Texte de conférence « Le loisir littéraire, de l’écriture à la publication » à l’occasion de la Journée mondiale du livre et du droit d’auteur, le 23 avril 2019

Conférence

Le loisir littéraire, de l’écriture à la publication

Journée mondiale du livre et du droit d’auteur

23 avril 2019


Voici le texte de la conférence que j’aurai le plaisir d’animer sous le thème « Le loisir littéraire, de l’écriture à la publication » à l’occasion de la Journée mondiale du livre et du droit d’auteur le 23 avril 2019 à 19h00 à la Bibliothèque Pierre-Georges Roy (Lévis, Québec, Canada).

Eh ! Oui, je dévoile mon texte un mois, jour pour jour, avant l’événement. Après tout, le pouvoir n’est plus à celui retient l’information mais à celui qui la diffuse.


SOMMAIRE

Introduction

1. Présentation de la Fondation littéraire Fleur de Lys

1.1 Historique

1.2 Anecdotes d’un éditeur

2. Le loisir littéraire aujourd’hui

2.1 Définition

2.2 Statistiques

2.3 Portrait de l’auteur amateur

2.4 Écriture

2.5 Mise en page

2.6 Impression à la demande

3. Le livre en format numérique

4. Vos obligations

4.1 ISBN

4.2 Dépôts légaux

5. Conclusion – Production écrite ou production littéraire ?


Introduction

Je vous remercie d’être ici avec nous en cette Journée mondiale du livre et du droit d’auteur 2019.

Permettez-moi de me présenter.

Mon nom est Serge-André Guay.

Je suis né à Lévis en 1957. Je suis marié et père de quatre enfants.

L’écriture et la communication m’intéressent depuis l’adolescence.

J’ai écrit et publié deux recueils de poésie au cours de mes études secondaires au Collège de Lévis.

On peut résumer ma carrière en trois points :

1. J’ai travaillé comme pigiste pour de nombreux médias, y compris les médias locaux dans cette ville, le quotidien Le Soleil et la radio de Radio-Canada à Québec.

2. Ensuite, j’ai travaillé à titre d’éducateur aux médias dans un organisme que j’ai fondé et baptisé «Club d’initiation aux médias».

3. Enfin, j’ai créé une firme de recherche en marketing, spécialisée dans l’étude des motivations d’achat.


1. Présentation de la Fondation littéraire Fleur de Lys

1.1 Historique

En l’an 2000, fort de l’expérience acquise pendant les huit années de recherche au sein de cette entreprise, j’ai écrit et proposé à un éditeur mon manuscrit intitulé «Comment motiver les consommateurs à l’achat – Tout ce que vous n’apprendrez jamais à l’université ».

Les questions et les modifications apportées à mon manuscrit par l’éditeur m’ont démontré que ce dernier ne comprenait pas mon texte et qu’il ne pouvait pas l’éditer.

J’ai alors décidé de l’éditer moi-même. Et comme plusieurs, j’ai découvert l’édition en ligne sur le web et l’impression à la demande.

Après une recherche fort captivante au sujet de l’édition en ligne, j’ai décidé que ce serait le mode d’édition de mon manuscrit.

Malheureusement, j’ai constaté qu’il n’y avait aucun éditeur en ligne au Québec contrairement à plus d’une trentaine en France. Mais je ne voulais pas retenir les services d’une firme outre-Atlantique.

J’ai pris la décision d’éditer en ligne mon manuscrit ici même au Québec, c’est-à-dire d’y aller seul.

Mon étude de marché m’a démontré que je devais mettre en place une infrastructure imposante, juste pour moi.

C’est en y réfléchissant bien que j’ai ouvert mon projet personnel d’édition en ligne à tous les auteurs intéressés.

Ainsi est née la Fondation littéraire Fleur de Lys en 2003, un organisme sans but lucratif dédié à l’édition en ligne avec impression à la demande. Il n’était surtout pas question d’offrir uniquement des versions numériques; il nous fallait aussi des exemplaires papier.

Notre modèle d’affaires impliquait une contribution financière de l’auteur pour l’édition de son livre, une contribution réduite à sa plus simple expression. Nous avons appelé cela : l’édition participative, une part des fonds provenait de l’auteur et une autre part provenait du travail des bénévoles de la Fondation. Nous sommes rapidement parvenus à l’autofinancement de notre infrastructure (ordinateurs, logiciels, connexion internet, ligne téléphonique, etc.)

