Votre éditeur prend position – Devenir soi-même – Les grands dossiers des sciences humaines

Votre éditeur prend position

Devenir soi-même

Les grands dossiers des sciences humaines

No 55 – Juin-juillet 2019

En juillet dernier (2019), j’annonçais ma lecture de l’édition DEVENIR SOI-MÊME paru dans le magazine LES GRANDS DOSSIERS DES SCIENCES HUMAINES, question de me mettre à jour dans le domaine du développement personnel.

J’ai acheté un exemplaire de l’édition Juin – Juillet 2019 du magazine Sciences humaines par curiosité. Je souhaite découvrir ce que peuvent bien affirmer les spécialistes au sujet de la connaissance de soi, un domaine où l’on trouve de tout, du meilleur au pire.

Source

Je n’adhère pas à ce mouvement du développement personnel parce qu’il se rapproche de la psychologie, une science inexacte qui me tombe sur les nerfs. Elle avance toutes sortes de théories et de pratiques plus ou moins fiables.

Le numéro LES GRANDS DOSSIERS DES SCIENCES HUMAINES sous le thème DEVENIR SOI-MÊME se présente en trois parties : histoire, méthodes, enjeux et question.

La première partie consacrée à l’HISTOIRE sous le thème L’ART DE VIVRE DANS L’ANTIQUITÉ m’a captivé parce qu’elle traite de la philosophie, un domaine d’intérêt personnel.

Dans la deuxième partie, j’ai appris que les psychologues ne s’entendent pas entre eux au sujet du développement personnel et face aux capacités de l’individu de changer. Les psychologues dénoncent ce qu’ils nomment « les chantres du développement personnel ».

Dans la troisième partie ENJEUX, un texte intitulé « Un marché juteux… et si opaque » témoigne d’une certaine auto-critique. Les lecteur y est introduit en ces mots : « Le développement personnel aurait-il quelque chose à cacher ? En tout cas, il est bien difficile de prendre la mesure de son marché, tant les données chiffrées sur le sujet restent rares et peu accessibles. »

Le regard critique sur le développement personnel se porte aussi sur ses effets. L’auteur d’un texte aborde de sujet de front avec la question LE DÉVELOPPEMENT PERSONNEL – DES EFFETS PERVERS ? La conclusion se lit comme suite : « À l’instar de la loi d’attraction, beaucoup de méthodes de mieux-être circulent à l’heure actuelle sans que leurs effets aient été validés au delà d’un effet placebo, n’en déplaisent à leur défenseurs. La plus grande prudence devrait par conséquent être de mise lorsqu’on s’apprête à investir notre temps, notre argent et notre énergie dans une méthode de développement personnel. S’enquérir des études réalisées à son sujet représente une bonne façon d’éviter les pièges d’un prosélytisme dont nous pouvons facilement devenir les victimes consentantes. »

Je considère le développement personnel comme une dérive de la psychologie et cette dernière comme une dérive de la philosophie. Je préfère et de loin la philosophie à la psychologie. Ma lecture du livre Platon pas Prozac ! La Philosophie Comme Remède signé par Lou Marinoff et parue en l’an 2000 m’a convaincu de l’utilité pratique de la philosophie pour comprendre et solutionner les problèmes de la vie personnelle et professionnelle. On y parle même de cabinet de consultations tenu par des philosophes.

Ma lecture du livre Séduction psychologique – Échec de la psychologie moderne signé par William Kirk Kilpatrick a définitivement changé ma perception de la psychologie. Dans son livre, William Kirk Kilpatrick, lui-même psychologue, diplômé des plus grandes écoles dont les célèbres universités Harvard et Purdue, se demande « quel est donc le profit produit par la psychologie » :


