Les anti-Amazon québécois de la chaîne du livre ont raison du Prix littéraire des collégiens

Suspension du Prix littéraire des collégiens 2018


La dictature de l’industrie traditionnelle du livre au Québec

L’industrie traditionnelle du livre au Québec provoque la suspension du Prix littéraire des collégiens en raison de son partenariat avec Amazon.ca. Les Anti-Amazon du milieu littéraire québécois, très doctrinaires, ont tellement contesté le partenariat d’Amazon avec le Prix littéraire des collégiens que les organisateurs de ce dernier ont pris la décision de suspendre l’édition 2018. La dictature du milieu littéraire québécois à son meilleur !

«Amazon nuit à la librairie indépendante au Québec» dit le milieu littéraire ici et là depuis des années. Le partenariat avec Amazon cadrait très bien avec le milieu étudiant, jeune, dynamique et de son temps, qui préfère et de loin l’achat en ligne, y compris sur Amazon.

La décision de suspendre l’édition 2018 du Prix littéraire des collégiens est, à mes yeux, une douce vengeance puisque l’industrie québécoise du livre vient de perdre la vente de 3000 exemplaires d’œuvres littéraires québécoises uniquement à cause de son chialage.

Il faut souligner que l’achat des 3000 exemplaires nécessaires à la tenue du Prix littéraire des collégiens s’effectue dans les librairies québécoises et non pas sur Amazon malgré le partenariat avec cette dernière.Voilà comment on se tire dans le pied pour des raisons doctrinaires.

Bravo pour votre chialage !

Bravo pour votre victoire !

Maintenant, il revient à l’industrie du livre de financer elle-même le Prix littéraire des collégien !

Serge-André Guay, président éditeur, Fondation littéraire Fleur de Lys.


COMMUNIQUÉ DE PRESSE

PRIS LITTÉRAIRE DES COLLÉGIENS

Le Prix littéraire des collégiens suspendu jusqu’à nouvel ordre

Montréal, le 14 novembre 2018 — À titre de cofondatrice et commanditaire principal du Prix littéraire des collégiens depuis sa création, j’annonce la suspension de l’édition 2019. La décision est la résultante directe de la réaction désolante de plusieurs acteurs du milieu du livre au Québec suivant l’annonce récente d’un appui majeur.

Le Prix littéraire des collégiens a été créé dans le but d’encourager la lecture chez les jeunes et de mettre de l’avant la littérature contemporaine québécoise. Depuis plus de 15 ans, Bruno Lemieux et moi, cofondateurs du Prix, déployons temps, énergie et argent à travers la Fondation Marc Bourgie pour réaliser et développer ce prix.

« Nos partenariats nous permettent d’accroître le rayonnement du prix, de le faire grandir et de mettre en place une structure solide pour assurer sa pérennité. Le malaise exprimé publiquement nous attriste et nous contraint, faute d’avoir tous les outils nécessaires pour réaliser nos ambitions, de suspendre le prix. »

L’entrée en vigueur de cette décision est immédiate et pourrait être révisée si les conditions gagnantes sont de nouveau réunies pour poursuivre l’objectif principal que nous avons pour le Prix littéraire des collégiens, soit celui de faire découvrir et aimer notre littérature par les jeunes québécoises et québécois.

À propos du Prix littéraire des collégiens

Au fil des ans, les étudiants participants ont lu les œuvres de 75 auteurs finalistes et l’organisation du Prix a acheté et distribué plus de 35 000 exemplaires de leurs livres.

Claude Bourgie Bovet

Cofondatrice du Prix littéraire des collégiens
et Présidente de la Fondation Marc Bourgie


Message de Bruno Lemieux, co-fondateur du Prix littéraire des collégiens

Prix littéraire des collégiens

13 novembre, à 10 h 48

Le vendredi 9 novembre dernier a été annoncé un nouveau partenariat entre le Prix littéraire des collégiens et la compagnie Amazon. Cette nouvelle a suscité bon nombre de questions et de réactions, celles-ci allant de l’incompréhension à la réprobation.

