«Échec massif pour les futurs profs à l’examen de français» (Le journal de Montréal) – Réaction de votre éditeur

«Échec massif pour les futurs profs à l’examen de français»

Le journal de Montréal

Réaction de votre éditeur


Un article publié sous le titre «Échec massif pour les futurs profs à l’examen de français» et signée par Daphnée Dion-Viens dans l’édition du 1er novembre 2018 du quotidien Le Journal de Montréal revient sur une situation que nous connaissons tous. Voici ma réaction.


Oui, les futurs enseignants éprouvent des difficultés à réussir le test de français obligatoire pour obtenir une autorisation d’enseigner.

La nouvelle revient régulièrement dans les médias d’une année à l’autre. Une erreur s’est glissée dans ma dernière phrase. Si la nouvelle revient régulièrement, il est faux d’affirmer dans «LES MÉDIAS». Car les données au sujet du Test de certification en français écrit pour l’enseignement [TECFÉE] ne sont pas ouvertes et libres d’accès. Il faut encore et toujours adresser des demandes d’accès à l’information aux différentes universités pour obtenir les résultats à ce test. Et une fois l’accès aux résultats accordé au demandeur, ils font l’objet d’une nouvelle exclusive du médias (ou groupe de médias), dans ce cas, Québecor.

Au lieu de se faire prendre au jeu par un média à chaque année, les universités devraient donner libre accès aux résultats de ce test sur leurs sites web et ainsi permettent une couverture de presse diversifiée de la situation.

De plus, les résultats seuls ne peuvent pas constituer une nouvelle complète sur le sujet; il nous faut une copie de l’examen afin d’évaluer sa pertinence et ses degrés de difficultés.

Il est facile de concevoir un test lorsqu’on dispose de toutes les données et de tout le temps utiles.

Je reviens «on ne donne pas pas ce que l’on a pas reçu». On se demandera si la formation en français écrit des futurs enseignants est adéquate . On peut aussi se questionner sur la place et l’importance accordées à l’assimilation de la connaissance du français écrit dans la formation des futurs enseignants. Si le test est un contrôle de cette assimilation, il faut prévoir en amont une formation qui soit aisément assimilable.

J’ai l’impression que l’enseignement du français à tous les niveaux scolaires, y compris universitaires, s’est dégradé lentement mais sûrement au fil des trente dernières années au Québec, d’une réforme à l’autre.

La folie des réformateurs

Il suffit d’avoir des enfants à l’école et de consulter leurs manuels scolaires de français pour constater toute la folie des réformateurs de la grammaire et des autres aspects du français écrit.

Par exemple, on ne parle plus d’un «verbe» mais d’un «mot d’action». Pourquoi ce changement d’appellation ? Pour rien ! Pour rien du tout ! C’est juste une folie.

L’enseignement du français est devenu une véritable foire des réformateurs aussi imbéciles qu’innocents car inconscients de leur folie.

À titre de parents et alors âgés d’une trentaine d’années, nous éprouvions dans les année 1990  une misère noire à aider nos enfants d’âge scolaire dans leurs devoirs de français tellement on n’y reconnaissait même plus la simple structure de base d’une phrase, «sujet – verbe – complément».

Imager que ce sont ces enfants qui se présentent aujourd’hui dans nos universités pour devenir des enseignants. Ils ne peuvent pas performer en français écrit avec une formation aussi handicapée depuis leur première année à l’école élémentaire.

J’espère que nous n’exportons pas notre enseignement du français ailleurs sur la planète. Est-ce qu’il y a d’autres langues soumises à de tels réformateurs dans le monde ?

Selon un proche, il ne faut jamais dire aux adolescents «Dans mon temps…» et vous savez déjà sans doute pourquoi. Et bien, je vous le dis, DANS MON TEMPS à l’école (1960-1970), ce n’était pas aussi compliqué qu’aujourd’hui d’apprendre le français écrit !