Notre organisme a célébré son quinzième anniversaire en 2018. Quinze ans au cours desquels nous avons édité des centaines d’auteurs. Et au fil des ans, nous nous sommes donné une mission complémentaire à notre mission originale : une mission d’éducation au monde du livre. Cette mission a donné lieu en 2018 à la publication d’un ouvrage intitulé «Québec – Le monde du livre et ses coulisses» offert gratuitement en format numérique.

Notre quinzième anniversaire a forcé la réflexion sur notre avenir face aux entreprises privées d’édition en ligne nées dans notre sillage ici même au Québec et face aux entreprises étrangères ayant désormais des activités en sol québécois.

Nous nous sommes rendus à l’évidence que notre organisme n’a pas les moyens de concurrencer ces entreprises privées.

Nous avons aussi constaté que les auteurs intéressés par ces entreprises privées étaient ce que l’on nomme aujourd’hui des «auteurs entrepreneurs».

L’auteur entrepreneur est celui qui recherche, par son écriture, l’édition et la vente d’exemplaires de son livre, un revenu d’appoint. C’est pour cette raison que les entreprises privées se doivent de faire rêver leurs auteurs à un succès de vente, non seulement en ligne, mais aussi en librairies traditionnelles, avec pignon sur rue.

Or, la Fondation littéraire Fleur de Lys s’est toujours refusé à distribuer ses livres en librairies traditionnelles pour se concentrer uniquement sur la vente dans sa propre librairie en ligne.

Pourquoi ? Parce que la part exigée par les librairies traditionnelles s’élève à 40% du prix de vente du livre, ce qui est pratiquement impossible d’offrir avec l’impression à la demande.

Imprimer un exemplaire à fois, à la demande expresse de chaque lecteur, est beaucoup plus dispendieux que l’impression d’un tirage élevé de centaines voire de milliers d’exemplaires. L’impression à la demande n’est pas économique à moins d’avoir un très gros volume de ventes.

La Fondation littéraire Fleur de Lys a conclu sa réflexion sur son avenir en tirant un portrait de ses auteurs pour constater que la plupart d’entre eux écrivaient pour le loisir, et non pas pour en tirer un revenu d’appoint comme les auteurs entrepreneurs.

Nous avons donc choisi de nous positionner à l’avenir à titre d’organisme en loisir littéraire, ce que nous sommes depuis notre création.

Voilà pourquoi cette conférence a pour thème le loisir littéraire.

1.2 Anecdotes d’un éditeur

Si nous avons le temps, à la fin de cette conférence, je vous raconterai quelques anecdotes d’éditeur.


2. Le loisir littéraire aujourd’hui

2.1 Définition

Qu’est-ce que le loisir littéraire ?

Le loisir littéraire se définit d’abord et avant tout comme étant une «pratique culturelle en amateurs».

Voici ce qu’en dit le Conseil québécois du loisir dans son mémoire daté de juin 2016 et déposé lors des travaux du ministère de la Culture et des Communications pour le renouvellement de la Politique culturelle québécois :

Parlant de loisir culturel, le Conseil québécois du loisir écrit :

«Il compte dans ses rangs des « amateurs » au sens noble du terme, soit des personnes qui, par amour des arts, de la culture et du patrimoine, et ce, sans aspiration pécuniaire, font de la musique, du théâtre, de la danse, écrivent, font du chant choral, des courts métrages, des recherches historiques et généalogiques, vont au cinéma dans des salles à l’extérieur du circuit commercial, etc. Il s’agit de véritables amateurs de la culture, qui souhaitent s’exprimer, découvrir, et partager leurs passions. S’ils apprécient les rencontres avec les œuvres, les objets et les artistes, ils souhaitent aussi, parfois, devenir eux-mêmes des professionnels. Il est par ailleurs reconnu, particulièrement dans les régions et les petites → communautés, que le véritable accès à la culture dans ses diverses formes d’expression soit souvent possible grâce à ces «amateurs», jeunes et moins jeunes.»

