Aujourd’hui le 20 mars 2020, c’est la Journée internationale de la francophonie

Aujourd’hui le 20 mars 2020, c’est la Journée internationale de la francophonie

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Coronavirus : message de la Secrétaire générale

Dans le contexte créé par la pandémie de Coronavirus Covid-19, crise sanitaire sans précédent qui n’épargne aucun continent, l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF)  s’associe à la lutte contre la propagation du virus.

Plusieurs manifestations prévues dans les prochaines semaines ont été reportées, en particulier des événements destinés à marquer, dans le monde entier, le Cinquantième anniversaire du projet francophone.

L’Organisation  a instauré le télétravail aussi bien pour les personnels du siège à Paris, qui sont tenus de respecter les règles de strict confinement édictées par les autorités françaises, que pour les agents exerçant leurs missions dans des unités hors siège à travers le monde, appelés à suivre les consignes du pays d’implantation.

L’ampleur de cette crise est majeure et son issue, encore incertaine. Hier soir, le Président de la République française, Emmanuel Macron, s’est à nouveau exprimé. Il a rendu publiques de nouvelles mesures destinées à freiner la propagation du COVID 19 et à éviter qu’il ne s’étende davantage sur l’ensemble du territoire français. Il sait pouvoir compter sur ma pleine collaboration et mon entier soutien.

Selon un bilan établi au 16 mars 2020, 69 des 88 États et gouvernements membres de l’OIF sont touchés par la pandémie de COVID-19, soit plus de 60% de la totalité de l’espace francophone. Dans cet espace, 22.688 personnes ont été contaminées et 252 personnes sont décédées à la suite du virus. Malheureusement, ce bilan devrait s’alourdir au cours des prochains jours et des prochaines semaines. Nous ne pouvons pas ignorer par ailleurs les conséquences économiques que cette crise va entraîner, y compris dans les pays qui ne sont pas directement touchés par le virus.

Dans cette période exceptionnelle et difficile, mes pensées vont d’abord à vous tous, qui affrontez cette épidémie. Je vous exhorte à vous protéger et à protéger vos proches, en particulier les plus vulnérables d’entre eux, en suivant à la lettre les recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Le temps est celui du civisme et de la responsabilité morale individuelle. Comme dans tous les grands moments de crise, de l’attitude de chacun d’entre nous dépend le sort des autres. « Chacun est seul responsable de tous », écrivait Saint-Exupéry.

Mes pensées vont aussi aux personnels de santé de nos pays, qui sont mobilisés au quotidien dans cette grande épreuve. Elles vont aux médecins, personnels infirmiers, aides-soignants, ambulanciers, anesthésistes, qui se battent courageusement pour sauver des vies et pour protéger chacun d’entre nous.

Mes pensées vont enfin à nos gouvernements, les gouvernements de notre vaste espace francophone, qui doivent tout à la fois endiguer la pandémie, éviter une crise économique, maintenir la cohésion de leur société, intensifier les efforts de recherche pour trouver un traitement contre le Covid-19. Dans tous ces combats, la Francophonie est aux côtés de ses États et gouvernements membres.

La Francophonie a mis au cœur de son projet l’idéal de « solidarité ». La solidarité est ce dont nous avons le plus besoin dans les moments difficiles que nous traversons. C’est cette solidarité que je veux exprimer aujourd’hui à tous les membres de la famille francophone et, à travers elle, à l’ensemble de la communauté internationale. 

Louise Mushikiwabo

Secrétaire générale de la Francophonie

Source : Organisation internationale de la francophonie.


De la naissance de la coopération francophone jusqu’à aujourd’hui

50 ans de Francophonie

L’avènement de la coopération francophone

A la fin des années 1960, les pères fondateurs de la Francophonie institutionnelle – Léopold Sédar Senghor et ses homologues tunisien, Habib Bourguiba et nigérien, Hamani Diori, ainsi que le Prince Norodom Sihanouk du Cambodge – ont souhaité mettre le français au service de la solidarité, du développement et du rapprochement entre les peuples.

C’est là tout l’objet de la signature à Niamey, le 20 mars 1970, par les représentants de 21 États et gouvernements, de la Convention portant création de l’Agence de coopération culturelle et technique (ACCT) : une nouvelle organisation intergouvernementale fondée sur le partage d’une langue commune, le français, chargée de promouvoir et de diffuser les cultures de ses membres et d’intensifier la coopération culturelle et technique entre eux.

Le projet francophone a sans cesse évolué depuis la création de l’ACCT devenue, en 2005, l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF). Au fil des années, l’Organisation s’est structurée, s’est modernisée, a renouvelé et enrichi ses actions politiques et de coopération, ses réseaux, ses partenaires. Elle est aujourd’hui devenue un acteur multilatéral important et un modèle de diversité.

