Mémoire présenté par Bernard Descôteaux et Colette Brin, Centre d’études des médias, à la Commission de la culture et de l’éducation dans le cadre du Mandat d’initiative sur l’avenir des médias d’information

Mémoire présenté par Bernard Descôteaux et Colette Brin, Centre d’études des médias, à la Commission de la culture et de l’éducation dans le cadre du Mandat d’initiative sur l’avenir des médias d’information


Télécharger ce mémoire (PDF)


Les médias d’information au Québec à l’ère numérique : données et pistes d’action


Sommaire

Le Centre d’études sur les médias (CEM) suit depuis plus d’un quart de siècle l’évolution de l’écosystème médiatique québécois. Dans ce mémoire à la Commission de la culture et de l’éducation, il dresse un état des lieux de l’économie des médias québécois et propose une série de mesures que pourrait adopter l’État pour soutenir la production de contenus d’information.

Les médias traditionnels québécois sont aujourd’hui fragilisés. En témoignent:

  • Une chute des revenus publicitaires de près de 50 % pour les quotidiens et les magazines, de 30 % pour les hebdos entre 2003 et 2017. La télévision et la radio connaissent désormais aussi une diminution de ces revenus. Le secteur numérique hors média a pour sa part connu une croissance exponentielle de ses revenus, ravissant 43 parts de marché en 14 ans.
  • Une diminution conséquente de la rentabilité des médias. La marge bénéficiaire, sauf pour la radio, a été réduite. Dans le cas des quotidiens et des périodiques elle est devenue négative.
  • Une diminution de l’offre de l’information. Les effectifs journalistiques ont diminué de 9,9 % au Québec entre 2005 et 2015. Les dépenses liées à la production de l’information ont aussi diminué. La couverture des affaires publiques (gouvernements, municipalités et justice) au Canada a diminué de 36 % de 2008 à 2017. La presse hebdomadaire est sévèrement affectée. Depuis 2011, le nombre de titres est passé de 200 à 120.

La transformation de l’univers médiatique s’explique en grande partie par l’apparition d’Internet et des plateformes numériques qui ont introduit un nouveau modèle d’affaires reposant sur l’accès libre et gratuit aux contenus. Les GAFA (Google, Amazon, Facebook et Apple) sont devenus des géants qui imposent leur loi. Au Canada, les trois quarts des dépenses publicitaires en ligne sont captées par Google et Facebook.

Les médias québécois trouvant de moins en moins d’appui dans le marché pour investir dans leur développement se tournent vers les consommateurs d’information (mise en place de « murs payants » et de stratégies de philanthropie) et vers les gouvernements.

Le CEM estime justifiée une intervention de l’État. Notre écosystème médiatique a été bouleversé de telle façon par la montée en puissance des GAFA que cette intervention sera sans doute nécessaire sur le long terme. Ce que fait l’État en culture, il peut le faire pour l’information.

Le CEM soumet quelques pistes d’intervention pour le gouvernement. Elles viseront à soutenir la création de contenus d’information de qualité et leur diffusion. Elles auront un effet de synergie en agissant dans le même sens que les mesures du gouvernement fédéral, par un crédit d’impôt remboursable pour la main-d’œuvre des salles de rédaction. Dans cet esprit, nous proposons que les municipalités soutiennent elles aussi les médias d’information locale et régionale.


Introduction

La Commission de la culture et de l’éducation de l’Assemblée nationale tiendra ces prochaines semaines une consultation publique sur les mesures complémentaires de soutien que le gouvernement du premier ministre François Legault entend adopter pour soutenir les médias d’information d’ici, qui sont fragilisés par les contrecoups de la révolution numérique. Le gouvernement précédent, celui de Philippe Couillard, avait adopté un premier bouquet de mesures que l’actuel gouvernement entrevoit enrichir. Le Centre d’études sur les médias (CEM) se réjouit de cette initiative et souhaite par ce mémoire contribuer à une nécessaire discussion publique sur ce sujet qui concerne tout autant les acteurs du monde des médias et les décideurs publics que les citoyens.

Tout d’abord, présentons le CEM en quelques mots. Créé en 1992 avec l’appui du ministère de la Culture et des Communications, dont il bénéficie de l’aide depuis lors, notre organisme mène des recherches et produit de brèves analyses visant à mieux comprendre l’évolution des médias d’ici. Nous nous intéressons tout particulièrement aux politiques publiques, à l’économie des médias, aux changements dans les habitudes des consommateurs ainsi qu’aux transformations que connaît le journalisme. Nous avons donc acquis au fil de ces presque trois décennies des connaissances et une expertise qui sont reconnues. Nous intégrons d’ailleurs à ce mémoire des données et analyses récentes, produites dans le cadre de projets de recherche du CEM sur l’information locale et régionale, sur la nouvelle économie des médias, et sur la consommation de l’information sur les plateformes numériques (enquête canadienne du Digital News Report).


