La «Blockchain» (chaîne de blocs) dans l’industrie du livre

Du 21 au 23 mars prochain BookNet Canada tiendra son Tech Forum incluant une session consacrée à la «Blockchain» (chaîne de blocs) : Blockchain and Building the Future of Information Management and Sharing.


BookNet Canada est un organisme à but non lucratif qui développe des technologies, des normes et de l’éducation pour servir l’industrie canadienne du livre. Fondé en 2002 pour relever les défis systémiques de l’industrie, BookNet Canada appuie les maisons d’édition, les libraires, les grossistes, les distributeurs, les agents de vente, les associations industrielles, les agents littéraires, les médias et les bibliothèques du pays.


L’un des panélistes à cette conférence annuelle, Simon-Pierre Marion, président fondateur de Scenarex, nous propose déjà un article intitulé «Blockchain for books» dont voici un extrait (traduction par Google):


Blockchain dans l’industrie ebook

Si nous extrapolons leur vision dans l’industrie des livres électroniques, cela signifierait que nous pourrions avoir un moyen pour les auteurs et les éditeurs de publier leur travail directement dans une blockchain ebook. Le contenu de chaque ebook serait alors protégé contre la suppression, la falsification ou la révision. Une seule source de vérité! Les lecteurs accéderaient alors en toute sécurité à cette blockchain ebook et enregistreraient une transaction de paiement pour accéder au contenu qu’ils souhaitent. Les agents blockchain ebook gèreraient l’enregistrement des paiements et assureraient une distribution appropriée au (x) créateur (s) du contenu. Et la beauté de ceci est que ce serait complètement transparent!

Pour en revenir à mes prémisses concernant le rôle des villes, des États / provinces, des pays et de leurs institutions dans le maintien de leurs cultures par la littérature, comment cela fonctionnerait-il? Je veux dire, si jamais nous arrivons à un point où nous n’avons besoin de rien d’autre qu’une blockchain ebook pour assurer la durabilité de la littérature mondiale, cela signifierait-il le début de la fin pour les cultures locales? Et, si oui, est-ce une bonne chose ou non?

Comme je l’ai dit plus tôt, je ne prétends pas connaître la réponse ou ce que l’avenir nous réserve, mais une chose est sûre: blockchain va définitivement changer notre ère numérique!

Source : Simon-Pierre Marion, Blockchain for books, BookNet Canada, november 6, 2017, Tech-Forum.


Personnellement, je ne comprends pas encore le concept de cette «chaîne de blocs». J’ai donc poursuivie ma quête avec la lecture de deux billets signés par Thierry Crouzet, un écrivain et blogueur français et « spécialiste des nouvelles technologies » :


Le Web n’a rien changé à l’édition, blockchain pourrait faire le ménage

C’est de notoriété publique, l’édition n’innove pas. Nos éditeurs sont des conservateurs et nous autres auteurs ne valons pas mieux, et même nous autres qui squattons le Web. Regardez-nous. Du haut de nos blogs, de nos réseaux sociaux, nous diffusons nos textes dans une pure approche top-down. Nous sommes incapables de nous détacher de la distribution traditionnelle selon le mode du « un vers tous ». Nous aimons notre piédestal. Nous ne voulons pas en bouger. Nous n’avons jamais rien remis en cause.

J’ai beaucoup parlé politique avec des amis durant les fêtes. J’ai estimé que créer un site pour fédérer des initiatives divergentes serait contre-productif, et même philosophiquement antinomique. Ça m’a conduit à voir blockchain comme une solution plus démocratique. Avant même de songer à blockchain, j’ai imaginé un autre modèle pour l’édition, que je pique d’ailleurs aux hypos de One Minute.

Plutôt que de publier un énième manifeste, écrivons chacun le notre, donnons-le à nos amis, demandons-leur de le compléter, de le modifier et de le faire suivre à leurs propres amis. Créons une sorte de chaîne politique, fédérée par un geste fort, un don de la main à la main. Un objet transactionnel serait presque plus puissant qu’un fichier. Un petit livre de quelques pages, non pas rouge mais riche d’autant de couleurs que de versions.

Alors, pourquoi ne pas reprendre cette approche dans l’édition indépendante. Dans la distribution traditionnelle comme sur le Web, l’auteur se place au cœur d’une des innombrables étoiles d’une architecture décentralisée, les lecteurs formant les branches des étoiles.

Basculons sur une architecture distribuée, faisons disparaître les étoiles au profit d’un tramage, une sorte de grillage, qui en relie les nœuds à la façon des routes entre les villages dans les campagnes. L’auteur alors ne peut plus s’adresser à tous, mais seulement à ses proches sur le réseau. Il leur donne ses textes de la main à la main. Il en fait quelque chose de précieux et d’intime. Aux amis, s’ils le jugent utile, de transférer plus loin les textes. Au réseau de décider s’il accepte l’offrande ou s’il la refuse. La diffusion devient un contrat de confiance.

Sur cette idée simple du « un vers un » arrive la technologie blockchain. Les livres circuleraient de personne en personne telles les devises d’une cryptomonnaie. L’auteur pourrait toujours mettre à jour son contenu où qu’il se trouve (il a le droit d’écrire dans la base de données) et personne ne pourrait venir censurer ses textes. Une fois lancés dans la chaîne, ils seraient tout aussi inviolables que des livres papier une fois sorti de chez l’imprimeur.

On peut même imaginer fixer un prix pour le transfert d’un livre d’un nœud à un autre, prix qui deviendrait un revenu pour l’auteur (et pour nul autre, car la chaîne étant décentralisée, elle n’est administrée par personne). Pour le coup, on éliminerait réellement les intermédiaires.

