Vous rêvez d’une distribution en librairies traditionnelles : 45 % des titres vendus à moins de 10 exemplaires

Extrait de l’étude «Le Portrait de la diversité de l’offre des distributeurs de livres» est le troisième numéro (mai  2017) du bulletin Enjeux de la diffusion et de la distribution de livres réalisée par l’Association des distributeurs exclusifs de livres en langue française (ADELF).


TEXTE DE L’EXTRAIT ILLUSTRÉ

Nombre d’exemplaires vendus par titre

Au cours de la dernière année, les distributeurs ont vendu 259 799 titres différents au Canada. De ce nombre, 148 324 ont été vendus à moins de 10 exemplaires (57 %), 56 307 titres ont été vendus de 10 à 50 exemplaires (22 %) et 55 168 titres à plus de 50 exemplaires (21 %).

Nombre d’exemplaires vendus par titre  Édition nationale

Au cours de la dernière année, les distributeurs ont vendu 48 105 titres différents ayant été publiés au Québec et au Canada. De ce nombre, 21 465 ont été vendus à moins de 10 exemplaires (45 %), 10 521 titres ont été vendus de 10 à 50 exemplaires (22 %) et 16 119 titres à plus de 50 exemplaires (33 %).

Nombre d’exemplaires vendus par titre  Édition étrangère

Au cours de la dernière année, les distributeurs ont vendu 211 694 titres différents ayant été publiés à l’étranger. De ce nombre, 126 859 ont été vendus à moins de 10 exemplaires (60 %), 45 786 titres ont été vendus de 10 à 50 exemplaires (22 %) et 39 049 titres à plus de 50 exemplaires (18 %).

Source : Association des distributeurs exclusifs de livres en langue française (ADELF).


COMMENTAIRES DE VOTRE ÉDITEUR

Vous rêvez d’une distribution en librairies traditionnelles ?

Plusieurs auteurs amateurs à l’instar des auteurs entrepreneurs rêvent d’une distribution de leurs livres en librairies. Ce rêve est motivé par l’espoir de vendre le maximum d’exemplaires.

Selon les chiffres de l’Association des distributeurs exclusifs de livres en langue française (ADELF), 57% des titres offerts par les distributeurs dans l’ensemble du Canada se vendent à moins de 10 exemplaires. Quant aux titres de l’édition nationale, c’est-à-dire les livres publiés au Québec et au Canada, 45% se vendent à moins de 10 exemplaires. Et au sujet des livres provenant de l’étranger, 60% se vendent à moins de 10 exemplaires.

Aujourd’hui, des entreprises de services en autoédition et d’édition à compte d’auteur offrent aux auteurs des options de distribution en librairies.

Certaines entreprises procèdent à une véritable distribution en librairie, c’est-à-dire l’envoi d’exemplaires aux libraires, soit directement, soit par l’entremise d’un distributeur reconnu. Dans ce cas, l’auteur doit assumer le coût d’impression et de distribution de plusieurs dizaines d’exemplaires de son livre.

D’autres entreprises se limitent à la possibilité de commandes par les libraires, directement ou par l’entremise d’un distributeur.

Dans tous les cas, cette offre de distribution en libraire doit se conformer à la Loi du livre, notamment à une remise minimale de 40% aux libraires :

D’autre part, la loi oblige les distributeurs et les éditeurs, qu’ils soient agréés ou non, à accorder aux libraires agréées une remise minimale de 40 % (30 % pour une catégorie d’ouvrages déterminés à l’annexe B du Règlement chapitre D-8.1, r. 2) lors des achats de livres.

Source : Agrément des libraires, ministère de la Culture et des Communications du Québec.

L’auteur doit concéder aux libraires une remise minimale de 40% du prix de vente de chaque exemplaire. Cette remise rend la distribution en librairie très risquée pour l’auteur amateur et l’auteur entrepreneur.

Premièrement dans le cas de l’auteur recourant à l’impression à la demande et à de micro-tirages, le prix de chaque exemplaire est toujours plus élevé que celui de l’impression traditionnelle offset. La remise de 40% à accorder aux libraires diminue le profit de l’auteur.

Deuxièmement, l’auteur verra son titre ajouté aux 68 377 titres différents publiés au Québec inscrits aux catalogues des distributeurs. Si l’auteur prend en compte uniquement les nouveautés, son livre fera partie des quelques 5,000 nouveautés publiées par année au Québec.

