matière de numérisation patrimoniale est rapidement devenu une voie incontournable afin d’atteindre les objectifs préalablement définis.

Pour ce faire, différents cycles de formation ont été programmés en marge des différentes assemblées générales qui se sont tenues à chaque fois dans des pays différents. C’est ainsi qu’en 2008 à Paris, en 2009 à Haïti, en 2011 à Dakar et en 2012 au Maroc, des formations théoriques et pratiques portant sur les techniques de la numérisation patrimoniale ont été organisées au profit de groupes de participants issus des institutions membres du réseau et dispensées par des experts de la BnF et de BAnQ.

Ces programmes de formation sont axés autour du partage de savoir faire en matière de numérisation, qu’il s’agisse des principes de constitution d’une collection numérique ou des modalités de gestion d’un projet de numérisation ; d’éléments techniques relatifs à la numérisation de documents imprimés, de documents iconographiques ou audiovisuels. Les enseignements dispensés ont couvert les normes du métier, dont l’application joue un rôle crucial dans la réussite des projets ; le matériel et les logiciels, dont une bonne manipulation est un gage de qualité du produit final ; le post-traitement des fichiers numérisés afin de garantir leur lisibilité ainsi que leur indexation via OCR ; ainsi que la question de l’archivage et de la conservation des contenus numérisés et de leurs métadonnées.

Ces stages ont été organisés afin de développer les compétences et les savoirs en matière de numérisation, pour renforcer les aptitudes acquises et permettre aux personnes formées de transmettre leurs connaissances à leur tour, une fois retournés dans leur pays d’origine, mais avant tout dans l’optique de fonder et de construire une Communauté (Community Building).

En effet, il s’agit bien de cela, le terme de réseau est aujourd’hui vidé de sons sens si l’objectif poursuivi n’est pas celui de la construction d’une communauté dynamique, au vu des avancées technologiques majeures de ces dernières années, en perpétuelle évolution.

Plusieurs thèmes ont été abordés, qu’il s’agisse de « Concevoir et mettre en œuvre une bibliothèque numérique » [Paris], de « Sélectionner un corpus à numériser » ou de « Mettre en place une chaîne de numérisation » [Cambodge].

Quel Impact ?

Les bénéfices et les retombées de ces séminaires consacrés à la numérisation sont substantiels. La programmation de ces cycles de formation et le soutient des membres fondateurs ont permis à des institutions disposant de moyens modestes d’acquérir du matériel performant et polyvalent, leur permettant de mettre en service rapidement des plateformes de numérisation fonctionnelles.

A Dakar par exemple, l’acquisition d’un Canon D9 a permis de dépasser un certain nombre de contraintes techniques, notamment en ce qui concerne les documents difficiles à manipuler du fait de l’acidité du papier. La machine s’appuie sur une procédure légère et transparente, permettant de ménager les documents formant des corpus fragiles, comme cela a été le cas avec les manuscrits du Président Léopold Sédar Senghor.

Les séminaires annuels ont inculqué aux participants une meilleure maîtrise de la chaîne et des techniques de numérisation, incluant le tri et la sélection des documents à numériser, la gestion des droits d’auteur, la préparation et la numérisation des documents, la reconnaissance optique de caractères, le contrôle de la qualité des documents numérisés, la sauvegarde, la gestion des métadonnées et la diffusion des ensembles numérisés.

L’assimilation de ces savoir-faire a permis aux personnels participants d’améliorer de façon considérable le rendement dans leurs institutions respectives, tout en réalisant un travail à la fois plus rapide et de meilleure qualité. De plus, l’acquisition et le transfert local de connaissances techniques dans le domaine de la numérisation a permis aux agents formés de prendre le relais et de devenir des formateurs à part entière, capables d’assurer le transfert du savoir-faire acquis aux collègues n’ayant pas pris part aux séminaires.

Afin de donner à la Francophonie cette dimension de respect et de valorisation des cultures et des civilisations qui y participent avec leurs différences, le RFN a rapidement décidé d’intégrer dans ses objectifs des documents patrimoniaux écrits dans les langues nationales des pays membres. Il s’agit là d’une initiative visant à rendre compte des richesses nationales, des diversités locales, régionales et de leur conjugaison avec le français. Cette stratégie s’inscrit dans le cadre du projet d’envergure internationale qu’est le Réseau Francophone Numérique et entend permettre la diffusion à grande échelle de ce patrimoine écrit, mais aussi de confirmer la place de la langue française comme vecteur de transmission des savoirs tout en continuant à renforcer cette position.

Le RFN constitue un vecteur essentiel de la promotion, de la consolidation et de la valorisation des valeurs humanistes véhiculées par la culture francophone, et c’est tout à fait naturel que la langue française en soit un vecteur privilégié.

