Rapport annuel 2017-2018 de Bibliothèque et Archives Canada

Rapport annuel 2017-2018 de Bibliothèque et Archives Canada (BAC)


BAC : Qui sommes-nous?

Introduction par M. Guy Berthiaume

« C’est le cadre qui change à chaque nouvelle technologie et non juste l’image au sein du cadre. »

Marshall McLuhan, Pour comprendre les médias

Guy Berthiaume
Bibliothécaire et archiviste du Canada

L’année 2017-2018 fut pour Bibliothèque et Archives Canada (BAC), comme pour toute la population canadienne, une occasion de célébration et de réflexion sur la nature de notre identité – ou plutôt de nos identités. À l’occasion du 150e anniversaire de la Confédération, BAC a multiplié les interventions afin de permettre aux Canadiens de mieux se connaître eux-mêmes, individuellement et collectivement. La pièce maîtresse de notre stratégie : une grande exposition tenue dans nos locaux du 395, rue Wellington, à Ottawa, sous le thème « Canada : Qui sommes-nous? ». Cette exposition visait à mettre en lumière des facettes insoupçonnées de l’identité canadienne et, au bout du compte, à amener les visiteurs à une réflexion foucaldienne sur la nature de notre pays.

Dans la foulée du projet intellectuel derrière cette exposition, nous avons décidé d’orienter le Rapport annuel de l’exercice 2017-2018 autour de la question « Qui sommes-nous? ». Les lecteurs y découvriront la déclinaison de l’identité multiple de BAC, décodée à travers les réflexions de ses employés. BAC est une institution d’une complexité unique qui ne peut se résumer rapidement, ni en quelques mots. À tout moment de son histoire, notre institution a assumé des responsabilités d’une rare variété. À la fois bibliothèque nationale et archives nationales, elle fait la promotion de l’accès à sa collection grâce à des activités de programmation publique dignes de celles d’un musée ou d’une université. D’une perspective diachronique, le déploiement des nouvelles technologies dans toutes ses sphères d’activités fait de BAC un laboratoire dont l’essence même est en perpétuel mouvement, comme le suggère la citation de Marshall McLuhan mentionnée en exergue.

Regroupées sous 14 rubriques, les grandes réalisations de l’année 2017‑2018 témoignent du large spectre couvert par nos initiatives. En tout premier lieu, les travaux donnant suite au Rapport de la Commission de vérité et réconciliation ont connu une accélération marquée grâce aux fonds pour préserver et revitaliser les langues autochtones qui ont été accordés à BAC dans le budget 2017. Je suis particulièrement heureux que les initiatives en ce sens aient été développées en concertation avec le Cercle consultatif autochtone que nous avons récemment mis en place.

Sur le plan de notre implantation géographique, après l’ouverture de nos locaux au Quai 21 à Halifax, le 19 juin 2017, c’était au tour de nos collègues de Vancouver de se rapprocher de leur public en s’installant dans la Bibliothèque publique de Vancouver, le 8 novembre 2017. J’ai eu l’honneur de souligner cette ouverture à Vancouver en animant une conversation de la série Signatures en compagnie de la très honorable Kim Campbell. Nos collègues des bureaux de Winnipeg n’ont pas été en reste, puisque leurs espaces de consultation publique ont été mis à niveau notamment par l’ajout d’un kiosque pour la consultation numérique. Enfin, à la toute fin de l’exercice, soit le 10 mars 2018, à Calgary, l’espace du musée Glenbow voué à la mise en valeur de la collection de portraits de BAC a tenu sa première activité. Il s’agit de l’exposition Autoportraits : reflets d’artistes, qui sera en montre jusqu’au 6 janvier 2019.

