JMLDA : La Journée mondiale du livre et du droit d’auteur le 23 avril 2020 sera virtuelle

Image par mohamed Hassan de Pixabay

JOURNÉE MONDIALE DU LIVRE ET DU DROIT D’AUTEUR

23 avril 2020

La Journée mondiale du livre et du droit d’auteur sera virtuelle


par Serge-André Guay, rédacteur en chef, APPUI-LIVRES.
Publié le 3 avril 2020


En raison de la pandémie mondiale de la maladie de la Covid-19 et du confinement des populations, la 25ème éditionde la Journée mondiale du livre et du droit d’auteur (JMLDA) le 23 avril prochain se tiendra en ligne et sera avant «tout numérique».

L’année dernière, l’Association nationale des éditeurs de livres (ANEL) a renoncé à son rôle de coordonnateur de la Journée mondiale du livre et du droit d’auteur au Québec. Et faute de trouver une relève, l’édition 2019 de la Journée mondiale du livre et du droit d’auteur a fait relâche au Québec et au Canada. Le site web de l’événement n’est plus en ligne.

L’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO), principal organisateur de la Journée sur la scène internationale, a dévoilé cette semaine le thème de l’édition 2020 de la Journée mondiale du livre et du droit d’auteur LIRE… DÉPLOYER SES AILES ET VOYAGER.


Source : UNESCO.


Ce dernier apparaît sur un bandeau publié sur le site de l’UNESCO et dédié à l’édition 2020 de la Journée mondiale du livre et du droit d’auteur. L’organisation n’a pas l’habitude de révéler quoique ce soit avant le jour même de la Journée, notamment, le message de la directrice générale de l’UNESCO pour l’occasion et le texte de présentation des célébrations de l’année. À cette heure, le texte accompagnant le nouveau bandeau est le même que celui des années précédentes.

Le virage en ligne du monde du livre depuis le confinement forcé pour protéger les populations de la contagion au covid-19 laisse donc entrevoir une Journée mondiale du livre et du droit d’auteur également en ligne le 23 avril prochain.

Les intervenants du monde du livre s’activent déjà sur internet. Les bibliothèques mettent de l’avant leurs services de prêts en ligne de livres numériques. Les libraires mettent l’accent sur leurs plateformes de ventes en ligne et la livraison postale à domicile. Plusieurs éditeurs offrent en libre accès les versions numériques de leurs livres. Bon nombre d’écrivains invitent la population à des lectures diffusées en direct sur les réseaux sociaux et sur leurs propres sites web. Et ainsi de suite.

Que fera de plus le monde du livre pour la Journée mondiale du livre et du droit d’auteur cette année ?

À coup sûr, le thème du droit d’auteur sera au cœur de plusieurs interventions. Plusieurs écrivains se sentent déjà lésés en raison de la violation de leurs droits d’auteur dans le cadre des initiatives en ligne pour contrer l’ennui du confinement des population.

L’Union des écrivaines et des écrivains québécois soutient que «La crise n’est pas une excuse au travail gratuit des écrivaines et des écrivains !» L’écrivain Stéphane Dompierre abonde dans le même sens dans un message sur sa page Facebook.

La journaliste Cecile Gladel de Radio-Cana a fait écho à ce message de monsieur Dompierre dans un article intitulé « COVID-19 : coup de gueule contre le travail gratuit des auteurs et autrices ».

La crise démontre une fois de plus la fragilité de votre métier. L’absence d’accords-cadres nous empêche d’agir collectivement comme peuvent le faire d’autres syndicats d’artistes. L’absence de filet social vous prive d’une protection à laquelle vous devriez avoir droit comme les autres artistes.

Laurent Dubois
Directeur général, UNEQ

Source : La crise n’est pas une excuse au travail gratuit des écrivaines et des écrivains !

Le respect du droit d’auteur en ces temps de diffusion en ligne de la littérature dans le contexte de la pandémie de la Covid-19 occupe donc déjà l’actualité et il est fort à parier qu’il en sera de même lors de la Journée mondiale du livre et du droit d’auteur.

Sous cet angle, c’est le libre accès à la culture, y compris à la littérature, qui entre en jeu. Soutenu par la culture de gratuité caractéristique du monde en ligne, le libre accès implique le choix du créateur pour le type de protection qu’il souhaite à ses droits sur son œuvre. Les licences Creative Commons incite au partage de l’œuvre sous différentes conditions.


Ce que font nos licences

Les licences de droits d’auteur et les outils Creative Commons apportent un équilibre à l’intérieur du cadre traditionnel “tous droits réservés” créé par les lois sur le droit d’auteur. Nos outils donnent à tout le monde, du créateur individuel aux grandes entreprises et aux institutions publiques, des moyens simples standardisés d’accorder des permissions de droits d’auteur supplémentaires à leurs œuvres. La combinaison de nos outils et de nos utilisateurs est un fonds commun numérique vaste et en expansion, un espace commun de contenus pouvant être copiés, distribués, modifiés, remixés, et adaptés, le tout dans le cadre des lois sur le droit d’auteur.

Source : Creative Commons.


Cliquez sur le tableau pour agrandir

Source : Wikipédia.


Attribution [BY] (Attribution) : l’œuvre peut être librement utilisée, à la condition de l’attribuer à l’auteur en citant son nom. Cela ne signifie pas que l’auteur est en accord avec l’utilisation qui est faite de ses œuvres.

Pas d’utilisation commerciale [NC] (Noncommercial) : le titulaire de droits peut autoriser tous les types d’utilisation ou au contraire restreindre aux utilisations non commerciales (les utilisations commerciales restant soumises à son autorisation). Elle autorise à reproduire, diffuser, et à modifier une œuvre, tant que l’utilisation n’est pas commerciale.