Si vous fouillez un peu, vous découvrirez une foule d’études et de recherches au sujet des pratiques culturelles en amateur au Québec et ailleurs dans le monde.

Par exemple, le ministère de la Culture et des Communications du Québec réalise tous les cinq ans une vaste étude connue sous le nom «Enquête sur les pratiques culturelles au Québec».

Il faut souligner que le loisir littéraire est un loisir, au même titre que tous les autres loisirs. Il ne s’agit pas d’une entreprise personnelle impliquant des dépenses et des revenus.

D’un point de vue plus spécifique, le loisir littéraire ne se limite plus comme par le passé à l’écriture et à des lectures publiques.

Désormais, le loisir littéraire inclut la publication et l’offre, pour ne pas dire, la vente, d’exemplaires numériques et/ou papier grâce à l’impression à la demande ou du micro-tirage de 10, 20, 30 exemplaires.

Et la publication se décline en plusieurs activités : la correction, la révision, la mise en page, la production des maquettes pour l’impression des exemplaires papier, la production de version → numérique auxquelles s’ajoutent la distribution (souvent de main à main) et la diffusion (souvent lors de lancements et de lectures publiques).

Mentionnons que l’activité la plus répandue du loisir littéraire demeure la lecture.

2.2 Statistiques

(Résultats du sondage « Les Québécois et leurs écrits)

2.3 Portrait de l’auteur amateur

La très grande majorité des auteurs amateurs sont des personnes retraitées, préretraitées ou en fin de carrière.

Ils ont souvent écrit toute leur vie pour assumer leur travail.

Ils écrivent parce qu’ils en ont désormais le temps.

Pour plusieurs, cette période de leur vie leur permet de réaliser un vieux rêve : écrire un roman, écrire sa biographie, un livre jeunesse, un essai, etc.

Les plus jeunes n’ont pas le temps d’écrire, soit en raison des obligations du travail et de la vie familiale.

Les étudiants n’ont pas plus le temps de s’adonner à l’écriture à loisir. Ils sont déjà débordés de travaux scolaires.

Il y a cependant des exceptions à ces généralités.

On peut ici prendre en exemple la naissance récente d’un tout nouveau genre littéraire initié par les étudiants des collèges et des universités américains.

Ce genre littéraire se nomme, dans sa version originale anglaise, le «Young adult» ou, «Jeune adulte» en français.

Il s’agit d’œuvres par lesquelles les étudiants se transmettent un savoir pratique. Par exemple: comment se faire des amis sur le campus, comment entretenir sa chambre ou son appartement, comment réussir dans telle ou telle matière. Souvent, il ne s’agit pas de guides à proprement dit, mais d’histoires romancées sur la base de leur savoir de jeunes adultes.

Ce genre littéraire s’est fait connaître par le biais des services d’autoédition en ligne.

L’industrie traditionnelle du livre, dans une quête désespérée de jeunes lecteurs, a récupéré le tout en offrant des contrats d’édition formels à ces jeunes étudiants devenus ainsi des écrivains à part entière.

On ne connaît pas le nombre de ces jeunes qui poursuivent une carrière d’écrivain à la fin de leurs études.

En revanche, on sait que ce genre littéraire gagne toujours en popularité malgré les changements de cohortes d’étudiants dans les collèges et les universités.

2.4 Écriture

Parlons maintenant de l’écriture. Écrire à loisir demeure l’activité de bas du loisir littéraire. C’est elle qui s’est le plus développée avec ses ateliers d’écriture et ses rencontres et conférences thématiques avec des écrivains professionnels.

Si l’écriture à loisir connaît depuis quelques décennies une popularité sans cesse grandissante, c’est grâce à l’accès généralisé à l’instruction publique depuis les années 60, depuis la Révolution tranquille.

Nous avons tous appris à écrire, à composer et à structurer un texte. Nous avons lu plus que les générations précédentes, ce qui n’est pas sans impact sur une plus grande maîtrise de la langue française.

Et que dire des logiciels de correction qui nous assistent dans la correction et la révision de notre manuscrit?

Nous sommes désormais des auteurs amateurs plus aguerris.

2.5 Mise en page

À la suite de l’arrivée des ordinateurs personnels et des logiciels de traitement de texte, plusieurs écrivent maintenant «dans le livre».

