Vers une économie plus circulaire dans le livre ? Rapport WWF France

Vers une économie plus circulaire dans le livre ?

Julien Tavernier, Lisa King, Juliette Kacprzak, Daniel Vallauri

Rapport WWF France


Cliquez ici pour télécharger ce rapport (PDF).


EXTRAITS

WWF

Le WWF est l’une des toutes premières organisations indépendantes de protection de l’environnement dans le monde. Avec un réseau actif dans plus de 100 pays et fort du soutien de près de 6 millions de membres, le WWF œuvre pour mettre un frein à la dégradation de l’environnement naturel de la planète et construire un avenir où les humains vivent en harmonie avec la nature, en conservant la diversité biologique mondiale, en assurant une utilisation soutenable des ressources naturelles renouvelables, et en faisant la promotion de la réduction de la pollution et du gaspillage.

Depuis 1973, le WWF France agit au quotidien afin d’offrir aux générations futures une planète vivante.

Avec ses bénévoles et le soutien de ses 220 000 donateurs, le WWF France mène des actions concrètes pour sauvegarder les milieux naturels et leurs espèces, assurer la promotion de modes de vie durables, former les décideurs, accompagner les entreprises dans la réduction de leur empreinte écologique, et éduquer les jeunes publics. Mais pour que le changement soit acceptable, il ne peut passer que par le respect de chacune et chacun. C’est la raison pour laquelle la philosophie du WWF est fondée sur le dialogue et l’action.

Depuis 2009, la navigatrice Isabelle Autissier est présidente du WWF France et Véronique Andrieux en est la directrice générale depuis le 5 août 2019.

Pour découvrir nos projets sur le terrain, rendez vous sur : https://www.wwf.fr

Ensemble, nous sommes la solution.


Qui n’est jamais physiquement tombé amoureux d’un livre papier ? Cet amour doit-il toutefois nous rendre insensible ou ignorant de la réalité de l’économie qui le produit ?

Fondée principalement sur un modèle linéaire tronqué (“on produit, on lit, on archive”), comment la filière de l’édition du livre travaille-t-elle à réduire ses impacts sur l’environnement ? Les acteurs de la filière livre s’en préoccupent-t-ils suffisamment ? Le peuvent-ils ? Sur quels segments ou leviers appuyer ?


Préface

C’est à initier ce débat que depuis 2018 le WWF cherche à contribuer. Un débat qui dérange parfois nos sentiments amoureux pour le livre, mais également les habitudes et les logiques installées d’un secteur économique dont la production pèse près de quatre milliards d’euros en France et est relativement protégée, par la langue et le prix fixe du livre. Ainsi, par exemple, la surproduction permanente de 25 % en moyenne est-elle vraiment indispensable au marketing contemporain du livre ? Également, comme cela est souvent dit, nul ne jette-t-il vraiment jamais un livre de sa vie ? Lorsqu’il est défraichi ou devenu obsolète, en dernier recours, pourrait-on envisager d’en recycler une partie pour valoriser une ressource papier précieuse ?

Cette étude s’attache à chiffrer et mettre en relation des faits d’un bout à l’autre du cycle de vie du livre. Les risques afférents à chaque maillon peuvent être analysés. En amont, des solutions existent pour les segments sensibles de la production (ex. : livre jeunesse imprimé parfois très loin). Elles restent encore trop souvent mal connues de l’éditeur, ainsi que du lecteur à l’autre bout du cycle de vie. Par ailleurs, d’autres modèles économiques de l’édition seraient-ils possibles et plus vertueux ? Pourrait-on en fonder une partie sur une économie du partage ou une économie circulaire (“on produit, on utilise, on réutilise, on recycle, on produit à nouveau”), toutes deux écologiquement plus vertueuses ? D’ailleurs, le livre papier et l’ensemble des acteurs de la filière – du papetier au lecteur, en passant par l’éditeur et le libraire – n’auraient-ils pas plus à gagner qu’à perdre à revendiquer une nouvelle écologie du livre, ainsi qu’une exemplarité et transparence tout au long de la vie du livre ? Celle-ci commence un jour par l’exploitation d’une forêt, puis la fabrication des papiers, celle du livre, son transport, sa vente, etc.

Au WWF, on aime le livre papier, notamment quand il vit de façon totalement respectueuse de la planète (forêts, eaux, biodiversité, énergie, autres ressources), ce qui est fort heureusement possible. Les livres nous aident à repenser le monde. Certains sont des passeurs de la prise de conscience écologique. Ils peuvent et doivent l’incarner autant dans les faits et dans leurs fibres que dans les mots qu’ils portent. En tant qu’auteure, j’y suis particulièrement sensible.

Isabelle Autissier, Auteure et Présidente de la Fondation WWF-France


« C’est une espérance ou une vanité naturelle à tous les auteurs de croire que leurs idées et leurs travaux seront pieusement conservés par les générations lointaines ; en fait, les livres continuent de vieillir et de passer très vite ; le nombre des gens qui lisent et des gens qui écrivent s’est prodigieusement développé, mais leur accroisse-ment même contribue à abréger leur existence, parce que ceux d’aujourd’hui chassent ceux d’hier. D’une époque à l’autre, la science progresse, les préoccupations changent, et la pensée humaine, en ce qu’elle a d’éternel et d’immanent, s’habille autrement pour courir le monde suivant les caprices du goût. Dès lors, pourquoi empêcher le papier noirci de retourner au pilon pendant que l’homme retourne à la terre ? Quelques douzaines d’ouvrages deviennent centenaires ; une poignée seulement subsistent davantage. Peut-être y aurait-il profit à imprimer ceux-là sur des chiffons de mérite exceptionnel ; mais les contemporains ne savent jamais ceux dont la constitution sera assez robuste pour traverser les âges. Le scrutin secret, dans lequel vote un à un les esprits supérieurs qui font la renommée définitive, ne se dépouille que fort tard. Pourquoi s’inquiéter d’ailleurs de cette élite ? Elle n’a rien à craindre de la fragilité de nos pâtes de bois. Tant qu’une œuvre a des lecteurs, elle trouve des éditeurs pour l’offrir au public. »

Vicomte George D’Avenel,

1895

En 1895, dans son article dans la Revue des deux mondes , le Vicomte George d’Avenel s’exprime sur la frilosité des auteurs et des éditeurs devant les nouvelles formes de papier à partir de pâte de bois (les premières pâtes à papier à base d’arbres) : sauraient-elles être de naissance suffisamment noble pour faire des livres durables, et ainsi remplacer les formes traditionnelles de papier issues du recyclage des textiles ? D’où le mot de chiffon, qui n’est en rien ici péjoratif, au contraire ! Les temps changent et les auteurs de ce rapport, en 2019, s’amusent de l’analogie avec les réticences actuelles des éditeurs vis-à-vis du recyclage du livre et de l’usage du papier recyclé dans l’Edition, qui semblent s’exprimer de façon à la fois identique (contre la nouveauté du procédé, pour l’immortalité de l’objet-livre) et inverse (contre la fibre recyclée cette fois) !


Cliquez ici pour télécharger ce rapport (PDF).


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