Si un auteur travaille avec un éditeur, ça ne change rien. Les deux ensembles peuvent utiliser la même stratégie de diffusion par capillarité sociale plutôt qu’à coup de bazooka. D’ailleurs, bien des livres connaissent un succès viral. Il s’agirait simplement d’accepter une fois pour toutes ce mécanisme. D’en faire le chemin normal de propagation des œuvres, en utilisant les lecteurs comme point de relais.

Quand je n’ai pas envie de donner un livre à mes amis, il arrête sa course. Quand au contraire il m’enthousiasme, il percole dans le réseau, blockchain autorisant un suivit statistique bien plus précis que le Web actuel (et également la lecture collective avec la fédération des commentaires).

Abandonner le top-down n’est pas simple. Nous sommes prisonniers des vieux modèles de penser. Nous nous croyons porteurs d’une parole que tous doivent entendre. Il s’agirait pour nous de prendre une position plus humble. De ne rien imposer, de ne rien crier, de juste tendre la main et voir si des gens nous la serre avec chaleur.

Déjà des projets open source, comme Open Bazaar, imaginent des solutions de vente de proche en proche en s’appuyant sur blockchain. Je me vois bien tenter de diffuser des textes de cette façon, en faisant une totale confiance aux lecteurs et en refusant toute forme de push marketing (ça reste du marketing, mais à chacun de s’en emparer, et ça me paraît particulièrement important pour les textes).

Source : Thierry Crouzet, blogue.

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Bookchain : le livre après le Web

Depuis longtemps, quelque chose me gêne avec la littérature Web, c’est justement le Web lui-même et sa centralisation, précisément le fait qu’il existe des sites Web qu’il faut maintenir en ligne, sans cesse mettre à jour, optimiser, défendre contre les hackers, contre l’obsolescence technologique, contre l’entropie…

Pour cette raison, je reste adepte du texte mobile, détaché de tout support, lisible en toute circonstance et en tout temps. Je suis donc fan tout simplement du livre, qu’il soit papier ou numérique. Une fois diffusé, un livre vit de lui-même. Il est en quelque sorte infalsifiable, on ne peut falsifier que certains de ses exemplaires. Et puis je préfère que les lecteurs attirent à eux mes textes plutôt qu’ils aillent les lire sur mon site. Devenir le possesseur d’un texte me paraît symboliquement plus fort.

Reste que le Web nous a fait découvrir des possibilités littéraires auxquelles j’aurais bien du mal à renoncer : interactivité (commentaires en temps réel…), immédiateté (le send…), liberté (de publier ou non…), trois possibilités bien plus spécifiques à l’écriture numérique que la non-linéarité, certes indissociable du Web mais en rien spécifique à l’écriture Web comme l’explique Marcello Vitali-Rosati.

Pour concilier les nouvelles possibilités propres au numérique et l’infalsifiabilité du livre, son autonomie, sa résilience, il nous faut inventer une nouvelle forme de livre. Nous placer après le codex, après le poche, après l’ebook, après le Web. Petit miracle technologique : blockchain nous offre sur un plateau la solution.

Une blockchain n’est au fond rien d’autre qu’un livre (voir ici une explication limpide), où plutôt une sorte de registre notarié, lisible par tous et où les écritures dûment horodatées sont garanties valides. Avec une particularité essentielle : la blockchain n’est pas localisée mais distribuée.

Alors je rêve de publier des bookchains. Chacun de mes lecteurs hébergerait une partie de la chaîne. Tous seraient capables de commenter, annoter, discuter. Je resterais capable de corriger, augmenter, transformer. Toutes ces opérations s’inscriraient dans le temps. Elles seraient historisées. Nous aurions simultanément les fonctions sociales propres au Web sans rien perdre de l’autonomie du livre antique.

On peut voir ces bookchains comme des sites Web sans serveur, des sites Web distribués, non pas dans le cloud, mais entre tous les lecteurs. Plus ils seraient nombreux, plus l’infalsifiabilité et la pérennité de la chaîne augmenteraient. L’accès à la bookchain pourrait très bien impliquer un paiement reversé à l’auteur, avec même un dividende pour tous les lecteurs propulsant la bookchain vers d’autres lecteurs. Une nouvelle chaîne du livre pourrait naître. Une fusion des logiques papier et Web. Avec rémunération éventuelle de tous les acteurs (les libraires deviendraient hébergeurs et prescripteurs de la bookchain).

On peut imaginer une bookchain par livre, par auteur, par éditeur, par librairie… Les bookchains pourraient se parler. Les interactions circuleraient en tous sens.

J’en suis au stade de la fantaisie, juste parce que la possibilité technique est là. Je vois surtout un moyen de relier plus étroitement que jamais les auteurs et leurs lecteurs, les lecteurs entre eux. Les auteurs Web descendraient de leur chez eux. Nous partagerions un espace numérique. Nous l’habiterions ensemble.

Source : Thierry Crouzet, blogue.

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Je ne comprends toujours pas en quoi consiste la «chaîne de blocs». Mais une illustration vaut mille mots :


Source :
Portail PME du Secrétariat d’Etat à l’économie (SECO)
http://www.kmu.admin.ch<http://www.kmu.admin.ch>

« La technologie blockchain permet de réduire les coûts et d’accroître la transparence »

La blockchain pourrait révolutionner de nombreuses activités économiques dans les années à venir. Roman Beck, professeur à l’université IT de Copenhague, nous parle des secteurs concernés et de l’intérêt de cette technique pour les PME.