Le fichier de traitement de texte est mis en forme pour qu’il ressemble le plus possible à une suite de pages composant un livre. Nous pouvons déterminer les dimensions des pages, choisir la police de caractères et son format, mettre en forme les titres, le texte des chapitres tout comme les paragraphes, ajouter des lettrines, des numéros de pages, des entêtes et des pieds de page, commander une table des matières, intégrer les illustrations et même concevoir la couverture.

L’auteur peut et veut voir de quoi aura l’air son livre, page par page.

Certains établissent même la longueur d’un chapitre en raison du nombre de pages qu’il occupe dans le livre.

Nous n’observons chez nos auteurs une plus grande capacité de correction et de révision du texte que lorsqu’ils reçoivent la maquette de leur livre, le PDF pour l’impression. Il apparaît que la maquette permet de prendre un plus grand recul face à son texte.

Et ce même si nous demandons aux auteurs de nous soumettre le manuscrit final. Nous devons souvent apporter des corrections après la livraison de la maquette à l’auteur pour approbation. Parfois, je dois refaire une maquette à trois, quatre ou cinq reprises parce que l’auteur ne cesse d’apporter des corrections et des modifications à son texte. Plusieurs auteurs ne parviennent que très difficilement à « fermer leurs manuscrits ».

2.6 Impression à la demande

Une fois la maquette approuvée finale, nous passons à l’impression à la demande. Je vous rappelle qu’il s’agit d’un mode d’impression qui permet de produire un seul exemplaire à la fois.

Dans son application pratique, l’impression à la demande permet de n’imprimer que les exemplaires déjà vendus. Le lecteur commande un exemplaire, procède au paiement, puis nous le commandons à notre imprimeur.

L’impression à la demande est née à la fin des années 90 à l’initiative de la compagnie XEROX.

Il faut prendre en considération que l’édition en ligne est née dans les années 90 et se limitait alors la plupart du temps à des éditions numériques.

C’est sous la pression des lecteurs demandant des exemplaires papier que XEROX a inventé l’impression à la demande.

Le concept est simple : il s’agit de produire un livre avec un seul intermédiaire aux commandes. L’appareil de plusieurs pieds de longueur inclut toutes les étapes de la production d’un exemplaire: le traitement du fichier d’impression (dimension – pages en noir et blanc, pages en couleur), l’impression elle-même, y compris l’impression et le pliage de la couverture, les montages des pages couleur parmi les pages en noir et blanc, la coupe et la reliure. Une seule personne est nécessaire pour opérer cet appareil. On enregistre ici une économie dans les salaires.

L’éditeur en ligne n’a plus besoin d’imprimer de gros tirages, de payer pour le stockage dans un entrepôt, pour la distribution aux libraires.Il n’a plus à verser les commissions au distributeur, au diffuseur et aux libraires. Il peut demander à l’imprimeur de livrer directement au lecteur son exemplaire. L’éditeur fait aussi l’économie des exemplaires invendus puisqu’il commande à son imprimeur uniquement les exemplaires déjà vendus et payés par les lecteurs.

Par contre, toutes ces économies ne sont pas suffisantes pour égaler le coût d’impression d’un exemplaire produit sous des presses traditionnelles à gros tirage.

Rien n’empêche que l’arrivée de l’impression à la demande fut et demeure une grande révolution dans le monde du livre.

L’appareil de XEROX coûtait un million de dollars. Il n’était donc pas à la portée de tous les imprimeurs. Pour le rentabiliser, il faut un nombre très élevé de commandes, un exemplaire à la fois.

Outre-Atlantique, sur le vieux continent, c’est le Conseil de l’Europe qui prit l’affaire en main en subventionnant l’achat de l’appareil de XEROX dans les pays intéressés.

Mais revenons aux États-Unis. L’inventeur Jeff Marsh de St-Louis au Missouri se mit à la tâche dès 2003 pour produire un appareil d’impression à la demande beaucoup plus compact et de plus petite taille que celui de XEROX.

Un éditeur retraité, Jason Epstein, et son partenaire, Dane Neller, entreprennent la production industrielle de l’appareil miniature de l’inventeur Jeff Marsh avec l’aide financière de la Fondation Alfred P. Sloan. Ils fondent la compagnie BOOK ON DEMAND (BOD).

