Mauvaise critique québécoise surprenante du livre «The Fourth Revolution – The Global Race to Reinvent the State?»

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Je suis toujours à la lecture du livre «La quatrième révolution – La course mondiale pour réinventer l’État» (The Fourth Revolution. The Global Race to Reinvent the State?) et j’ai déjà donné un aperçue de mon compte-rendu à venir dans l’article «Après l’Etat libéral et l’Etat-providence, l’Etat numérique».

Voilà que je découvre ce matin des critiques québécoises très négative de ce livre à commencer par celle de Pierre Dubuc dans L’Aut’Journal («The Fourth Revolution: la bible de Philippe Couillard» puis celle signée par Antoine Robitaille dans Le Devoir sous le titre «Repenser l’État du Québec – La bible de Couillard?»

Il y a ici tout de même une bonne nouvelle, notre premier ministre présente l’ouvrage comme son livre de chevet selon Le Devoir :

«Lors d’une réunion récente avec des hauts fonctionnaires et des patrons de société d’État, Philippe Couillard a été très clair, racontent plusieurs sources : s’il y a un livre qui l’inspire et même « que vous devriez tous lire », a-t-il lancé à son parterre, c’est The Fourth Revolution – The Global Race to Reinvent the State (Penguin Press, 305 pages), écrit par deux des patrons de la revue The Economist, John Micklethwait et Adrian Wooldridge.»

Source : Repenser l’État du Québec – La bible de Couillard?, Antoine Robitaille, Le Devoir, 6 octobre 2014.

Le journaliste Antoine Robitaille formule une part de sa critique en ces mots : «Nos États actuels — dont le nôtre en déficit et surendetté — méritent sans doute d’être réformés. L’ennui avec des essais qui prétendent faire le tour du monde et d’une question, c’est qu’ils nous en apprennent souvent moins sur le monde que sur les préjugés de ceux qui écrivent ces mêmes essais. Et ici, on semble préférer à tout prix le moins d’État à ce qui pourrait être un « mieux d’État », ce que devrait viser notre gouvernement.»

Cette lecture interprétation du livre The Fourth Revolution est faussé par les préjugés du journaliste. Il a beau reprocher aux auteurs britanniques de The Fourth Revolution d’être sous l’emprise de préjugés, il ne se dégage pas des seins. Car le livre ne prône pas «à tout prix le moins d’État» par opposition «à ce qui pourrait être un « mieux d’État »». Le livre avance que le futur de l’État est dans le numérique (les nouvelles technologies) s’il veut maintenir voire augmenter la qualité des services et ainsi devenir un meilleur état. Bref, ce livre traite de l’État numérique.

Si je suis surpris par cette critique, après réflexion, ma surprise se dissout rapidement puisque le Québec TOUT ENTIER ne semble pas comprendre grand chose au numérique car il vit dans une bulle. On trouve toujours le moyen au Québec de rejeter ce qui se fait ailleurs sous différents et nombreux prétextes.

Par exemple, les auteurs britanniques donnent quelques exemples du passage à l’État numérique en citant des expériences réalisées par le gouvernement de Singapour. Le journaliste québécois y voit une «fascination pour le leader historique de Singapour, Lee Kuan Yew, dont les tendances autoritaires ont de quoi rebuter.» Ainsi Le Devoir règle le cas de Singapour. Parce que le leader a des tendances autoritaires, il faut rejeter tout ce qui se fait dans ce pays. Et parce que les deux journalistes britanniques prennent en exemple le gouvernement de ce pays, ils perdent toute crédibilité.

Il n’y a ici aucune compréhension du numérique et de ses mérites ou, pis encore, un rejet pur et simple du numérique, parce que la critique n’en a que pour la politique.

À noter aussi que le journaliste du quotidien Le Devoir ne rapporte aucun des exemples donnés dans le livre The Fourth Revolution.

Pour ce qui est de la critique de Pierre Dubuc dans L’Aut’Journal («The Fourth Revolution: la bible de Philippe Couillard»), le journaliste rapporte plusieurs exemples mais uniquement dans le seul but de les démolir.

Dès le quatrième paragraphe de sa critique, Pierre Dubuc traite les auteurs britannique d’arrogants : «Avec une arrogance toute anglo-saxonne, Micklethwait et Wooldridge passent à la trappe la Révolution française et la Révolution d’Octobre.» Ne pas parler de la Révolution française et de la Révolution d’Octobre ne relève pas de l’arrogance mais du sujet principal du livre : L’ÉTAT NUMÉRIQUE. Ni l’une ni l’autre de ces deux révolutions, si importante soient-elles sur le plan politiques, n’avaient de place dans le livre The Fourth Revolution. Car il s’agit d’un essai sur la révolution de l’État par le numérique et non pas d’un essai politique.

Comment peut-on dire qu’un essai traitant de l’État numérique n’est pas automatiquement un essai sur la politique ? En comprenant que le numérique demeure avant tout un moyen, un outil, sans parti-pris. C’est simple, les auteurs observent que le numérique est utilisé pour réinventer l’État en plusieurs pays, rien de plus, rien de moins.

J’ai trouvé un billet positif sur un blogue québécois intitulé L’État, ça sert à quoi? signé par . Madame Marcotte rend justice au livre The Fourth Revolution.

Joi trouvé aussi des critiques plus élogieuses hors Québec, dont celle de Vincent Delhomme :

The Fourth Revolution, The Global Race to Reinvent the State[1], est un de ces essais si brillants et documentés qu’il se lisent comme des romans. Écrit à quatre mains par deux journalistes de The Economist, rarement un ouvrage n’avait décrit avec autant d’acuité les difficultés rencontrées par les vieilles démocraties et le dysfonctionnement de leurs gouvernements.

Et il y a aussi cette présentation des auteurs par Le Point.fr

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http://c.brightcove.com/services/viewer/federated_f9?isVid=1

Je louange tout ce qui peut contribuer, ne serait-ce qu’un tout peut peu, à sortir le Québec de sa bulle et le livre The Fourth Revolution s’inscrit en ce sens. Espérons qu’il sera bientôt traduit en français.

Président éditeur, Fondation littéraire Fleur de Lys

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Publié dans Actualité au jour le jour

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