Semaine de la presse et des médias – Seulement 37% des Canadiens font confiance aux médias

Semaine de la presse et des médias

Sondage Léger réalisé du 4 au 6 mars 2019 auprès de 1323 Canadiens représentatifs, marge d’erreur de 2,7%.*Aux fins de comparaison, pour un échantillon probabiliste.

Seulement 37% des Canadiens font confiance aux médias

Consultez l’article du Huffington Post


Si seulement 37% des Canadiens font confiance aux médias, on note que la confiance des Québécois dans les médias s’élève à 49%, selon un sondage Léger.

Et selon le BAROMÈTRE DE CONFIANCE 2019 D’EDELMAN, 72% du Public informé canadien font confiance aux médias. En revanche, 49% de la Population générale canadienne sont méfiants face aux médias.

On peut donc comprendre que la Fédération professionnelle des journalistes du Québec travaille à rétablir la confiance des Québécois dans les médias dans le cadre de la Semaine de la presse et des médias (29 avril au 5 mai 2019).

Qu’est-ce que la Semaine de la presse et des médias ?

La Semaine de la presse et des médias est l’occasion pour le public de comprendre le travail des journalistes, tout en découvrant quel est le rôle des médias dans la société.

À l’ère des fausses nouvelles, il est bon de rappeler que les journalistes s’engagent à dire la vérité, toute la vérité, rien que la vérité et que le seul intérêt qu’ils défendent est celui du public. Ainsi, la FPJQ souhaite rétablir le lien de confiance entre les citoyens et les journalistes, par le biais d’une foule d’activités organisées pour les jeunes et les moins jeunes.

Source : La semaine de la presse et des médias.


De 1980 à 1987, j’ai travaillé en éducation aux médias, c’est-à-dire au développement du sens critique des jeunes et des moins jeunes face aux médias. Il ne s’agissait pas de critiquer les médias mais d’en faire connaître le fonctionnement afin que celui ou celle qui consomme les médias puisse en faire une critique éclairée, qu’il s’agisse d’une émission de télévision ou de radio ou d’un article de la presse écrite.

Nous travaillons sur le terrain avec trois programmes d’activités : Jeune Téléspectateur Actif (pour les élèves de l’élémentaire), Lire le journal (pour les adultes) et Le rock et la désinformation (pour les adolescents du secondaire).

Pour les besoins de la cause, j’ai effectué en 1981 un stage en éducation aux médias en France avec l’Office franco-québécois pour la jeunesse. Le programme Jeune Téléspectateur Actif se développait alors à toute vitesse. Je l’ai importé au Québec.

En 1982, Renée Fournier et moi-même, nous avons fondé le Club d’initiation aux médias (CIM), le tout premier organisme québécois entièrement dédié à l’éducation aux médias.

Nos ateliers Jeune Téléspectateur Actif furent l’objet d’un documentaire produit par l’Office national du film (ONF) sous le titre Les enfants de la télévision.

Au fil des ans, nous avons rencontré des universitaires intéressés par l’éducation aux médias.

En 1987, le Club d’initiation aux médias comptait une quinzaine d’employés. Mais avons été dans l’obligation de cesser nos activités faute de financement.

Aujourd’hui, on dénombre peu de ressources en éducation aux médias en français au Québec et au Canada. En voici trois :

Centre de ressources en éducation aux médias (affilié à la Faculté d’éducation de l’Université du Québec à Montréal)

Pour en finir avec les fausses nouvelles

HabiloMédias – Centre canadien d’éducation aux médias et de littératie numérique

Malheureusement, les universitaires ont souvent le propre de soutenir davantage une activité intellectuelle qu’un activité pratique sur le terrain comme le faisions. Pendant que ces universitaires étudiaient l’éducation aux médias, l’implantation et le développement d’activités sur le terrain auprès de la population ont accumulé un énorme retard au Québec.

Avec l’histoire de fausses nouvelles, des intervenants québécois de tous les horizons veulent s’impliquer dans l’éducation aux médias. Est-ce encore une affaire d’universitaires en quête de subventions pour effectuer des recherches et encore des recherches ? Je pose la question. Rien de plus. Mais j’ai déjà une partie de la réponse en me référant à mon expérience sur le terrain.


 

L’éducation aux médias, une nécessité ?

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Loin de se résumer à des grilles théoriques, l’éducation aux médias repose sur de nombreuses mises en situation.
Shutterstock

Laurence Corroy, Université Sorbonne Nouvelle, Paris 3 – USPC

Apprendre aux élèves à identifier les sources d’une information, à repérer une vidéo truquée, ou leur faire découvrir le processus de fabrication d’un journal : autant d’actions liées à cette éducation aux médias dont les responsables politiques et le grand public se préoccupent de plus en plus alors que l’actualité s’accélère et que les « fake news » déferlent sur Internet. Mais que recouvre vraiment cette éducation ? Quels en sont les fondements ?

C’est dans la seconde moitié du XXe siècle qu’elle s’est progressivement formalisée. Après avoir expérimenté l’éducation par les médias, en se servant d’articles ou reportages vidéo comme supports pédagogiques, afin d’illustrer les disciplines enseignées, les enseignants ont pris la mesure de la nécessité d’étudier les médias pour eux-mêmes. Les rencontres internationales sous l’égide de l’Unesco ont dans un premier temps cherché à la définir, à encourager la recherche scientifique de ce nouveau champ et à convaincre les décideurs de son importance.