L’Espresso Book Machine est née. Il la vend non pas un million de dollars comme l’appareil de XEROX, mais seulement 50,000$.

Aujourd’hui, l’Espresso Book Machine ou EBM est commercialisée par XEROX et on la retrouve dans plusieurs librairies. Le lecteur peut commander un livre qui n’est pas ou plus sur les tablettes – un livre épuisé – et prendre un café pendant le temps de l’impression de son exemplaire pour recevoir ce dernier dans les 30 minutes. →

Bien entendu, il faut que le titre demandé par le lecteur soit dans disponible en format numérique dans la base de données de BOOK ON DEMAND ou dans celle de l’éditeur.


3. Le livre en format numérique

Voilà qui nous amène à parler du livre en format numérique.

On peut classer les livres numériques en quatre grandes catégories :

  1. Le livre numérique en format PDF
  2. Le livre numérique en format ePUB
  3. Le livre numérique en format propriétaire
  4. Le livre numérique en format Web

Le livre numérique en format PDF a l’avantage de conserver la mise en page originale de l’exemplaire papier.

Le livre numérique en format ePUB a l’avantage de s’afficher en s’ajustant à toutes les dimensions d’écran du téléphone cellulaire à l’ordinateur personnel en passant par les tablettes. Notez que l’affichage permet de choisir la grosseur de la police de caractères, peu importe l’écran sur lequel il est lu.

Le format PDF peut aussi s’afficher sur toutes les dimensions d’écran, mais le fait qu’il conserve sa mise en page originale, les pages rapetissent suivant les dimensions de l’écran. On peut agrandir les pages, mais il faut alors que le lecteur glisse chaque page de gauche à droit pour parcourir l’ensemble de chaque ligne de texte.

Le livre numérique en format propriétaire est celui dont le fichier ne peut être lu que sur un appareil d’une marque donnée. C’est le cas de livres numériques d’Amazon sur sa tablette Kindle.

Le format ePUB devait régler ce problème des fichiers propriétaires que l’on ne peut lire que sur une tablette d’une marque donnée et fait son petit bonhomme de chemin à l’international.

Le quatrième format consiste à publier un livre sur un site web dédié. Nous croyons que le livre web est l’option la plus prometteuse parce qu’elle repose sur la programmation du web, la plus répandue dans le monde. En fait, quiconque navigue sur internet affiche des pages web programmées avec le même code partout dans le monde.

Certaines personnes croient qu’il faut une connexion à internet pour accéder au livre web, mais ce n’est pas le cas. On peut télécharger sur son appareil le site du livre web sous forme de fichiers et les consulter sans une connexion internet.


4. Vos obligations

4.1 ISBN

L’ISBN est un numéro international attribué pour identifier chaque titre publié.

ISBN signifie International standard book number ou, en français, ou Numéro international normalisé du livre.

L’ISBN-10 se compose de quatre éléments. Ceux-ci doivent être séparés par des tirets ou des espaces :

Exemple : ISBN 2-7654-1005-8

Le premier élément (2 dans l’exemple ci-dessus) est le Domaine ISBN, c’est-à-dire la zone de chalandise; ce peut-être une zone linguistique, une région ou un pays.

Le second élément (7654 ci-dessus) est le numéro d’éditeur. Il identifie un éditeur actif dans la zone de chalandise.

Le troisième élément (1005 ci-dessus) est un numéro de publication attribué par un éditeur à une de ses publications selon certaines règles.

Enfin le quatrième élément (8 ci-dessus) est la clé de contrôle.

Au Québec, la responsabilité d’attribuer les numéros ISBN revient à Bibliothèque et Archives nationales du Québec. On peut en faire la demande en ligne sur le site web de Bibliothèque et Archives nationales du Québec.

Au Québec, le numéro ISBN est gratuit. Je le souligne parce qu’aux États-Unis il faut payer pour obtenir un numéro ISBN.

Il est très important pour l’auteur québécois de se procurer du numéro ISBN pour son livre auprès de Bibliothèque et Archives nationales du Québec.