Souvent associée à la monnaie numérique Bitcoin, la technologie blockchain est pourtant utilisée dans bien d’autres domaines. Elle consiste en un registre numérique dans lequel sont consignées toutes les transactions entre différents partenaires. Sa particularité tient au fait que les parties prenantes créent un réseau qui vérifie chaque transaction. Une fois qu’une transaction est sauvegardée dans la chaîne (blockchain), elle ne peut plus être supprimée, et reste consultable à tout moment par les membres du réseau (voir infographie ci-dessous). Roman Beck, professeur de gestion informatique à l’université IT de Copenhague, prévoit de grands bouleversements auxquels les PME devraient se préparer.

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Source : Confédération Suisse, Portail PME du Secrétariat d’Etat à l’économie (SECO)


Je poursuis ma lecture avec deux textes signés par Hubert Guillaud du blogue d’InternetActu :


Faut-il prendre les promesses de la Blockchain au sérieux ?

Parmi les nombreux gourous dont aime à se doter le monde des technologies, Don Tapscott (@dtapscott) joue un rôle à part. Certainement parce que ses nombreux bestsellers interrogent toujours l’impact des transformations technologiques sur le monde du travail – enfin le monde du business, l’endroit où l’on fait de l’argent. Depuis Digital Economy en 1997, jusqu’au célèbre Wikinomics en 2006, les intuitions de Tapscott ont toujours épousé les transformations technologiques de leur temps. Alors forcément, quand il publie un livre sur la blockchain, le monde entier s’interroge : faut-il prendre cette révolution technique au sérieux ?

Nous ne cessons de connaître des révolutions technologiques, reconnaît-il sur la scène de la 9e édition des conférences USI. De l’internet des objets au Big Data, du cloud au machine learning, de web social à la robotique en passant par la révolution mobile… nous sommes cernés par les transformations. Pourtant pour Don Tapscott, la blockchain, cette technologie qui fait fonctionner le bitcoin, la monnaie virtuelle, est une technologie qui va transformer profondément le monde et va avoir plus d’impact que n’importe quelle autre technologie du digital, prophétise l’évangéliste avec une bien grande assurance.

La blockchain : vers un internet des valeurs ?

En bon businessman, Tapscott établit une distinction assez claire entre l’internet et la blockchain. Pour lui, nous avons connu jusqu’à présent l’internet de l’information. Un internet qui nous a permis de copier l’information sans commune mesure. Nous permettant d’envoyer une copie de nos photos, de nos musiques, de nos e-mails, de nos fichiers avec la plus grande facilité. Le problème est que copier des choses n’est pas très adapté quand on parle d’actifs, c’est-à-dire de choses qui produisent du revenu ou des gains, que ce soit des obligations, de la musique, de l’énergie, de la monnaie, des images, des points de fidélité… Toutes ces choses qui appartiennent à quelqu’un et qui ont une valeur importante pour lui. Or, la possibilité de copier la musique par exemple a détruit les revenus des musiciens. Pour l’instant, les revenus que génèrent pour eux le streaming musical n’a rien à voir avec ceux que permettaient la vente d’albums. « La copie n’est pas une bonne chose pour les actifs ».

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Image : Don Tapscott sur la scène de la dernière édition d’USI, photographié par Arnaud Gangloff via Twitter.

Sur internet, établir l’identité d’une personne n’est pas possible entre pairs. Il nous faut donc passer par des tiers qui établissent notre identité, que ce soit Apple, Google ou Facebook ou nos institutions publiques… La plupart du temps, ils font un bon travail, estime Tapscott. Mais, quand l’identité est centralisée, cela pose quelques problèmes. L’un des plus importants risques est celui du piratage. L’autre est celui de l’exclusion de ceux qui n’ont pas accès à ces services, à l’image des 2,2 milliards de personnes dans le monde qui n’ont pas accès à des services bancaires et qui sont par définition exclues de l’économie. Sans compter que passer par ces intermédiaires nécessite de passer par les taxes et frais qu’ils nous imposent d’une manière assez unilatérale. Envoyer un virement via une banque ou un service dédié va ainsi vous coûter entre 8 et 14 % en moyenne de la somme que vous voulez transférer. Pour Don Tapscott, « les intermédiaires ont capté l’actif le plus important de l’ère numérique : les données ! » Et aujourd’hui, dans une économie devenue complètement numérique, la valeur des données excède celle de tous les autres actifs, assène-t-il.

Pourtant, c’est nous qui créons ces données. Elles sont principalement les nôtres. Mais elles sont possédées par une poignée d’intermédiaires et les bénéfices qu’ils en tirent sont loin d’être également répartis. Pourtant, concède Don Tapscott, « j’ai plusieurs fois affirmé le contraire ». Et le consultant de faire son mea-culpa. N’a-t-il pas été parmi ceux qui ont affirmé que la révolution des nouveaux médias reposait dans le fait qu’ils n’étaient plus centralisés, mais distribués ? Sauf que cela n’a pas été totalement le cas. Les données sont restées la propriété des nouveaux intermédiaires qui se sont créés. Si nous avions accès à une plateforme distribuée, à un « nouvel internet des valeurs », permettant de protéger et stocker les actifs entre pairs et sans intermédiaires, alors peut-être parviendrons-nous à un internet réellement distribué…

Pour Tapscott, cet internet distribué arrive. C’est la blockchain. Pour la première fois, nous avons un médium capable de capturer et de partager la valeur et c’est en cela que la blockchain change la donne. En 2008, juste avant la crise financière, Satoshi Nakamoto a décrit le protocole permettant de créer une monnaie virtuelle, le bitcoin. Le bitcoin a mauvaise presse, concède Tapscott. C’est un actif dont la valeur change et qui n’est intéressant que si vous spéculez. Mais c’est une monnaie numérique et non pas une monnaie souveraine émise par un Etat. Si vous vivez en Argentine aujourd’hui, qui est un pays qui connaît une grave crise économique, le bitcoin est intéressant pour les travailleurs étrangers qui y travaillent, en leur permettant d’envoyer de l’argent à leur famille sans avoir à payer de taxes sur leurs transferts, explique Tapscott qui semble apprécier cette perturbation économique qui dérange le commerce des banques. Mais si Bitcoin n’est intéressant que pour certains, la technologie qui le sous-tend, elle, va avoir des impacts profonds.

