Texte de l’allocution de Mme Nathalie Roy, ministre de la Culture et des Communication et ministre responsable de langue française, devant la Chambre de Commerce du Montréal Métropolitain le 1er février 2019

Fierté, identité, prospérité : La culture comme vecteur de développement pour le Québec

Texte de l’allocution de Mme Nathalie Roy, ministre de la Culture et des Communication et ministre responsable de langue française, devant la Chambre de Commerce du Montréal Métropolitain le 1er février 2019


Évènement : Tribune de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain


Date : Le vendredi 1er février 2019


Lieu : Centre Sheraton Montréal


Bonjour!

Distingués invités,

Chers créateurs,

Merci beaucoup pour ce bel accueil.

Merci à la Chambre de m’offrir cette occasion de partager avec vous la vision de notre gouvernement en culture. Aujourd’hui, je vais vous parler de fierté, d’identité et de prospérité, que j’estime toutes trois intimement liées au développement culturel et économique du Québec, toutes trois indissociables de la mise en œuvre de la Politique culturelle – dont vous êtes l’inspiration.

Le choix de cette première tribune, ici, à la Chambre de commerce, n’est pas anodin. Le développement culturel est indissociable du développement économique. Le choix de la Métropole, cœur économique vibrant du Québec, en témoigne, tout comme la présence de ma collègue Chantal Rouleau, qui travaille déjà sans relâche pour représenter les intérêts de Montréal. Je remercie sincèrement la mairesse de Montréal d’avoir accepté notre invitation. Nous reconnaissons l’impact de notre Métropole, notre belle Métropole culturelle, sur l’ensemble du Québec et même au-delà. Madame Plante, nous allons travailler ensemble pour la culture! La Ville de Québec n’est certes pas en reste quand il s’agit de vitalité culturelle. Et, c’est justement la force complémentaire de notre Métropole et de notre Capitale, carrefours du Québec, d’une part, et la force de nos régions qui en font sa richesse, sa vitalité et, oui, qui en définissent la fierté, l’identité et la prospérité.

La présence de mon collègue Jean-François Roberge, ministre de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur, envoie aussi un message fort et sans équivoque quant à la place qu’occupe l’éducation dans l’éveil à la culture de nos jeunes. Combien d’études faudra-t-il pour démontrer, encore et encore, que l’accès de nos jeunes à la culture a un impact sur la confiance, l’engagement et la réussite des élèves, sur l’avenir de nos communautés? Et sur le bonheur, la joie de vivre et l’émerveillement des enfants? Jean-François viendra à son tour vous présenter sa vision à cette même tribune dans deux semaines. Sachez que nous travaillons déjà main dans la main pour la jeunesse québécoise.

Dans son discours inaugural, le premier ministre Legault a énoncé ses trois priorités pour le Québec : l’éducation, l’économie et la santé.

Au fil de son discours, les références à la culture s’y sont retrouvées : d’emblée, il a réitéré sa fierté d’avoir pris part à l’annonce historique de la découverte du premier rempart de la Ville de Québec. Le patrimoine, la fierté… c’est nous, c’est notre histoire.

En éducation, le premier ministre a martelé que nous devons donner à nos enfants les moyens d’aller au bout de leur potentiel. Leur donner le goût de l’école, les moyens de s’épanouir. Et, ça, ça passe aussi par la culture et la créativité. Par la participation culturelle. La culture à l’école… l’école vers la culture… D’ailleurs, avec les collègues Jean-François Roberge et Mathieu Lacombe, le ministre de la Famille, nous allons miser sur une véritable alliance, en matière de culture, d’éducation et de famille. Nous avons pris des engagements à cet égard, qui vont plus loin que les orientations de la Politique culturelle, plus loin pour les jeunes du Québec. Vous en saurez davantage bientôt, en temps opportun.

Dans ses tout premiers discours, le premier ministre a souligné l’importance de la culture à ses yeux, pour ce qu’elle apporte en soi, mais aussi comme moteur de développement économique. La prospérité du Québec, ça passe aussi par la culture, la créativité, la recherche, l’innovation, l’entrepreneuriat, la beauté…

Le premier ministre a terminé son discours inaugural en réitérant l’importance de ne pas avoir peur. « La peur, c’est le contraire de l’audace », a-t-il dit. C’est l’ennemi de la créativité, dois-je ajouter! En culture, vous le savez encore mieux que moi, il faut savoir conjuguer audace et courage pour défendre nos choix, nos intérêts… et la nécessité de créer un environnement propice au développement culturel. En culture, ça prend des passionnés!

