Sondage : 58% des répondants soutiennent que les écrivains sont «très utiles» à la société québécoise, la note la plus élevée parmi les artistes

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

L’UDA dévoile les résultats d’un sondage sur la perception de la culture et des artistes

9 Février 2016

Communiqués

« Les Québécois appuient leurs artistes »

– Sophie Prégent, présidente de l’Union des artistes

L’Union des artistes (UDA) a demandé à la firme Léger de sonder les Québécois pour savoir ce qu’ils pensent des arts, de la culture d’ici ainsi que des artistes. Loin des préjugés et des lieux communs qui sévissent dans certains milieux, on découvre une population en amour avec ses artistes et attachée à la protection et à la promotion de sa culture.

« Il est important de mesurer notre attachement collectif envers les arts et la culture d’ici », souligne Sophie Prégent, comédienne et présidente de l’UDA. « Notre langue, notre histoire, notre diversité ont construit une culture d’exception, dans tous les sens du terme. Elle est remarquable par sa créativité et sa capacité à refléter notre identité et l’évolution de notre société dans ce qu’elle a à la fois d’unique et d’universel. Elle est fragile et il faut à la fois la protéger et la promouvoir, pour qu’elle garde sa pertinence, son indépendance et sa capacité à rejoindre le public ».

Interpelant le gouvernement ainsi que tous les acteurs du milieu de la culture, elle ajoute : « Au moment où le Québec entreprend une réflexion sur sa politique culturelle, il est essentiel de se rappeler le rôle crucial de l’État et des institutions publiques pour structurer le soutien à la création mais aussi le développement d’un secteur économique porteur de croissance, d’innovation, de rayonnement international et qui contribue à l’attractivité du Québec ».

Christian Bourque, vice-président exécutif chez Léger, explique : « Cette étude montre l’attachement indéfectible des Québécois pour leurs artistes, leurs créateurs et leur culture. Ils reconnaissent l’importance du secteur culturel comme fondement de l’affirmation et le rayonnement de l’identité québécoise, mais également sa contribution économique et sociale. Une importante majorité de Québécois considère le soutien du gouvernement à la culture comme un investissement et non une dépense, et sont convaincus de la nécessité de l’engagement de l’État et de la société dans son ensemble pour défendre, promouvoir et rendre la culture accessible ». En effet, 65 % des répondants pensent que le financement des arts et de la culture est un investissement, et pas juste une dépense.

Quelques résultats du sondage en vrac :

  • 87 % des Québécois pensent que le travail des artistes est utile à la société québécoise
  • Plus de 60 % pensent que la culture québécoise est créative, intéressante, originale, dynamique, qu’elle se distingue en Amérique du Nord et qu’elle rayonne à l’international
  • 75 % des répondants qui écoutent au moins une heure de musique par jour le font notamment par le biais de la radio
  • Pour 56 % des répondants qui écoutent au moins une heure de musique par jour, au moins la moitié du contenu écouté est de la musique québécoise
  • 64 % pensent qu’il est important que les films et les émissions soient accessibles en version française et 75 % préfèrent que le doublage soit fait au Québec
  • 78% des Québécois sont d’avis qu’il est important que l’État finance les arts et la culture, avec plus du tiers (38%) qui jugent même ceci comme étant très important
  • 79 % considèrent que l’ère numérique, qui rend facilement accessible un grand nombre de contenus partagés sur le Web, constitue une opportunité pour la culture québécoise en plus de permettre de mieux faire connaitre les œuvres (84%)

L’ensemble des résultats du sondage réalisé par Léger, ainsi que les détails sur la méthodologie, cliquez ici.

Source : Union des artistes (UDA)


NOS COMMENTAIRES

Et de l’utilité des artistes à la société québécoise

Les écrivains au premier rang des «très utiles»

Le pourcentage le plus élevé de «Très utile à la société québécoise» revient aux écrivains avec 58%.


