OPINION : Interdire la reproduction pour inciter les internautes à visiter son site web n’est pas une bonne idée

OPINION

ENTRE ACTUALITÉ ET COMMUNIQUÉ

Interdire la reproduction pour inciter les internautes à visiter son site web n’est pas une bonne idée

Serge-André Guay, président éditeur
Appui-Livres – Agence de presse et quotidien québécois dédiés au monde du livre
Fondation littéraire Fleur de Lys

Contrairement à la croyance populaire, l’information ne circule pas librement sur internet ou d’un site web à un autre. La majorité des sites web soumettent leurs contenus à des droits d’auteur stricts interdisant ainsi toute reproduction intégrale ou partielle. «Nous préférons que les internautes intéressés viennent sur notre site» soutiennent les propriétaires des sites web.

Dans le cas d’un site web privilégiant la monétisation de son contenu pour en assurer la rentabilité financière par la vente de publicités fondée sur le nombre de visites d’internautes peut expliquer cette interdiction de reproduction du contenu. On souhaite le plus grand nombre de visites pour vendre la publicité au meilleur prix compte tenu des profits espérés.

En parallèle, ces sites web sous droits d’auteur incitent leurs internautes à partager leur contenu sur les réseaux sociaux. En fait, il ne s’agit pas d’un partage du contenu proprement dit. Le partage se limite à une référence au contenu ou, si vous préférez, à une publicité sous forme de lien conduisant à ce contenu sur le site web. On espère un partage massif du lien sur les réseaux sociaux. L’objectif demeure d’amener la clientèle des réseaux sociaux à fréquenter le site web.

Mais cette approche ne contribue pas à la découvrabilité du site web et de ses contenus par les moteurs de recherche. En effet, les moteurs de recherche ne tiennent pas compte des réseaux sociaux. La découvrabilité et le classement d’un contenu par les moteurs de recherche reposent encore sur le nombre de liens vers ce contenu trouvé sur d’autres sites web. Tous les liens vers le site web trouvés sur les réseaux sociaux ne comptent pas dans ce référencement par les moteurs de recherche. Autrement dit, plus le nombre de sites web offrant un lien vers un contenu donné est élevé, plus la découvrabilité de ce contenu par les moteurs de recherche sera assurée.

Plusieurs auteurs facteurs jouent en faveur de la découvrabilité et du référencement d’un site web par les moteurs recherche.


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À mon avis, l’objectif principal de la publication d’un contenu sur le web est d’être lu. La mention «Tous droits réservés» ne permet pas la diffusion du contenu nécessaire pour être lu par le plus grand nombre. Le meilleur moyen d’atteindre cet objectif est d’en autoriser la reproduction intégrale et à l’identique, dans un contexte non-commercial, accompagnée d’une mention de la source (paternité) et d’un lien obligatoires vers la page web de la source. C’est ainsi qu’on a vu apparaître les licences de reproduction Creative Commons.


 

Conception et fondement des licences

Toutes les licences Creative Commons ont de nombreuses caractéristiques importantes en commun. Chaque licence aide les créateurs — nous les appelons titulaires de droits s’ils utilisent nos outils — s’ils conservent leurs droits tout en autorisant le public à copier, distribuer, et faire certaines utilisations de leurs œuvres — au moins à titre non commercial. Chaque licence Creative Commons assure également aux titulaires de droits qu’ils seront crédités et cités de la manière dont ils le souhaitent. Toutes les licences Creative Commons fonctionnent dans le monde entier et s’appliqueront aussi longtemps que dureront les droits d’auteur (parce qu’elles sont fondées sur les droits d’auteur). Ces caractéristiques communes servent de point de référence, à partir duquel les titulaires de droits peuvent choisir d’accorder des permissions complémentaires quand ils décident de la manière dont ils souhaitent que leur œuvre soit utilisée.

Le titulaire des droits qui met une œuvre sous licence Creative Commons répond à quelques questions lorsqu’il choisi une licence — dans un premier temps : « est-ce que je veux autoriser les usages commerciaux ? ». Puis : « est-ce que je veux autoriser la modification de mon œuvre ? ». Dans le cas ou un titulaire de droits choisit d’autoriser les modifications d’une œuvre, il peut aussi choisir de demander aux utilisateurs des œuvres que les œuvres dérivées soient rediffusées avec la licence initialement sélectionnée. Nous appelons ce concept « Partage à l’identique » ; c’est un des mécanismes qui permet aux communs numériques de grandir dans le temps. Ce concept est inspirée par la Licence Publique Générale (GNU) utilisée par beaucoup de projets de logiciels libres et open source.