 

Avec l’ACCT, la coopération s’engage dans les domaines de la culture et de l’éducation 

Partenaire depuis le début des années 1970 du Fespaco, le Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ougadougou (Burkina Faso), l’Agence crée en 1988 son Fonds Images qui aura aidé, à ce jour, à la réalisation de milliers d’œuvres de cinéma et de télévision.

En 1986 est inauguré le premier des Centres de lecture et d’animation culturelle – Clac – qui offrent aux populations des zones rurales et des quartiers défavorisés un accès aux livres et à la culture. On en dénombre aujourd’hui plus de 300, répartis dans une vingtaine de pays.

En 1993, le premier MASA, Marché des arts du spectacle africain, est organisé à Abidjan (Côte d’Ivoire). Parallèlement, un programme d’appui à la circulation des artistes et de leurs œuvres, dédié aux créations d’arts vivants et visuels, est lancé.

En 2001, l’Agence crée un nouveau prix littéraire, le Prix des cinq continents de la Francophonie, qui consacre chaque année un roman de langue française. De grands noms de la littérature francophone s’engagent à ses côtés : Jean-Marie Gustave Le Clésio, René de Obaldia, Vénus Khoury Ghatta, Lionel Trouillot font notamment partie du Jury.

Dans les années 1970 et 1980, les réseaux francophones s’organisent. Un Conseil international des radios télévisions d’expression française (CIRTEF) est créé en 1978. Composé aujourd’hui de 44 chaînes de radiodiffusion et de télévision utilisant entièrement ou partiellement la langue française, il développe la coopération entre elles, par l’échange d’émissions, la coproduction et la formation des professionnels.

En 1979, à l’initiative de Jacques Chirac, maire de Paris, les maires des capitales et métropoles partiellement ou entièrement francophones créent leur réseau : l’Association internationale des maires francophones (AIMF) deviendra, en 1995, un opérateur de la Francophonie.

En 1984, la chaîne de télévision francophone TV5 naît de l’alliance de cinq chaînes de télévision publiques : TF1, Antenne 2 et FR3 pour la France, la RTBF pour la Communauté française de Belgique et la TSR pour la Suisse ; rejointes en 1986 par le Consortium de Télévisions publiques Québec Canada. TV5Afrique et TV5 Amérique Latine voient le jour en 1992, suivies par TV5Asie en 1996, puis de TV5Etats-Unis et TV5Moyen-Orient en 1998. La chaîne, dénommée TV5MONDE depuis 2001, compte aujourd’hui 7 chaînes de télévision et TV5 Québec-Canada. Reçue dans plus de 300 millions de foyers de par le monde, elle constitue le principal vecteur de la Francophonie : la langue française, dans la diversité de ses expressions et des cultures qu’elle porte.

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Une nouvelle dimension politique

Le Sommet des chefs d’État et de gouvernement des pays ayant le français en partage, communément appelé « Sommet de la Francophonie« , se réunit pour la première fois en 1986 à Versailles (France), à l’invitation du Président de la République française François Mitterrand. 42 Etats et gouvernements y participent et retiennent quatre domaines essentiels de coopération multilatérale : le développement, les industries de la culture et de la communication, les industries de la langue ainsi que le développement technologique couplé à la recherche et à l’information scientifique.

Depuis 1986, 17 Sommets de la Francophonie se sont réunis :
1986 à Versailles (France), 1987 à Québec (Canada-Québec), 1989 à Dakar (Sénégal), 1991 à Paris (France) initialement prévu à Kinshasa (Congo RD), 1993 à Grand-Baie (Maurice), 1995 à Cotonou (Bénin), 1997 à Hanoi (Vietnam), 1999 à Moncton (Canada-Nouveau Brunswick), 2002 à Beyrouth (Liban), 2004 à Ouagadougou (Burkina Faso), 2006 à Bucarest (Roumanie), 2008 à Québec (Canada-Québec), 2010 à Montreux (Suisse), 2012 à Kinshasa (RDC), 2014 à Dakar (Sénégal), 2016 à Antananarivo (Madagascar) et 2018 à Erevan (Arménie). Le XVIIIe Sommet de la Francophonie se tient fin 2019 en Tunisie, membre fondateur de l’OIF, l’année du cinquantenaire de l’organisation.

Ces concertations politiques au plus haut niveau ont progressivement renforcé la place de la Francophonie sur la scène internationale, tout en élargissant ses champs d’action et en améliorant ses structures et modes de fonctionnement.

