L’Académie française met son Dictionnaire à la disposition du public grâce à un portail numérique en accès libre et gratuit

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

L’Académie française met son Dictionnaire à la disposition du public grâce à un portail numérique en accès libre et gratuit

https://www.dictionnaire-academie.fr/

L’Académie française se dote d’un nouveau portail numérique consacré à son Dictionnaire. Cet outil de consultation, destiné au grand public, donne pour l’heure accès à la 9e édition (en voie d’achèvement) et à la 8e édition : avant la fin de l’année s’ajouteront à ces deux éditions les sept précédentes, et pour la première fois le public aura accès à l’ensemble de l’entreprise lexicographique menée par l’Académie depuis 1694. Enrichi de fonctionnalités innovantes, telles que l’accès direct à de nombreuses ressources linguistiques internes et externes, consultable sur tous les supports numériques, le Dictionnaire de l’Académie française est appelé à devenir une nouvelle référence en matière de dictionnaires dans l’espace numérique francophone.

Gardienne du bon usage et témoin de l’évolution de la langue, l’Académie française s’inscrit dans son époque en proposant un outil numérique innovant et sans équivalent, qui permettra la consultation dynamique de toutes les éditions de son Dictionnaire. À travers ce nouveau portail, conçu pour répondre à toutes les exigences de la navigation numérique en matière d’ergonomie et d’accessibilité, l’Académie offre aux internautes la possibilité de voyager dans l’histoire de notre langue et de mieux comprendre celle que nous parlons aujourd’hui.

La nouvelle interface de consultation du Dictionnaire de l’Académie. La nouvelle interface de consultation du Dictionnaire de l’Académie tient compte des nouveaux usages de la Toile, en particulier en ce qui concerne la consultation à partir des écrans de téléphones mobiles ou tablettes, grâce à l’adoption du « design adaptatif ». Celui-ci permet à l’internaute de consulter le Dictionnaire à partir de n’importe quel terminal, l’interface du navigateur s’adaptant automatiquement à la taille de l’écran, ce qui offre un excellent confort de consultation et procure une expérience utilisateur proche de celle d’une application.

Préparer l’avenir

Pour le lancement de son nouveau portail, l’Académie française propose dans un premier temps le texte de la 9e édition, dont la rédaction touche à sa fin et qui est pour l’heure consultable jusqu’à la lettre S (toute recherche concernant la fin de l’alphabet sera automatiquement redirigée vers la 8e édition, accessible dans son intégralité). Toutes les autres éditions du Dictionnaire seront également numérisées pour être intégralement disponibles à la consultation à la fin de l’année 2019. Il sera alors possible de circuler d’une édition à l’autre à partir de la définition d’un mot (ce qu’il est déjà possible de faire entre les deux éditions actuellement en ligne). Par ailleurs, l’Académie française prévoit une mise à jour régulière de son portail au fur et à mesure de l’avancement de ses travaux.

Version numérique du Dictionnaire de l’Académie : architecture des données. Tous ces éléments, — décrits plus précisément ci-après —, sont reliés, dans un même et vaste ensemble de données informatiques, par des liens hypertextes et des tables de correspondance. Ainsi, l’utilisateur peut-il y naviguer facilement et instantanément, par de simples liens. De plus, cet ensemble est évolutif, donc conçu pour être amené à s’enrichir : ainsi, outre l’intégration de toutes les éditions du Dictionnaire, de nouveaux liens pourront-ils être établis à l’avenir entre le Dictionnaire et d’autres ressources, soit « internes » (développées par l’Académie), soit « externes » (pour apporter des compléments utiles au Dictionnaire, et que l’on peut trouver sur l’internet). Ce sont notamment ces nouveautés des liens externes qui donnent au projet une ouverture nouvelle pour le Dictionnaire de l’Académie, ouverture rendue bien sûr possible seulement par le support numérique.