Le bilan de ces réalisations est incontestablement positif, mais le RFN souhaite aller plus loin à l’avenir et continuer à développer son offre. Il souhaite améliorer ses mécanismes de gouvernance, notamment à travers la révision de sa charte et du processus de parrainage des nouveaux membres. Le réseau souhaite également un élargissement à d’autres régions de l’espace francophone, notamment en Europe de l’Est et en Amérique du Sud. Concernant le portail, le mot d’ordre est l’évolutivité. Le modèle collaboratif et communautaire est actuellement ce qui se fait de mieux en la matière. Sa gestion sera est assurée collégialement par BAnQ, en concertation avec la BnF, la Bibliotheca Alexandrina et l’OIF. Les métadonnées sont récupérées par moissonnage ou par chargement manuel.

Par ailleurs, l’offre à titre gracieux du service Gallica Marque Blanche [BnF] aux institutions sans outil de diffusion a été approuvée à Dakar en 2015, notamment pour le stockage, la diffusion et l’archivage des documents numérisés via les serveurs de la BnF, le package comprenant aussi une interface de diffusion personnalisée sous la forme d’une bibliothèque numérique avec une identité propre.

Le portail du réseau sera en constante évolution et développera de nouvelles stratégies de mise en valeur des trésors nationaux, à l’enrichissement des collections audiovisuelles et l’intégration du patrimoine issu de la tradition orale. Un partenariat avec l’UNESCO est déjà en cours afin d’ouvrir l’accès aux contenus du RFN à partir de la World Digital Library (WDL).

Enfin, de nouvelles voies seront explorées pour le partage de savoir-faire, à savoir de poursuivre l’organisation des stages régionaux et de développer une offre de stages spécialisés en lien avec un projet particulier de numérisation, de manière à privilégier l’action locale, mais également accompagner les projets dans leur mise en œuvre, jusqu’à la mise en ligne des contenus et leur intégration à la base de données du réseau.

Les besoins exprimés par les membres et partenaires sont encore nombreux. Ainsi sont concernés les logiciels propriétaires et le matériel utilisés pour le calibrage des écrans d’ordinateurs, les scanners, le matériel de restauration, la formation etc. Ces équipements ont un coût très élevé pour les bibliothèques des pays du Sud qui devraient d’avantage être pris en compte à l’avenir.

L’avenir du RFN

Nous sommes aujourd’hui à un moment qui revêt une symbolique toute particulière pour le Réseau, puisque dix années se sont écoulées depuis sa création. Le bilan est un franc succès, ne serait-ce que par la dynamique d’échanges qu’il a créée. Ceci nous amène également à penser son avenir, qui passe notamment par la pérennisation de sa structure.

C’est en ce sens que l’assemblée générale de Dakar, qui a lieu le 13 mai 2015, a marqué les esprits. Elle constitue un tournant dans les perspectives de développement du Réseau pour plusieurs raisons. Elle a tout d’abord permis à l’ensemble des membres d’évaluer le résultat des actions entreprises depuis la création du RFN mais aussi de réfléchir à l’évolution juridique de la structure, avec pour objectif de lui donner une existence qui soit durable dans le temps. L’assemblée générale de Paris, qui s’est tenue le 27 avril 2016 a quant à elle permis d’acter ces décisions.

Les membres ont voté à l’unanimité pour la constitution du RFN en tant qu’association internationale de droit belge, à but non-lucratif, soit une nouvelle identité qui apporte en même temps de la consistance ainsi qu’une certaine souplesse dans la gestion des affaires administratives. Cette nouvelle formule de gouvernance est fondée sur la mise en place de deux organes de gouvernance : une Assemblée générale souveraine dont émane un organe d’administration, appelé le Comité Exécutif (CE). Ce dernier désigne parmi ses membres un président, un à quatre vice-présidents, assurant chacun la responsabilité du développement d’une à plusieurs actions inscrites au plan stratégique de l’Association, ainsi qu’un secrétaire et un trésorier.

Ce nouveau modèle repose sur une présidence forte concertée et des délégués, ce qui permet de répartir la charge de travail liée aux différents projets, qu’il s’agisse de formation, de maintenance du portail ou d’identification de collections patrimoniales susceptibles d’enrichir la bibliothèque numérique du Réseau. L’objectif est de doter le RFN d’une autonomie de gestion, à la fois financière et technique, offrant à ses membres des conditions optimales pour y contribuer.

Une autre décision importante concerne le portail qui a été renommé en Bibliothèque du RFN. Il ne s’agit pas d’une décision de nature cosmétique, mais bien d’une refonte de l’outil.

En effet, malgré un travail de qualité et continu, réalisé par BAnQ, qui assure la gestion du portail depuis la création du réseau, le diagnostic établi dénote des contributions en deçà des ambitions du Réseau, malgré une fréquentation du portail en hausse de plus de 20%. Bien entendu, il aurait été très facile pour des institutions comme la BnF ou BAnQ de noyer le portail sous un flot de documents et d’archives numérisés mais là n’est pas son but. Le RFN est avant tout une aventure collective dans laquelle chaque institution membre dispose d’un espace dédié pour s’exprimer et pour présenter des fragments remarquables de son patrimoine culturel francophone.