Je crois important d’apporter mon éclairage à la situation. Je tiens d’entrée de jeu à dire que je prends la parole à titre personnel et que je ne parle pas ici au nom du comité de coordination du Prix littéraire des collégiens. Je vous écris en tant que professeur qui œuvre depuis près de 30 ans à faire connaître et aimer la littérature. Je vous écris également à titre d’auteur et de cofondateur du Prix littéraire des collégiens.

À cet égard, je reviens un instant sur la petite histoire du Prix. En 2000, j’ai accompagné mes étudiantes et mes étudiants dans leur participation au Prix Goncourt des lycéens en France. C’était la première fois que le Québec joignait le jury de ce prix qui anime depuis 1988 la vie scolaire et littéraire des jeunes lectrices et lecteurs de l’Hexagone. L’expérience fut exaltante et me donna le goût de faire en sorte qu’existe une aventure semblable au Québec. Ma rencontre avec Claude Bourgie, passionnée de culture et directrice de la Fondation Marc Bourgie, fut providentielle; elle aussi connaissait le Goncourt des lycéens et elle était tout aussi convaincue que moi de la pertinence d’offrir un pareil rendez-vous à la jeunesse du Québec.

Venons-en maintenant au cœur de la controverse qui touche le Prix des collégiens depuis vendredi, soit le financement de ses activités. Ici, je crois qu’il faut oser dire les choses telles qu’elles sont :

  • Au cours des 15 dernières années, de grandes entreprises ont appuyé la mission du Prix en lui accordant des commandites et, conformément à leur politique philanthropique, toutes l’ont fait en observant un cycle plus ou moins long. Inévitablement, plusieurs d’entre elles, comme la Banque Nationale ou Québecor, sont déjà allées au bout de leur engagement et sont parties, ce qui est compréhensible.
  • Du côté des gouvernements, je ne compte plus le nombre de fois depuis 15 ans où nous nous sommes adressés aux différents ministres de la Culture et de l’Éducation ou aux fonctionnaires de ces ministères. Aucun gouvernement – de quelque parti que ce soit – ne nous a versé un montant substantiel et récurrent qui nous aurait permis de faire une planification sur plusieurs années. Il s’agissait dans tous les cas de montants tirés de budgets discrétionnaires, montants qui fluctuaient selon les années. L’an dernier, j’ai été absolument choqué et consterné de constater que les quelques milliers de dollars que nous devions recevoir du Gouvernement du Québec ne seraient pas versés parce que le mandat du Prix des collégiens ne correspondait en somme à aucun « programme gouvernemental existant » et qu’il n’était donc plus possible de nous aider. Malgré les nombreuses interventions de membres du comité de coordination du Prix auprès des personnes en poste dans les ministères, malgré les pressions de membres de directions collégiales, malgré les interventions des gens de la Fédération des cégeps, il nous a été impossible de rencontrer les ministres ou d’infléchir cette décision. Ce n’est qu’à la suite de l’intervention inattendue de Pierre Reid, alors député d’Orford, ancien professeur et ancien recteur de l’Université de Sherbrooke, lui-même convaincu de la pertinence du Prix des collégiens, qu’il nous été possible d’obtenir de la part du Gouvernement du Québec, et ce « pour une dernière année », une subvention de 20 000$ ! Et puis, le soir du premier octobre dernier, il nous était difficile d’envisager que le gouvernement de François Legault ferait davantage que ne l’avaient fait les gouvernements de ses prédécesseurs…
  • Enfin, nous avons toujours cherché à bien contrôler les dépenses. Nous avons envisagé tenir les délibérations dans un autre endroit que l’hôtel où elles ont lieu et selon d’autres modalités, mais, après évaluation, il nous a semblé clair que l’effet de ces changements serait marginal, sinon insignifiant.

Soyons précis, acheter chaque année 3 000 exemplaires d’œuvres littéraires québécoises – exemplaires destinés à quelque 800 étudiantes et étudiants d’une soixantaine d’établissements et les expédier aux quatre coins du Québec –, ça coûte cher, plusieurs milliers de dollars ! Réunir dans la ville de Québec, au printemps, les porte-parole et leurs enseignantes ou enseignants venant de chaque institution participante en vue de discuter de vive voix des cinq ouvrages pendant plusieurs heures pour désigner la ou le récipiendaire d’une bourse significative, ça représente encore de l’argent. Imaginez : des frais de transports, plus de 150 nuitées et plus de 300 repas !