Je vous le dis aujourd’hui : j’ai de l’audace, du courage et beaucoup d’ambition pour le milieu culturel. Je défendrai avec passion notre langue, notre culture, notre histoire, notre patrimoine et l’importance de célébrer nos racines en tant que plus grande nation francophone des Amériques. Je le ferai avec vous… Et, pour y arriver, nous devons agir collectivement.

Imaginons ici l’analogie du maestro, surtout en présence de nos deux grands orchestres! Un orchestre sans maestro, c’est la cacophonie. Un maestro sans orchestre… pas de musique.

C’est l’union d’un chef passionné et de ses musiciens fabuleux qui parvient à nous faire vibrer.

La culture joue ce rôle transversal pour toute la société. Tout comme la langue, par ailleurs, qui nous définit, nous rassemble, nous distingue.

C’est avec cette image en tête que je veux illustrer nos ambitions pour la culture.

D’entrée de jeu, je tiens à vous rassurer. Votre nouveau gouvernement n’a aucunement l’intention d’agir en pure partisanerie et de jeter des politiques à la poubelle simplement parce qu’elles auraient été élaborées par un autre gouvernement. C’est le cas pour la politique culturelle de 2018. Cette politique a fait consensus. Elle émane du milieu qui l’a portée, qui en a défini les orientations. Cette politique, c’est le fruit, avant tout, de votre mobilisation. Il a fallu 25 ans pour que voit le jour une nouvelle politique culturelle après celle de Liza Frulla… que je salue au passage. Une politique pour réaffirmer le rôle essentiel de la culture. Votre gouvernement en est le mandataire. Nous avons une obligation de résultats. Nous allons nous donner les moyens d’y parvenir. Vous pouvez compter sur nous!

Cette politique requiert maintenant une vision, des valeurs d’ensemble, des principes fédérateurs… et une stabilité, une cohérence politique… Le contexte des quatre dernières années, ponctuées d’autant de ministres, nous oblige à repenser notre façon de percevoir la culture, la place qu’elle occupe dans les priorités. Une fois les grandes orientations et une vision politique établies, nos efforts doivent être tournés vers l’action concrète.

Pour paraphraser Catherine de Médicis, rien de moins que la reine de France, en culture, l’argent c’est le nerf de la guerre. Cette réalité de date pas d’hier. Je vous annonce donc que nous allons maintenir les investissements en culture, visant rien de moins que la barre du 1 % du budget du Québec.

Mais nous ferons en sorte d’aller plus loin, de nous donner des objectifs réalistes et ambitieux. Nous allons inculquer de nouvelles façons de faire, de nouvelles ambitions communes pour le développement culturel du Québec.

Ma vision de cette politique culturelle, à l’instar de celle de notre premier ministre, de notre gouvernement, passe par trois grandes orientations, trois leviers : l’éducation, l’économie et, de manière plus large, la société au sein de laquelle elle laissera son empreinte.

Pour le gouvernement, l’accès des jeunes aux arts et à la culture est indissociable de leur parcours scolaire. Nous le savons tous : culture et éducation sont deux composantes essentielles du développement des individus dès leur plus jeune âge. De la petite enfance au post-secondaire, la participation à des sorties et à des activités éducatives et culturelles permet d’élargir les champs d’intérêt des jeunes, de stimuler leur curiosité intellectuelle, de les éveiller aux arts, à la lecture et à l’écriture. Elles contribuent à modeler, à éveiller, à développer, à affirmer et à enrichir la conscience et l’identité québécoises. Elles forgent la personnalité, tout comme la collectivité.

Mais tout comme le premier ministre, je pense que ça va encore plus loin. La culture, c’est aussi du bonheur, de l’émerveillement, de la beauté et de la joie. C’est en partie ce qui fait que la vie est plus belle. Même si ces émotions sont intangibles, elles comptent pour beaucoup pour l’épanouissement de la jeunesse.

Notre système d’éducation a donc la responsabilité de donner aux jeunes un accès à la culture. Depuis plus de 20 ans, une entente lie le ministère de la Culture à celui de l’Éducation. Cette entente a donné des résultats tangibles, notamment à travers le programme La culture à l’école et les sorties scolaires. Maintenant, faisons preuve d’audace. Nous voulons amplifier cette synergie, multiplier les occasions offertes aux jeunes de vivre des expériences culturelles et artistiques… et leur donner la possibilité de développer une véritable citoyenneté culturelle. Cela passe notamment par les bibliothèques scolaires, qui représentent de véritables laboratoires pour former nos futurs citoyens créatifs, informés et engagés dans leur société. Notre gouvernement entend bien répondre à ce besoin d’avoir des bibliothèques scolaires adéquatement pourvues.

