10 septembre : Journée mondiale de la prévention du suicide 2019

Plus de 800 000 personnes se suicident chaque année, cela représente un mort toutes les 40 secondes. Le suicide est la deuxième cause de mortalité chez les 15-29 ans. On peut toutefois prévenir le suicide en adoptant des mesures efficaces comme en restreignant l’accès aux moyens de mettre fins à ses jours et en formant les personnels de santé. Source : Organisation mondiale de la santé (OMS).

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Suicide: toutes les 40 secondes, une personne met fin à ses jours

Les mesures de prévention du suicide sont en progrès dans certains pays mais il faudrait faire beaucoup plus

Au cours des cinq années écoulées depuis la publication du premier rapport mondial de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) sur le suicide, le nombre de pays disposant de stratégies de prévention du suicide a progressé: telle est la constatation de l’Organisation qui prépare actuellement la Journée mondiale de prévention du suicide, qui aura lieu le 10 septembre. Toutefois, le nombre total de pays possédant des stratégies, qui s’établit à 38 à peine, reste encore trop faible et les gouvernements doivent s’engager à élaborer de telles stratégies.

« Malgré les progrès réalisés, on compte toujours un décès par suicide toutes les 40 secondes », rappelle le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, Directeur général de l’OMS. « Chacun de ces décès est une tragédie pour la famille, les amis et les collègues. Or, on peut éviter les suicides. Nous appelons tous les pays à intégrer, de manière durable, les stratégies de prévention du suicide qui ont fait leurs preuves dans leurs programmes nationaux de santé et d’éducation ».

Les taux de suicide sont au plus haut dans les pays à revenu élevé; le suicide est la deuxième cause de décès chez les jeunes
Le taux mondial de suicide standardisé par âge[1] pour 2016[2] était de 10,5 pour 100 000 habitants. Toutefois, les taux varient largement d’un pays à l’autre, de 5 décès par suicide pour 100 000 habitants à plus de 30 pour 100 000. Alors que 79% des suicides dans le monde ont lieu dans les pays à revenu faible et intermédiaire, les pays à revenu élevé ont le taux le plus élevé –  11,5% pour 100 000 habitants. Près de trois fois plus d’hommes que de femmes mettent fin à leurs jours dans les pays à revenu élevé, alors que dans les pays à revenu faible et intermédiaire, les différences entre hommes et femmes sont plus ténues.

Le suicide est la deuxième cause de décès chez les jeunes âgés de 15 à 29 ans, après les traumatismes dus aux accidents de la route. Parmi les jeunes âgés de 15 à 19 ans, le suicide est la deuxième cause de décès chez les jeunes filles (après les affections maternelles) et la troisième cause de décès chez les garçons (après les accidents de la circulation et la violence interpersonnelle).

Les méthodes de suicide les plus courantes sont la pendaison, l’auto-empoisonnement par les pesticides et les armes à feu. Parmi les interventions clés qui ont fait la preuve de leur efficacité pour réduire le nombre de suicides, on trouve la limitation de l’accès aux moyens de se suicider; la sensibilisation des médias à un traitement médiatique responsable du suicide; la mise en œuvre de programmes destinés aux jeunes pour leur permettre d’acquérir les capacités d’affronter les difficultés de la vie; et l’identification et la prise en charge précoces ainsi que le suivi des personnes à risque.

Réglementation des pesticides: une stratégie insuffisamment utilisée mais très efficace

L’intervention qui a dans l’immédiat le plus fort potentiel de réduction du nombre de suicides est la limitation de l’accès aux pesticides qui sont utilisés délibérément pour s’empoisonner. La forte toxicité de nombreux pesticides signifie que les tentatives de suicide par ce moyen conduisent souvent à la mort, en particulier dans les situations où il n’existe pas d’antidote ou d’établissements médicaux à proximité.

