Avons-nous assisté à la mort de la Journée mondiale du livre et du droit d’auteur au Québec et au Canada français le 23 avril 2019

Avons-nous assisté à la mort de la Journée mondiale du livre et du droit d’auteur au Québec et au Canada français le 23 avril 2019 ?

Sous prétexte du refus de sa subvention gouvernementale pour organiser la Journée mondiale du livre et du droit d’auteur en 2019, l’Association nationale des éditeurs de livres (ANEL) a décrété qu’elle annulait l’événement au Québec et au Canada français. Elle en a fait l’annonce dans son communiqué de presse sous le titre « La Journée mondiale du livre et du droit d’auteur 2019 ne pourra être tenue »

On a appris dans l’article du quotidien LE DEVOIR relayant la décision de l’ANEL que le Canada anglais ne fêtait plus la Journée mondiale du livre et du droit d’auteur depuis plusieurs années. Le Québec et le Canada français était donc le dernier bastion de cet événement mondiale au Canada.

Le Québec perd l’Académie des lettres et la Journée mondiale du livre

LE DEVOIR

Personnellement, je comprends pas pourquoi l’ANEL s’est donnée le pouvoir de « suspendre » la Journée mondiale du livre et du droit d’auteur en 2019, supplantant ainsi l’UNESCO.

Je croyais que cette journée mondiale nous appartenait à tous. Et par conséquent, l’ANEL n’avait qu’à annoncer qu’elle ne contribuait pas à l’organisation de l’événement, et non pas le suspendre.

L’ANEL croit peut-être qu’elle seule est impliquée dans cette journée mondiale au Québec et au Canada français mais c’est loin d’être le cas. Il y a des personnes et des organismes qui vont de l’avant avec la Journée mondiale du livre et du droit d’auteur sans aucune aide de l’ANEL.

Ainsi, un communiqué de presse invitant la population et les organismes liés de près ou de loin au monde du livre et du droit d’auteur à prendre les choses en mains aurait été beaucoup plus juste et respectueux.

Je n’accepte pas l’idée reçue à l’effet qu’une seule association s’approprie toute la responsabilité de la tenue ou non de la Journée mondiale du livre et du droit d’auteur, comme le fait L’ANEL. Et par surcroît, je n’accepte pas non plus le comportement des médias à la suite de la décision de l’ANEL.

La Journée mondiale du livre et droit d’auteur est passée inaperçue dans les médias québécois. Seule un communiqué de presse au sujet des droit s d’auteur a connu un écho dans les médias.

Plus de 200 000 créateurs s’unissent pour la survie de l’art

Montréal, 23 avril 2019 – C’est à l’occasion de la Journée mondiale du livre et du droit d’auteur et dans le cadre de la révision en cours de la loi canadienne sur le droit d’auteur que 16 organisations représentant plus de 200 000 artistes et créateurs s’unissent pour lancer la campagne Une vie sans art, vraiment ? Cette initiative commune vise à sensibiliser le grand public et les décideurs à travers le Canada à l’importance des droits d’auteur pour assurer la survie de l’art et une juste rémunération des créateurs.

Lire la suite

L’annonce de la décision de l’ANEL a démobilisé les médias sur lesquels nous comptions d’une année à l’autre pour célébrer avec la population la Journée mondiale du livre et du droit d’auteur.

La décision de l’ANEL de suspendre l’événement mondial a été suivi à la lettre par le Ministère de la Culture et des Communications du Québec qui s’est contenté de reprendre une annonce dans un court message sur sa page Facebook. Rien sur le site web officiel du ministère. Aucune actualité. Aucun communiqué de presse. Aucun message de la ministre.

Curieusement, la Journée mondiale du livre et du droit d’auteur a été souligné par un autre ministère, celui de la Famille :

Lancement d’un nouveau périodique pour encourager l’éveil à la lecture

Québec, le 23 avril 2019 –  Pour contribuer au développement du plein potentiel de tous les enfants et encourager l’éveil à la lecture chez les tout-petits âgés de 3 à 5 ans, le gouvernement du Québec lance un nouveau périodique, en partenariat avec la maison d’édition La Boîte à Livres inc.

Le ministre de la Famille, M. Mathieu Lacombe, en a fait l’annonce, aujourd’hui, à l’occasion de la Journée mondiale du livre et du droit d’auteur.