Notre système d’éducation est également fort d’institutions de renommée dont le mandat est de former les futurs artistes et entrepreneurs culturels. Ces écoles nous ont déjà donné des centaines d’artistes professionnels, travailleurs et entrepreneurs qui forment aujourd’hui le cœur créatif du Québec. Lorsque ces artistes vont à la rencontre des jeunes, sur scène, dans les musées comme dans les écoles, c’est là que se déploie merveilleusement ce maillage essentiel entre culture et éducation et que s’opère cette précieuse transmission culturelle aux jeunes générations. À travers leur pratique et leurs œuvres, ce cœur créatif sème alors en chaque jeune un fondement de notre identité, de notre fierté et de notre prospérité. C’est à ce moment que s’éveillent des vocations artistiques.

Justement, parlons-en, de prospérité. Il fut un temps où l’on opposait, en quelque sorte, les études économiques en matière de culture : les artistes et organismes subventionnés d’une part et, de l’autre, les entreprises et les industries. Cette époque est révolue. Votre apport à l’économie, au PIB, il est bien réel. Et, heureusement pour le Québec, il est enfin compris.

En 2017, l’apport de l’industrie de l’information, de l’industrie culturelle ainsi que du secteur des arts, spectacles et loisirs à l’économie du Québec s’est élevé à près de 4 %, ce qui représente près de 14 milliards de dollars au PIB du Québec. C’est également 185 000 emplois (4,4 % de tous les emplois du Québec). Le Québec peut aussi se réjouir de voir les municipalités s’impliquer activement dans le développement culturel, puisque leur contribution s’est élevée à 950 millions en 2016. Un peu moins d’un milliard de dollars, investi en culture…

C’est donc par la vitalité de nos institutions, entreprises et organismes culturels, avec le talent de nos artistes, que nous parvenons à ces résultats. Ces chiffres nous démontrent que notre culture contribue à la vitalité économique du Québec, à l’affluence touristique de Montréal, de Québec, de nos régions. Notre culture contribue au bonheur des Québécois, au développement de nos communautés et, ne l’oublions surtout pas, à notre rayonnement international.

Nous sommes cependant devant des défis immenses qui nous obligent à changer nos façons de faire. Nous y sommes poussés – sinon obligés – par le numérique, le tsunami technologique qui a bouleversé les modèles d’affaires des organismes, des entreprises, des producteurs, des artistes, des compagnies de théâtre, des lieux de diffusion, des festivals, bref de tous les secteurs du milieu des arts et de la culture.

Nous sommes tous touchés par les nouvelles technologies. Tous doivent composer avec de nouvelles stratégies pour poursuivre leur développement et leur croissance. Prenons pour exemple le secteur de la musique, le premier touché. Alors qu’auparavant, on investissait dans le temps de création et dans la production nécessaire à l’enregistrement sonore, on doit désormais consacrer une majeure partie des investissements à la mise en marché, afin de répondre aux nouvelles habitudes de consommation.

La consommation de la culture a du même coup changé, modifiant radicalement les sources de revenus et fragilisant de nombreux joueurs. On doit maintenant initier de nouveaux marchés d’exploitation et de nouvelles façons de faire afin de rejoindre les publics et de les amener à « découvrir » vos spectacles, vos projets, vos contenus, vos films. Nous allons donc redoubler d’ardeur auprès de nos collègues du fédéral dans les dossiers des géants du Web, de leur taxation et de l’absence de leur contribution à notre système économique. Voilà, entre autres, des mesures qui devront être déployées pour accroître l’apport de la culture à l’économie du Québec. On a des défis, mais on a aussi des occasions en or. J’aime souligner que si la fabrication de certains produits peut être délocalisée dans d’autres pays, aucune autre nation n’est capable de remplacer les créations de chez nous. La culture québécoise est créée au Québec et si elle touche à l’universel, c’est d’abord parce qu’elle est ancrée dans notre réalité, notre histoire et notre sensibilité, celle de nos créateurs, de nos artistes.