La dynamique de l’innovation

Le nouveau portail propose une interface simple et réactive, au graphisme clair et soigné, qui est compatible avec les terminaux mobiles. Il offre un système de recherche performant basé sur une super-nomenclature incluant toutes les entrées de toutes les éditions et doté d’un correcteur orthographique, et propose de multiples liens donnant accès à d’autres ressources lexicographiques. La consultation des contenus est rendue fluide et aisée grâce à la navigation hypertexte, qui allie rapidité et richesse de l’information. Par ailleurs, un module permet d’avoir accès à la conjugaison intégrale de tous les verbes. Complet, original et simple d’utilisation, le nouveau portail numérique du Dictionnaire de l’Académie française affiche un dynamisme inédit. L’internaute pourra y accéder librement et gratuitement sans avoir à créer de compte, à fournir une adresse électronique ou à souscrire à un abonnement.

Fidèle à sa mission, l’Académie considère notre langue comme un bien commun auquel tous ceux qui ont le français en partage doivent pouvoir accéder, en tout lieu et à partir de n’importe quel support numérique (tablette, téléphone mobile ou ordinateur).

Terminologie, francophonie et bon usage… vers de nouvelles ressources numériques

Soucieuse de suivre les évolutions de l’usage, l’Académie française a souhaité que son nouveau Dictionnaire en ligne ouvre, pour la première fois, des passerelles vers d’autres types de contenus. Elle propose ainsi l’accès à diverses ressources internes comme les rubriques Dire, ne pas dire et Questions de langue, déjà présentes sur le site de l’Académie, et des liens permettant d’accéder à des ressources externes, comme la base de données FranceTerme, qui recense les mots scientifiques et techniques officiellement recommandés dans le cadre du dispositif d’enrichissement de la langue française, ou la Base de données lexicographiques panfrancophone (B.D.L.P.), regroupant les variétés lexicales de vingt pays de la Francophonie.

Francophonie : la B.D.L.P. La B.D.L.P. (Base de données lexicographiques panfrancophone) est une base de données linguistiques regroupant un certain nombre d’inventaires des variétés lexicales du français (hors de France), dans plusieurs régions de la francophonie. Issue d’un projet international de recherche, développée et publiée à l’origine par l’AUF (Agence universitaire de la francophonie) puis sur l’internet depuis 2004, cette importante base est sans doute encore à ce jour la plus riche et la plus fiable scientifiquement sur les variétés du français ; elle couvre une vingtaine de pays, et on y trouvera notamment d’importants corpus relatifs au français du Québec, de Belgique et de Suisse. Voici la liste des bases intégrées à la B.D.L.P., avec le nombre de fiches disponibles :

Un dictionnaire d’aujourd’hui pour la langue française de demain

La réalisation de ce nouveau portail de consultation du Dictionnaire de l’Académie française correspond à cet ambitieux projet de mettre la technologie la plus moderne au service de la mission première de l’Académie : défendre et illustrer la langue, et faire découvrir au plus grand nombre toutes ses richesses et ses nuances.

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Source : L’Académie française (Dossier de presse – PDF).


La 9e édition

« La confection d’un dictionnaire, surtout quand il doit être de référence pour des centaines de millions d’usagers d’une langue de par le monde, est une marche de longue haleine, où chaque pas rencontre une embûche, une rigole, un caillou. La langue, comme la mer, toujours recommencée… » Maurice Druon, Avant-propos au deuxième tome de la neuvième édition du Dictionnaire de l’Académie française.

C’est en 1986, à l’initiative de Maurice Druon, élu Secrétaire perpétuel de l’Académie française en 1985, que commença la publication, sous forme de fascicules, de la neuvième édition du Dictionnaire de l’Académie française, alors que les travaux de révision de la huitième édition avaient été entrepris depuis plusieurs années déjà. En 1992, l’Académie fit paraître le premier tome de son Dictionnaire (de A à Enzyme), en 2000, le second tome (de Éocène à Mappemonde) et en 2011, le troisième (de Maquereau à Quotité). La matière du quatrième tome, actuellement en cours de rédaction, est publiée en fascicules dans les « Documents administratifs » du Journal officiel, au fur et à mesure de l’avancement des travaux de la Compagnie. À ce jour, on peut considérer qu’un peu plus des deux tiers du vocabulaire d’usage courant a été traité. La diffusion des trois tomes, coédités par la Librairie Arthème Fayard et l’Imprimerie nationale, est assurée par la Librairie Fayard, 13, rue du Montparnasse, 75006 Paris.