Sources d’information utilisées pour se renseigner sur la scène culturelle québécoise

AGRANDISSEMENT DU TABLEAU

Différence en fonction de l’âge

Plus l’âge des répondant est élevé, plus ils s’informent de la scène culturelle québécoise avec la télévision. Chez ces personnes plus âgées (55-64 – 65 ans et plus) , l’internet (autres que les réseaux sociaux) dépasse les 60% comme source d’information de la scène culturelle québécoise. Cependant, les personnes âgées de 55 à 64 ans s’informent peu de la scène culturelle québécoise à partir des réseaux sociaux (37%) tandis que les personnes âgées de 65 ans et plus, les réseaux sociaux tombent à 21%.

L’information n’est pas nécessairement la même sur auprès de chaque source d’information.

Le tableau ci-dessus prend toute son importance lorsqu’on se réfère au fait que l’information n’est pas nécessairement la même sur auprès de chaque source d’information. Par exemple, il y a des informations qui circulent uniquement sur internet et les réseaux sociaux et d’autres qui sont exclusives à la radio ou à la télévision. Ainsi, si vous regarder uniquement la télévision, vous ne disposez pas des informations reléguées exclusivement sur les réseaux sociaux.

Les informations au sujet de la scène culturelle québécoise qui ne sont pas présentées dans les médias traditionnels (télévision, radio, journaux et revues), se retrouvent sur internet et sur les réseaux sociaux.

Informer, c’est choisir.

«Informer, c’est choisir» est le titre du premier chapitre du livre «Lire le journal» édité par le journal LE MONDE. D’une part, les médias traditionnels sont débordés par des dizaines de communiqués de presse à chaque jour et ils doivent choisir selon le temps ou l’espace disponible. D’autre part, les médias traditionnels réfutent d’emblée certains sujets d’information, par intérêts commerciaux et/ou par simples préjugés (ou encore si la source du communiqué de presse a déjà critiqué le médium ou un journaliste).

Par exemple, le phénomène de l’autoédition n’est pas un sujet couvert par nos bulletins de nouvelles télévisés, même s’il ne cesse de prendre de l’ampleur auprès de leurs plus fidèles clientèles (les personnes plus âgées).

L’affirmation «Voici toutes vos nouvelles» n’est jamais vraie.

Il faut donc parler, non seulement de la diversification des sources d’information, mais aussi et surtout de la diversification de l’information elle-même.

L’information offerte par les médias traditionnels demeure sensiblement la même peu importe le support. La politique éditoriale ne change pas selon le support.

La présence des médias traditionnels sur internet et les réseaux sociaux ne change rien. L’information offerte par les médias traditionnels demeure sensiblement la même peu importe le support. Et malgré les efforts des médias traditionnels en vue d’offrir des contenus exclusifs selon le support, les critères de sélections des sujets et de l’information demeurent les mêmes que sur le support d’origine. Autrement dit, la politique éditoriale des médias traditionnels ne change pas selon le support.

Le tableau suivant, «Perception d’être au courant de ce qui se passe sur la scène culturelle québécoise», affiche les résultats à la question «De manière générale, considérez-vous être au courant de ce qui se passe sur la scène culturelle québécoise?». Les réponses peuvent dépendre à la fois des efforts des différents supports pour diffuser de l’information culturelle et des efforts déployés par la personne pour s’informer de la scène culturelle québécoise.

En bout de ligne, il y a plus de gens qui se disent peu et pas du tout au courant (53%) que de gens qui se disent très et plutôt au courant (45%) de ce qui se passe sur la scène culturelle québécoise. On peut associer les réponses à cette question à la masse d’information culturelle et/ou aux sources d’information des répondants. La logique voudrait que l’on recommande une augmentation de la masse d’information culturelle sur tous les supports (et de l’aide de l’État pour y parvenir).

Or, le véritable enjeu se situe dans les besoins d’information culturelle des répondants : «Quelles sont les informations qui vous manquent pour vous dire bien informé de la scène culturelle québécoise ?». Mais la question, essentielle à mon avis, ne fut pas intégrée à ce sondage.