Pour être plus conforme à la dimension politique qu’elle a acquise, la Francophonie est dotée sur décision du Sommet  de Cotonou (1995, Bénin) d’un poste de Secrétaire général, clé de voûte du système institutionnel francophone. Le premier Secrétaire général est élu au Sommet de Hanoï (Vietnam) en 1997, en la personne de Boutros Boutros-Ghali, ancien Secrétaire général des Nations unies – il occupera ce poste jusqu’en 2002. Au cours de ce même Sommet, la Charte de la Francophonie, principal texte de référence, est adoptée.

Abdou Diouf, ancien Président du Sénégal, est élu Secrétaire général de la Francophonie au Sommet de Beyrouth en 2002. Il impulse une nouvelle dynamique à l’Organisation dans ses deux volets : les actions politiques et la coopération pour le développement. Une nouvelle Charte de la Francophonie adoptée par la Conférence ministérielle à Antananarivo (Madagascar) en 2005, rationalise les structures de la Francophonie et ses modes de fonctionnement et consacre l’appellation d’Organisation internationale de la Francophonie. En 2014 au Sommet de Dakar, Michaëlle Jean lui succède. En 2018, à l’issue du Sommet d’Erevan, l’actuelle Secrétaire générale, Louise Mushikiwabo, prend la tête de la Francophonie.

A la culture et à l’éducation, domaines originels de la coopération francophone, se sont ajoutés, au fil des Sommets, le champ politique (paix, démocratie et droits de l’Homme), le développement durable, l’économie et les technologies numériques. L’Institut de la Francophonie pour le développement durable (IFDD) voit le jour à Québec en 1988 et l’Institut de la Francophonie pour l’éducation et la formation (IFEF) à Dakar, en 2015.

Dans le domaine capital de la promotion de la démocratie, l’OIF envoie sa première mission d’observation d’un processus électoral en 1992, lors des présidentielles et législatives en Roumanie. L’assistance électorale offerte en réponse à la demande des Etats concernés, ne se limite pas à l’observation des scrutins. Elle englobe divers appuis institutionnels et juridiques, la formation des personnels électoraux, l’assistance technique et matérielle.

En 2000 au Mali, la « Déclaration de Bamako », premier texte normatif de la Francophonie en matière de pratiques de la démocratie, des droits et des libertés, est adoptée. La Francophonie se dote ainsi de pouvoirs contraignants face à ses membres qui ne respectent pas les valeurs démocratiques communes.

Au plus près des populations

Avec les premiers Jeux de la Francophonie en 1989, la Francophonie institutionnelle prend une dimension populaire et se met à l’écoute de la jeunesse : le Maroc accueille 1700 jeunes de 31 pays francophones autour de concours culturels et sportifs. Depuis, les Jeux se tiennent tous les quatre ans : France (1994), Madagascar (1997), Canada-Québec (2001), Niger (2005), Liban (2009), France (2013), Cote d’Ivoire (2017).

Une Conférence francophone des organisations internationales non gouvernementales tenue en 1993 avec la participation d’OING accréditées auprès des instances de la Francophonie associe la société civile au processus d’élaboration, de réalisation et d’évaluation de la coopération multilatérale francophone. La Conférence des OING se réunit tous les deux ans sur convocation du Secrétaire général de la Francophonie. En 2019, 127 organisations internationales non gouvernementales et autres organisations de la société civile, intervenant dans les divers champs d’activité de la Francophonie, sont accréditées.

En réunissant en 2000 la première Conférence des femmes francophones, à Luxembourg, la Francophonie s’engage pour promouvoir l’égalité femmes-hommes auprès de ses membres et dans ses programmes.

Des défis à relever

Un long chemin a été parcouru depuis les premières réunions d’écrivains francophones, à l’aube du siècle dernier, jusqu’à la diffusion de leurs ouvrages, aux quatre coins du monde, dans les bibliothèques installées par l’OIF ; grâce à la bonne volonté de toutes celles et ceux qui ont fait et continuent de faire vivre la langue française et de défendre les valeurs la Francophonie.

Pour autant, de nouveaux défis attendent l’Organisation et ses Etats et gouvernements dans les 50 années à venir. En 2070, selon les estimations, on pourrait compter entre 500 et 800 millions de francophones, dont une majorité de jeunes vivant en Afrique. C’est à la fois un grand espoir et un immense défi pour l’ensemble du mouvement francophone : un espoir car l’avenir de la langue française ne s’est jamais présenté sous de meilleurs auspices ; un défi, car il faut offrir des perspectives à cette jeunesse.

Cette priorité figure bien sûr à l’agenda de la Secrétaire générale de la Francophonie, aux côtés d’autres sujets primordiaux tels que l’éducation des filles ou le numérique. Un autre chantier de taille, qui sous-tend les précédents, est celui du repositionnement de l’Organisation, pour une plus grande pertinence de son action.

Source : Organisation internationale de la francophonie.


 

Président éditeur, Fondation littéraire Fleur de Lys

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