Nos licences n’affectent pas les libertés que la loi accorde aux utilisateurs d’œuvres créatives par ailleurs protégées par les droits d’auteur, telles que les exceptions et limitations aux droits exclusifs. Les licences Creative Commons demandent aux utilisateurs d’œuvres de solliciter la permission des titulaires de droits pour effectuer tout acte sur une œuvre que la loi réserve exclusivement à un titulaire de droits et que la licence n’aurait pas autorisé expressément. Les utilisateurs d’œuvres doivent attribuer le titulaire de droits en citant son nom, garder les notices de droits d’auteur intactes sur toutes les copies de l’œuvre, et mettre un lien vers la licence à partir des copies de l’œuvre. Les utilisateurs d’œuvres ne peuvent pas utiliser de mesures de protection technique (DRM) qui restreindraient l’accès à l’œuvre par autrui.

Source : Creative Commons.


Certains vont encore plus loin en fournissant à l’internaute intéressé par la reproduction de leurs contenus en offrant le code HTLM à copier/coller. C’est le cas du média en ligne d’information et d’analyse de l’actualité indépendant, LA CONVERSATION.

Dans la colonne à droite de chaque article, on peut lire cette déclaration «Nous croyons à la libre circulation de l’information» suivie de cette invitation : «Reproduisez nos articles gratuitement, sur papier ou en ligne, en utilisant notre licence Creative Commons.» En cliquant sur le bouton «Republier cet article», le code HTML de l’article apparaît pour être copier/coller sur une page de votre site web. Notre magazine répond régulièrement à cette invitation en sélectionnant les articles pouvant mieux informer les visiteurs de ce quotidien en ligne.


Lien vers l’édition canadienne-française du média. Notez qu’il existe plusieurs autres éditions, chacune ayant ses propres articles.

Ce que nous sommes

La Conversation est un média en ligne d’information et d’analyse de l’actualité indépendant, qui publie des articles grand public écrits par les chercheurs et les universitaires.

Notre équipe de journalistes expérimentés travaille en collaboration avec les universités et les instituts de recherche afin de diffuser leur savoir vers le plus grand nombre.

L’accès à un journalisme d’expertise authentique et de qualité est un des piliers de la démocratie. Notre objectif est de permettre une meilleure compréhension de l’actualité et des sujets les plus complexes. Dans l’espoir d’alimenter un débat public de meilleure tenue.

Nous avons établi de nouveaux protocoles et de nouvelles règles afin d’aider à rebâtir la confiance envers le journalisme de qualité. Tous nos auteurs et nos journalistes ont signé notre Charte éditoriale. Et tous nos contributeurs doivent respecter les règles de notre communauté. Nos auteurs n’écrivent que sur les sujets de leur champ d’expertise, précisé dans le cadre de leur article. Les sources de financement de nos auteurs doivent être rendues publiques, pour éviter les conflits d’intérêts. Si ces règles ne sont pas respectées, les auteurs pourront être interdits de publication sur le site.

La Conversation a été lancé en Australie en mars 2011, au Royaume-Uni en mai 2013, aux États-Unis en novembre 2014, en Afrique en juin 2015 et en France en septembre 2015. La Conversation Global s’est lancé en tant que site pilot en septembre 2016.

Nous croyons à un accès libre à l’information. La Conversation est une plateforme gratuite, pour les lecteurs (nous n’aurons jamais de paywall) tout d’abord mais aussi en ce qui concerne la republication sous Creative Commons. Tout ce que vous devez faire est de suivre nos règles simples. Nous sommes également devenus une source d’information indispensable pour les médias, produisant des articles de qualité gratuits pour tous et alimentant la presse écrite, les sites, la radio ou la télévision en nouvelles idées et en nouveaux talents à suivre.

Un grand merci au Carnegie Corporation of New York, qui a fourni un soutien initial pour notre édition globale.