Je le redis, il faut se démarquer dans un environnement inondé de propositions culturelles et pour cela, je veux que nous encouragions le développement de la fibre entrepreneuriale tant pour l’artiste-entrepreneur que pour l’entreprise elle-même. J’ai donc demandé au CALQ et à la SODEC de travailler ensemble, de développer des services adaptés à leurs clientèles afin de nous assurer d’être au rendez-vous. Je veux aussi mobiliser d’autres secteurs en collaboration avec Tourisme Montréal, Tourisme Québec, la Métropole, les Affaires municipales, le Ministère de l’Éducation, l’Économie et bien entendu, l’Innovation.

Dans un autre temps, je vous parlerai de l’importance que nous accordons à nos organismes culturels que sont Bibliothèque et Archives nationales du Québec, le CALQ, la SODEQ et bien sûr, Télé-Québec, entre autres. J’y reviendrai, mais sachez que votre nouveau gouvernement est ambitieux pour ces sociétés.

Ambitieux, nous le sommes aussi avec le tourisme culturel. Le premier ministre, vous vous en doutez, est très conscient de l’apport économique du tourisme international, lui qui a œuvré dans ce domaine pendant de nombreuses années. Les événements culturels, notre patrimoine et notre langue aussi, qui permet de nous démarquer en Amérique du Nord, constituent des éléments de forte attractivité dans ce domaine.

À Paris, le premier ministre a souligné notre intention d’augmenter notre présence à l’international, en augmentant nos moyens sur le front économique. Ça vaut aussi pour la culture. En culture, ayons le courage de prendre des risques, d’innover, de voir plus grand et, oui, de miser sur la propriété intellectuelle, l’exportation de nos œuvres, le rayonnement de nos artistes à travers le pays, chez nos voisins, partout dans l’espace francophone, aux quatre coins du globe. Le lien entre fierté et prospérité, il passe par là.

Au-delà de l’apport des entreprises et des industries culturelles à notre économie, la culture remplit aussi un important rôle social. Ses retombées, bien que moins évidentes à quantifier que les dollars, sont inestimables.

Je pense entre autres à la qualité de vie des citoyens. C’est à travers des cœurs culturels forts dans toutes les régions et communautés du Québec que nous allons parvenir à créer des milieux de vie vibrants et attrayants. En ce sens, je tiens à réitérer notre intention de garder des budgets réservés pour la production culturelle en régions.

Des collectivités dynamiques sur le plan culturel, ça passe notamment par des bibliothèques modernes, dignes du 21e siècle. La relance du projet de la bibliothèque Saint-Sulpice en témoignera, d’ailleurs! Nos bibliothèques, je l’évoquais plus tôt, sont de véritables carrefours citoyens, des lieux privilégiés d’apprentissage, de promotion et de diffusion de la culture, mais aussi de valorisation de notre langue française et de la lecture. Faisons de nos bibliothèques le véritable 3e lieu de vie des Québécois, après la maison, le travail ou l’école.

En tant que ministre responsable de la Langue française, véritable vaisseau amiral de notre identité en tant que nation francophone des Amériques, j’entends agir avec fermeté afin d’assurer sa protection et sa valorisation. En d’autres mots, parce que nous considérons le français comme l’élément central de ce qui nous unit en tant que peuple, de ce qui nous permet de vivre en harmonie dans notre société, l’ère du laisser-aller est définitivement révolue! Par ailleurs, je vous annonce que la mairesse de Montréal et moi avons convenu de travailler main dans la main pour assurer l’avancement de la langue française dans la Métropole. J’ai d’ailleurs eu le plaisir d’annoncer un peu plus tôt aujourd’hui, en collaboration avec la Chambre, la bonification du programme de jumelage linguistique pour les PME, qui sera désormais étendu à l’ensemble de la région métropolitaine, avec la collaboration des municipalités et des chambres de commerce des rives Nord et Sud. Ce programme, dont le projet pilote a porté fruit bien au-delà de nos espérances, bénéficiera donc d’un soutien supplémentaire de près d’un demi-million de dollars, pour porter la contribution totale du Ministère de la Culture à environ 1 million et demi de dollars. Un geste significatif qui démontre notre intention de soutenir les efforts d’apprentissage des nouveaux arrivants et de renforcer l’usage du français en tant que langue de travail et de service au Québec. Je peux déjà vous dire qu’en ce sens, d’importants gestes seront posés en mars prochain, dans le cadre du mois de la francophonie.