Quand Amazon a mis de l’avant une proposition de partenariat à l’été 2018, elle fut considérée avec attention par les membres du comité, parce que cette entente allait nous offrir les moyens de poursuivre les activités du Prix des collégiens.

Après mûres réflexions et malgré les réserves que j’avais eues d’abord, j’ai adhéré à cette proposition parce que les gens d’Amazon nous offraient ce que nous n’avions jamais eu. Ces partenaires respectaient aussi nos façons de faire et nos projets de développement. En allant de l’avant, cela allait nous permettre de donner plus de livres, à plus de jeunes, dans plus de régions. Cela allait également permettre de consolider notre action : créer des échanges autour des livres écrits et imprimés au Québec, des ouvrages créés par des auteures et des auteures d’ici, publiés par des maisons d’ici. En somme, avons-nous pensé, si cela permet que davantage de gens aient accès à la littérature québécoise, il faut aller de l’avant et ce malgré les critiques à l’endroit de la compagnie en question, critiques très semblables à celles qui circulent généralement de toute façon à propos des grandes entreprises.

Et puis, de façon pratique, qu’auriez-vous fait à notre place? Et, sincèrement, qui n’a jamais acheté un livre en ligne? Qui, à titre d’auteures ou d’auteurs, ne veut pas voir ses livres disponibles aussi sur ce type de plate-forme? Du reste, croyez-vous que le milieu littéraire gagnerait quelque chose si d’aventure le Prix littéraire des collégiens venait à disparaître parce que son commanditaire privilégié suscite la méfiance? Alors, quand je lis que des gens trouvent « honteuse » l’association du Prix littéraire des collégiens avec Amazon, je crois qu’ils réagissent sans vraiment connaître tous les enjeux de cette histoire, sans non plus prendre toute la mesure du travail fait depuis 15 ans pour faire découvrir les œuvres québécoises actuelles aux jeunes des collèges et des cégeps. Ce que je trouve honteux, moi, c’est que les personnes qui auraient eu le pouvoir de le faire dans les ministères de la Culture et de l’Éducation ne se soient jamais engagées à subventionner correctement ce formidable projet de lecture critique. Le Prix littéraire des collégiens n’est pas soutenu par l’État québécois comme l’est le Goncourt des lycéens par l’État français. Il se nourrit essentiellement de la passion qu’ont les jeunes des collèges et des cégeps pour la lecture et la discussion; il s’appuie sur le dévouement et le bénévolat d’enseignantes et d’enseignants de tout le réseau collégial et il profite du mécénat exceptionnel, mais néanmoins limité, de la Fondation Marc Bourgie.

En prenant connaissance des réactions des derniers jours, j’ai compris que certains enjeux devaient être dévoilés. Je souhaite simplement que les précisions que j’apporte dans cette lettre contribuent à ramener la confiance à l’endroit du Prix littéraire des collégiens et, souhaitons-le, à ce que s’amorce une discussion constructive entre toutes les personnes qui œuvrent à la création, à la diffusion et à l’enseignement de la littérature québécoise actuelle.

Il faudrait aussi que l’on puisse parler des cinq ouvrages qui ont été retenus par le jury de sélection pour l’édition 2019 du Prix, une sélection d’œuvres fortes et inspirantes donnant à rêver de discussions enlevantes dans les cercles de lecture collégiaux partout au Québec.

J’espère que mes propos vous aideront à mieux comprendre le choix délicat que nous avons fait.

Je tenais surtout à ce que ces choses soient clairement dites.

Cordialement,

Bruno Lemieux


COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Union des écrivaines et des écrivains québécois

L’UNEQ déplore la suspension du Prix littéraire des collégiens

Montréal, 14 novembre 2018 — L’Union des écrivaines et des écrivains québécois (UNEQ) déplore la suspension, jusqu’à nouvel ordre, du Prix littéraire des collégiens.