Si jamais vous faites affaire avec un éditeur en ligne ou un service d’édition au Canada anglais, aux États-Unis, en France ou ailleurs dans le monde et que ce service vous offre un numéro ISBN, votre livre ne sera pas identifié à la littérature québécoise de langue française.

Pour les autres provinces canadiennes et les territoires, il revient à Bibliothèque et Archives Canada d’attribuer les numéros ISBN.

4.2 Dépôts légaux

Au Québec, contrairement à ailleurs au Canada, l’éditeur (ou l’auteur éditeur) doit procéder au dépôt légal de deux exemplaires de son livre à Bibliothèque et Archives nationales du Québec et un exemplaire à Bibliothèque et Archives Canada.

Notez que ces dépôts légaux ont force de loi, l’une canadienne et l’autre québécoise.


5. Conclusion – Production écrite ou production littéraire ?

Je conclus cette conférence en abordant le statut à reconnaître aux écrits d’un auteur amateur. Ce statut est l’objet d’un litige au sein de la communauté littéraire au Québec (et ailleurs dans le monde).

Le mot « littéraire » doit être réservé pour désigner l’œuvre d’un écrivain. Et au Québec, le mot « écrivain » est associé à un professionnel. Un écrivain québécois est reconnu comme étant édité par un éditeur reconnu, ce qui veut dire « un éditeur agréé » par le gouvernement du Québec. Et ce dernier ne sera reconnu que si sa production de livres est offerte en librairies agréées par le gouvernement.

C’est pourquoi on retrouve au Québec une seule association d’écrivains, l’Union des Écrivaines et des Écrivains québécois (l’UNEQ) et plusieurs associations régionales d’auteurs. Seule l’UNEQ est reconnue comme une association professionnelle. En fait, il s’agit officiellement d’un syndicat d’écrivains. À ce titre, l’UNEQ est le seul et unique syndicat pouvant négocier avec les gouvernements du Québec et du Canada au nom des écrivains professionnels.

Lorsqu’on parle de personnes qui écrivent à loisir, il faut les qualifier d’auteurs amateurs.

Est-ce que le qualificatif « littéraire » peut être attribué à l’œuvre d’un auteur amateur?

Dans le monde officiel du livre – dans l’industrie du livre – une œuvre ne sera dite « littéraire » que si un éditeur agréé y a contribué par son travail sur le texte de l’œuvre avec l’auteur. Les éditeurs réclament le monopole du livre de qualité.

L’année dernière, j’ai appris que certaines MCR publient un répertoire annuel de ce qu’elles nomment la «PRODUCTION ÉCRITE » sur leur territoire plutôt que de parler de « PRODUCTION LITTÉRAIRE ».

Je suis d’accord avec la désignation « production écrite » au détriment de « production littéraire » pour l’œuvre d’un auteur amateur.

Pourquoi ?

D’abord, pour sortir le loisir littéraire du litige quant à savoir ce qui est littéraire ou non.

Ensuite, pour reconnaître le loisir littéraire pour ce qu’il est, c’est-à-dire un loisir et non pas une activité professionnelle.

Malheureusement, la structure organisationnelle dans le domaine public du loisir littéraire est très limitée. Seuls des ateliers d’écriture sont régulièrement au programme des institutions publiques.

Ainsi, l’auteur amateur est très souvent laissé entre les mains des consultants et des entreprises privées.

Il y a bel et bien une « Fédération québécoise du loisir littéraire », mais cette dernière est sur le carreau depuis que le gouvernement du Québec lui a retiré son accréditation et sa subvention annuelle. Malgré ses 50 années d’activités, la Fédération en question n’est pas parvenue à doter le Québec d’une infrastructure en loisir littéraire.

La Fondation littéraire Fleur de Lys développe actuellement un projet d’infrastructure nationale en loisir littéraire entièrement dédiée aux auteurs amateurs en vue de les assister et de les former de l’écriture jusqu’au lancement en passant par la publication.

Nous profitons de cette édition 2019 de la Journée mondiale du livre et du droit d’auteur pour lancer un livre blanc sur le loisir littéraire au Québec.

Je vous remercie pour votre attention et je suis maintenant prêt à répondre à vos questions.

Serge-André Guay, président éditeur
Fondation littéraire Fleur de Lys


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Président éditeur, Fondation littéraire Fleur de Lys

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