Des médias fragilisés

À titre d’observateur de longue date de l’univers des médias québécois, le CEM ne peut que partager la vive inquiétude que ressentent les dirigeants et les employés (toutes catégories confondues) des entreprises de presse. À bon droit, plusieurs d’entre elles se demandent pendant combien de temps elles pourront encore publier et diffuser, et au prix de quelles compressions budgétaires et de combien de nouvelles réductions d’emplois.

Quelques données statistiques suffisent à décrire l’état de la situation.

D’abord, depuis le début des années 2000, les médias écrits ont connu une baisse importante de leurs revenus publicitaires. Comme l’indique le tableau 1, les dépenses publicitaires affectées aux médias traditionnels ont chuté, celle de la télévision et (surtout) celle de la radio ayant connu une diminution plus légère et plus récente. On constate également que les dépenses publicitaires affectées aux plateformes numériques ont explosé.

Tableau 1. Évolution des dépenses publicitaires par plateforme, excluant l’affichage, Québec

La publicité s’est profondément transformée en moins de 15 ans. Support favori des annonceurs jusqu’en 2014, la télévision a été supplantée par les moteurs de recherche, réseaux sociaux et autres plateformes numériques. Ceux-ci accaparent 44 % du marché en 2017. Ils dominent la télévision par 18 points.

Les quotidiens, qui occupaient la seconde place encore en 2012, ont glissé au quatrième rang. Durant cette période, leurs revenus publicitaires sont passés de 540 millions à 255 millions de dollars. Leur déconfiture a permis à la radio de regagner la troisième position. Les hebdos régionaux et les magazines demeurent, respectivement, aux cinquième et sixième échelons.

Pendant l’ensemble de la période, le graphique 1 montre que le secteur numérique hors médias a ravi 43 parts de marché, principalement aux médias écrits qui en ont perdu 32, dont 20 pour les quotidiens, et à la télévision qui a reculé de 10 parts de marché.

Graphique 1. Évolution de la publicité au Québec

Ces changements dans le marché publicitaire auront affecté fortement la rentabilité des entreprises médiatiques. Les plus durement touchées sont les quotidiens et les hebdomadaires. Leur marge bénéficiaire est maintenant négative (-0,1%) alors qu’elle était de 17,5 % en 2000, selon les données de Statistique Canada. De 2014 à 2017, les recettes de ces publications ont fléchi de 17 %. La télévision généraliste québécoise a de son côté encaissé des pertes de 3 % environ entre 2014 et 2017. Du côté de la radio, les marges bénéficiaires demeurent au contraire positives, ayant été supérieures à 20 % en 2016 et 2017, bien que, hors des régions de Montréal, Gatineau et Québec, elles soient nettement inférieures à la moyenne.

Ces difficultés financières ont eu des conséquences sur les effectifs journalistiques. Selon les données du recensement de Statistique Canada, le nombre de personnes exerçant le métier de journaliste au Québec a diminué de 9,9 % entre 2005 et 20152. Les régions métropolitaines de recensement (RMR) les plus touchées sont celles de Québec (-33 %) et Gatineau (-30 %). Quant aux régions rurales (hors RMR), où se trouvent moins du cinquième des journalistes québécois, elles ont accusé une baisse de 20 % durant la même période. Lors du plus récent recensement, on dénombrait 3840 journalistes œuvrant dans des médias professionnels sur le territoire québécois, dont 65 % dans la région de Montréal.

L’ensemble des effectifs des entreprises de presse a diminué de 18 % entre 2005 et 2015. Entre 2003 et 2016, les dépenses de rémunération de l’ensemble des employés des journaux québécois ont diminué de 20 % alors que l’inflation augmentait durant la même période de 25 %. Du côté de la télévision généraliste, les dépenses consacrées à l’information sont demeurées stables (50 millions de dollars) entre 2013 et 2017, malgré la baisse des revenus.

Par ailleurs, il faut souligner que les compressions adoptées par les entreprises de presse, qui sont conséquentes à la diminution de leurs revenus, ne portent pas que sur les réductions de postes, mais touchent aussi l’ensemble des dépenses de production et de diffusion de l’information. Il s’agit, par exemple, de la réduction des dépenses de voyages et de recherches, de la diminution du nombre de pages des publications écrites, de la fermeture de points de vente dans les régions, ce qui a pour résultat de réduire l’offre d’information et l’accès aux sources d’information. Une étude menée par le Forum des politiques publiques montre que, durant la période allant de 2008 à 2017, la couverture des affaires gouvernementales, municipales et judiciaires au Canada a diminué globalement de 36 %. Cette même étude note aussi une baisse, pour l’ensemble des articles analysés, de plusieurs indicateurs d’un traitement approfondi de l’actualité : présentation de perspectives divergentes, exemples concrets, résultats de sondages ou autres données statistiques, éléments du contexte historique. Entre 2008 et 2019, 231 fermetures et 44 fusions de médias se sont produites au Canada, ce qui a touché au total 197 collectivités, selon des données colligées par les professeurs April Lindgren et Jon Corbett.