Avec la blockchain, la confiance est établie par des pairs et non plus par des tiers. C’est un médium qui donne de la valeur à ceux qui l’utilisent. Elle permet de faire des transactions, d’échanger des actifs, sans avoir à passer par des intermédiaires tout puissants qui captent la valeur à leur profit. Toute transaction, quelle qu’elle soit, qu’on parle d’un échange d’argent, d’un vote, de l’enregistrement de son mariage, de la vente de sa maison, de l’achat ou de la vente d’électricité…., toute transaction est enregistrée par un réseau qui envoie l’information à des milliers d’ordinateurs connectés en pair à pair. Les « mineurs », qui disposent sur ce réseau de ressources informatiques puissantes, authentifient ces transactions. La validation est donc communautaire. Toutes les 10 minutes un nouveau bloc se créé et est authentifié et à chaque fois que de nouveaux blocs sont ajoutés, on paye un tout petit pourcentage aux mineurs qui ont validé l’authentification, une taxe sur les transactions de l’ordre de 1 % dont le montant semble bien plus satisfaire le consommateur qu’est aussi Don Tapscott. Sur la blockchain, tout échange est horodaté, ce qui permet de résoudre le problème de la double dépense. Toute transaction est inscrite sur une chaine répartie entre des milliers d’ordinateurs ce qui empêche de faire la transaction deux fois. Enfin, la blockchain résout – en partie – le problème du piratage, puisque pour modifier une transaction qui y aurait été passée, il faut pouvoir pirater la chaîne en entier, ce qui promet des réseaux informatiques plus sûrs – en fait, le risque ne repose pas sur le « piratage » de la chaine en son entier, mais sur le fait que quelques mineurs puissent détenir 51 % de la chaîne, comme nous l’expliquait très bien Rémi Sussan.

Bitcoin n’est qu’une forme, qu’une variété de la blockchain… Et la monnaie n’est qu’une forme d’application de la technologie. Ethereum, qui fonctionne depuis cette technologie, permet, elle, de créer des contrats intelligents pour gérer les actifs. Aujourd’hui, les banques authentifient les transactions, les valident, permettent leurs transferts, les stockent, permettent les échanges, les prêts, gèrent les risques, font de l’audit… C’est leur rôle dans l’industrie financière. Mais avec un protocole de confiance distribué, les banques sont appelées à devenir inutiles estime Tapscott. Certes, les banques ne vont certainement pas disparaître du jour au lendemain, concède-t-il, mais ces technologies risquent d’accélérer leur évolution. On n’échappe pas à l’avenir, promet le futurologue.

La blockchain signe-t-elle la fin des entreprises ?

Pour Tapscott, la blockchain nous promet d’entrer dans un nouvel espace compétitif. Elle va avoir un effet direct sur la façon même dont on fait entreprise. L’économiste Ronald Coase s’est demandé toute sa vie pourquoi l’entreprise existait. Et la blockchain risque de faire voler en éclat les raisons d’être des entreprises.

Pour nous expliquer cela, Tapscott évoque l’histoire de son voisin, Rob McEwen. Rob McEwen était banquier et est devenu chercheur d’or. Malgré toutes les données à leur disposition, ses géologues étaient incapables de lui dire où trouver de nouvelles mines d’or. Alors il a publié ses données géologiques et a ouvert un concours, le Goldcorp Challenge, récompensant de 500 000 dollars quiconque capable de lui dire où trouver de nouvelles mines. Il a reçu des réponses du monde entier et découvert des techniques qu’il ignorait. En échange de 500 000 dollars, ce concours a permis à Rob McEwen de découvrir plus de 3,4 milliards de dollars d’or. « On pense toujours que le talent est circonscrit à nos propres limites, qu’il dépend de nous. Or les solutions qu’a trouvées la communauté étaient bien plus fécondes ». Pour Tapscott cet exemple montre les possibilités des organisations distribuées autonomes que promet la blockchain. L’avenir est-il à des organisations sans entreprises ? A des agents autonomes travaillant avec des contrats intelligents, liés à des organisations sans gérants, sans PDG, sans employés autres que contractuels, missionnés pour un projet ?

Pour Tapscott, la formidable campagne de collecte de fonds réalisée sur Kickstarter pour la DAO (l’organisation décentralisée autonome), qui a collecté 168 millions de dollars, ce qui en fait le projet de financement participatif le plus financé qu’on ait jamais vu, montre la puissance de ces nouveaux objets. La DAO est une sorte de société de financement distribuée où ceux qui lui ont alloué des fonds pourront décider des projets qu’ils pourront financer via des contrats intelligents en échange d’un revenu sur ses investissements. « Les participants à la DAO s’apparentent donc à des actionnaires d’une entreprise cotée, une entreprise qui serait présente et active uniquement sur la blockchain Ethereum », explique Ethereum France. Reste que si ce lancement enthousiasme Tapscott, de nombreuses critiques commencent à se faire entendre sur les limites du projet, comme les synthétise Wired. Dans la DAO, la démocratie est relative à la hauteur de votre investissement, or la moitié des 168 millions de dollars proviennent de 70 adresses (et certains pourraient en utiliser plusieurs), laissant peser des doutes sur l’ouverture du projet. Sans compter que le projet n’a pas été validé par les organismes de régulation et de réglementation, ce qui fait peser quelques incertitudes juridiques sur son avenir.