Le périodique est composé de deux brochures complémentaires  « On sème la lecture », qui s’adresse aux parents et aux intervenants, et « Explora-lire », destinée aux enfants. Les deux documents sont intimement liés. En ce sens, ils favorisent les échanges entre l’adulte et l’enfant en proposant des activités ludiques et pédagogiques. Ainsi, le périodique abordera des sujets comme les saines habitudes de vie, l’apprentissage des compétences émotionnelles et des habitudes sociales, en plus de permettre aux enfants de se construire des repères culturels, de développer leurs connaissances et d’enrichir leur vocabulaire.

Lire la suite

Mais le communiqué de presse du Ministère de la Famille est paru le 23 avril, c’est donc dire que les médias ne l’ont relayé que le lendemain de la Journée mondiale du livre et du droit d’auteur.

En l’absence d’aide financière versée par l’État à l’ANEL puis distribuée à des organismes pour la tenue d’activités un peu partout au Québec et au Canada français pour célébrer la Journée mondiale du livre et du droit d’auteur, un bon nombre d’organismes ont décidé de ne pas souligner l’événement.

Je me demande pourquoi ces organismes n’ont pas organisé d’activités à même leurs budgets pour la Journée mondiale du livre et du droit d’auteur.

L’industrie traditionnelle du livre au Québec réalise un chiffre d’affaire de plus de 300 millions de dollars par année. N’y avait-il aucune entreprise de cette industrie du livre pour prendre la relève de la subvention fédérale de 50,000 ?

Je l’ai dit et écrit à plusieurs reprises : notre industrie du livre n’avance pas d’un pas tant et aussi longtemps qu’il n’y a pas une aide financière de l’État.

Dans son communiqué de presse, L’ANEL écrit :

Depuis 26 ans, l’Association nationale des éditeurs de livres (ANEL) coordonne la Journée mondiale du livre du droit d’auteur (JMLDA), en collaboration avec plusieurs organismes canadiens et québécois du milieu du livre. Au printemps dernier, l’ANEL déposait une demande de soutien financier auprès du plus important subventionneur gouvernemental pour la tenue de la JMLDA 2019. Elle a reçu une réponse négative à cette demande et, devant ce refus, les administrateurs de l’ANEL ont pris à regret une décision à l’effet que l’Association ne piloterait plus ce projet. L’ANEL invitait un autre organisme de la chaîne du livre à relever le défi de gérer l’événement, mais, à ce jour, aucun organisme n’a répondu à l’invitation. Dans ces conditions, l’édition 2019 de la JMLDA ne pourra se tenir.

Source : ANEL.

L’Association nationale des éditeurs de livres (ANEL) écrit qu’elle coordonne la Journée mondiale du livre du droit d’auteur (JMLDA) DEPUIS 26 ANS ! Est-ce à dire que l’ANEL n’a jamais pensé à doter l’événement annuel d’une structure d’autofinancement PENDANT 26 ANS, préférant s’en remettre à une aide financière récurrente de la part de l’État ? Dans son communiqué de presse, l’ANEL nous informe qu’elle est dépendante de l’État pour la tenue de la Journée mondiale du livre et du droit d’auteur DEPUIS 26 ANS !

C’est tout à fait déplorable.

Et c’est pourquoi j’ai décidé d’écrire à Mme Audrey Azoulay,
Directrice générale de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO).

C’est l’UNESCO qui a déclaré le 23 avril de chaque année Journée mondiale du livre et du droit d’auteur. Cette organisation des Nations Unies est-elle bien informée de ce qui se passe avec cette journée mondiale au Canada et au Québec ?

Voici le texte de la résolution de l’UNESCO adoptée le 15 novembre 1995 :


Proclamation d’une Journée mondiale du livre et du droit d’auteur le 23 avril [2]

La Conférence générale,

Considérant que le livre a été, historiquement, l’instrument le plus puissant de diffusion de la connaissance et le moyen le plus efficace d’en assurer la préservation,

Considérant, par conséquent, que toute initiative en vue de promouvoir le rayonnement du livre est un facteur d’enrichissement culturel pour tous ceux qui y ont accès et, de surcroît, ne peut que sensibiliser davantage encore l’opinion aux trésors du patrimoine culturel mondial et encourager la compréhension, la tolérance et le dialogue,

Considérant que l’une des formes les plus efficaces de promotion et de diffusion du livre – comme le montre l’expérience de plusieurs États membres de l’UNESCO – est d’organiser chaque année une Journée du livre, assortie de diverses manifestations telles que foires et expositions,

Constatant que cette formule n’a pas été encore reprise au plan international,

Adopte cette idée et proclame Journée mondiale du livre et du droit d’auteur le 23 avril, jour du décès, en l’an 1616, de Miguel de Cervantes, de William Shakespeare et de l’Inca Garcilaso de la Vega.