Ici comme ailleurs au Canada, aux États-Unis et en Europe, les médias traditionnels (tout particulièrement les journaux, qui demeurent les principaux producteurs de contenus d’information d’intérêt général) sont forcés de se mettre, en quelque sorte, en mode de survie, ce qui a pour effet de réduire l’accès des citoyens à une information juste et indépendante, une information à laquelle ils ont droit, et de diminuer ainsi leur capacité à participer au débat public.


La source des transformations

L’univers médiatique est en constante transformation. Au cours du XXe siècle, l’arrivée de nouvelles plateformes de diffusion de l’information, soit la radio puis la télévision, a chaque fois créé un choc et forcé des adaptations et transformations. Avec le temps, de nouveaux équilibres se sont établis qui ont toutefois été remis en cause par l’apparition à la fin du siècle dernier d’Internet, puis des plateformes numériques (moteurs de recherche et réseaux sociaux) qui ont transformé substantiellement les manières de diffuser l’information. Il ne faut pas reprocher aux médias traditionnels, qui depuis ont connu un déclin soutenu, de ne pas avoir cherché à s’adapter. En fait, la très grande majorité des publications écrites se sont toutes dotées rapidement de sites Internet leur permettant de diffuser leurs contenus en libre accès et de rejoindre ainsi de nouveaux auditoires avec la perspective d’accroître leurs revenus publicitaires. C’est ce qu’ont fait aussi les grands réseaux de télévision et de radio qui ont ainsi pris pied dans le domaine de l’écrit, jusque-là réservé aux journaux.

Ce nouveau modèle d’affaires a introduit le ver dans la pomme, comme on le constate aujourd’hui. Peu de médias pouvaient résister au nouveau paradigme du libre accès gratuit et universel aux contenus qui s’est imposé avec l’avènement des grandes plateformes numériques (Google, Apple, Facebook et Amazon, formant l’acronyme GAFA). Celles-ci sont rapidement devenues des géants, capables d’imposer leur loi aux marchés et aux gouvernements. S’appuyant sur la recherche et le partage des contenus, elles ont créé, grâce à leur popularité et à leurs puissants algorithmes, un nouveau modèle d’affaires leur permettant d’engranger l’essentiel des revenus publicitaires en ligne, grâce notamment aux données qu’elles recueillaient sur le profil de leurs auditoires. Au Canada, les trois quarts des dépenses publicitaires vont maintenant à deux de ces grandes plateformes étrangères, Google (50,8 %) et Facebook (23,5 %)3.

Les GAFA profitent pourtant en partie des contenus des médias traditionnels avec lesquels ils alimentent leurs plateformes. Situation pour le moins paradoxale pour ceux-ci, qui, au jeu de la concurrence, ne pouvaient gagner contre ces nouveaux empires.

La radio, la télévision généraliste privée et les hebdomadaires, qui dépendent de la publicité dans des proportions qui vont de 85 à 97 %, ne peuvent échapper au modèle de la gratuité. Il en va autrement des quotidiens et des magazines, qui ont une deuxième source significative de revenus venant des abonnements (30 % pour les premiers et 65 % pour les deuxièmes)4. Ils cherchent par conséquent à monnayer les contenus d’information qu’ils diffusent sur leurs plateformes numériques par des « murs payants », de sorte que le lecteur paie pour ces contenus, que ce soit à la pièce, sous forme d’abonnement ou sous une autre formule intermédiaire. Remonter le courant semble possible. Le New York Times fait à cet égard figure de modèle. Il a désormais davantage d’abonnements à ses divers produits numériques (3,3 millions) qu’à son édition papier (1 million)5. On pourrait aussi citer l’exemple du Devoir qui a choisi le modèle payant dès le début des années 2000. Une étude menée par le Reuters Institute for the Study of Journalism auprès de 212 médias, répartis dans 6 pays européens et aux États-Unis, montre que 69 % d’entre eux ont aujourd’hui une forme de « mur payant », ce qui est une augmentation de 4,5 points de pourcentage par rapport à 2017.

The Guardian de Londres a pris une voie quelque peu différente en faisant appel à la contribution volontaire des lecteurs par la philanthropie. Ce journal, qui a par ailleurs dû procéder à des compressions importantes, a réussi à maintenir l’accès gratuit à sa version numérique grâce à 655 000 soutiens réguliers de lecteurs chaque mois, et à 300 000 dons ponctuels reçus en cours d’année (données pour 2018). L’entreprise a même renoué avec les profits l’année dernière6. La Presse+, qui avait misé sur la gratuité, s’est résignée ces derniers mois à adopter un modèle similaire et à demander à ses lecteurs de contribuer au financement de la production de ses contenus par des dons.