Afin d’opérer cette refonte, les membres du Réseau ont décidé de travailler, depuis l’Assemblée de Dakar, sur un projet s’appuyant sur l’offre de services Gallica « Marque Blanche » : celle-ci repose sur le partage par la BnF des développements techniques et fonctionnels qui lui ont permis de construire Gallica, la bibliothèque numérique de la BnF et de ses 270 partenaires. Marque Blanche devait permettre au Réseau, moyennant des coûts raisonnables, de mettre en ligne un outil encore plus professionnel et attractif, l’objectif étant de développer la visibilité des collections numériques du RFN à l’international, de créer un engouement, aussi bien chez les chercheurs que chez les profanes, afin de développer une véritable communauté numérique autour de cette initiative.

C’est ainsi que La Bibliothèque du Réseau Francophone Numérique est née, et qu’elle a acquis une existence officielle lors de la dernière Assemblée Générale du Réseau, qui s’est tenue à Paris en avril 2016.

Basée sur « Gallica Marque Blanche », pour laquelle la BnF s’est engagée à long terme en mettant à la disposition des institutions membres du Réseau qui le souhaitent, son socle technique et ses serveurs de diffusion, elle constitue la première brique d’un écosystème en devenir dans lequel le pivot central est le portail du Réseau, dont la maintenance continuera d’être assurée par BAnQ.

Cette plate forme de promotion des corpus francophones, paramétrable et bénéficiant des évolutions et améliorations technologiques qui sont régulièrement apportées à la bibliothèque numérique de la BnF « Gallica », permettra à certaines institutions du Nord d’accroitre d’avantage leur capacité de diffusion, et aux institutions du Sud, qui ne disposent pas d’outils techniques, de posséder un moyen de promouvoir leurs collections numérisées.

Le premier bilan, à l’issue duquel ont été présentées des maquettes graphiques de la Bibliothèque numérique du Réseau, est l’aboutissement d’une phase pilote collaborative qui a impliqué les institutions volontaires du Canada, du Luxembourg, de Madagascar, du Maroc, du Québec, du Sénégal et de la Suisse.

Les documents sélectionnés dans le cadre de cette phase pilote ont fait l’objet d’une double collecte : dans un premier temps, les documents numérisés par les institutions membres et ensuite, les documents complémentaires moissonnés via le protocole OAI dans Gallica. Le périmètre documentaire repose sur quatre axes thématiques, que viennent compléter les six aires géographiques qui respectent la diversité de la Francophonie. Cette configuration offre aux internautes la possibilité d’effectuer une recherche par axe, par aire géographique, ou par une combinaison des deux. Un projet de politique documentaire a également été approuvé. Il traite entre autres des supports, des thèmes, des aires géographiques, des critères de sélection, et cible prioritairement des patrimoines en danger.

L’étape suivante consistera à étendre la phase de test à l’ensemble des membres du Réseau qui le souhaitent afin de parachever la préparation de la mise en production. Il faudra

également programmer un certain nombre de cycles de formation, afin d’organiser le transfert de compétences et de savoir faire. Enfin, il sera également nécessaire de pérenniser la structure juridique et financière du RFN afin de disposer des ressources adéquates nécessaires à la maintenance de la plateforme.

Une version béta devrait être en ligne d’ici la fin de l’été 2016. Les derniers tests pourront alors être finalisés pour une mise en production à l’automne prochain. En toute logique, une campagne de communication est déjà planifiée afin de promouvoir la Bibliothèque du Réseau Francophone Numérique et valoriser ainsi les efforts importants accomplis par l’ensemble des membres jusqu’ici.

En résumé

Au terme de dix années d’existence, le Réseau Francophone Numérique n’a rien perdu de son ambition. Avec des résultats plus qu’honorables obtenus à partir de financements modestes, il souhaite maintenant grandir et continuer à se développer sur les bases solides qui sont les siennes, tout en intégrant les composantes financières, juridiques et techniques nécessaires à la réussite de son projet.

La francophonie est une richesse, un idéal, une vision du monde vers lesquels convergent des acteurs pourtant issus d’environnements socioculturels radicalement différents. Elle crée une dynamique commune, un ancrage qui tire vers un horizon commun et rassemble autour d’une communauté porteuse de valeurs communes. Son maintien ainsi que son développement sont une priorité, une obligation, un devoir envers les générations futures, dépositaires des richesses patrimoniales et des valeurs qu’elle défend.

References

Portail  du Réseau Francophone Numérique :  http://www.rfnum.org/

Bibliothèque Numérique Gallica :  http://gallica.bnf.fr/


Source : The International Federation of Library Associations and Institutions (IFLA).

Président éditeur, Fondation littéraire Fleur de Lys

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Publié dans Actualité au jour le jour

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