Comme il est indiqué dans la publication de l’OMS qui paraît aujourd’hui, La prévention du suicide: Indications pour les services d’homologation et de réglementation des pesticides, il existe désormais un corpus de plus en plus important de données internationales montrant que l’interdiction du recours aux pesticides très dangereux peut faire baisser les taux de suicides nationaux. Le pays le mieux étudié est Sri Lanka, où une série d’interdictions a entraîné une baisse de 70% du nombre de suicides et, d’après les estimations, a permis de sauver 93 000 personnes entre 1995 et 2015. En République de Corée, où le paraquat – un herbicide – était à l’origine de la plupart des suicides dans les années 2000, l’interdiction de ce produit en 2011-2012 a été suivie entre 2011 et 2013 d’une diminution de moitié du nombre de décès par suicide dus à l’ingestion de pesticides.

Il convient d’améliorer la qualité des données

L’enregistrement en temps opportun et le suivi régulier des suicides au niveau national sont les fondements de stratégies de prévention du suicide efficaces au niveau national. Pourtant, seuls 80 des 183 États Membres de l’OMS pour lesquels des estimations ont été établies en 2016 disposaient de données d’état civil de bonne qualité. La plupart des pays où ces données faisaient défaut étaient des pays à revenu faible ou intermédiaire. Une meilleure surveillance permettra de mettre en place des stratégies de prévention plus efficaces et de rendre compte plus précisément des progrès accomplis pour atteindre les objectifs mondiaux.

Note:

Le 10 septembre, l’OMS lance, en collaboration avec ses partenaires mondiaux, la Fédération mondiale pour la santé mentale, l’Association internationale pour la prévention du suicide et United for Global Mental Health, une campagne d’actions de 40 secondes. Le point d’orgue de la campagne sera la Journée mondiale de la santé mentale, le 10 octobre, qui cette année a aussi pour thème la prévention du suicide.

[1] Il suppose une répartition standard de la population par âge dans tous les pays, pour permettre la comparaison entre pays.

[2] World Health Organization (2018). Global Health Estimates 2016: Deaths by cause, age, sex, by country and by region, 2000-2016. Organisation mondiale de la Santé, Genève.

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Source : Organisation mondiale de la santé (OMS).


Suicide

Principaux faits

  • Près de 800 000 personnes se suicident chaque année.
  • Pour chaque suicide, on dénombre de nombreuses autres tentatives de suicide chaque année. Une tentative de suicide est le principal facteur de risque de suicide ultérieur dans la population générale.
  • Le suicide est la deuxième cause de mortalité chez les 15-29 ans.
  • 79% des suicides surviennent dans des pays à revenu faible ou intermédiaire.
  • L’ingestion de pesticides, la pendaison et les armes à feu sont parmi les méthodes de suicide les plus répandues dans le monde.

Chaque année, près de 800 000 personnes se suicident et beaucoup d’autres font une tentative de suicide. Chaque suicide est une tragédie qui touche les familles, les communautés et des pays entiers et qui a des effets durables sur ceux qui restent. Le suicide intervient à n’importe quel moment de la vie et était la 2e cause de mortalité chez les 15-29 ans dans le monde en 2016.

Le suicide n’est pas le seul fait des pays à revenu élevé, c’est un phénomène mondial. En fait, plus de 79% des suicides sont survenus dans des pays à revenu faible ou intermédiaire en 2016.

Le suicide est un grave problème de santé publique; or il peut être évité moyennant des interventions menées en temps opportun, fondées sur des données factuelles et souvent peu coûteuses. Pour que l’action nationale soit efficace, une stratégie globale multisectorielle de prévention du suicide s’impose.

Quelles sont les personnes exposées?

Si le lien entre suicide et troubles mentaux (en particulier la dépression et les troubles liés à l’usage de l’alcool) est bien établi dans les pays à revenu élevé, de nombreux suicides ont lieu de manière impulsive dans un moment de crise et de défaillance de l’aptitude à faire face aux stress de la vie, tels que les problèmes financiers, une rupture, une maladie ou une douleur chronique.

De plus, les conflits, les catastrophes, la violence, la maltraitance ou un deuil et un sentiment d’isolement sont fortement associés au comportement suicidaire. Les taux de suicides sont également élevés dans les groupes vulnérables confrontés à la discrimination, tels que les réfugiés et les migrants, les populations autochtones, les personnes lesbiennes, gays, bisexuelles, transgenres ou intersexuées (LGBTI), et les prisonniers. Le risque de suicide le plus important est de loin une précédente tentative de suicide.