Source : La conversation.


Pour alimenter APPUI-LIVRES, notre quotidien en ligne, nous recherchons des informations en lien avec le monde du livre et tout ce que devrait savoir nos abonnés et, plus spécifiquement, les auteurs et les lecteurs.

Nous avons un routine. Nous commençons par le site web du ministère de la Culture et des Communications du Québec, celui de l’Union des écrivaines et des écrivains québécois, celui de l’Association nationale des éditeurs de livres, celuis de l’Association des libraires du Québec, celui de la Société de développement des entreprises culturelles, celui du ministère Patrimoine canadien et autres. Ensuite, nous effectuons différentes recherches ciblées avec Google Actualité et Google Scholar. Nous nous référons aussi aux nombreuses lettres et bulletins d’information de différentes organisations reçues dans notre boîte de courriels à chaque jour. Nous visitons aussi les sites web de dépôts de thèses universitaires à la recherche de travaux liés de près ou de loin au monde du livre, à la littérature, à l’édition… Et ainsi de suite.

Sur les sites web visités, on trouve souvent une section «ACTUALITÉS» et une section «COMMUNIQUÉS». On ne peut pas reproduire les actualités, d’où notre intérêt pour les communiqués.

Nous ne comprenons pas pourquoi les sites web gouvernementaux ne permettent pas la reproduction de leurs «ACTUALITÉS». Il en va de même des sites web de l’Union des écrivaines et des écrivains québécois, de l’Association nationale des éditeurs de livres et de l’Association des libraires du Québec. Ces sites web ne sont pas monétisés ou, si vous préférez, commerciaux. Ces organisations ne tirent aucun revenu du nombre de visiteurs de leurs sites web. L’exclusivité du contenu n’a aucune influence sur le financement de leurs sites web.

Ils peuvent toujours tenter de fidéliser leurs membres et sympathisants en affirmant «Vous trouverez sur notre site web, des informations qu’on ne trouve nulle part ailleurs». Et c’est bien là le problème. L’information ne circule pas. Elle est confinée. Les personnes qui ne fréquentent pas les sites web de ces organisations ne sont pas informées.

Puis, bang, un beau jour, ces organisations doivent sortir sur la scène publique, lancer un appel à tous, et la population ne comprends pas… parce qu’elle est informée brusquement et qu’elle ne comprend pas le contexte.

Pourtant, dans leurs discours, ces organisations répètent à n’en plus finir qu’il leur faut sensibiliser la population à ceci et cela, ce qui, à mes yeux, signifie rien de plus qu’il leur faut sortir de leur coquille. DIFFUSER L’INFORMATION !

Pour ce faire, elles se lancent corps et âme sur les réseaux sociaux, un autre milieu de confinement. C’est ainsi que l’Association des libraires du Québec informait les abonnés à sa page Facebook de sa situation en cette période de pandémie de la COVID-19 sans en glisser un traitre de mot sur son site web officiel, une situation corrigée à la suite de notre intervention.


APPUI-LIVRES

COVID-19 / OPINION : Facebook n’est une plateforme de communications officielles comme certains organismes le croient

En temps de crise seules les communications officielles comptent ! Pour informer et être informés, il nous faut des communiqués de presse tout ce qu’il y a de plus officielle. Par conséquent, un simple message sur une page Facebook n’est pas et ne sera jamais une communication officielle. Je rappelle aux organismes qu’un réseau social n’est pas un média d’information officielle.

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«Tout le monde est Facebook» nous disent-ils. Mais ce n’est pas tout le monde qui visite votre page Facebook.

Nous, chez APPUI-LIVRES, nous n’avons pas le temps de faire la tournée de toutes les pages des nombreuses organisations du monde du livre sur Facebook ou d’autres réseaux sociaux lors de notre cueillette d’information quotidienne. À vrai dire, le babillage des réseaux sociaux ne nous intéresse pas.

Nous sommes de vieille école des communiqués de presse officiels. Et nous croyons que le pouvoir n’est plus entre les mains de celui qui détient l’information mais plutôt à celui qui la diffuse, et en ces temps internet/web, à celui qui en permet la plus large diffusion.

Président éditeur, Fondation littéraire Fleur de Lys

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