Pas de modification [ND] (NoDerivs) : le titulaire de droits peut continuer à réserver la faculté de réaliser des œuvres de type dérivées ou au contraire autoriser à l’avance les modifications, traductions.

Partage dans les mêmes conditions [SA] (ShareAlike) : le titulaire des droits peut autoriser à l’avance les modifications ; peut se superposer l’obligation (SA) pour les œuvres dites dérivées d’être proposées au public avec les mêmes libertés que l’œuvre originale (sous les mêmes options Creative Commons).

Zéro : le créateur renonce à ses droits patrimoniaux (il est impossible de se défaire de son droit moral en France). Aucune limite à la diffusion de l’œuvre n’existe, sous réserve des législations locales. Dans un certain nombre d’États, la licence CC0 équivaut à la licence CC-BY.

Source : Wikipédia.


L’adoption des licences Creative Commons implique un changement de paradigme pour les créateurs habitués à tirer des revenus des droits d’auteur traditionnels (copyright) sur leurs œuvres.

Et c’est souvent dans cette optique pécuniaire que la Journée mondiale du livre et du droit d’auteur se tient. Les organisateurs souhaitent que les lecteurs encouragent les écrivains en achetant des exemplaires de leurs livres. Les lecteurs sont invités à privilégier les librairies indépendantes afin de soutenir, non seulement les écrivains, mais toute la chaîne du livre. Ainsi, la Journée mondiale du livre et droit d’auteur se veut toute dédiée à l’industrie traditionnelle du livre.

Les œuvres autoéditées et celles édités à compte d’auteur, les auteurs amateurs et les auteurs entrepreneurs demeurent sur la carreau.

En 1995, lors de l’adoption de la résolution de la proclamation de cette Journée mondiale du livre et du droit d’auteur par l’assemblée générale de l’UNESCO, le monde du livre désignait uniquement l’industrie traditionnelle du livre, celle découlant de l’édition à compte d’éditeur et de la cessions des droits d’auteur à l’éditeur par l’auteur.


Proclamation d’une Journée mondiale du livre et du droit d’auteur le 23 avril

La Conférence générale,

Considérant que le livre a été, historiquement, l’instrument le plus puissant de diffusion de la connaissance et le moyen le plus efficace d’en assurer la préservation,

Considérant, par conséquent, que toute initiative en vue de promouvoir le rayonnement du livre est un facteur d’enrichissement culturel pour tous ceux qui y ont accès et, de surcroît, ne peut que sensibiliser davantage encore l’opinion aux trésors du patrimoine culturel mondial et encourager la compréhension, la tolérance et le dialogue,

Considérant que l’une des formes les plus efficaces de promotion et de diffusion du livre – comme le montre l’expérience de plusieurs Etats membres de l’UNESCO – est d’organiser chaque année une Journée du livre, assortie de diverses manifestations telles que foires et expositions,

Constatant que cette formule n’a pas été encore reprise au plan international,

Adopte cette idée et proclame Journée mondiale du livre et du droit d’auteur le 23 avril, jour du décès, en l’an 1616, de Miguel de Cervantes, de William Shakespeare et de l’Inca Garcilaso de la Vega.

Résolution adoptée sur le rapport de la Commission IV à la 22e séance plénière, le 15 novembre 1995.

Source : UNESCO – Résolution adoptée par l’Assemblée Générale 


Aujourd’hui, le monde du livre déborde du cadre de l’industrie traditionnelle du livre en raison de la démocratisation de l’accès à l’édition au profit des auteurs amateurs et des auteurs entrepreneurs, par opposition, aux écrivains professionnels.

L’industrie traditionnelle du livre réserve le statut d’écrivain uniquement à ceux et celles dont elle édite les œuvres. Le qualificatif professionnel désigne les écrivains membres d’un syndicat ou d’une association reconnue pour les représenter auprès des autorités et autres maillons de la chaîne du livre traditionnelle.

On notera aussi une différence l’auteur amateur et l’auteur entrepreneur. Le premier n’a pas d’aspiration pécuniaire et s’adonne à l’écriture et à la publication comme à loisir. Le second envisage une carrière en littérature et vise des gains financiers.

Parmi ses partenaires de la Journée mondiale du livre et du droit d’auteur, l’UNESCO compte uniquement des associations représentant l’industrie traditionnelle du livre, notamment, Fédération Internationale des Associations et Institutions de Bibliothèques et Association internationale des éditeurs.

A cette occasion, l’UNESCO et les organisations internationales représentant les trois principaux secteurs de l’industrie du livre – éditeurs, libraires et bibliothèques – sélectionnent une ville comme Capitale mondiale du livre pour maintenir l’impulsion des célébrations de la Journée jusqu’au 23 avril de l’année suivante.

Source : UNESCO / Journée mondiale du livre et du droit d’auteur.

Malgré les profonds changements engendrés par la démocratisation de l’accès à l’édition profitant aux auteurs amateurs et à la propagation du loisir littéraire, la Journée mondiale du livre et du droit d’auteur se limite encore et toujours à l’industrie traditionnelle du livre.

Heureusement, la Journée mondiale du livre et du droit d’auteur est une célébration visant à promouvoir le plaisir des livres et de la lecture, soutient l’UNESCO. Par cette définition, la Journée mondiale du livre demeure ouverte à tous les auteurs, amateurs ou entrepreneurs, et à tous les écrivains. Il ne s’agit pas uniquement des livres produits par l’industrie traditionnelle du livre, mais de tous les livres.

Président éditeur, Fondation littéraire Fleur de Lys

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