Nous avons hérité d’une langue belle et riche et d’une histoire qui nous rend fiers et que nous devons mettre en valeur. Ça passe notamment par une vision en matière de patrimoine, tant archéologique, que religieux, autochtone, architectural et immatériel, qui ne laisse aucune place aux compromis. Et, parlant de patrimoine autochtone, nous travaillons très fort pour que le grand projet DestiNATIONS voit le jour. Je vous parlais plus tôt de la découverte inattendue des fortifications de la Ville de Québec. Ces artéfacts inestimables m’ont rappelé la fameuse maxime qui veut que c’est en sachant d’où l’on vient, que l’on sait où on va. Et c’est précisément pour cette raison que nous ne lésinerons pas sur les efforts nécessaires pour assurer que les générations futures puissent, à leur tour, admirer les joyaux de notre patrimoine national. En cette matière, les intentions de la Politique culturelle devront maintenant se traduire en actions concrètes. Nous sommes déjà à pied d’œuvre pour y parvenir. Comme nous l’avions annoncé en novembre dernier, ma collègue ministre des Affaires municipales et de l’Habitation, Andrée Laforest, et moi travaillons en étroite collaboration afin de présenter, au cours des mois à venir, des mesures qui viendront assurer une meilleure protection du patrimoine bâti, tant sur le plan local que national. Je le dis souvent, la préservation de ces bijoux de notre histoire est une responsabilité collective et en ce sens, la coopération tant des citoyens que du monde municipal sera primordiale.

Il y a le patrimoine d’hier, mais il y a aussi le patrimoine de demain; celui que les architectes d’aujourd’hui sont en train de façonner. L’architecture et l’aménagement du territoire contribuent activement à l’amélioration de la qualité de vie des Québécois. Tout comme le développement de quartiers culturels partout à travers le Québec. Le Quartier des spectacles en est un bon exemple, le quartier des musées, entre autres. Nous sommes d’ailleurs très fiers d’avoir été parmi les premières formations politiques à avoir soutenu l’Ordre des architectes du Québec dans ses démarches en vue d’élaborer une stratégie nationale en matière d’architecture et de design. Je suis ainsi très heureuse d’affirmer que cet appui demeure sans équivoque. Conjuguer beauté et qualité ne devrait pas être une exception mais bien la règle. Nous avons le devoir de toujours encourager l’excellence architecturale et le talent des designers de chez nous, et ce, dans tous les projets que nous entreprenons, peu importe leur envergure. Il s’agit d’un legs aux générations futures.

Quand je réfléchis à la responsabilité qui est la mienne, je me remémore souvent des passages de ce beau livre jeunesse que ma superbe équipe du cabinet m’a gentiment offert à mon arrivée en poste : Si j’étais ministre de la Culture, de l’auteure québécoise Carole Fréchette et brillamment illustré par Thierry Dedieu. On y retrouve un passage très éloquent qui m’inspire beaucoup en ces temps d’exercice budgétaire auprès de mes collègues des Finances et du Trésor, qui dit, en quelque sorte, qu’il est temps que la culture soit « invitée à la table de l’essentiel, en tant que ministre de l’équilibre des âmes, du battement des cœurs, de la respiration. Ministre de l’Oxygène! »

En d’autres mots, l’art est un baume pour l’âme, et la culture est indissociable de notre bien-être et doit être priorisée lorsque vient le temps de dépenser les deniers publics.

Je tiens à réitérer notre intention de conserver la Politique culturelle de 2018 en la déployant concrètement et avec les budgets appropriés, en visant le 1 % ou plus du budget du gouvernement québécois. Pour votre nouveau gouvernement, la culture est non seulement essentielle à notre existence et à notre bonheur, mais elle constitue aussi un des socles de notre fierté, de notre identité et de notre prospérité. Elle crie qui nous sommes.

J’aimerais terminer en vous parlant de liberté. Il y a dans nos sociétés un courant de pensée qui, partant d’objectifs vertueux, est en train de devenir une police de la pensée. Ce courant, qui nous vient des campus universitaires américains, menace la liberté de nos créateurs. Mais la création artistique doit être libre, absolument, totalement libre. Ça ne signifie pas qu’on ne doive pas faire d’efforts pour mieux inclure, mieux comprendre, mieux entendre.

Mais cette sensibilité à la diversité ne doit pas se faire aux dépens de la liberté de créer.

Je tenais à vous le dire. À chaque fois qu’un enjeu de cette nature surgira, que je serai interpellée, vous me trouverez du côté de nos créateurs et surtout, de la liberté de créer naturellement, dans le respect de nos lois.

Merci beaucoup.


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Président éditeur, Fondation littéraire Fleur de Lys

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