Troisièmement, l’auteur amateur peut toujours rêver d’une distribution de son livre en libraires traditionnelles mais il doit aussi prendre en considération le risque d’être retiré des tablettes en raison de ventes insuffisantes ou pour faire place aux nouveaux arrivages de nouveautés. La durée de vie d’une nouveauté en libraires oscille entre 90 et 120 jours. Au terme de cette période, les exemplaires sont retournés à l’expéditeur. Dans ce cas, l’auteur supporte une deuxième fois l’inventaire imprimé de son livre dont il doit disposer lui-même des exemplaires.

La Fondation littéraire Fleur de Lys refuse d’offrir à ses auteurs la distribution en librairies traditionnelles en raison des risques trop élevés. Si nous sommes toujours actifs depuis 2003, c’est bien parce que nous avons décidé de nous en tenir au modèle d’affaire originel de l’édition en ligne avec impression papier et numérique à la demande devenu la pierre angulaire de notre succès.

L’idée de base de l’édition en ligne développée à la fin des années 90 consistait à offrir aux auteurs un lien commercial ou philanthropique direct avec les lecteurs, c’est-à-dire d’éliminer les intermédiaires et les frais de leurs services, notamment, les distributeurs, les diffuseurs et les librairies traditionnelles.

Et l’idée de base de l’impression à la demande, c’est-à-dire, l’impression d’un exemplaire à la fois à la demande expresse de chaque lecteur, visait à éliminer les frais d’impression et d’entreposage des gros tirages nécessaires à la distribution traditionnelle au profit d’une distribution par les libraires en ligne.

Ainsi, nous parlons de l’édition EN LIGNE parce que toutes les activités de l’entreprise se tiennent sur réseau Internet et par le web. Aujourd’hui, dans ce contexte, nous parlons d’une entreprise virtuelle.

Il suffit de changer ou d’ajouter un seul élément au modèle d’affaire originel de l’édition en ligne pour échouer et décevoir les auteurs.

L’ajout de la distribution en librairies traditionnelles à l’édition en ligne a poussé à fermeture plusieurs entreprises n’ayant pas raisonnablement informé les auteurs des risques.

Il en va de même de la la participation à des salons du livre qui force l’auteur à imprimer, non plus un seul exemplaire à la fois, mais un inventaire suffisant à exposer au kiosque de l’entreprise.

Et puisque l’entreprise n’assume pas elle-même la location d’un kiosque au salon du livre, elle divise la facture entre les auteurs inscrits. Il en va de même de temps d’animation au kiosque également divisé entre les auteurs inscrits. Aux frais de location de l’espace s’ajoute la fabrication ou la location du kiosque lui-même et le personnel des entreprises.

Plusieurs entreprises d’autoédition et d’édition à compte d’auteur en ligne se sont cassées la gueule en ajoutant la participation de leurs auteurs à des salons du livre. Et lorsque l’entreprise parvient à maintenir le service, c’est avec l’argent des auteurs.

Bref, lorsqu’une entreprise d’édition en ligne s’aventure dans le monde traditionnel du livre, elle refile la facture aux auteurs.

Le rêve de voir des exemplaires de son livre auto-édité ou édité à compte d’auteur sur les rayons des librairies traditionnelles n’est légitime que si l’auteur se définit comme un entrepreneur envisageant une carrière professionnelle et, pour ce faire, dispose de toutes ressources financières nécessaires pour en assumer les pertes en cas d’échec. Faut-il rappeler l’étude de l’Association des distributeurs exclusifs de livres en langue française : ce n’est pas avec dix exemplaires vendus ?

Au cours de la dernière année, les distributeurs ont vendu 48 105 titres différents ayant été publiés au Québec et au Canada. De ce nombre, 21 465 ont été vendus à moins de 10 exemplaires (45 %), 10 521 titres ont été vendus de 10 à 50 exemplaires (22 %) et 16 119 titres à plus de 50 exemplaires (33 %).

Autrement, le loisir littéraire doit demeurer un LOISIR, non pas une ENTREPRISE.

 

 

Président éditeur, Fondation littéraire Fleur de Lys

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2 comments on “Vous rêvez d’une distribution en librairies traditionnelles : 45 % des titres vendus à moins de 10 exemplaires
  1. […] Vous rêvez d’une distribution en librairies traditionnelles : 45 % des titres vendus à moins de … […]

  2. Jean Luc Parenteau dit :

    Excellent article. Très clair

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