[2] Résolution adoptée sur le rapport de la Commission IV à la 22e séance plénière, le 15 novembre 1995.


Si notre industrie (traditionnelle) du livre n’a pas les moyens de tenir la Journée mondiale du livre et du droit d’auteur en nos frontières, il faut en informer l’UNECO, la Commission canadienne de l’UNESCO, le Premier ministre du Canada et son ministre du Patrimoine, le premier ministre du Québec et sa ministre de la culture, la Représentation du Québec au sein de la Délégation permanente du Canada auprès de l’UNESCO…

Et il faut aussi proposer une alternative à l’organisation de la Journée mondiale du livre et du droit d’auteur par l’industrie (traditionnelle) du livre.

Cette alternative, ce sont les milliers d’auteur amateurs qui partout dans le monde s’adonnent à l’écriture et publient leurs livres en autoédition grâce à l’impression à la demande.

Souvent et plus spécifiquement dans les pays en voie de développement où l’industrie du livre peine à émerger, les auteurs amateurs assurent un rayonnement de la littérature au sein de leurs frontières grâce à l’édition numérique et à l’impression à la demande.

En cela, ces auteurs amateurs suivent l’exemple des auteurs amateurs des pays industrialisés. Faut-il rappeler que l’industrie traditionnelle du livre dans les pays industrialisée est en surproduction refuse ainsi plus de 90% des manuscrit soumis à leur attention par les auteurs amateurs et les écrivains ?

Le temps est donc de consacrer la Journée mondiale du livre et droit d’auteur aux loisirs littéraires, de l’écriture à la publication, une pratique culturelle en amateur qui gagne en popularité partout dans le monde grâce à la démocratisation de l’accès à l’instruction publique et aux nouvelles technologies.

L’UNESCO considérait en 1995 «que l’une des formes les plus efficaces de promotion et de diffusion du livre – comme le montre l’expérience de plusieurs États membres de l’UNESCO – est d’organiser chaque année une Journée du livre, assortie de diverses manifestations telles que foires et expositions,» et constatait alors «que cette formule n’a pas été encore reprise au plan international».

Aujourd’hui, l’UNESCO doit considérer que plusieurs États membres de son organisation ne soulignent plus la Journée mondiale du livre et du droit d’auteur et doit constater que cette formule n’est plus internationale à la suite de la désaffection d’États membres pour agir en conséquence afin de relancer l’événement, cette fois, en soutenant le loisir littéraire.

 

Président éditeur, Fondation littéraire Fleur de Lys

Tagged with: , , ,
Publié dans Votre éditeur prend position

Laisser un commentaire

Entrer les renseignements ci-dessous ou cliquer sur une icône pour ouvrir une session :

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

Entrez votre adresse de courriel pour suivre ce magazine littéraire et être notifié par courriel des nouvelles publications.

Joignez-vous à 1 083 autres abonnés

Dossier « Les 500 ans de la mort de Léonard de Vinci »
Dossier – Résultats du sondage « Les Québécois et leurs écrits »
TÉLÉCHARGEMENTS

Les documents PDF les plus populaires ci-dessous

Un petit détour – Vous êtes redirigés ici pour vous permettre de découvrir ce magazine en ligne avant de télécharger le document demandé. Tous nos documents à télécharger sont d’abord annoncés dans ce magazine. Abonnez-vous gratuitement (voir ci-dessous).

Composition technique d’un article de presse
Les styles interpersonnels selon Larry Wilson
Follow Le magazine en ligne de la Fondation littéraire Fleur de Lys on WordPress.com
Magazine littéraire

Ce magazine littéraire est l’œuvre de la Fondation littéraire Fleur de Lys et s'inscrit dans une mission d'éducation populaire au sujet du monde du livre, et ce, tant auprès des auteurs que des lecteurs.

Vous pouvez nous écrire à l'adresse suivante :


contact@manuscritdepot.com

Archives
%d blogueurs aiment ce contenu :