Journée mondiale du livre et du droit d’auteur – Message de la Fondation littéraire Fleur de Lys

Journée mondiale du livre et du droit d’auteur – 2018

Hommage au Peuple en écriture

Le loisir littéraire, une pratique culturelle en amateur à encourager

Par Serge-André Guay,  président éditeur
Fondation littéraire Fleur de Lys

(Lévis, le 23 avril 2018) La Fondation littéraire Fleur de Lys souhaite une excellente Journée mondiale du livre et du droit d’auteur 2018 à tous les auteurs amateurs. Ensemble, ils forment le Peuple en écriture et donnent au loisir littéraire toutes ses lettres de noblesses.

L’écriture se classe en quatrième place des pratiques culturelles en amateur au Québec selon la plus récente enquête Les pratiques culturelles au Québec en 2009 par groupes sociaux réalisée par le ministère de la Culture et des Communications lors de 6 878 entrevues.

Lors de cette enquête, 24.5% des personnes interrogées ont répondu par l’affirmative à la question «Diriez-vous que vous pratiquez les activités suivantes: écrire des poèmes, des histoires, des romans, un journal personnel souvent, quelquefois, rarement ou jamais?». Près d’un Québécois sur quatre s’adonnent à l’écriture en amateur (cliquez ici pour en savoir plus).

L’écriture compte pour 29.92% de l’ensemble des activités culturelles pratiquées en amateurs au Québec. De 1999 à 2009, le nombre de Québécois s’adonnant à l’écriture en amateur est passé de 16.3% à 24.5%, une augmentation de 8.1%.

Ce portrait statistique confirme qu’un peuple en écriture est bel et bien en marche au Québec.

LE PEUPLE EN ÉCRITURE

La Fondation littéraire Fleur de Lys a introduit le concept du Peuple en écriture lors de son dixième anniversaire en 2013 dans le cadre de la publication d’une lettre ouverte sous le thème «LE PEUPLE EN ÉCRITURE ET LE NOUVEAU MONDE DU LIVRE» dont voici un extrait.


Instruits, expérimentés, souvent retraités d’une carrière professionnelle au cours de laquelle ils ont dû lire et écrire chaque jour, activités devenues aujourd’hui des loisirs. Ils signent leurs autobiographies ou l’histoire de leur famille et lignée, des essais traitant de leurs expériences de travail ou des sujets qu’ils ont désormais le temps d’approfondir, des romans de tous les genres révélant une grande imagination. Ils représentent une part de plus en plus importante de la population. Ils forment le peuple en écriture.

Première génération à profiter de la démocratisation de l’accès à l’instruction publique, de l’école obligatoire introduite au Québec il y a 70 ans cette année, ils ont fait du diplôme scolaire le plus important héritage à léguer par les parents à leurs enfants. Grâce à la liberté de penser ainsi acquise, ces enfants devenus de jeunes adultes dans les années soixante ont fait la Révolution tranquille.

Leurs nouvelles passions pour la littérature a permis la naissance de l’industrie québécoise du livre au cours des années soixante-dix. Un peuple de lecteurs est né supportant une toute nouvelle cohorte d’écrivains.

Ils furent incités leur vie durant à devenir des acteurs actifs plutôt que de demeurer de simples observateurs, mais ils n’eurent pas le temps de laisser libre court à toutes leurs ambitions, toujours plus occupés qu’ils étaient à la maison et au travail. Le temps obtenu pour les loisirs à grand renfort de négociation collective fut consacré en grande partie à des activités passives : la télévision, le cinéma et la lecture.

Mais plusieurs d’entre eux entretenaient secrètement le goût de l’écriture espérant passer à l’action au départ des enfants de la maison à leur retraite. Le temps venu, ils furent beaucoup plus nombreux à écrire que tous les pronostics envisagés et, ce faisant, de plus en plus nombreux à voir leurs manuscrits refusés par les éditeurs déjà débordés par les écrivains professionnels. Sans autre avenue, plusieurs manuscrits finirent leurs jours dans les fonds de tiroirs, et plusieurs nouveaux auteurs amateurs issus des premières retraites anticipées se découragèrent momentanément.

LE NOUVEAU MONDE DU LIVRE

Les nouvelles technologies du numérique ont tout bouleversé, notamment en démocratisant l’accès à l’édition grâce à l’internet, l’édition en ligne, et l’impression à la demande de micro-tirage voire d’un seul exemplaire à la fois à la demande expresse de chaque lecteur.

Le succès spontané de ces nouvelles alternatives à l’édition traditionnelle dès la fin des années 90 en Europe et aux États-Unis a étonné les milieux du livre. Au Québec, l’appel à la création du premier éditeur en ligne lancé en juin 2003 surprend tout autant avec l’appui de 160 auteurs et 221 promesses de manuscrit en six mois.

Le projet québécois innove et impose des normes. L’alternative privant l’auteur de toute distribution dans les librairies traditionnelles, dont l’accès se limite à la production des éditeurs traditionnels, on ne peut pas exiger de l’auteur de signer un contrat qui l’engage pour la vie, mais plutôt une licence d’édition de deux ans.