Ces derniers jours, la décision des organisateurs du renommé Prix des collégiens de s’associer avec la multinationale Amazon pour son édition 2019 avait surpris tous les intervenants de la chaîne du livre, qui s’étaient interrogés sur le bien-fondé d’une telle collaboration, compte tenu de la fragilité du réseau des librairies indépendantes.

Le Prix des collégiens, dont le rayonnement n’est plus à prouver, est un acteur essentiel à la promotion de la littérature québécoise, car chaque année de nombreux étudiants s’impliquent dans la lecture d’auteurs qu’ils découvrent, bien souvent, pour la première fois. Il s’agit également d’un outil fabuleux pour faire aimer la lecture et encourager les jeunes à y consacrer davantage de temps.

Après avoir échangé lundi dernier avec la responsable du Prix des collégiens, Claude Bourgie Bovet, le directeur général de l’UNEQ Laurent Dubois a déclaré au quotidien Le Devoir que cette commandite crée un précédent inquiétant : « Les grands événements littéraires peuvent-ils encore bénéficier d’un soutien des entreprises québécoises ? », s’interrogeait-t-il.

Avec la triste nouvelle d’aujourd’hui, Laurent Dubois ajoute que « jamais l’UNEQ n’a souhaité que cette édition soit suspendue, car cela n’est bénéfique pour personne. Nous demandons au gouvernement québécois de trouver des solutions rapides de financement pour ce prix essentiel à la diffusion de notre littérature afin que l’édition 2019 puisse avoir lieu et que l’organisation puisse bénéficier d’un soutien qui assure sa pérennité. »

À propos de l’UNEQ

Créée en 1977, l’Union des écrivaines et des écrivains québécois regroupe près de 1 600 poètes, romanciers, auteurs dramatiques, essayistes, auteurs pour jeunes publics et auteurs d’ouvrages scientifiques et pratiques. L’UNEQ travaille à la promotion et à la diffusion de la littérature québécoise, au Québec, au Canada et à l’étranger, de même qu’à la défense des droits socioéconomiques des écrivains.

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Source : Union des écrivaines et des écrivains québécois (UNEQ)


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« Le comité d’un prix littéraire n’est pas tenu de nous faire part de ses commanditaires, mais dans ce cas-ci, c’était certain que les gens allaient réagir différemment, car ce prix-là a particulièrement été porté par les libraires, explique-t-il. Et là, c’est comme si une librairie étrangère venait cueillir un fruit mûr. Dans quelle mesure Amazon est essentielle à ce prix-là ? C’est ce que je veux comme réponse. Je pense qu’on a un devoir de garantir qu’on va protéger l’écosystème du livre d’ici, où chaque maillon de la chaîne a un rôle à jouer. »

Arnaud Foulon, président de l’ANEL

Source : ANEL – FACEBOOK.


REVUE DE PRESSE

L’avenir du Prix littéraire des collégiens est incertain, Le Devoir

Le Prix des collégiens suspendu jusqu’à nouvel ordre, LaPresse+

Amazon provoque la suspension du prix littéraire des Collégiens, Livres Hebdo

Philanthropie en littérature: n’y aurait-il qu’Amazon? Avenue.ca

Commandite d’Amazon : le Prix littéraire des collégiens est suspendu, radio-Canada

Amazon et le Prix littéraire des collégiens, la controverse d’une commandite, InfoPresse

Le Prix littéraire des collégiens est suspendu dans la tourmente, L’actualité

Comment l’argent d’Amazon a sapé un prestigieux prix littéraire

Un prix littéraire québécois suspendu après une commandite d’Amazon, Métro Montréal

Pour la survie du Prix littéraire des collégiens, Opunion : Lettre signée par 280 professeurs de cégep provenant de partout au Québec, Le Devoir

Amazon d’influence, Le Devoir


 

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Président éditeur, Fondation littéraire Fleur de Lys

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One comment on “Les anti-Amazon québécois de la chaîne du livre ont raison du Prix littéraire des collégiens
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