L’ÉCHEC DE LA FOI PSYCHOLOGIQUE

Quelque bien intentionné et agréable qu’il soit, il n’est pas évident que l’« establishment » sache aider. Partout il existe de sombres signes que cette foi n’est pas efficace. En dépit de la création d’une armée virtuelle de psychiatres, psychologues, psychométriciens, conseillers et éducateurs sociaux, il n’y a eu aucune diminution du taux de maladies mentales, suicides, alcoolisme, toxicomanie, enfants maltraités, divorces, meurtres et voies de fait de toutes sortes. Contrairement à ce qu’on pourrait espérer dans une société analysée si soigneusement et assistée par tant d’experts de la santé mentale, il y a eu un accroissement dans tous ces domaines. Il semble parfois exister un rapport direct entre le nombre grandissant de ceux qui aident et le nombre grandissant de ceux qui ont besoin d’aide. Plus nous avons de psychologues, plus nous récoltons de maladies mentales; plus nous avons d’éducateurs sociaux et de délégués à la liberté surveillée, plus la criminalité s’accroît; plus nous avons d’enseignants et plus l’ignorance grandit.

Il nous faut nous interroger devant tout cela. En clair, cela est suspect. Nous sommes contraints de concevoir la possibilité que la psychologie et les professions qui gravitent autour d’elle proposent des solutions aux problèmes qu’elles ont elles-mêmes contribué à faire naître. Ainsi, nous voyons des psychologues élever chez les gens l’espoir de bonheur ici-bas à un niveau démesuré, pour ensuite dispenser leurs conseils sur la crise qui survient vers la mi-vie et à la mort. Nous voyons des psycho-logues faire de l’attention portée à soi-même une vertu, pour ensuite s’étonner du nombre croissant de narcissistes. Nous voyons des psychologues alléguer devant les tribunaux que les mauvais garçons et même les mauvais adultes n’existent pas, pour ensuite formuler des théories afin d’expliquer l’augmentation de la criminalité. Nous voyons des psychologues mettre à rude épreuve les liens de la vie familiale, pour ensuite mener une thérapie dans les foyers brisés.

ATTENTES ET RÉSULTATS

Il y a trop de « si », de « et » et de « mais » pour prouver une relation fortuite entre la montée de la psychologie et la détérioration du lien social, mais il existe certainement assez de preuves pour douter du profit que la psychologie prétend nous apporter. Dans les domaines où les professionnels savent véritablement ce qu’ils font, nous nous attendons à un résultat. Stanislas Andreski, sociologue britannique, fait la lumière sur ce point en comparant la psychologie et la sociologie à d’autres professions. Il note que lorsqu’une profession est fondée sur une connaissance bien établie, il devrait y avoir une relation entre le nombre de personnes qui exercent cette profession et les résultats accomplis :

« Ainsi, dans un pays où il y a pléthore d’ingénieurs en télécommunication, l’équipement télé-phonique sera normalement meilleur que dans un pays où il n’y a que quelques spécialistes dans ce domaine. Le taux de mortalité sera plus bas dans les pays ou les régions où il y a beaucoup de docteurs et d’infirmières que dans les lieux où ils sont rares et éloignés. Les comptes seront généralement tenus avec plus d’efficacité dans les pays où il y a de nombreux comptables expérimentés que là où ils font défaut. »18

Mais quel est donc le profit produit par la psychologie et la sociologie? Le professeur Andreski poursuit :

« … Partant, nous devrions constater que dans les pays, les régions, les institutions ou encore les secteurs où les services des psychologues sont très largement requis, les foyers sont plus résistants, les liens entre conjoints, frères et sœurs, parents et enfants, plus solides et plus chaleureux; les relations entre collègues plus harmonieuses, le traitement des patients meilleur; les vandales, les criminels et les toxicomanes moins nombreux, que dans les endroits et les groupes qui n’ont pas recours aux talents des psychologues. En conséquence, nous pourrions déduire que les États-Unis sont la patrie bénie de l’harmonie et de la paix; et qu’il aurait dû en être toujours plus ainsi durant le dernier quart de siècle en relation avec la croissance numérique des sociologues, des psychologues et des experts en sciences politiques. »19