Plus encore, le contrat proposé à l’auteur lui permet de poursuivre sa recherche d’un éditeur traditionnel et de rompre son contrat sans aucun préjudice en cas de succès. L’objectif est de permettre à l’auteur de profiter de toute occasion de distribution de son livre dans les librairies avec pignon sur rue s’il parvient à intéresser un éditeur traditionnel. Pour ce faire, l’auteur doit toujours disposer de ses droits sur son œuvre. Le contrat proposé dans le cadre du projet québécois n’exige donc pas la cession des droits d’auteur.

L’offre unique en son genre séduit des auteurs de partout dans la francophonie et cinq ans plus tard, notre maison d’édition en ligne comptera 50% de ses auteurs en provenance de l’étranger, un imprimeur et une équipe de bénévoles en France pour répondre à la demande.

Depuis recentrée sur le Québec en raison de l’augmentation constante de la demande intérieure, la Fondation littéraire Fleur de Lys s’inscrit désormais dans la durée de par sa persévérance face à cette flopée d’éditeurs en ligne dont le modèle n’a pas permis la survie. Celui de la Fondation devenue une communauté d’auteurs et de lecteurs à frais partagés a démontré sa viabilité, pour autant qu’il puisse compter sur le bénévolat de son personnel, une contribution financière fixe de l’auteur et des lecteurs, peu importe le nombre de pages et la valeur de l’œuvre, à quelques exceptions près.

Hypersensible à la place du peuple en écriture au sein de notre patrimoine littéraire, la Fondation a mené une lutte si acharnée qu’on a dit haut et fort (jusqu’en France) que je recherchais uniquement la controverse. Certes, j’ai exprimé des opinions tranchées mais jamais gratuites car toujours justifiées par des analyses et des enquêtes inédites, reprises par plusieurs médias. En ce dixième anniversaire, permettez-moi cette fois-ci de tendre enfin la main en invitant tout un chacun à la pratique d’une politique du livre qui soit inclusive face à tous ces nouveaux auteurs et écrivains professionnels qui trouvent dans l’ère numérique un véritable salut.

Un nouveau mouvement culturel est né. Pour le comprendre, on peut se référer à un nouveau concept introduit par la Fondation : la contre-édition en référence à la contre-culture des années 60 et 70 (cliquez ici pour en savoir plus). Pour le marché traditionnel de l’édition, les nouvelles technologies et habitudes des lecteurs forcent une évolution. Pour le nouveau marché de l’édition, ces mêmes technologies donnent lieu à une révolution. Mais le but demeure le même pour tous : permettre l’émancipation du peuple en écriture.

– Fin de l’extrait –


DE L’ÉCRITURE À LA PUBLICATION

Si le loisir littéraire se limitait à l’écriture, la révolution technologique a permis aux auteurs amateurs de franchir toutes les étapes jusqu’à la publication de leurs œuvres sous la forme de livres sur support papier et numérique et la vente d’exemplaires ces derniers à leurs proches et leurs connaissances.

Il faut distinguer l’auteur amateur de l’auteur entrepreneur, comme on distingue le skieur amateur qui s’adonne à son sport comme un simple loisir du skieur de compétition amateur. L’un et l’autre pratiquent le même sport mais dans un but différent. L’auteur entrepreneur pousse beaucoup plus loin sa pratique du loisir littéraire jusqu’à en faire une carrière. Il entre alors sur le marché du livre et se trouve ainsi en compétition avec les autres auteurs entrepreneurs et avec les écrivains de l’industrie traditionnelle du livre. Nous rendons hommage à la fois aux auteurs amateurs et aux auteurs entrepreneurs.

LE LOISIR LITTÉRAIRE DANS LES SERVICES PUBLICS

Dans la plupart des services publics en loisir, généralement offerts par les municipalités et leurs bibliothèques, les activités réservées aux auteurs amateurs se limitent à des ateliers d’écriture et des rencontres-conseils avec des écrivains professionnels. Une fois l’écriture de son œuvre terminée, l’auteur amateur qui souhaite publié est laissé entre les mains d’entreprises et de consultants privés dont il peine à évaluer les offres.

La Fondation littéraire Fleur de Lys croit que l’offre des services publics en loisir littéraire doit s’adapter au rêve d’être publié et lu de l’auteur amateur. On ne peut plus se limiter à des ateliers d’écriture. Nos services de loisirs publics doivent offrir des ateliers de correction et de révision, de droits d’auteurs, de typographie et de mise en page, de conception des couvertures et d’impression à la demande. L’auteur amateur doit devenir autonome dans tous les aspects de son loisir, à l’instar, par exemple, des ateliers de peinture artistique qui permettent aux peintres amateurs de pratiquer leur art sous tous ses aspects, de l’esquisse à l’œuvre finale, en passant par le choix et le mélange des couleurs, et même jusqu’à la participation à une exposition collective au sein de la communauté. Le loisir littéraire a depuis longtemps dépassé la production d’une œuvre de l’esprit sous la forme d’un manuscrit. Il inclut désormais une œuvre physique, le livre lui-même.

HOMMAGE AUX AUTEURS AMATEURS

Un hommage bien senti aux auteurs amateurs s’impose à l’occasion de cette Journée mondiale du livre et du droit d’auteur 2018 car ils ont mis en marche un peuple en écriture à lire pour une vision complète de notre patrimoine littéraire.

 

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Président éditeur, Fondation littéraire Fleur de Lys

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