Ce changement de stratégie repose sur le postulat que les médias d’information doivent contrôler la diffusion des contenus journalistiques, qui constituent l’essence même de leurs activités, pour espérer surmonter les difficultés actuelles. Le pari n’est toutefois pas gagné d’avance. En effet, les études du Digital News Report que le CEM mène depuis quatre ans, en collaboration avec le Reuters Institute for the Study of Journalism de l’Université d’Oxford, montrent que les consommateurs d’information sont peu enclins à payer pour accéder à de l’information dans l’environnement numérique. En 2018, seulement 9 % de Canadiens disaient avoir payé pour de l’information en ligne7. D’une année à l’autre, cette donnée n’a guère varié et se classe parmi les plus faibles des 37 pays étudiés. En tête de liste se trouvent les pays nordiques, où l’habitude de lecture des journaux est bien ancrée et où les principales publications ont adopté il y a longtemps des stratégies pour faire payer la consommation de contenus numériques. D’ailleurs, la proportion de gens ayant payé pour de l’information en ligne a augmenté en 2018 en Suède (+6 points de pourcentage), en Norvège (+4) et en Finlande (+4)8.

De même, peu nombreux sont ceux qui sont disposés à soutenir un média en lui versant un don. Pour le Canada, 18 % le seraient. Les francophones se montrent, pour leur part, plus timides en cette matière, puisque seulement 14 % ont manifesté une volonté de faire un tel geste. Les plus jeunes montrent toutefois davantage d’ouverture en ce sens : 28 % des Canadiens de moins de 35 ans envisageraient de faire un don à un média d’information.

Il faut toutefois rappeler que cette gratuité des contenus en ligne est en quelque sorte factice : que ce soit sur les réseaux sociaux, les moteurs de recherche ou les sites de commerce en ligne, l’usager fournit au passage (et parfois à son insu) de précieuses informations sur lui-même, ses habitudes de consommation, ses champs d’intérêt, toutes données que monnaient ceux qui se les approprient et dont ils tirent d’immenses profits, généralement sans rendre à la société, par taxes et impôts, une juste part de ceux-ci.

Les citoyens se tournent de plus en plus vers les plateformes numériques pour s’informer

Les enquêtes réalisées entre 2007 et 2015 par le CEM montrent que le temps consacré à la consommation d’information, toutes plateformes confondues, est en croissance au Québec. Par ailleurs, les plateformes numériques surpassent maintenant la télévision quant au temps passé à s’informer. Les données du Digital News Report sur la consommation des « marques médias » et des autres médias d’information traditionnels au Canada, présentées dans le graphique 2, indiquent que les grandes chaînes télévisées demeurent les sources les plus fréquentées, autant en ligne que hors ligne, alors que les médias locaux et régionaux peinent à se faire une place dans le palmarès des principales sources d’information dans l’espace numérique.

Graphique 2. Consommation des principales « marques médias » au Canada, en anglais et en français, hors ligne et en ligne (2018)

Les journaux ne sont la principale source d’information que pour 19 % de la population, les médias sociaux que pour 17 % et la radio que pour 5 %. De manière globale, quatre Québécois de langue française sur dix identifient un des supports en ligne comme principale source d’information. Chez les moins de 35 ans, cette proportion est de 70 %.


Défaillances du marché

Dans une logique d’économie de marché, le jeu de l’offre de la demande est censé assurer la production d’une diversité et d’une qualité optimales d’un produit pour une population donnée. Or, les spécialistes s’entendent pour dire que ce n’est pas le cas pour l’information. En effet, du point de vue de la théorie économique, l’information constitue un « bien public ». En économie, le bien public est à la fois non rival (la consommation ne « dégrade » pas le produit, de sorte qu’il peut être consommé également par tous, contrairement à un aliment, par exemple) et non exclusif (il n’existe pas de barrière à la consommation, comme un prix d’accès ou d’achat). L’exemple classique d’un bien public est le phare: tous peuvent bénéficier librement de sa lumière sans avoir à en payer l’utilisation.

Le problème s’aggrave dans la nouvelle économie numérique, où la circulation des contenus d’information échappe de plus en plus à ses producteurs. Ceux-ci n’arrivent plus à capter la valeur économique de leur produit qui circule sur les réseaux. Par ailleurs, dans l’environnement numérique l’assemblage traditionnel des contenus médiatiques est décomposé. On pense en particulier aux journaux, qui offraient au public non seulement un menu quotidien d’information sur l’actualité générale, mais aussi une série de contenus de divertissements (bandes dessinées, jeux, section sportive) et d’intérêt particulier comme les petites annonces et les avis de décès. Tous ces contenus sont désormais offerts par d’autres joueurs dans l’espace numérique et sont consommés à la pièce, plutôt qu’en tant que « produit groupé ». Mais surtout, comme nous l’avons vu, le déséquilibre entre les GAFA et les médias traditionnels sur le marché de la publicité numérique est tel que la survie même de ces derniers est menacée.

Phénomène significatif à cet égard, nous avons assisté ces derniers mois au démantèlement de deux grands groupes de presse au Québec:

  • Power Corporation a ainsi vendu ses quotidiens régionaux au Groupe Capitales Médias, puis s’est délesté de La Presse, son vaisseau amiral, devenue propriété d’une fiducie d’intérêt public.
  • Le Groupe TC Média (Transcontinental), qui avait récemment ajouté à son portefeuille plusieurs hebdomadaires locaux et régionaux acquis de Québecor, a fermé ou vendu l’essentiel de ce portefeuille pour ne garder que le journal Les Affaires et quelques publications spécialisées.