Qu’importe. Pour Don Tapscott, ces exemples montrent qu’« il faut s’attendre à des changements radicaux dans la structure même des organisations ». Plus que les Big data et la gestion de la complexité, plus que l’automatisation et la robotisation, les agents autonomes et les contrats intelligents promettent des entreprises en réseau, ouvertes, qui seront certainement bien plus transformatrices pour les entreprises que les promesses du Big Data ou la robotisation.

Ce qui est sûr, prédit le spécialiste de l’accompagnement au changement, c’est que petit à petit, « le coût de rester dans sa position va devenir plus élevé que celui d’évoluer ».

Les disrupteurs vont être disruptés !

Pour donner encore de la matière à sa prédiction, Tapscott détaille ensuite plusieurs exemples de modèles d’affaires radicaux dans une économie numérique transformée par la blockchain. Il évoque notamment le très étonnant GoAbra, un service financier mondial qui permet de déposer de l’argent pour l’envoyer à n’importe qui dans le monde. Une très grande part des revenus de travailleurs d’origine étrangère qui vivent aux Etats-Unis sont renvoyés vers leur famille dans leurs pays d’origine. C’est la principale forme de contribution des Etats-Unis au reste du monde, estime Tapscott, plus importante en volume que les fonds des associations caritatives. Mais ces transferts sont fortement taxés par les intermédiaires, de 8 à 14 %, et les délais d’acheminement peuvent être très longs. Abra propose des transfert immédiats, en cash si besoin, sans avoir besoin de compte bancaire, avec un niveau de prélèvement de 1,2 % seulement ! Assurément un perturbateur !

Abra

Pour Tapscott, la blockchain peut également venir perturber le modèle économique des organisations qui possèdent nos données et nos identités, comme Facebook ou Twitter. Les datafrackers, sont appelés à venir « fracturer les données » des intermédiaires, comme tente de le faire Dataminr, en analysant les données provenant de Twitter pour créer des alertes sur les marchés financiers, sur l’information, sur les tendances émergentes (sans pour l’instant reverser de la valeur aux émetteurs d’information originale, mais cela pourrait changer avec la blockchain).

La blockchain interroge également le modèle de l’économie du partage ou pour l’instant de nouveaux intermédiaires comme Airbnb, TaskRabbit ou Uber capturent la valeur. Mais qu’en serait-il si des agents autonomes permettaient aux chauffeurs d’entrer directement en contact avec leurs clients ? C’est ce que propose Arcade City par exemple, l’appli qui rêve d’ubériser Uber. A Lift, Stephan Tual de Slock.it avait développé un exemple permettant de comprendre ce que serait un Airbnb sous blockchain.

La blockchain pourrait bien sûr venir bouleverser les plateformes pour produire les idées de manière contributive, les « ideagora » qu’évoque souvent Don Tapscott… A l’image de inno-360 ou d’Innocentive, ces plateformes qui permettent à de grands groupes comme Procter & Gamble d’externaliser leur R&D. Cela permettrait également aux entreprises de se rapprocher des « prosommateurs » en créant des chaines de confiance et de redistribution au profit des consommateurs qui contribuent à votre modèle d’affaires… A l’image de ceux qui créent des vêtements sur Threadless ou des utilisateurs qui ont participé au concours publicitaire de la marque Doritos pour proposer une publicité pour la marque diffusée à l’occasion du Superbowl américain.

Tapscott revient à nouveau sur l’industrie musicale et les limites du streaming pour rémunérer les artistes et évoque l’annonce récente d’Imogen Heap de vouloir utiliser la blockchain pour transformer le secteur de la musique, par le biais de contrats intelligents via la plateforme UjoMusic fondée sur Ethereum. Une plateforme, comme nous l’expliquions déjà, qui permet aux créateurs de musique de définir les droits relatifs à leurs productions et de rétribuer chaque contributeur… Parmi les nombreux exemples qu’évoque Don Tapscott, il imagine également des « Wiki Workplaces », des plateformes collaboratives distribuées permettant de rétribuer les contributions de tous ceux qui participent à un projet d’entreprise à hauteur de leur contribution d’une manière automatisée…

imogen-heap

Bref, « les disrupteurs vont être disruptés », sourit le télévangéliste du changement, alors que des nuées d’oiseaux viennent voler en vidéo dans la présentation qui est projetée derrière lui. Oui, le nouveau paradigme de la blockchain va générer du conflit, de l’hostilité, de l’incertain… Oui, beaucoup vont avoir du mal à accepter le changement. Mais ceux qui ne changent pas seront laissés de côté. « C’est l’occasion ou jamais d’être curieux. Essayez ! Créez un compte bitcoin. Achetez mon livre. Créez un projet pilote ! »

Pour Tapscott, la chaine de bloc pose la question de comment « un protocole de confiance » pourrait exister dans la société. Il le compare aux comportements en essaims, aux nuées d’oiseaux, d’insectes comme aux bancs de poissons qui existent naturellement. Ces comportements collectifs, comme ceux des étourneaux dans le ciel de l’Angleterre, qui leur permettent de faire fuir les faucons qui les chassent, ces nuées éphémères qui créent du leadership sans leader… C’est peut-être une analogie exagérée concède Tapscott, mais elle est stimulante. La collaboration, l’ouverture, le partage, la confiance, l’open source… sont autant de règles qui favorisent l’interdépendance et l’intérêt collectif. On en trouve aussi dans ces essaims, comme dans le fait de ne pas voler trop près les uns des autres, ni trop loin. Dans les essaims, la confiance nait de l’équilibre entre son propre intérêt et l’intérêt collectif. Ce sont des espaces intègres qui reposent sur le fait qu’on attend de chacun d’être honnête et que chacun prenne en considération l’intérêt de l’autre. Pour Tapscott, la blockchain est le moyen de parvenir à une nouvelle société, à une nouvelle forme de démocratie. Demain, aurons-nous des hommes politiques qui ne pourront obtenir nos impôts que s’ils font ce qu’ils ont promis et qui a été inscrit dans le contrat que les électeurs ont passé avec lui via la blockchain ?