Cette nouvelle édition, que plus d’un demi-siècle sépare de l’édition précédente, a connu un formidable accroissement du vocabulaire lié au développement des sciences et des techniques, à l’évolution des mœurs et des modes de communication. Ce sont près de 60 000 mots qui devraient en composer la nomenclature, ce qui représente un accroissement d’environ 28 000 mots par rapport à la huitième édition. Les termes nouvellement introduits sont signalés au lecteur par un astérisque. La neuvième édition reflète l’adaptation de la langue à l’évolution de nos sociétés sans pour autant céder à l’encyclopédisme : le Dictionnaire de l’Académie française reste un dictionnaire d’usage. L’introduction des termes nouveaux issus du vocabulaire spécialisé se fait toujours selon la même règle : ne figurent dans notre Dictionnaire que les termes qui, du langage du spécialiste, sont passés dans l’usage courant et appartiennent à la langue commune. L’Académie s’attache en effet à défendre sans relâche la notion de langue commune, cette unité linguistique qui constitue une référence dont le besoin se fait sentir au moment même où les lexiques et registres spécialisés, les jargons, par trop nombreux, menacent la permanence de cette langue.

Si donc l’Académie française a su s’aventurer avec succès où elle n’était pas attendue, jusque sur les terrains ardus de la génétique, de la biochimie, de l’informatique, de la pétrochimie, de la physique nucléaire et de bien d’autres encore, la recherche de cohérence dans la nomenclature scientifique, l’exigence de clarté et de lisibilité des définitions, la volonté d’être compris de l’honnête homme du XXIe siècle sont restées au premier rang de ses préoccupations. Il suffit, pour s’en rendre compte, de lire les définitions de termes comme Quark ou Quantique : les notions auxquelles correspondent ces termes souvent entendus sont d’une grande technicité et il s’agit de les faire comprendre sans formule mathématique, sans schéma, et en une phrase parfaitement limpide et intelligible pour les non-spécialistes. L’ouverture aux lexiques scientifiques modernes ne s’est évidemment pas faite aux dépens des domaines traditionnellement privilégiés par la Compagnie, qui restent largement représentés, soit qu’ils relèvent de ce que l’on a appelé les humanités, comme l’antiquité grecque et latine, la mythologie, l’histoire, la musique, la littérature, soit qu’ils aient fourni un riche vocabulaire à notre langue comme l’équitation, la chasse ou la marine. Il est vrai que certains mots, présents dans la huitième édition, ne figurent plus dans la neuvième mais ce cas reste très rare et la suppression d’un terme répond à des critères précis. Les termes dont la suppression est envisagée doivent être sortis de l’usage depuis longtemps et n’avoir guère d’attestation littéraire : c’est le cas de certains termes scientifiques ou techniques considérés aujourd’hui comme tout à fait obsolètes (par exemple le terme de botanique Monophylle, les termes de chimie Narcotine et Perchlorure ou le terme de métallurgie Pigne), ou encore de certains dérivés dont le sens est transparent (substantifs, adjectifs ou adverbes) comme Apercevante ou Babillement, Polypeux, ou Processionnellement. Il serait en effet inenvisageable de supprimer un mot susceptible d’être rencontré lors de la lecture d’un ouvrage de l’esprit car le Dictionnaire de l’Académie française se doit d’éclairer l’usage présent comme l’usage plus ancien de notre vocabulaire et de permettre ainsi, plus que tout autre dictionnaire, la lecture des œuvres constituant notre patrimoine littéraire. Ont aussi été supprimés certains noms propres qui figuraient encore dans la huitième édition car ils entraient dans certaines locutions ou expressions : ces termes ont pour la plupart disparu en raison de leur nature même de noms propres (Morphée, Nestor, Némésis ou Œdipe pour ne citer que ceux-là). Dans tous les cas, la suppression d’un terme est toujours envisagée avec une extrême prudence par la Compagnie.