Cependant, ce n’est pas ce qui s’est produit. Au contraire, les choses semblent empirer. Les rues ne sont pas sûres. Les foyers se désintègrent. Le suicide sévit parmi les jeunes. Et quand la psychologie tente de régler de tels problèmes, il semble souvent qu’elle les aggrave. La création dans les villes de centres de prévention du suicide s’accompagne, par exemple, d’une augmentation de celui-ci. Les conseils matrimoniaux conduisent fréquemment au divorce. Par ailleurs, l’observation la plus élémentaire nous montre que l’introduction de l’éducation sexuelle dans un public très étendu n’a aucunement enrayé la hausse des grossesses non désirées, de la promiscuité et des maladies vénériennes. Il est plutôt manifeste que de tels programmes encouragent la sexualité précoce et les problèmes qui en découlent.

Il est difficile de ne pas conclure que l’ordonnance est à l’origine de la maladie.

« Si nous constations », écrit Andreski, « que toutes les fois que les pompiers arrivent, le feu redouble d’intensité, nous finirions par nous demander ce qu’il peut bien sortir de leurs lances et si, par hasard, ils ne sont pas en train de verser de l’huile sur le feu »20 »21

Source : Kilpatrick, William Kirk, Séduction psychologique – Échec de la psychologie moderne.


Même s’il s’agit d’un livre chrétien évangélique, l’auteur porte un regard lucide sur la psychologie qu’il affirme être une Bible sans Dieu. La psychologie, selon Kilpatrick, reprend les conseils de la Bible mais sans Dieu.

Il soutient que la psychologie fait du MOI dans ses thérapies une montagne dont le sommet en cache un autre plus haut et ce dernier une autre encore plus haut et ainsi de suite.

Depuis les années 1990, la psychologie connaît une renaissance scientifique grâce à son association avec les neurosciences. Ainsi, on trouve une part de la psychologie qui se fonde sur les neurosciences, des sciences exactes. Le plus bel exemple de cette association entre une science inexacte et des sciences exactes se trouve exposé en détails dans le livre L’intelligence émotionnelle de Daniel Goleman, diplômé de l’université Harvard et docteur en psychologie clinique et développement personnel, journaliste au New York Times, où il suit particulièrement les sciences du comportement.


RÉSUMÉ

Notre destin est-il inscrit dans notre Q.I ? Non, car la conception traditionnelle de l’intelligence néglige une part essentielle du comportement humain : les réactions émotionnelles. Certains individus au Q.I. élevé échouent alors que d’autres, au Q.I plus modeste, réussissent haut la main, car il existe une autre forme d’intelligence, l’intelligence émotionnelle, que l’on peut stimuler et développer, et cela dès l’enfance. Maîtrise de soi, persévérance, motivation, respect d’autrui, sont autant de qualités qui permettent de réussir. A l’inverse, une intelligence émotionnelle déficiente provoque instabilité affective, problèmes professionnels et médicaux.Un passionnant voyage au pays des émotions, pour découvrir et exploiter en nous toute une palette de sentiments inexplorés.


Au-delà des révélations concernant l’intelligence émotionnelle dans ce livre, du moins pour un profane comme moi, il y a cette subordination d’une science inexacte à une science exacte pour s’appuyer sur des résultats scientifiques.

Mais et il fallait s’y attendre, bon nombre de psychologues et coachs de vie se sont appropriés le concept de l’intelligence émotionnelle sans en respecter le fondement scientifique et tricoter toutes sortes de thérapies de développement personnel plus ou moins fiables.

Le numéro Devenir soi-même du magazine Les grands dossiers des sciences humaines est honnête et intéressant. Il offre une opportunité unique de se mettre à jour dans le domaine du développement personnel avec toutes les mises en garde utiles dont celle-ci :« Il est très difficile de distinguer ce qui relève ou non du développement personnel parce que les propositions dans ce domaine mélangent souvent dimensions physiques, psychique et spirituelles et utilisent le développement personnel comme porte d’entrée pour vendre. »

 

Président éditeur, Fondation littéraire Fleur de Lys

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