À l’inverse, il faut noter que Québecor a choisi une stratégie de consolidation de son marché principal en presse quotidienne, magazine et télévisuelle. À l’automne 2018, il prenait pied dans le marché radiophonique avec la radio numérique QUB.

Le désinvestissement de la part de grands groupes, qui n’y voient plus de perspective de profits, est symptomatique de l’état de santé de nos entreprises de presse. Au moment où l’appartenance des médias à un grand groupe de presse aurait pu leur fournir un accès aux capitaux dont ils avaient besoin, les propriétaires de ces groupes se retirent du marché. Devant cette défaillance du marché, les médias se retournent vers leur public – et l’État – pour les soutenir.


Le droit du public à l’information

Historiquement, l’État s’est tenu à distance de la presse. En Amérique du Nord, celle-ci s’est fait une règle d’or de ne jamais demander le soutien de l’État, estimant que son indépendance face aux pouvoirs politiques en serait nécessairement affectée. L’intervention de l’État se limitait donc à la diffusion des publicités gouvernementales. Mais la donne a changé. Les journaux, se heurtant à un déclin qui s’accélère, frappent maintenant à la porte des gouvernements canadien et québécois. Ceux-ci se montrent disposés à intervenir pour assurer le droit du public à l’information, car, essentiellement, c’est bien cela qui est en cause.

Certains contesteront ce tableau alarmant de l’état de l’information, en avançant que les nouvelles plateformes numériques ont contribué à une plus large diffusion de l’information. De fait, les sources d’information se sont multipliées et des contenus de toutes natures circulent librement sur la Toile. Mais cela vient avec son lot d’effets pervers, comme les fausses nouvelles pour n’en citer qu’un9. Ce phénomène fait justement la démonstration par l’absurde de la nécessité d’une presse professionnelle indépendante, chargée de produire et de diffuser de l’information fiable et vérifiée sous la forme de comptes rendus, reportages, enquêtes, analyses, sur lesquels pourront s’appuyer les citoyens pour se forger une opinion. Or, cette presse professionnelle, on la trouve concentrée dans les médias traditionnels où sont regroupées les équipes de journalistes les plus nombreuses et les plus qualifiées. Les enquêtes menées par des journalistes pour dénoncer la corruption au sein des gouvernements canadien et québécois, et qui ont notamment conduit à la tenue des commissions d’enquête Gomery et Charbonneau, témoignent de la valeur et de l’importance de ce travail.

Les Canadiens, dans une proportion de plus de 50 %, font d’ailleurs confiance à l’information qu’ils consomment (57 % chez les anglophones, 66 % chez les francophones), selon l’enquête du Digital News Report10. Et une vaste majorité (81 %) compte sur les médias et les journalistes pour les aider à faire la distinction entre le vrai et le faux. D’ailleurs, la population s’inquiète de plus en plus de la désinformation en ligne.

La surveillance exercée par les médias sur les pouvoirs publics est essentielle au bon fonctionnement de notre système démocratique. La question est de savoir ce qu’il en adviendra si les médias traditionnels poursuivent leur déclin. La réduction de l’offre de l’information conséquente à la chute des effectifs des salles de rédaction ne pourra que s’accentuer et conséquemment affecter le droit du public à l’information. Il nous apparaît aujourd’hui impérieux de réagir sans attendre que l’irréparable survienne, que l’on pense par exemple à la fermeture de quotidiens. Il s’agit en effet de donner aux médias les moyens de s’adapter au nouveau contexte économique et de poursuivre leur mission d’information, tout en soutenant l’émergence de « nouvelles pousses » sur des plateformes numériques. C’est à cette fin seule que l’intervention de l’État se justifie.


Le cas particulier des régions

Durant les travaux de la Commission de la culture et de l’éducation, les grandes entreprises de presse nationales parleront sans aucun doute d’une voix forte. Si le CEM partage leurs inquiétudes, il souhaite ici néanmoins tourner les projecteurs vers la situation de l’information locale et régionale. Nous sommes inquiets devant la diminution du nombre de journaux et de sources d’information dans les municipalités, et devant les incertitudes qui affectent les cinq quotidiens régionaux du Groupe Capitales Médias.

Nous apportons quelques données significatives qui appuieront nos appréhensions. Depuis 2011, le nombre de titres en presse hebdomadaire est passé de 200 à 120, soit une baisse de 40 %, au gré de fusions, de fermetures et de transformations en bimensuels ou mensuels. Le nombre d’exemplaires publiés est passé de 6,2 millions à 3,4 millions. Quelque 20 % des Canadiens francophones ayant participé en 2018 à l’enquête du Digital News Report ont indiqué s’être informés dans un hebdomadaire local ou régional pendant la semaine précédente. La pratique semble en baisse puisqu’on obtenait un résultat de 24 % en 2016. Au regard du mode de consultation de ces hebdomadaires: 13 % n’ont utilisé que l’imprimé en 2018, 3 % que le numérique et 4 % à la fois l’imprimé et le numérique11.