Méthodes utilisées

On estime que près de 20% des suicides dans le monde sont dus à l’intoxication par les pesticides, pour la plupart dans les zones agricoles ou rurales de pays à revenu faible ou intermédiaire. Parmi les autres méthodes communément utilisées figurent la pendaison et les armes à feu.

Il est important de savoir quelles sont les principales méthodes utilisées pour se suicider pour pouvoir concevoir des stratégies de prévention qui s’avèrent efficaces, notamment en réduisant l’accès aux moyens.

Prévention et lutte

Les suicides sont évitables. Plusieurs mesures peuvent être prises au niveau de la population, des sous-populations et au niveau individuel pour prévenir le suicide et les tentatives de suicide, à savoir:

  • réduire l’accès aux moyens de se suicider (pesticides, armes à feu, certains médicaments, par exemple);
  • adopter des politiques de lutte contre l’alcoolisme pour réduire l’usage nocif de l’alcool;
  • les interventions en milieu scolaire;
  • traiter le suicide de façon responsable dans les médias;
  • assurer le dépistage précoce, le traitement et la prise en charge de personnes souffrant de troubles mentaux et de troubles liés à l’usage de substances psychoactives, de douleurs chroniques ou de détresse émotionnelle aiguë;
  • former les agents de santé non spécialisés à l’évaluation et à la prise en charge des comportements suicidaires;
  • assurer le suivi des personnes qui ont fait une tentative de suicide et leur apporter un soutien au niveau communautaire.

Le suicide est un problème complexe, aussi les efforts de prévention nécessitent-ils une coordination et une collaboration entre de multiples secteurs de la société, dont le secteur de la santé et d’autres secteurs, tels que l’éducation, l’emploi, l’agriculture, l’industrie, la justice, le droit, la défense, la politique et les médias. Ces efforts doivent être complets et intégrés car aucune approche utilisée seule ne peut avoir un impact sur une question aussi complexe.

Difficultés et obstacles

Stigmatisation et tabous

La stigmatisation qui entoure en particulier les troubles mentaux et le suicide signifie que beaucoup de gens qui ont attenté à leur vie ne cherchent pas à se faire aider et ne reçoivent pas l’aide dont ils auraient besoin. La prévention du suicide n’a pas été convenablement traitée tant que l’on n’avait pas conscience du fait que le suicide constitue un problème majeur de santé publique et parce que de nombreuses sociétés le considèrent comme un tabou et n’en parlent pas ouvertement.

À ce jour, seuls quelques pays ont inscrit la prévention du suicide au nombre de leurs priorités sanitaires et 38 pays seulement déclarent s’être dotés d’une stratégie nationale de prévention du suicide. Il est important de mieux sensibiliser la communauté et de faire tomber ce tabou afin de faire progresser la prévention du suicide.

Qualité des données

Au niveau mondial, on manque de données sur le suicide et les tentatives de suicide, et celles-ci ne sont pas de bonne qualité. Seuls 80 États Membres disposent de systèmes d’enregistrement des données d’état civil de qualité qui puissent être utilisés directement pour estimer les taux de suicides.

Ce problème de mauvaise qualité des données de mortalité n’est pas propre au suicide, mais compte tenu de la sensibilité de cette question – et de l’illégalité du comportement suicidaire dans certains pays – il est vraisemblable que la sous-notification et la mauvaise classification représentent des problèmes plus importants pour le suicide que pour la plupart des autres causes de décès.

Il faut améliorer la surveillance et le suivi du suicide et des tentatives de suicide si l’on veut que les stratégies de prévention soient efficaces. Les différences transnationales dans le tableau de mortalité et l’évolution des taux, des caractéristiques et des méthodes de suicide, mettent en lumière la nécessité pour chaque pays d’améliorer la complétude, la qualité et l’actualité de leurs données relatives au suicide.

Cela comprend l’enregistrement des données d’état civil pour le suicide, des registres hospitaliers des tentatives de suicide et des enquêtes représentatives au plan national, recueillant des informations sur les tentatives de suicide autodéclarées.