Sur le plan de notre implantation numérique, en 2017-2018, nous avons ajouté 10 201 950 images supplémentaires à notre collection disponible en ligne. Cela dit, plusieurs de nos réalisations de l’année s’inscrivent sous le thème « Qui sommes-nous? » seulement si l’on comprend que le « nous » est inclusif. En effet, nombre de nos initiatives numériques reposent fondamentalement sur la participation de nos partenaires et de nos clients. Que l’on pense à l’externalisation ouverte (« crowdsourcing ») du journal de lady Agnes Macdonald; à la numérisation des renseignements météorologiques relatifs à la région d’Ottawa, faite bénévolement grâce à notre Numéri-Lab, ou, encore, à l’enrichissement des articles de Wikipédia portant sur la Grande Guerre par les participants à nos ateliers d’édition, c’est en toute collégialité que nous progressons. De la même façon, l’implantation de notre nouveau catalogue collectif – le bien nommé Voilà – ne pourrait se faire sans la collaboration de tous les instants de la communauté bibliothéconomique canadienne. Comme le dit le proverbe africain : « Si tu veux aller vite, vas-y seul, mais si tu veux aller loin, alors il faut y aller ensemble ».

Sur le plan de notre implantation structurelle, 2017-2018 a été l’occasion de quelques explorations radicales. Nous avons poursuivi les travaux amorcés par l’adoption de la Déclaration d’Ottawa, en décembre 2016. En réunissant musées, bibliothèques et services d’archives autour d’un projet de développement commun, nous avons amené plus loin notre travail d’ouverture des frontières séparant les institutions de mémoire canadiennes. Le Sommet 2018 des bibliothèques, des archives et des musées, tenu au Musée royal de l’Ontario, le 30 janvier, a donné un deuxième souffle à l’initiative que nous menons de concert avec l’Association des musées canadiens. Et, en guise d’ouverture des frontières, quoi de plus symbolique que notre projet de relocalisation de nos services au public dans de nouveaux locaux qui seront partagés avec la Bibliothèque publique d’Ottawa, dès 2024. Ce projet novateur, qui propose le mariage d’un service d’archives national et d’une bibliothèque nationale avec une bibliothèque publique, verra le jour grâce aux dispositions contenues dans le budget du 27 février 2018. Il n’aura comme limites que celles de notre imagination.

Dernier événement de l’année 2017-2018 dont on me pardonnera de m’enorgueillir : l’inclusion, au registre de la Mémoire du monde de l’UNESCO, de la collection Marshall McLuhan, conservée par BAC et l’Université de Toronto. Il s’agissait pour nous d’une première, puisque jamais auparavant des documents conservés par BAC n’avaient été reconnus par l’UNESCO. De surcroît, que cette reconnaissance vienne couronner une initiative conjointe de BAC et de l’Université de Toronto permet de valider notre choix de fonctionner en réseau, avec un modus operandi collaboratif. Somme toute, ce n’est pas par une seule identité, mais bien grâce à l’amalgame d’une multitude d’identités que nous pouvons commencer à découvrir qui nous sommes véritablement en tant que Canadiens.

Guy Berthiaume
Bibliothécaire et archiviste du Canada


Télécharger l’intégralité du rapport (PDF)

Voir le rapport sur le site web de Bibliothèque et Archives Canada


Président éditeur, Fondation littéraire Fleur de Lys

Tagged with: , , , ,
Publié dans Documents et livres

Laisser un commentaire

Entrer les renseignements ci-dessous ou cliquer sur une icône pour ouvrir une session :

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.

Dossier Journée mondiale du livre et du droit d’auteur 23 avril 2019
TÉLÉCHARGEMENTS

Les documents PDF les plus populaires ci-dessous

Un petit détour – Vous êtes redirigés ici pour vous permettre de découvrir ce magazine en ligne avant de télécharger le document demandé. Tous nos documents à télécharger sont d’abord annoncés dans ce magazine. Abonnez-vous gratuitement (voir ci-dessous).

Composition technique d’un article de presse
Les styles interpersonnels selon Larry Wilson
Follow Le magazine en ligne de la Fondation littéraire Fleur de Lys on WordPress.com
Magazine littéraire

Ce magazine littéraire est l’œuvre de la Fondation littéraire Fleur de Lys et s'inscrit dans une mission d'éducation populaire au sujet du monde du livre, et ce, tant auprès des auteurs que des lecteurs.

Vous pouvez nous écrire à l'adresse suivante :


contact@manuscritdepot.com

Archives

Entrez votre adresse de courriel pour suivre ce magazine littéraire et être notifié par courriel des nouvelles publications.

Joignez-vous à 1 071 autres abonnés

%d blogueurs aiment ce contenu :