La tendance observée pourrait s’accentuer au lendemain de la vente par le Groupe TC Média de ses 93 titres régionaux. Ceux-ci se retrouvent entre les mains d’une quinzaine de propriétaires différents qui disposent de moins de moyens qu’en avait GTC. Certains ont d’ailleurs déjà entrepris de procéder à des rationalisations, tel le groupe dirigé par M. Michael Raffoul, qui comprend une trentaine de titres à Montréal et à Québec. Ces nouveaux propriétaires auront-ils les moyens de leurs ambitions ? Est-il besoin de rappeler que les hebdomadaires disposent de ressources limitées et qu’ils comptent des effectifs journalistiques déjà minimaux, œuvrant par ailleurs dans des conditions matérielles précaires qui rendent difficiles le recrutement et la rétention du personnel ?

De plus, il faut souligner que, par comparaison à la presse nationale, le travail des journalistes sur la scène locale ou régionale est souvent plus difficile. Les journalistes œuvrent dans un contexte de proximité avec les pouvoirs politiques et commerciaux locaux qui les expose aux pressions de toutes sortes. Ce n’est pas sans raison que les élus municipaux arrivent si souvent, comme l’ont montré les travaux de la commission Charbonneau, à échapper à l’examen public de leur gestion des affaires de la cité.

Il est permis de croire que le déclin de la presse régionale et locale a des effets néfastes sur la qualité et le dynamisme de la vie démocratique. Une étude américaine récente montre que dans les villes où les journaux ont réduit substantiellement le nombre de journalistes, le nombre de candidats à la mairie et le taux de participation électorale étaient plus faibles. Ce résultat confirme l’hypothèse selon laquelle moins les citoyens disposent d’information sur la direction des affaires publiques, moins ils s’y intéresseront12. Le maintien d’une presse forte et diversifiée peut donc justifier un soutien du gouvernement du Québec.


L’indépendance journalistique

L’adoption par l’État de mesures de soutien à la presse soulève certaines craintes quant à son effet sur l’indépendance de celle-ci à l’égard des élus. Des questions en ce sens ont été soulevées il y a quelques mois lorsque le gouvernement fédéral a annoncé son intention de mettre en place un programme de soutien aux médias. Les partis d’opposition, et même certains journalistes, ont fait état de leurs malaises, se demandant si l’on n’introduisait pas ainsi un biais partisan dans la couverture politique. De telles critiques ne sont pas à prendre à la légère. Elles pourraient renforcer la méfiance du public envers les médias.

Des aides à la presse existent pourtant dans de nombreux pays depuis des décennies, sans pour autant que l’indépendance rédactionnelle y soit menacée. Il s’agit généralement de réductions de tarifs postaux et d’une exemption partielle ou totale des taxes sur les biens et services. Le Fonds du Canada pour les périodiques, créé en 1999, aura en 20 ans distribué plus de 1 milliard de dollars. La gestion de ce fonds s’est toujours faite à distance des élus, avec des critères d’attribution bien définis et connus de tous ; les montants octroyés sont rendus publics.

La transparence est ici le mot d’ordre à retenir tant pour le gouvernement québécois que pour les médias. Les mesures de soutien qui seront proposées doivent ainsi être accessibles à tous, selon des critères définis clairement et connus des groupes médiatiques comme du grand public. Les montants versés devront être rendus publics.

Les médias qui recevront un soutien gouvernemental auront pour leur part l’obligation de faire connaître à leurs publics l’aide reçue. Le devoir de transparence devrait d’ailleurs les conduire à rendre publique également toute aide reçue du secteur privé et d’individus par le biais de dons déductibles d’impôt. Il s’agit là de fonds en partie publics, il ne faut pas l’oublier. La transparence est ce qui permettra aux entreprises de presse de construire une relation forte avec leurs publics. La fidélité et la confiance que porte le public à un média constituent son actif le plus important.


La contribution du gouvernement québécois

Les constats que nous venons de faire sur la situation des médias d’information, que l’on peut qualifier de critique, justifient une intervention de l’État pour assurer aux Québécois l’accès à des sources d’information de qualité, ceci sans égard aux supports sur lesquels l’information est diffusée. Créer des contenus de qualité exige des moyens qui aujourd’hui font défaut aux médias. Notre écosystème médiatique a été bouleversé par la montée en puissance des GAFA, et il nous paraît clair qu’il ne retrouvera pas sans aide les conditions d’équilibre que le marché lui avait assurées jusque-là.