Action de l’OMS

L’OMS considère le suicide comme une priorité de santé publique. Le premier rapport mondial de l’OMS sur le suicide intitulé Prévenir le suicide: un impératif mondial publié en 2014, vise à sensibiliser davantage à l’importance en santé publique du suicide et des tentatives de suicide, et de donner à la prévention du suicide un rang de priorité élevé dans le Programme d’action mondial de santé publique.

Il vise également à encourager et aider les pays à élaborer ou renforcer des stratégies complètes de prévention du suicide dans le cadre d’une approche multisectorielle de santé publique.

Le suicide est l’un des problèmes de santé prioritaires du Programme d’action de l’OMS Combler les lacunes en santé mentale (mhGAP), lancé en 2008, qui fournit des orientations techniques fondées sur des données factuelles en vue de développer la prestation de services et les soins pour les troubles mentaux, neurologiques et liés aux substances psychoactives dans les pays.

Dans le Plan d’action de l’OMS pour la santé mentale 2013 2020, les États Membres de l’OMS se sont engagés à s’efforcer d’atteindre la cible mondiale d’une réduction de 10% du taux de suicide dans les pays d’ici 2020.

De plus, le taux de mortalité par suicide est un indicateur de la cible 3.4 des objectifs de développement durable: d’ici à 2030, réduire d’un tiers, par la prévention et le traitement, le taux de mortalité prématurée due à des maladies non transmissibles et promouvoir la santé mentale et le bien-être.

Source : Organisation mondiale de la santé (OMS).


Communiqué de presse

Appuyez les quelque 25 organisations qui réclament une stratégie nationale en prévention du suicide

Plus de 25 organisations réclament au gouvernement une stratégie nationale en prévention du suicide

Québec, 9 septembre 2019 – Afin de convaincre le gouvernement du Québec de mettre sur pied une stratégie nationale en prévention du suicide, plus de 25 organisations nationales oeuvrant en prévention du suicide et en santé mentale, ou ayant ces enjeux à coeur, lancent aujourd’hui Le collectif pour une stratégie nationale en prévention du suicide (Le collectif). Bien qu’il s’agisse de la mesure principale préconisée par l’Organisation mondiale de la Santé pour réduire les suicides, aucune stratégie de ce type n’est en place au Québec depuis 15 ans. Le collectif a rendu public un plaidoyer dans lequel on retrouve son argumentaire.

APPUYEZ LE COLLECTIF

LISEZ LE PLAIDOYER

LISTE DES MEMBRES DU COLLECTIF

Une campagne pour faire bouger les choses 

Par le biais de sa campagne Pour un Québec plus lumineux, Le collectif invite les Québécois et les Québécoises à joindre le mouvement et à appuyer leur demande de mise en place d’une stratégie nationale sur le site collectifpreventionsuicide.com.

« L’engagement de chacun d’entre nous est nécessaire. Pour moins de détresse. Pour moins de deuils. Pour moins de suicide. Récemment, des histoires médiatisées de personnes qui se sont enlevé la vie ont révélé la nécessité d’améliorer notre système et de renforcer la prévention », a souligné Michael Sheehan, coprésident du Collectif, père endeuillé par suicide et homme impliqué depuis des années pour la cause. « Savez-vous que le nombre de suicides comptés chaque jour au Québec est le même qu’il y a 40 ans? Trois familles et milieux perdront une personne importante aujourd’hui, trois autres demain et trois autres après-demain. C’est inacceptable. Nous demandons au gouvernement de se positionner en leader et de mettre sur pied une stratégie nationale ».

Des répercussions importantes

Le suicide engendre des pertes permanentes et irréparables. Ses coûts humains, sociaux et économiques considérables pourraient être fortement réduits avec l’adoption d’une stratégie nationale en ce sens. Les membres du Collectif sont convaincus que c’est ce dont le Québec a besoin de façon pressante pour s’attaquer au problème. On lit dans le plaidoyer qu’ils ont rendu public, qu’après l’implantation de la Stratégie québécoise d’action face au suicide il y a plus de 20 ans, en 1998, les taux de suicide avaient  diminué de 4,1 % en moyenne par année pour les hommes, de 2,6 % pour les femmes, et de 9,5 % pour les jeunes.

