Semaine de la presse et des médias – Le côté obscur de la liberté de la presse

Semaine de la presse et des médias

Le côté obscur de la liberté de la presse

29 avril au 5 mai 2019

Les journalistes défendent avec raison la liberté de la presse. Mais il est une autre liberté qu’ils se donnent : celles de ne pas accorder une couverture de presse à telle ou telle source d’information. En effet, les journalistes se donnent la liberté de priver la population d’une information donnée, non pas parce qu’elle est douteuse ou fausse mais plutôt parce qu’ils furent déjà critiqués par la source de cette information. Les journalistes détestent la critique ou, si vous préférez, être pris en défaut.

La liberté de la presse, c’est aussi la liberté de ne pas informer.

Parfois, les journalistes acceptent de limiter leur liberté d’informer, et ce, sous la pression de lobbys. Par exemple, la Fondation littéraire Fleur de Lys, du moins, votre humble éditeur, critique sévèrement l’industrie traditionnelle du livre au Québec. Cette industrie exerce des pressions sur certains journalistes afin qu’ils cessent toute couverture de presse de la Fondation littéraire Fleur de Lys.

Lorsque les médias électroniques nous introduisent à leurs bulletins de nouvelles en affirmant : « Voici toutes vos nouvelles », ils nous induisent en erreur. Ils ne nous présentent pas TOUTES les nouvelles mais uniquement celles qu’ils ont retenues, qu’ils ont choisies, à notre place. Ils ont la prétention de choisir les informations qui nous intéresseront. Mais, plus souvent qu’autrement, ils nous enferment dans une vision tronquée du monde dans lequel nous vivons au quotidien.

En somme, ils reviennent sans cesse sur les mêmes sujets. Ils se limitent aux mêmes sujets. Ils nous informent des mêmes sujets. Ils ont pour fondement de leurs décisions des sondages et des groupes de discussion. Et cela n’est pas sans conséquence.

Par exemple, les médias québécois accordent une place démesurée à la politique et cela au détriment d’autres sujets dont nous aimerions être informés.

Et ce privilège de la politique, ce n’est pas TOUTE la politique mais uniquement à certains aspects de la politique. Ainsi, les ministres qui donnent des conférences de presse éprouvent très souvent des difficultés à obtenir une couverture de presse.

Aujourd’hui, les organisateurs des conférences de presse ministérielles s’assurent de la participation de toutes personnes concernées par le sujet qui sera abordé de façon à ce que le ministre ne se retrouve devant une salle vide lorsque les médias ne se présentent pas à l’événement. C’est peut-être là la raison de la popularité des réseaux sociaux auprès des politiciens qui s’assurent ainsi que l’information soit diffusée, peu importe si les médias officiels y prêtent ou non attention.

Il existe même un calendrier annuel de ce qui doit faire la nouvelle tel ou tel jour, telle ou telle semaine, tel ou tel mois… Ces sujets font et refont la nouvelle année après année et cela une fois de plus au détriments d’auteurs sujets.

La liberté de la presse est proportionnelle à la connaissance et à la vision du monde par les journalistes et leurs rédacteurs en chef. Aussi, l’ego des journalistes réduit passablement la liberté d’être informé de la population. Plus le journaliste est campé dans SON monde, plus sa perception du monde sera faussée. Serait-là l’une des raisons de la désaffection des gens face aux médias traditionnels ?

Dans sa présentation de la Semaine de la presse et des médias 2019, la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ) affirme :

À l’ère des fausses nouvelles, il est bon de rappeler que les journalistes s’engagent à dire la vérité, toute la vérité, rien que la vérité et que le seul intérêt qu’ils défendent est celui du public. Ainsi, la FPJQ souhaite rétablir le lien de confiance entre les citoyens et les journalistes, par le biais d’une foule d’activités organisées pour les jeunes et les moins jeunes.

Source : FPJQ.

On peut s’engager « à dire la vérité, toute la vérité, rien que la vérité » sans en avoir la capacité intellectuelle, la connaissance et même le temps.

Et si « la FPJQ souhaite rétablir le lien de confiance entre les citoyens et les journalistes », c’est bien parce que ce lien de confiance est brisé. Il y a dans ce souhait de la FPJQ un constat : le peuple n’a plus confiance dans les journalistes et leur travail.

Mais est-ce vraiment une crise de confiance ou un simple désintérêt face aux sujets traités ou, pis encore, face au traitement même des sujets ?

«Informer, c’est choisir» parce qu’il y impossible de traiter de tous les sujets qui se pointent sur la table de chaque journaliste à chaque jour. Les journalistes doivent donc choisir.

Mais je me demande si nous ne sommes pas aujourd’hui en présence d’une dictature des journalistes en raison des choix qu’ils font à notre place et qu’ils nous imposent.

Je dis bien « aujourd’hui » car si les médias et la presse avaient presque le monopôle de l’information autrefois, ce n’est plus le cas. Désormais, on peut lire nous-mêmes les communiqués de presse des gouvernements, des entreprises, des organismes… et constater nous-mêmes le traitement qui en fait dans la presse traditionnelle. Nous pouvons être mieux informés que les journalistes si nous nous en donnons la peine. On peut vérifier une information pour autant que l’on s’en donne les moyens.

Les médias sont très efficaces pour nous informer des mauvaises nouvelles. On les sent venir de loin lorsqu’ils tentent de se déculpabiliser avec quelques bonnes nouvelles. Mais ils ne cessent de revenir aux mauvaises nouvelles; ils nous les imposent.


La liberté de la presse est l’un des principes fondamentaux des systèmes démocratiques qui repose sur la liberté d’opinion et la liberté d’expression.

Wikipédia


Déclaration universelle des droits de l’homme

Article 19

Tout individu a droit à la liberté d’opinion et d’expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d’expression que ce soit.

Source : Organisation des Nations Unies.


Quelques-unes de mes critiques des médias

LIVRE NUMÉRIQUE : La Salle de rédaction du quotidien LE SOLEIL désormais aveuglée par la firme De Marque inc.

Annonce de l’impression de livres à la demande par Marquis et SoBOOK : quand des journalistes ne vérifient pas leurs informations

Bilan 2017 : Pourquoi le magazine littéraire français ActuaLitté ne couvre plus la Fondation littéraire Fleur de Lys ?

Votre éditeur prend position au sujet de l’article  »Pour « l’immortalité » du livre » de Jean-Christophe Laurence dans LaPresse+


 

Président éditeur, Fondation littéraire Fleur de Lys

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Publié dans Actualité au jour le jour

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