Je ne suis pas persuadé pour ma part que la confiance puisse se résoudre dans des protocoles très formels. Au contraire… plus on encadre les choses, plus c’est la marque qu’on accorde aucune confiance. Et pour l’instant, les dispositifs techniques ont plutôt montré leurs limites à établir de nouvelles formes de confiance. Distribuer l’authentification et la validation des échanges dans un système technique semble surtout déplacer les processus de confiance que les résoudre.

Source : Hubert Guillaud, InternetActu.

Reproduit sous licence CC BY 3.0.


Blockchain : un rêve technocratique totalitaire – Le Monde

Michel Bauwens (@mbauwens), théoricien de l’économie collaborative et fondateur de la Peer-to-peer foundation, règle son compte à la Blockchain sur Le Monde.fr :

“La technologie n’est jamais neutre. C’est un terrain de conflit influencé par les imaginaires et les intérêts des personnes en charge de son design. La blockchain dérive ainsi d’une vision de l’homme très particulière : des individus autonomes passent des contrats entre eux. Ils n’ont pas besoin de collectif, de communauté. Et les contrats sont fondés sur une forme de propriété.

(…) La blockchain reste techniquement problématique, pour deux raisons. D’une part, pour créer de la confiance entre deux personnes, elle demande de vérifier l’intégralité du réseau. C’est loufoque ! A cause de l’énergie dépensée, mais aussi en termes de confiance humaine.

Le deuxième danger tient au fait que la blockchain est une organisation automatique. Prenons cette fois-ci l’exemple hypothétique d’un marché de l’assassinat. Avec les contrats intelligents de la blockchain, il fonctionnerait sans personne aux manettes. Si vous avez misé tant d’argent et que cette personne disparaît, la somme est versée sur votre compte. Il devient alors intéressant de financer des assassinats. Il serait difficile d’arrêter ce programme car il vivrait de façon autonome, hébergé sur plusieurs serveurs à la fois. La police ne pourrait pas dire : « Qui sont les responsables ? »

(…) “Nous sommes de plus en plus dirigés par des choix techniques qui n’ont été soumis à aucun débat démocratique. Les règles sont intégrées dans des plates-formes utilisées au quotidien, qui manipulent nos comportements.”

MAJ : sur le site de la P2P Foundation, Michel Bauwens revient sur l’interview publiée par Le Monde et précise son propos : “avec la blockchain, on est dans une vision “trustlessness” où, puisqu’on ne peut pas faire confiance à l’humain, on déporte cette confiance dans la technologie. L’idée sous-jacente est que les individus sont séparés, et qu’ils font société en créant des contrats basés sur la confiance en un algorithme plutôt que dans l’humain.Mon propos était donc simplement d’attirer l’attention sur ces valeurs sous-jacentes. Mais ce n’est pas parce qu’une technologie a un design basé sur des valeurs critiquables qu’elle ne peut pas être changée.”

(…) “La technologie se construit sous forme de couches successives.

Par exemple, internet a d’abord été inventé par les militaires qui voulaient créer une technologie capable de résister à la destruction de la chaîne de hiérarchie grâce au design peer-to-peer. Puis les scientifiques et les activistes se sont emparés de cette technologie pour communiquer entre eux. En 1993, la technologie est sortie des sphères élitistes pour se démocratiser grâce aux navigateurs. Et enfin le commerce s’est aperçu du potentiel de cette technologie et l’a rendue beaucoup moins pair-à-pair pour en tirer des profits.

La blockchain est peut-être, à cette échelle, la deuxième couche après internet qui va permettre de faire baisser le coût d’auto-organisation des humains.”

(…) “Une fois qu’on a bien conscience des catastrophes potentielles du “tout automatisé” et du “tout distribué”, on peut imaginer que la blockchain soit localement mise au service de buts émancipateurs pour des communautés. (…) De mon point de vue, le plus grand potentiel de la blockchain réside dans la création de chaînes logistiques participatives et ouvertes. On peut ainsi imaginer une économie circulaire et ouverte où les transactions seraient simplement vérifiées par la blockchain.”

Source : Hubert Guillaud, InternetActu.

Reproduit sous licence CC BY 3.0.


Je ne comprends pas encore le concept de la «chaîne de bloc», quoique… Je continue ma lecture avec ce communiqué de presse :


GROUPE MÉDIA TFO se lance dans le développement d’un prototype « Blockchain » : une solution pour créditer les droits des créateurs d’œuvres audiovisuelles

Le Fonds des médias du Canada (FMC) appuie l’innovation de Groupe Média TFO (GMTFO) et sa volonté de faire valoir à leur juste valeur la créativité des contenus des producteurs canadiens.

TORONTO, le 2 août 2017 /CNW/ – Avec le soutien du Fonds des médias du Canada, la mouvance innovatrice de Groupe Média TFO se tourne maintenant vers un nouveau modèle de redevances audiovisuelles. Groupe Média TFO invite les joueurs intéressés de l’industrie de la production et de la distribution de contenus à participer à la définition de ce prototype « Blockchain ». Cette initiative, première du genre au Canada, a le potentiel de transformer la gestion des productions culturelles numériques.