Pour notre part, nous ne nous faisons pas d’illusion. Une intervention de l’État dans le secteur de l’information est nécessaire et doit être envisagée sur le long terme. Elle laissera à ses artisans toute la liberté et tout l’espace de création dont ils ont besoin pour s’acquitter de leur mandat. Ce que fait l’État en culture pour la littérature, le théâtre, la musique, la danse et les autres formes d’art, on souhaite qu’il le fasse pour l’information de la même façon, c’est-à-dire par des programmes accessibles (tant aux médias traditionnels qu’aux nouveaux médias) et reposant sur des critères transparents et équitables; et qu’il le fasse pour les mêmes raisons. Comme la culture, l’information est un bien public qu’on souhaitera rendre accessible à tous les citoyens. D’ailleurs, les entreprises culturelles et les entreprises médiatiques se heurtent pour une bonne part aux mêmes problèmes de financement et de « découvrabilité » dans l’environnement numérique. On pourrait dire qu’ils font de plus en plus partie d’un même écosystème.

Assurer le droit du public à l’information : voilà la finalité de l’action qu’envisage le gouvernement du premier ministre Legault, comme le précise le mandat que la Commission de la culture et de l’éducation s’est donné pour la présente consultation publique. Cela étant, il nous apparaît que les mesures qui seront proposées devront d’abord viser à favoriser la production de contenus d’information. Pour ce faire, le gouvernement du Québec pourrait agir dans le même sens que le gouvernement fédéral, qui instaurera bientôt un crédit d’impôt remboursable pour la main-d’œuvre des salles de rédaction. Cette approche aurait un effet multiplicateur et permettrait d’apporter une aide significative aux médias, dans un contexte où les entreprises ne peuvent pas elles-mêmes enrayer la diminution des effectifs journalistiques.

Le soutien qui serait ainsi apporté à la création de contenus sera cependant sans effet réel si par ailleurs on ne se préoccupe pas de leur diffusion. Dans cet esprit, le gouvernement du premier ministre Philippe Couillard avait mis l’accent, dans son programme de soutien aux médias, sur la nécessité du passage des médias traditionnels à l’ère numérique. Le constat qui revient le plus souvent est que leur auditoire est aujourd’hui « ailleurs », ce qui est vrai pour les plus jeunes et qui tend à le devenir pour les plus vieux. C’est dans cet « ailleurs » que ces médias doivent rapidement se retrouver, c’est-à-dire l’univers numérique, sans pour autant être à la merci des GAFA. Le défi est complexe. Les entreprises médiatiques d’ici pourraient être soutenues dans leurs initiatives de recherche et dans le développement d’outils et de plateformes technologiques. Seuls les plus grands joueurs peuvent se permettre de le faire dans le contexte présent. Le gouvernement actuel pourrait élargir, et enrichir, les mesures existantes qui accordent un crédit d’impôt de 35 % sur les salaires des employés qui se consacrent au développement et à l’intégration de l’offre numérique. Une attention particulière pourrait être apportée aux petites entreprises de presse, celles qui œuvrent à l’échelle locale et qui manquent de ressources financières et humaines pour se doter d’un plan de développement, car le quotidien les accapare. Un programme spécial pourrait leur permettre de réaliser ce travail, en complément avec celui déjà entrepris par les agents de développement culturel numérique, dont l’embauche au sein des associations du milieu culturel, y compris les médias communautaires, a été financée par le gouvernement du Québec.

Nous avons insisté dans nos constats sur la situation particulière des médias locaux et régionaux. La disparition d’hebdomadaires a laissé plusieurs municipalités et des sous-régions orphelines de médias d’information. L’État pourrait, par des subventions de démarrage, apporter un soutien aux initiatives que prendront des citoyens et des groupes communautaires, peu importe le support qui sera choisi, papier ou numérique. Depuis quelques années, des initiatives intéressantes ont été menées par de « nouvelles pousses » innovantes, portées à bout de bras, pour lesquelles une aide particulière serait salutaire. L’aide de l’État ne doit pas être limitée aux médias traditionnels.

Un enjeu important pour les médias créateurs de contenus est la valorisation et le monnayage de leurs contenus. Nous avons souligné la résistance des consommateurs d’information à reconnaître que s’informer à un prix. Pour les inciter à soutenir les médias d’information, le gouvernement pourrait, comme il le fait pour les livres afin d’encourager la lecture, dispenser de la taxe de vente du Québec les abonnements à des journaux, magazines et sites numériques d’information.

Les actions du gouvernement à l’endroit des médias d’information pourraient aussi prendre d’autres formes que des mesures de soutien directes. Le gouvernement pourrait ainsi s’obliger et obliger les entreprises gouvernementales et les institutions du secteur public et parapublic à « acheter québécois » lorsqu’il s’agit de placements publicitaires. Ce serait envoyer un signal fort, lequel pourrait inciter les entreprises et les agences de publicité à faire de même et à participer ainsi à ce mouvement de soutien aux médias d’ici. Cette pratique de l’achat québécois de publicité devrait aussi être étendue aux municipalités qui ont un devoir de soutien de leurs médias locaux. Cela ne doit pas être la responsabilité que du gouvernement québécois. Celui-ci a pourtant libéré récemment les municipalités de leur obligation de publier leurs avis publics dans les médias locaux, ce qui a contribué aux difficultés de plusieurs d’entre eux. Ne serait-il pas possible de revenir sur cette décision?

L’objectif serait de mobiliser tous les acteurs publics au soutien des médias.