Dans le contexte où 58% des répondants soutiennent que les écrivains sont «très utiles» à la société québécoise, la note la plus élevée parmi les artistes, pourquoi aucun réseau de télévision québécois consacre une émission au livre d’ici ? En fait, la véritable question est : «Pourquoi aucun réseau de télévision n’a été capable de concevoir une émission viable au sujet du livre ?». Car il y eu des tentatives mais elles furent retirées des ondes. La dernière en liste est celle de ICI ARTV, Lire, qui n’est plus que diffusée sur le web

Nous avons le regret d’annoncer qu’en raison de contraintes budgétaires, Lire ne reviendra pas sur nos ondes à l’automne. Nous tentons présentement de donner une seconde vie à l’émission sur les plateformes numériques. En attendant une confirmation pour la suite des choses, nous vous invitons à vous inscrire au Club de lecture de l’émission afin de continuer à profiter des suggestions de lecture de l’équipe.

Source : «Lire», c’est terminé sur ARTV, Le Huffington Post Québec.

La web émission hebdomadaire LIRE de ICI ARTV ne dure que 5 minutes. Le dernier épisode n’a eu que 557 visionnements.

Lire est de retour dans un tout nouveau format de webmagazine où Claudia Larochelle présente en rafale des titres de livres qui ont retenu son attention. Soyez au rendez-vous chaque lundi pour une nouvelle capsule!

Source : Lire, Ici ARTV.

On ne peut pas dire que cette formule est innovatrice. Une animatrice qui «présente en rafale des titres de livres qui ont retenu son attention» n’est pas innovateur. Le «BookTubeur» fait beaucoup mieux, souvent avec plusieurs milliers de visionnements de chacune de ses vidéos.

À lire : BookTube, une nouvelle façon de parler livre.

Voir le site web : https://www.booktube.fr/

L’émission «Tout le monde tout lu» produite et diffusé par MaTV pour les abonnés de Videotron a aussi été retiré des ondes. La formule ne donnait pas dans l’innovation puisqu’elle se limitait à une discussion sur différents livres lus par différents invités autour d’une table.

Un magazine hebdomadaire branché sur tous les produits de l’écriture : ce qui se lit, s’écrit, se publie, se dit, se chante, s’affiche, s’annonce et se raconte… Un invité nous permet la découverte de l’univers d’un créatif qui joue avec les mots…

Un «travailleur des mots»: dialoguiste, parolier, titreur, scénariste, script-éditeur, humoriste, publiciste, rédacteur de discours. Pour gagner sa croûte, il écrit des mots qui font vendre de la lessive, des mots fictifs qui parlent de curieux frissons, des mots qui se retrouvent sur grand écran, des mots de téléromans aux parfums de café instant, des mots qui font les chansons…

On retrouve également trois chroniques au contenu de l’émission : revue de presse avec Marie Plourde, l’avenir des mots avec Alexandra Schilte, les écrits en marge, poésie et essai avec Bertrand Laverdure.

Source : Facebook

L’effort en valait vraiment la peine mais l’émission fut retirée de la grille horaire.

Ce type d’émission de télévision réservé aux livres répond-t-il vraiment aux besoins des téléspectateurs québécois ? Je ne crois pas. Personnellement, un animateur et une bande d’invités, dont des auteurs qui présentent leurs livres et des critiques qui déroulent en long et en large leurs appréciations, souvent en parlant les uns par-dessus les autres, ça me tombe sur les nerfs… à la télévision comme à la radio. «Les Québécois n’aiment pas la chicane» affirmait Lise Payette avec raison, et encore moins la cacophonie.

Mais ce qui m’horripile le plus dans ce type d’émissions, ce sont les politiques éditoriales qui excluent systématiquement les auteurs indépendants, comme s’il s’agissait d’émissions dirigées par le lobby de l’industrie traditionnelle du livre.

Malgré tout, et j’insiste, les écrivains occupent le premier rang des artistes «très utiles». Le problème ne trouve donc pas ses racines dans l’intérêt de la population mais des médias qui ne parviennent à les mettre en valeur dans une formule pérenne.

 

 

 

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Président éditeur, Fondation littéraire Fleur de Lys

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