« La consommation de produits culturels se fait de plus en plus par l’entremise de systèmes IP. Nous souhaitons participer à l’élaboration d’outils de prochaine génération afin de créditer et rétribuer les ayants-droits de façon transparente et fiable, sans intermédiaire. Comme entreprise publique à vocation éducative, nous voulons contribuer à la valorisation des œuvres culturelles canadiennes, incluant les nôtres, tout en élargissant leur accès et leur visibilité à toute l’industrie. »

Glenn O’Farrell, Président et chef de la direction, Groupe Média TFO

Hier, une nouvelle entreprise canadienne, NextBlock, réalisait justement sa première étape de financement. Son premier dirigeant, Alex Tapscott, autrefois de Canacord Genuity et co-auteur du livre à succès Blockchain Revolution, a commenté :

« We think that blockchain platforms are becoming the new infrastructure of the Internet.

Traduction libre :

« Nous croyons que les plateformes de type Blockchain sont en voie de devenir la nouvelle infrastructure de l’Internet. »

Ce projet de type Blockchain est le premier présenté par un télédiffuseur à être financé par le Fonds des médias du Canada dans le Programme d’innovation – Volet Expérimental. Groupe Média TFO est fier de pouvoir développer un outil innovant garantissant une transparence des transactions légales et financières.

« L’essor de la technologie Blockchain offre l’occasion de faire évoluer de nouvelles pratiques essentielles. Avec cette initiative, nous souhaitons créer un produit qui va transformer et remodeler en profondeur la façon dont les productions culturelles numériques sont administrées, de leur financement à leur mise en marché et exploitation. Nous invitons donc les autres acteurs de l’industrie à se joindre à nous et à participer à cette révolution. »

Ulrich Dessouassi, Directeur des Produits numériques, Groupe Média TFO

Le système blockchain est un système décentralisé permettant l’authentification de transactions par le chiffrage de celles-ci sur un réseau ouvert ou fermé. Sommairement, il s’agit d’une technologie de pair à pair structurée qui a donc un impact sur la chaîne d’intermédiaires traditionnels. De plus, son principe distribué permet de rendre infalsifiables les transactions répertoriées sur l’ensemble des nœuds du réseau et de traiter simultanément un nombre élevé de données.

Ce projet permet à Groupe Média TFO de continuer sa démarche d’innovation en se positionnant comme meneur technologique sur le marché. Le Canada fait partie des pays qui sont en faveur des nouvelles technologies, y compris le potentiel qu’offrent les blockchains.

Le projet « Blockchain TFO » cible l’ensemble des acteurs de l’industrie des produits culturels numériques, et plus spécifiquement ses films, émissions de télévision et contenus numériques. La technologie décentralisée qui sera développée répondra à différents besoins, constatés tant à l’interne par Groupe Média TFO qu’au niveau de l’industrie, et existant chez tous les diffuseurs et producteurs de contenus au Canada comme à l’étranger :

  1. Auprès des diffuseurs :
    • La garantie de la véracité des statistiques de consommation, argument de vente essentiel lors des négociations de contrats
    • La traçabilité inaltérable des crédits et de la rétribution
    • La capacité à sous-licencier les œuvres tout en conservant un meilleur contrôle sur leur usage, attribution et rétribution.
  2. Auprès des producteurs et ayants-droits
    • Tous les points susmentionnés
    • La facilité à créer et présenter de façon transparente des rapports d’utilisation et de répartition des redevances et revenus de licence auprès des investisseurs
    • La diminution des frais légaux et l’obsolescence de certains audits complexes.
  3. Auprès de l’ensemble des acteurs de la chaîne : l’irréfutabilité des ententes et licences facilite les échanges et collaborations, et stimule le marché dans son ensemble.

À PROPOS DE GROUPE MÉDIA TFO

À la fine pointe de l’apprentissage numérique, le Groupe Média TFO est une destination incontournable pour les publics à la recherche de contenus éducatifs et culturels innovants en français, à l’avant-garde de l’apprentissage numérique. TFO sert deux millions d’étudiants et 30 000 enseignants en Ontario et au Canada. Groupe Média TFO totalise deux boutons d’argent YouTube et plus de 350 millions de visionnements pour l’ensemble de son réseau de 21 chaînes. Ses contenus se sont mérités différents prix d’Austin à Amsterdam : Kidscreen Awards, Gémeaux, Cassies, IBC Awards, SXSW Film Design Awards, et plus encore.

SOURCE : Office des télécommunications éducatives de langue française de l’Ontario (OTÉLFO).


Je commence à comprendre grâce aux énoncés en citations dans ce communiqué de presse, notamment : « Nous souhaitons participer à l’élaboration d’outils de prochaine génération afin de créditer et rétribuer les ayants-droits de façon transparente et fiable, sans intermédiaire. » Si je saisi cette affirmation, la «chaîne de blocs» implique, dans le domaine du livre, que l’auteur recevrait ses redevances sans intermédiaire dans le respect de la vente de chaque exemplaire de son livre, suivant une certaine périodicité programmée. Le «sans intermédiaire» éliminerait donc l’éditeur, le distributeur et le libraire dans le processus du paiement des redevances à l’auteur.