« Les savoirs nécessaires à la mise sur pied d’une stratégie nationale efficace existent au Québec. Nous avons maintenant besoin de leadership, de mobilisation et d’investissements pour que notre expertise se traduise en actions concrètes. Il appartient au gouvernement du Québec d’exercer ce leadership actif », s’est exprimé Lorraine Deschênes, coprésidente du Collectif, experte en prévention du suicide et endeuillée par suicide. « La force du Collectif que nous lançons réside dans le fait qu’il est composé d’une grande diversité d’acteurs. C’est sans précédent pour le mouvement de la prévention du suicide. Nos élus ne peuvent rester sourds au cri du coeur de tant de groupes, témoins au quotidien de la souffrance humaine ».

À propos du Collectif pour une stratégie nationale en prévention du suicide

Le collectif créé en 2019 regroupe des organisations qui œuvrent en prévention du suicide et en santé mentale ou qui ont ces enjeux à cœur. Son objectif est de convaincre le gouvernement du Québec de se doter d’une stratégie nationale spécifique à la prévention du suicide afin de réduire le nombre de suicides.

SITE WEB DU COLLECTIF
PAGE FACEBOOK DU COLLECTIF

Documentation complémentaire

Communiqué Collectif prévention suicide final

Source : Association québécoise de prévention du suicide.



Le 10 septembre, allumez une chandelle pour la prévention du suicide

Le 10 septembre, les Québécois sont invités à allumer une chandelle afin de démontrer leur appui à la prévention du suicide, leur soutien aux nombreux endeuillés par suicide ou en souvenir d’un être cher.

D’année en année, cette action prend racine et devient même un rituel pour de nombreuses personnes touchées par la cause. Allumer une chandelle, c’est poser un geste symbolique. La lumière et la chaleur contribuent à créer un moment propice au recueillement et à l’espoir, un temps pour se souvenir de nos proches et souligner notre attachement à la vie. C’est un geste concret, doux et accessible.

Source : Association québécoise de prévention du suicide.


Communiqué de presse

La Fédération des cégeps s’associe avec Le collectif pour une stratégie nationale en prévention du suicide

MONTRÉAL, le 9 sept. 2019 /CNW Telbec/ – Dans le cadre de la Journée mondiale de la prévention du suicide qui aura lieu le 10 septembre 2019, la Fédération des cégeps s’associe avec Le collectif pour une stratégie nationale en prévention du suicide qui comprend plus de 25 organisations œuvrant également en prévention du suicide et en santé mentale ou ayant à cœur ces objectifs. Le collectif souhaite convaincre le gouvernement du Québec de se doter d’une stratégie nationale pour la prévention du suicide afin d’en réduire la prévalence.

« Lorsque l’on sait qu’il y a 3 suicides et 80 tentatives par jour, rien qu’au Québec, on comprend que le suicide nous concerne tous. La collaboration entre les différents acteurs est primordiale puisqu’elle permet d’offrir une continuité des services entre les organismes, et ce, sur tout le territoire. Les cégeps sont bien placés pour agir et ils peuvent contribuer à changer les mentalités autour de cette problématique », a précisé M. Bernard Tremblay, président-directeur général de la Fédération des cégeps.

Selon l’Organisation mondiale de la santé, le déploiement d’une stratégie nationale est l’approche à préconiser pour réduire les décès par suicide. Elle permet d’augmenter l’efficacité des mesures de prévention en plus de les rassembler dans un cadre logique et cohérent. Or, aucune stratégie de ce type n’est en place au Québec depuis 15 ans.

Placé sous le thème Pour un Québec plus lumineux, Le collectif lance aussi une campagne afin de mobiliser la population et l’invite à signer le plaidoyer sur son site Internet collectifpreventionsuicide.com. La Fédération des cégeps invite ses membres et ses partenaires à appuyer cette campagne.

Le rôle des cégeps en prévention du suicide

Les cégeps, au fil des ans, ont toujours été proactifs en matière de prévention du suicide. Ils mettent en œuvre différentes mesures, notamment des activités de sensibilisation à la bonne santé mentale, la formation de sentinelles parmi les membres du personnel ainsi que des services de consultation psychosociale.