Mais les intellectuels québécois en pédagogie sont d’une étrange espèce. Il leur faut toujours tout reprendre à zéro, c’est-à-dire, jeter tout le passé au rebus pour créer un nouveau présent. On ne peut pas dire «créer un avenir» parce que je ne suis pas certain s’ils savent projeter leurs actes dans le futur. «Jeter tout le passé» implique de jeter le bébé avec l’eau du bain, c’est-à-dire, l’essentiel ou toute la sagesse acquise par l’Homme au fil des civilisations passées. «Il n’y a plus rien de bon, on recommence à zéro» avec un nouveau contenu avec de nouveaux concepts, une nouvelle méthode avec une nouvelle formation des enseignants, de nouveaux manuels scolaires avec des exercices inédits…

Je vous le dit, les intellectuels québécois en pédagogie sont fous comme de la «marde».

Une manie intellectuelle bien québécoise : toujours tout reprendre à zéro

C’est une manie bien québécoise dans les milieux intellectuels de tout reprendre à la sauce d’ici. Une étude sort en France. Pas question de s’y référer. On va faire notre propre étude parce que les Québécois ne sont pas des humains comme les autres. Nous sommes uniques au monde. Nous n’avons absolument rien de commun avec qui que ce soit sur la planète.

J’ai été un acteur privilégié de l’implantation et du développement de l’éducation aux médias au Québec. Née des efforts déployés par l’UNESCO à Paris, l’éducation aux médias a été une véritable opération nationale en France à tous les niveaux scolaires en collaboration avec tous les médias et les ministères impliqués de près ou de loin avec les étudiants. En 1981, je me suis rendu en France pour un stage en éducation aux médias et je suis revenu avec une tonne de documents et fort bien informé à la suite de multiple rencontres.

Lorsque j’ai rencontré les intellectuels universitaires québécois pour leur présenter notre projet en éducation aux médias inspirés des expériences françaises avec les enfants dans le cadre du programme «Jeunes Téléspectateurs Actifs» (JTA), ils ont préférés tout reprendre à zéro, c’est-à-dire, de ne pas tenir compte de ce qui se faisait ailleurs.

Les petit enfants québécois ne regardaient pas la télévision comme les petits enfants français. L’influence de la télévision sur les enfants au Québec était obligatoirement différentes de celles de tous les autres enfants dans l’univers tout entier.

Reprenons donc toutes les études pour notre propre compte. Et demandons des subventions pour réaliser ces études, et d’autres subventions pour étudier plus en profondeur les conclusions de ces premières études, et encore d’autres subventions pour préparer des projets pilotes dans les écoles, et d’autres subventions pour réaliser ces projets pilotes, et d’autres subventions pour étudier les conclusions à tirer de ces projets pilotes, et d’autres subventions pour penser à une pédagogie québécoise de l’éducation aux médias et ainsi de suite jusqu’à l’obtention de la création d’un département d’éducation aux médias dans leur université pour assurer un financement de leurs études et de leurs projets jusqu’à la fin des temps.

Il leur fallait donner naissance à un nouveau bébé, ce qui impliquait de jeter aux ordures tous les autres bébés.

Au cours de leur jeunesse, les Québécois ne se rendent pas compte de cette manie des intellectuels qui pensent leur instruction pour eux.

Personnellement, ce n’est qu’en découvrant les manuels scolaires utilisés dans les années 1950 que j’ai constaté que la Révolution tranquille des années 1960-70 avait consisté à rejeter tout le passé comme on jette le bébé avec l’eau du bain.

Où est passé la logique ? Aux ordures, dans le broyeur de la Révolution tranquille

LIVRE NUMÉRIQUE GRATUIT – Cliquez ici ou cliquez sur la couverture pour télécharger cette réédition du manuel scolaire québécois LEÇONS DE LOGIQUE en format PDF.

J’avais quarante ans lorsque j’ai mis la main sur le manuel scolaire LEÇONS DE LOGIQUES. Je ne savais pas que l’enseignement de la logique était au programme d’éducation avant la fameuse Révolution tranquille. J’ai lu ce manuel scolaire et, spontanément, presque à toutes les pages, je me répétais «Ah ! Si l’on m’avait enseigné cela au secondaire, j’aurais gagné du temps». D’ailleurs, j’ai édité ce livre et nous l’offrons gratuitement en format numérique.

Mais à cette belle et extraordinaire époque de la Révolution tranquille, il fallait retirer l’enseignement de la logique du programme scolaire et ce livre en particulier parce qu’il était signé par un membre du clergé, un prêtre abbé. Oh ! Horreur ! Vite aux poubelles la logique. Peu importe la sagesse de ce dernier, on supprime !