Un autre communiqué de presse attire mon attention :


Lancement de Catallaxy : un investissement majeur de Raymond Chabot Grant Thornton pour propulser l’industrie blockchain

Montréal, le 12 juillet 2017 – Raymond Chabot Grant Thornton, un des chefs de file canadiens dans les domaines de la certification, de la fiscalité, des services-conseils et du redressement et de l’insolvabilité, s’associe à MM. Jonathan Hamel, Francis Pouliot et Vincent Gauthier pour fonder Catallaxy, un centre d’expertise blockchain basé à Montréal qui investira dans la recherche, le développement, la formation et la commercialisation de la technologie blockchain.

Le centre abritera un espace d’innovation et d’expertise, appelé le « Blockhouse », et sera une vitrine unique sur cette révolution technologique et économique de la blockchain. Notre objectif est de préparer les entreprises à leur transformation blockchain.

Le centre sera en opération dès l’automne et l’offre de service combinera l’expertise technique pointue de la communauté blockchain et celle d’experts-conseils de Raymond Chabot Grant Thornton.

Quinze personnes seront basées à Montréal avec près d’une cinquantaine de partenaires stratégiques et collaborateurs répartis dans le monde.

Une technologie transformatrice

« Nous reconnaissons le potentiel transformateur de la technologie blockchain pour notre modèle d’affaires actuel, d’où le désir d’établir cette nouvelle synergie entre nos activités traditionnelles et les nouvelles avenues rendues possibles grâce à cette technologie. Nous souhaitons que Montréal devienne une plaque tournante pour le développement de la technologie blockchain au sein du réseau Grant Thornton en s’associant à des experts reconnus internationalement » a souligné Emilio B. Imbriglio, président et chef de la direction de Raymond Chabot Grant Thornton.

« La blockchain est une tendance forte au même type que l’intelligence artificielle. Les technologies comme Bitcoin et Ethereum auront le même impact sur le système financier et la gouvernance que l’Internet a eu pour les médias écrits et la musique » a ajouté Jonathan Hamel, qui devient président et chef de la direction de Catallaxy.

L’équipe

Jonathan Hamel a développé des solutions de paiement mobile dans les pays émergents et a été l’un des premiers investisseurs sur la plate-forme Ethereum. M. Hamel est aussi membre du comité consultatif sur l’innovation technologique de l’Autorité des marchés financiers (AMF).

Vincent Gauthier a été architecte de différentes solutions blockchain et fondateur de la communauté Blockchain Montréal.

Francis Pouliot a été le fondateur et président de Satoshi Portal, cofondateur de l’Ambassade Bitcoin de Montréal, membre de la Bitcoin Foundation et membre du comité Fintech de l’Ontario Securities Commission.

Louis Roy, associé et leader Blockchain de Raymond Chabot Grant Thornton, Francis Pouliot, recherche et actifs cryptographiques, Catallaxy, Jonathan Hamel, président et chef de la direction de Catallaxy, Vincent Gauthier, produit et technologie, Catallaxy et Emilio B. Imbriglio, président et chef de la direction de Raymond Chabot Grant Thornton

À propos de Raymond Chabot Grant Thornton

Fondée en 1948, Raymond Chabot Grant Thornton compte aujourd’hui parmi les chefs de file canadiens dans les domaines de la certification, de la fiscalité, des services-conseils et du redressement d’entreprises et de l’insolvabilité, avec plus de 2 300 professionnels, dont quelque 200 associés. Ensemble, Raymond Chabot Grant Thornton et Grant Thornton LLP, autre firme canadienne membre de Grant Thornton International Ltd, accompagnent les organisations d’ici avec plus de 4 200 professionnels et quelque 140 bureaux au Canada dans l’atteinte de leur plein potentiel de croissance. Grant Thornton International Ltd offre à sa clientèle l’accès à l’expertise de sociétés membres et de sociétés représentantes dans plus de 130 pays, comptant au-delà de 47 000 professionnels.

Source : Raymond Chabot Grant Thornton.


Il faut donc comprendre que la «chaîne de blocs» s’en vient à grande vitesse. La définition de Wikipédia est plus compréhensible après toutes ces lectures :


Une blockchain, ou chaîne de blocs, est une technologie de stockage et de transmission d’informations sans organe de contrôle. Techniquement, il s’agit d’une base de données distribuée dont les informations, envoyées par les utilisateurs, sont vérifiées et groupées à intervalles de temps réguliers en blocs, liés et sécurisés grâce à l’utilisation de la cryptographie, et formant ainsi une chaîne(1). Par extension, une chaîne de blocs est une base de données distribuée qui gère une liste d’enregistrements protégés contre la falsification ou la modification par les nœuds de stockage. Une blockchain est donc un registre distribué et sécurisé de toutes les transactions effectuées depuis le démarrage du système réparti.

Une analogie avec l’Internet (TCP/IP) peut être dressée, car il s’agit dans les deux cas de protocoles informatiques sous-jacents à une infrastructure décentralisée. Internet transfère des paquets de données d’un point A à un point B, alors que la blockchain permet à la « confiance » de s’établir entre des agents distincts du système.(2)

_______

NOTES

(1) « Qu’est-ce que la blockchain ? » [archive], sur blockchainfrance.net (consulté le 23 juillet 2016)

(2) « La blockchain, une technologie avec un potentiel immense (Partie 1) » [archive], sur Journal quotidien finance, blockchain, fintech daily news (consulté le 20 novembre 2015)

Source : Wikipédia.

Comme toujours, une illustration vaut mille mots :


Un livre numérique gratuit

Comprendre la blockchain

Source : NetPublic


Le lexique de la blockchain


Finalement, la «chaine de blocs» devrait permettre à la Fondation littéraire Fleur de Lys de réaliser l’un des objectifs formulés dans son étude de marché en 2002-2003 : le versement automatique des redevances à l’auteur.


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Président éditeur, Fondation littéraire Fleur de Lys

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