Lors d’un symposium organisé en 1982, une déclaration des pays représentés acte le fait que les médias représentent un élément important de la culture contemporaine et que leur fonction instrumentale, visant à favoriser la participation active des citoyens, est à prendre en compte. Un appel est alors lancé pour développer des programmes permettant de comprendre et d’analyser les phénomènes de communication, du premier degré au supérieur.

Des compétences civiques et techniques

Bouleversant le rapport au savoir et à l’information, l’arrivée d’Internet fait naître de nouvelles inquiétudes. Saisis par l’urgence de penser l’éducation aux médias alors que la société bascule vers le numérique, le Conseil de l’Europe et la commission européenne ont multiplié depuis une quinzaine d’années les recommandations à leurs États membres afin que chaque pays introduise l’éducation aux médias dans son cursus scolaire.

L’Union européenne la définit comme

« une expression étendue qui englobe toutes les capacités techniques, cognitives, sociales, civiques et créatives qui permettent à tout citoyen d’avoir accès aux médias, de faire preuve d’esprit critique à leur égard et d’interagir avec eux ».

En France, elle est présente depuis 2006 dans le socle commun des connaissances que tous les élèves sont censés maîtriser à la fin du collège. Inscrite dans la loi de refondation de l’école en juillet 2013, elle se voit assigner comme objectif

« de permettre aux élèves d’exercer leur citoyenneté dans une société de l’information et de la communication, former des “cybercitoyens” actifs, éclairés et responsables de demain ».

Elle est présente dans le parcours citoyen, avec l’enjeu « d’apprendre aux élèves à lire, à décrypter l’information et l’image, à aiguiser leur esprit critique, à se forger une opinion, compétences essentielles pour exercer une citoyenneté éclairée et responsable en démocratie ».

Elle apparaît aussi en pointillés dans les cinq domaines du nouveau socle commun des connaissances mis en application en septembre 2016. L’élève doit connaître les principes de base des algorithmes et les fins des langages informatiques. Il est aussi question du traitement de l’information et sa hiérarchisation, le fonctionnement des médias et de leurs enjeux, la production de contenus, la culture numérique, la gestion éthique des réseaux sociaux et de l’identité numérique…

Des attentes importantes

L’enjeu paraît d’autant plus crucial que la fréquentation assidue par les jeunes des médias de masse inquiète tout autant qu’elle intéresse une pluralité d’acteurs aux intérêts divergents. Les médias de masse étant devenus incontournables dans les pratiques culturelles des jeunes générations, il existe un large consensus pour que l’école s’y intéresse, en proposant leur étude : ce qu’ils sont, les messages qu’ils véhiculent, le système marchand dans lequel ils s’insèrent…

Pour autant, le choix de faire de l’éducation aux médias un enseignement transversal peut la fragiliser car cela repose largement sur l’engagement des enseignants qui n’ont pas obligatoirement reçu un enseignement spécifique et peuvent se sentir démunis ou insuffisamment formés. L’attente est immense lorsqu’il s’agit de trouver les mots en face d’élèves traumatisés, tout en gérant ses propres émotions, à chaud, lors d’événements dramatiques qui déchirent le temps social et médiatique.

La recherche française, pourtant active, souffre d’un manque cruel de postes de professeurs en université, ce qui freine la formation de jeunes doctorants.

Enfin, l’éducation aux médias, par sa volonté de forger l’esprit critique des élèves, est parfois mise en question : elle pourrait même, dit-on, contribuer à faire douter de tout. La tentation serait alors, pour les plus jeunes, de mettre au même niveau les sources journalistiques et les théories du complot qui circulent sur le Net.

« Learning by doing »

Pour éviter ce dernier écueil, il est crucial d’allier dans les classes l’analyse des messages médiatiques à une pratique créative, de la maternelle à l’université. C’est en manipulant textes et images, en réalisant des journaux, des expositions, des reportages, ou des blogs que les élèves vont comprendre les contraintes techniques et les exigences éthiques qui accompagnent tout travail médiatique de qualité.

Faire réaliser un journal aux élèves les sensibilise aux contraintes de l’information.

Le piège ouvert par le concept des « digital natives » est de penser que les nouvelles générations des élèves se forment sans difficulté au cybermonde. Elles ont, en réalité, besoin d’un accompagnement de fond que seule l’école peut leur apporter.

L’éducation aux médias se pose comme une éducation totale au sens de Rousseau, car elle cherche avant tout à faire des êtres libres. Capables d’exercer leur esprit critique face à tous les messages médiatiques… Il est temps que les pouvoirs publics en prennent toute la mesure.The Conversation

Certains collèges organisent même des journaux télévisés “grandeur nature”.

Laurence Corroy, maître de conférences HDR, Université Sorbonne Nouvelle, Paris 3 – USPC

This article is republished from The Conversation under a Creative Commons license. Read the original article.

Président éditeur, Fondation littéraire Fleur de Lys

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