La Fédération des cégeps est le regroupement volontaire des 48 collèges publics du Québec. Elle a été créée en 1969 dans le but de promouvoir le développement de la formation collégiale et des cégeps. Elle agit comme porte-parole officiel et lieu de concertation des cégeps, à qui elle offre des services en matière de pédagogie, d’affaires étudiantes, d’affaires internationales, de formation continue et de services aux entreprises, de financement, de recherche, de ressources humaines, d’évaluation de la scolarité, d’affaires juridiques, de ressources informationnelles, de négociation et de relations du travail. La Fédération des cégeps représente les collèges pour la négociation des conventions collectives. www.fedecegeps.ca.

Suivez-nous sur Twitter : @fedecegeps

SOURCE : Fédération des cégeps.


Le suicide au Québec : 1981 à 2016 — Mise à jour 2019


  • Selon les données provisoires pour l’année 2016, le taux ajusté de suicide était de 12,1 par 100 000 personnes au Québec (n = 1 046 suicides).
  • Pour la période de 2014 à 2016, le taux de suicide des hommes et des femmes augmente avec l’âge pour atteindre un sommet chez les personnes âgées de 50 à 64 ans.
  • Le taux de suicide augmente progressivement avec l’augmentation des inégalités matérielles et sociales.

Plus spécifiquement chez les hommes :

  • Après avoir subi la plus importante diminution du taux de suicide chez les hommes, les jeunes âgés entre 15 et 19 ans ont un taux de suicide relativement stable depuis une dizaine d’années. Chez les hommes âgés entre 20 et 49 ans, la diminution du taux de suicide entamée au début des années 2000 semble se poursuivre. Depuis 2015, le taux de suicide le plus élevé est observé chez les hommes âgés de 50 à 64 ans. Ce taux semble stable depuis plusieurs années.
  • Chez les hommes, depuis le sommet atteint en 1999 (35,8 suicides par 100 000), le taux de suicide a constamment diminué pour atteindre 18,6 par 100 000 en 2016 (803 suicides).

Plus spécifiquement chez les femmes :

  • Le taux de suicide a augmenté jusqu’à 9,1 par 100 000 en 1996 et 1999. Ensuite, ce taux a diminué pour atteindre 5,7 par 100 000 en 2016 (243 suicides). Bien qu’il s’agisse du taux de suicide le plus bas jamais observé au Québec depuis 1981, les résultats des années précédentes suggèrent que le taux de suicide chez les femmes est plutôt stable depuis une dizaine d’années.
  • Depuis 2007, les taux de suicide les plus bas s’observent chez les jeunes filles (10-14 ans) et les jeunes femmes (15 à 19 ans) tandis que les taux les plus élevés sont observés chez les femmes âgées de 50 à 64 ans.

Autres faits saillants :

  •  Au Nunavik, le phénomène du suicide est préoccupant. Le taux de suicide dans cette région était de 135,1 par 100 000 pour les hommes et
    31,9 par 100 000 pour les femmes pour la période 2014-2016. Ce taux est 7 fois plus élevé que ce qui est observé chez les hommes pour l’ensemble du Québec et 5 fois plus chez les femmes.
  •  Pour la période 2014-2016, les taux de suicide pour les régions du Nunavik, de l’Abitibi-Témiscamingue, Chaudière-Appalaches et Mauricie et du Centre-du-Québec étaient significativement plus élevés que le reste du Québec, alors que ceux de Laval et de Montréal étaient significativement inférieurs.
  •  Pour 2014-2016, la méthode la plus utilisée pour s’enlever la vie chez les hommes et les femmes au Québec était la pendaison, (respectivement 56,0 % et 42,5 %). Les suicides par armes à feu étaient beaucoup plus fréquents chez les hommes (14,5 %) tandis que les suicides par intoxications aux substances solides ou liquides étaient plus fréquents chez les femmes (34,7 %).

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Source : Institut national de santé publique, Gouvernement du Québec.


Le suicide dans la littérature québécoise pour adolescents : une esthétique de la fragmentation au service de la reconstruction de soi

Mémoire de Ariane Maheux-Tremblay, Maîtrise en études littéraires, Maître ès arts (M.A.)