Au-delà de ce bouquet de mesures, le gouvernement pourrait par ailleurs soutenir le droit du public à l’information par la modernisation de la loi sur l’accès à l’information, un projet qui est resté en plan depuis des années. La loi, dans sa formulation actuelle, est restrictive au point de brimer ce droit à l’information. Pourtant, l’État doit être exemplaire en matière de transparence.

Enfin, il faut se préoccuper de l’éducation aux médias. Dans le contexte des nouvelles plateformes de diffusion telles Facebook, Instagram et les autres, l’éducation critique au monde numérique est un enjeu important. Une forme d’éducation aux médias se pratique déjà dans le réseau de l’éducation; il y aurait lieu de l’affermir et de l’étendre au grand public.

La crise qu’affrontent les médias québécois conduira d’une manière ou d’une autre à une transformation profonde de leur écosystème. Il faut souhaiter que ce dernier en sorte renforcé plutôt que déstructuré, ce second scénario étant inévitable si on ne réagit pas. Les artisans du milieu de l’information, journalistes, employés et dirigeants d’entreprises, sont mobilisés. L’appui du gouvernement est attendu et nécessaire pour que, compte tenu des conditions actuelles de la mondialisation des plateformes d’information, cet écosystème retrouve des assises solides et soit en mesure de proposer aux citoyens québécois une diversité des sources d’information.


ANNEXE


NOTES

1 Sauf avis contraire, les données présentées dans ce graphique et dans les prochaines pages ont été compilées par Daniel Giroux, chercheur associé au CEM et secrétaire général de l’organisme depuis sa fondation jusqu’en 2016.

2 Voir annexe. À titre comparatif, la population active au Québec a augmenté de 9,3 % entre 2006 et 2016.

3 Winseck, Dwayne. 2018-2019. Media and Internet Concentration in Canada, 1984-2017. Canadian Media Research Project. p. 66.

4 CEM, à paraître, «  Les médias québécois d’information  : état des lieux  ».

5 New York Times, « The New York Times Company Reports 2018 Fourth-Quarter and Full-Year Results and Announces Dividend Increase », Communiqué de presse, 6 février 2019.

6 The Guardian, « Guardian Media Group announces outcome of three year turnaround strategy », Communiqué de presse, 1er mai 2019.

7 Centre d’études sur les médias, « Digital News Report 2018: Peu de Canadiens disposés à financer l’information en ligne ».

8 Nic Newman avec Richard Fletcher, Antonis Kalogeropoulos, David A. L. Levy et 9 À ce sujet, nous invitons les membres de la Commission à consulter l’ouvrage dirigé par Florian Sauvageau, Simon Thibault et Pierre Trudel, Les fausses nouvelles : nouveaux visages, nouveaux défis. Québec, Presses de l’Université Laval, 2018; Paris, Hermann, 2019.

10 Centre d’études sur les médias, « Digital News Report 2018: Peu de Canadiens disposés à financer l’information en ligne ».

11 Données inédites du CEM, disponibles sur demande.

12 Rubado, M. E., et Jennings, J. T. (2019). « Political Consequences of the Endangered Local Watchdog: Newspaper Decline and Mayoral Elections in the United States ». Urban Affairs Review. https://doi.org/10.1177/1078087419838058


Télécharger ce mémoire (PDF)


Président éditeur, Fondation littéraire Fleur de Lys

Tagged with: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,
Publié dans Actualité au jour le jour, Documents et livres
One comment on “Mémoire présenté par Bernard Descôteaux et Colette Brin, Centre d’études des médias, à la Commission de la culture et de l’éducation dans le cadre du Mandat d’initiative sur l’avenir des médias d’information

Laisser un commentaire

Entrer les renseignements ci-dessous ou cliquer sur une icône pour ouvrir une session :

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.

Article explicatif au sujet de notre maison d’édition

Entrez votre adresse de courriel pour suivre ce magazine littéraire et être notifié par courriel des nouvelles publications.

Joignez-vous à 1 119 autres abonnés

Dossier « Les 500 ans de la mort de Léonard de Vinci »
Dossier – Résultats du sondage « Les Québécois et leurs écrits »
TÉLÉCHARGEMENTS

Les documents PDF les plus populaires ci-dessous

Un petit détour – Vous êtes redirigés ici pour vous permettre de découvrir ce magazine en ligne avant de télécharger le document demandé. Tous nos documents à télécharger sont d’abord annoncés dans ce magazine. Abonnez-vous gratuitement (voir ci-dessous).

Composition technique d’un article de presse
Les styles interpersonnels selon Larry Wilson
Follow Le magazine en ligne de la Fondation littéraire Fleur de Lys on WordPress.com
Magazine littéraire

Ce magazine littéraire est l’œuvre de la Fondation littéraire Fleur de Lys et s'inscrit dans une mission d'éducation populaire au sujet du monde du livre, et ce, tant auprès des auteurs que des lecteurs.

Vous pouvez nous écrire à l'adresse suivante :


contact@manuscritdepot.com

Archives
%d blogueurs aiment ce contenu :