Il faut prendre en considération, pour bien comprendre l’importance des manuels scolaires des années 1950, qu’ils relayaient la sagesse acquise par l’Homme depuis plus de 2000 ans, une sagesse en constant raffinement, une sagesse continue sans coupure historique malvenue, un summum de la sagesse.

Si vous n’avez pas vécu cette époque, arrêtez-vous un instant à toute la difficulté d’enseigner la logique pour un prêtre dans les années 1900 à 1960 au Québec alors que le clergé domine en roi et maître la population. Car Dieu exclut toute logique.

Comment l’abbé Arthur Robert est-il parvenu à écrire un livre offrant des LEÇONS DE LOGIQUE et à le faire approuver par le Comité catholique du Conseil de l’Instruction Publique en 1914 ?

Cet ouvrage a été approuvé par le Comité catholique du Conseil de l’Instruction Publique, le 23 septembre 1914, pour les élèves du cours académique des Écoles Normales et les candidats au brevet académique du Bureau d’examinateurs.

L’exploit revient à marcher sur un fil de fer sous un grand vent. Lisez attentivement ce passage :

Pour convaincre, plaire et persuader, l’orateur doit connaître les lois du raisonnement (logique) et le mécanisme des passions (psychologie). Quant l’écrivain, avant que d’écrire, il doit apprendre à penser. Or l’art de penser, c’est la logique qui l’enseigne.

Déjà, pousser le clergé à reconnaître qu’il revient à la logique d’enseigner l’art de penser est tout un tour de force car le clergé voulait de toute évidence diriger les pensées de la population. Voici la suite de cette citation :

Et la morale montrera à l’homme d’État, au politique, la science si difficile du gouvernement (cfr. Lahr, Philosophie, T. I., pp. 8, 9, 10.). — 2) Pour la religion chrétienne. La philosophie démontre les vérités qui sont les préambules de la foi, telles l’existence de Dieu, l’immortalité de l’âme. Ces vérités, solidement prouvées, acheminent l’esprit vers la croyance aux dogmes de foi. — Elle fait voir aussi tout le bien-fondé de nos mystères en expliquant qu’ils sont non  contraires mais au-dessus de l’humaine raison. — Comme la plupart des objections contre le christianisme viennent des sophismes courants, lesquels ne sont, ni plus ni moins, que de fausses définitions, la philosophie rend encore un signalé service à la religion en restituant aux vérités leur saine et juste notion.

Notre abbé marche sur des œufs et doit respecter sa religion. En soutenant que «Pour la religion chrétienne. La philosophie démontre les vérités qui sont les préambules de la foi, telles l’existence de Dieu, l’immortalité de l’âme.» il met le clergé dans un position où il ne peut refuser son allégation. Mais notre abbé limite la portée de ces vérités aux dogmes de foi en ajoutant : «Ces vérités, solidement prouvées, acheminent l’esprit vers la croyance aux dogmes de foi». Pour le reste, toutes les autres vérités, il a ainsi le champ libre.

Puis, il classe l’idée de Dieu dans la catégorie des idées intuitives sans rencontrer d’opposition :

17. Idée intuitive. — L’idée intuitive est celle que l’on conçoit immédiatement par la vue de l’objet lui-même. Ex.: L’idée de Dieu pour les  bienheureux dans le ciel. Ils voient Dieu immédiatement, face à face. Dieu lui-même, sans aucun intermédiaire, est connu par les anges et les saints. L’idée du papier sur lequel j’écris est intuitive. L’idée intuitive s’appelle immédiate.

L’abbé Arthur Robert fut d’une habileté exceptionnelle dans l’enseignement de la logique. Il n’a jamais sacrifié quoique ce soit dans sa démarche. Il était au sommet de sa forme lors de la rédaction de ce petit livre.

AVANT-PROPOS

Ces LEÇONS DE LOGIQUE nous tenons à le déclarer, ne s’adressent pas aux étudiants en philosophie dans les séminaires et, les collèges classiques…

Le petit volume que nous présentons au public a surtout pour but de mettre la philosophie aristotélicienne et thomiste à la portée des élèves des cours académiques des Écoles Normales et des Couvents, et aussi, de la classe instruite en général.