Depuis la fin des années 1990, la littérature québécoise pour la jeunesse aborde des thématiques délicates auparavant taboues, dont le suicide. Le traitement d’un tel sujet est grandement facilité par l’attention qu’accordent les auteurs à la forme de leur récit, ce que nous observons dans Une vie en éclats de Maryse Pelletier, Le long silence de Sylvie Desrosiers, Le parfum des filles de Camille Bouchard ainsi que Ma vie ne sait pas nager d’Élaine Turgeon. La quête des personnages, désormais plus englobante, est centrée sur le rapport à l’Autre, qui se transforme au cours du processus de deuil. Les protagonistes traversent en fait un long moment d’errance où ils n’ont plus de repères et tentent de fuir, jusqu’à ce que l’apparition d’un nouveau personnage qui comprend leur douleur les aide à établir ce nouveau rapport avec le défunt. La déconstruction formelle des oeuvres vient faire écho à la fragmentation vécue par les personnages, ce qui rend fort significatives l’attention portée à la temporalité ainsi que la multiplicité des narrateurs, voire l’hybridité générique au sein des récits. Les oeuvres semblent remettre en question certaines conventions de la littérature jeunesse afin de faire vivre au lecteur la confusion vécue par les protagonistes : le lecteur confronté à un texte d’apparence déconstruite doit ainsi effectuer un travail de reconstruction semblable à celui opéré par les personnages.

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Le suicide dans trois romans québécois pré-révolution tranquille Mathieu (1949) de Françoise Loranger, Poussière sur la ville (1953) d’André Langevin et La fin des songes (1950) de Robert Élie

En rupture avec le traditionalisme, le roman québécois des années 1940 prend un nouveau tournant en accordant une place centrale à l’homme. Le roman du cas de conscience qui naît à ce moment s’applique à montrer l’individu tel qu’il est avec ses sentiments, ses émotions, ses joies, ses peines et ses tourments. Les romanciers invitent ainsi le lecteur à plonger au cœur même d’une individualité empreinte de crises psychologiques et sentimentales et qui, souvent, aboutit dans la mort de façon volontaire. Le suicide est une thématique littéraire québécoise peu exploitée et pourtant si intéressante. Ce mémoire est consacré à cette thématique dont l’étude passe par l’analyse de trois romans pré-Révolution tranquille: Mathieu (1949) de Françoise Loranger, Poussière sur la ville (1953) d’André Langevin et La Fin des songes (1950) de Robert Élie. Avant d’en arriver au suicide, les personnages principaux de ces romans sont, tour à tour, aux prises avec des problèmes de solitude, de rejet et d’isolement qui ne font que participer à leur chute de plus en plus profonde dans le gouffre de la mort. Certains s’en sortiront, comme Mathieu, et d’autres n’auront pas la force de se battre contre cette vie malheureuse qui est la leur, comme Madeleine et Marcel. Mathieu, le personnage central du roman de Françoise Loranger, est un être cynique, méprisant et marginal qui s’isole graduellement jusqu’à ce qu’il parvienne à la tentative d’autodestruction. C’est en rejetant la société dans laquelle il vit, en refusant toute transcendance et en se détournant presque de lui-même que sa tentative peut être qualifiée de »sociologique » puisque c’est son refus conscient d’intégration qui le mène droit vers sa rencontre avec la mort. Madeleine et Marcel, quant à eux, sont des êtres qui semblent taxés d’une fatalité qui les mène directement au suicide. Dans le premier cas, il s’agit d’une fatalité existentielle dans la mesure où le destin même du personnage est marqué par l’insatisfaction et le pessimisme et ce, depuis toujours. Dans le second cas, la fatalité est à la fois existentielle et à la fois métaphysique. Ici, le personnage s’éloigne volontairement des gens qui l’aiment et qui l’entourent. Son isolement à demi provoqué et à demi prédéfini va avoir le dernier mot sur son existence. Les parcours des héros de ces trois romans psychologiques québécois se ressemblent. À leur manière, Mathieu, Madeleine et Marcel partent tous à la recherche de leur individualité au risque de s’enfoncer dans un isolement trop insupportable, désirer la mort, puis passer à l’acte. L’analyse de ces trois personnages démontre comment le roman du cas de conscience fait peser sur eux un nouveau questionnement qui oblige à diverses réponses, dont le suicide fait désormais partie.

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Président éditeur, Fondation littéraire Fleur de Lys

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