Si le Dictionnaire sait se montrer accueillant envers les termes nouveaux et aussi envers certains termes étrangers, pour peu qu’ils correspondent à un véritable besoin, qu’ils soient bien ancrés dans l’usage et qu’il n’existe pas déjà un terme français rendant compte de la même réalité, il reste le garant de l’usage, que la Compagnie a reçu pour mission de guider et de rendre plus sûr. Pour cela la neuvième édition se donne à lire comme une « grammaire en acte » : les règles syntaxiques et grammaticales, les constructions justes et les accords corrects sont mis en évidence à travers les exemples nombreux forgés dans ce dessein, qui sont proposés dans chacun des articles. Le soin porté au traitement des mots grammaticaux, tels que les pronoms relatifs, très représentés à la lettre Q, témoigne de cette même volonté. La présence de remarques normatives, déconseillant l’emploi de certains termes, notamment les anglicismes, ou signalant des constructions fautives, constitue une nouveauté de cette neuvième édition et souligne cette attention sans cesse renouvelée portée au bon usage de notre langue. Ces remarques visent bien entendu moins à proscrire et condamner qu’à montrer et expliquer le bon usage. L’attention accordée aux niveaux de langue (familier, populaire, vulgaire, trivial, argotique) ressortit à cette même perspective didactique qui a également présidé à l’élaboration d’une nouvelle rubrique sur le site de l’Académie française, intitulée « Dire, Ne pas dire », où les Académiciens donnent chaque mois leur sentiment sur les fautes, les ridicules et les tics de langage les plus fréquemment observés dans le français contemporain. Une autre innovation de cette neuvième édition consiste en l’introduction de notices étymologiques qui se gardent de tout encyclopédisme et de tout excès d’érudition mais visent à expliciter la formation des mots, leur évolution et leur parenté avec certains autres termes par le biais de leurs racines communes, grecques, latines mais aussi indo-européennes, afin de mieux éclairer leur sens et leur usage présent.

L’Académie attache naturellement un soin tout particulier à l’orthographe et au choix des graphies pour guider l’usage : dès sa première édition, elle adoptait un juste milieu entre « l’ancienne orthographe », souvent fondée sur l’étymologie, et une orthographe fondée sur la parole et la prononciation à laquelle aspiraient les réformateurs de l’époque. Il faut, une fois encore, souligner la continuité de sa démarche à travers les siècles : au cours des XVIIIe et XIXe siècles, elle modifie à deux reprises l’orthographe de plusieurs milliers de mots. La neuvième édition propose, dans cet esprit, un certain nombre de simplifications et de rectifications orthographiques, adoptées en 1990 et soumises à la sanction de l’usage, qui concernent essentiellement la formation et l’accord des mots composés ou l’adoption d’une accentuation plus conforme à la prononciation. Les termes faisant l’objet d’une proposition de rectification sont signalés au lecteur par un losange ; les formes rectifiées sont mentionnées à la fin de chaque volume ou au début de chaque fascicule.

Cette neuvième édition, forte de certaines nouveautés et soucieuse d’accorder une place à l’actualité dans ce qu’elle a d’éminemment historique (on remarquera la mention de l’attentat du 11 septembre 2001 à l’article Onze ou encore celle du quartet pour le Proche-Orient à l’article Quartet), s’inscrit donc dans une perspective de cohérence, d’atemporalité et de préservation d’une continuité historique entre les éditions qui depuis 1694 – date de publication de la première édition – a toujours guidé l’Académie française dans ses travaux.

Source : L’Académie française.


Président éditeur, Fondation littéraire Fleur de Lys

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