Les manuels de philosophie en français ne manquent pas. Mais la plupart — pour ne pas dire tous — ne répondent pas au programme de — notre enseignement primaire. Les uns, trop volumineux, les autres, moins considérables — à part de nobles exceptions — ne sont pas toujours conformes aux immortels principes de la philosophie scolastique si souvent recommandée par les papes.

Sans avoir la prétention de combler une lacune, notre travail, nous l’espérons, sera de nature à rendre quelques services aux instituteurs et institutrices, religieux ou laïques, qui se dévouent avec tant d’intelligence et de savoir-faire à l’éducation de la jeunesse.

Est-il besoin de dire que ces LEÇONS exposent dans un ordre peu différent la matière qui fait l’objet de tous les manuels de philosophie scolastique. Notre seul mérite est d’avoir condensé, résumé le plus clairement possible la doctrine que l’on rencontre chez la plupart des auteurs.

Font suite à ce court traité des LEÇONS DE PSYCHOLOGIE et des LEÇONS DE MORALE qui ont aussi reçu du public le plus bienveillant accueil.

Nous n’avons qu’une seule ambition : c’est de voir plus connue et mieux appréciée la philosophie traditionnelle, la SEULE vraie, puisque SEULE, elle résout avec satisfaction les graves problèmes qui intéressent l’humanité.

AVERTISSEMENT

La première édition des LEÇONS DE LOGIQUE, parue en 1914, a rapidement fait place à six autres, épuisées aussi en peu de temps. Cette huitième édition, la même que ses sept aînées, est une preuve que CES LEÇONS répondent vraiment à un besoin. Nous remercions sincèrement les maisons d’enseignement primaire, voire secondaire, qui ont adopté ce petit manuel comme texte de leur enseignement.

Les Éditeurs

Cet avant-propos est d’une grande adresse, tout comme l’avertissement.

Bref, même au temps de la domination de la population québécoise par le clergé, il était possible d’enseigner avec succès la sagesse acquise par l’Homme au fil des siècles. Il n’y avait pas de quoi jeter cet enseignement de la logique aux ordures pour faire la Révolution tranquille. Si vous vous demandez où est passé la logique de nos jours, vous avez désormais la réponse : aux poubelles, dans le broyeur de la Révolution tranquille.

Si la logique apprend à penser, une étape essentielle au français écrit (et parlé), la stylistique se révèle tout aussi essentielle. Mais le livre encensé par tous, Stylistique française de E. Legrand a aussi disparu avec la Révolution tranquille.

La Revue moderne, novembre 1922, Montréal, Québec.

Je crois que les exemples ci-dessus démontrent clairement l’utilité d’un tel manuel scolaire dans un programme d’apprentissage du français. Si j’avais mis la main sur ce manuel scolaire lors de mes études secondaires, j’aurais été un étudiant très heureux. Mais il a disparu des écoles avec la Révolution tranquille. Il s’inscrit désormais dans «La petit histoire des manuels scolaires» selon Godelieve De Koninck dans un article de la regrettée revue Québec français parue au printemps 1999.

Source : Un article de la revue Québec français. Numéro 113, Printemps, 1999, p. 34–37. Disponible sur le site web Érudit. (Ici un montage).

Je ne m’affiche pas contre la Révolution tranquille dont je reconnais la très grande contribution à l’accès à l’instruction, y compris l’enseignement du français. Cependant, je ne recommande pas d’idéaliser cette période de notre histoire notamment en raison du retrait systématique de plusieurs de nos meilleurs manuels scolaires.

Je ne m’étonne donc pas de la difficulté de nos futurs enseignants lors du Test de certification en français écrit pour l’enseignement [TECFÉE] en l’absence d’un enseignement adéquat ou, si vous préférez, en rupture avec la sagesse de nos maîtres d’antan.

Plusieurs décennies nous séparent maintenant d’un enseignement de qualité supérieure du français. Le bébé jeté avec l’eau du bain est mort. Et il ne ressuscitera pas si ce n’est de nos propres efforts individuels pour reprendre le terrain perdu. Et les outils demeurent disponibles pour qui les cherchera un peu. Je viens de voir sur le web une annonce offrant le manuel de stylistique française de monsieur E. Legrand de 1923 pour dix dollars.


J’ai trouvé deux documents offerts aux futurs enseignant désirant se préparer au Test de certification en français écrit pour l’enseignement [TECFÉE] : 1. La rédaction 2. Le code linguistique.


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