Le livre québécois ne représente que 32% des acquisitions des bibliothèques municipaless

Le quotidien LA PRESSE rend hommage à QUÉBEC AMÉRIQUE à l’occasion du quarantième anniversaire de la maison d’édition : Québec Amérique a 40 ans: la nature du livre.

* * *

quebec-amerique-logo

Bon anniversaire à Québec Amérique !

Félicitation pour la qualité supérieure de vos publications

* * *

On retrouve dans cet article de LA PRESSE signé par Mario Cloutier,  le sous-titre  »AVENIR » où des statistiques viennent confirmer une fois de plus la situation difficile du livre et de la lecture au Québec.

Dans un marché qui reçoit 30 000 nouveaux titres chaque année, dont 4000 québécois, et devant un lectorat en baisse, Québec Amérique n’a donc pas fini de s’adapter.

Les éditeurs québécois produisent donc 4,000 nouveaux titres par année, c’est-à-dire une moyenne de 333 nouveaux titres par mois ou 77 nouveaux titres par semaine. Selon l’étude Les chiffres des mots de Marc Ménard publiée en 2001 (téléchargement libre et gratuit ici), l’éditeur reçoit une aide financière gouvernementale de 5,000$ par titre publié. Le calcul est simple: 4,000 titres/année X 5,000$ = 20,000,000$ (20 millions de dollars).

Aussi, comment un libraire peut-il mettre en vedette 333 nouveaux titres par mois? Cette mission ne se pose pas parce que les libraires doivent se plier à ce qu’on appelle le «régime d’office» qui leurs impose d’accepter toutes les nouveautés. Cependant avec une moyenne de 333 nouveaux titres québécois par mois, le libraire n’a pas d’autre choix que de raccourcir la durée de vie des ces nouveautés sur ses tablettes. En moyenne, la durée de vie d’une nouveauté en librairie ne dépasse pas les trois mois. Des exceptions existes pour des genres littéraires dans le cadre d’entente commerciales particulières avec des libraires.

Enfin, comment le lecteur peut-il être informé de ces 4000 nouveaux titres québécois publiés à chaque année? La moindre des choses serait de publier une liste accessible librement, gratuitement et en tout temps à tous les intéressés, ce qui n’est pas le cas (d’où l’importance du projet de quotidien et d’agence de presse Appui-Livres).

Malgré l’existence de 3500 bibliothèques au Québec, souligne-t-il (monsieur Jacques Fortin, fondation de la maison d’édition), plusieurs livres ne vendent pas plus de 300 exemplaires.

On suppose que les ventes de chacun des 4,000 nouveaux titres devrait se vendre au moins à 3,500 exemplaires, soit un exemplaire par bibliothèque.

Est-ce que les bibliothèques québécoises ont les moyens financiers d’acheter ne serait-ce qu’un seul exemplaire de chacun de 4,000 nouveaux titres québécois publiés à chaque année ? Je ne crois pas si on examine les statistiques des acquisitions (achats) de livres par les 139 bibliothèques municipales en 2012.

Colonne 1 = Bibliothèque par ville

Colonne 2 = Nombre de livres papier (impr. ou imprimés) acquis en 2012

Colonne 3 = Nombre de livres papiers québécois acquis en 2012

Colonne 4 = Pourcentages du nombre de livres papier québécois sur l’ensemble des livres acquis

Colonne 5 = Nombre de livres papier étrangers acquis.

Colonne 5 = Pourcentage du nombre de livres papier étrangers acquis sur l’ensemble des livres acquis.

biblio_qc_acquisition_2012_01

Source : StatBib, ministère de la Culture et des Communications du Québec et Bibliothèque et Archives nationales du Québec. NOTE : Le montage de ce tableau et l’ajout des colonnes de calculs des pourcentages sont de nous. BIBLIOTHÈQUES PUBLIQUES AUTONOMES – Bibliothèques publiques dont l’activité principale consiste à desservir gratuitement, ou à un coût minime, les municipalités de 5 000 habitants ou plus. Inclut les bibliothèques publiques qui desservent des municipalités comptant moins de 5 000 habitants et qui ne sont pas affiliées à un Centre régional de services aux bibliothèques publiques. Elles s’adressent au grand public ou encore à certaines clientèles particulières.

Au total, les bibliothèques municipales ont acquis en 2012 un total de 1,113,553 exemplaires de livres dont  361,102 exemplaires de livres québécois ou 32% et 752,451 exemplaires de livres étrangers ou 68%. Ces statistiques comprennent des exemplaires publiés sur différentes années et non pas uniquement des exemplaires imprimés en 2012. Par exemple, une bibliothèque peut acquérir en 2012 un exemplaire d’un livre publié 2010 à la demande de son lectorat.

Le total des acquisitions des exemplaires de livres québécois acquis par la très grande majorité des bibliothèques municipales se situe en deçà du nombre de titres produits à chaque année par les éditeurs québécois (4,000). Il est donc statistiquement impossible qu’un exemplaire de chacun de ces 4,000 titres québécois se retrouve dans chaque bibliothèque municipale.

De ce tableau, il faut retenir les colonnes de pourcentages calculées et ajoutées par nous. Le livre québécois représente 32% des acquisitions de nos bibliothèques municipales face au livre étranger qui représente 68%.

biblio_qc_acquisition_2012_03

À mon humble avis, le seul moyen pour augmenter la présence du livre québécois dans les bibliothèques municipales est d’attacher une augmentation annuelle significative du pourcentage d’achat des livres d’ici à l’aide financière gouvernementale.

La promotion du livre québécois auprès des bibliothécaires, notamment avec COLLECTIONS – La revue de la littérature d’ici pour les bibliothèques d’ici publiée par l’Association nationale des éditeurs de livres est un pas dans la bonne direction.

revue_collections_anel_01

Trois couvertures de COLLECTIONS – La revue de la littérature d’ici pour les bibliothécaires d’ici publiée six fois par année par l’Association nationale des éditeurs de livres (ANEL)

Il faut espérer que les bibliothécaires mettent cette publication à la disposition de leur lectorat. L’ANEL offre gratuitement en libre téléchargement la version numérique de COLLECTIONS, une initiative très intéressante.

Mais cet effort plus que louable ne suffira pas. À mon humble avis, le seul moyen pour augmenter la présence du livre québécois dans les bibliothèques municipales est d’attacher à l’aide financière gouvernementale l’obligation d’une augmentation annuelle significative du pourcentage d’achat des livres d’ici.

Le pourcentage de livres québécois au sein du catalogue des bibliothèques municipales devrait aussi faire partie de l’indice de performance de l’Institut de la statistique du Québec. Actuellement, les indicateurs de performance des bibliothèques se limitent à ceci :

biblio_indicateurs_de_performance_01

© Gouvernement du Québec, 2014

Le nombre de titres québécois doit faire partie des indicateurs de performance de nos bibliothèques. Malgré le débat au sujet de l’ouverture au monde (livres étrangers), il faut que l’argent des contribuables versé à nos bibliothèques publiques servent majoritairement à la littérature d’ici. Je ne dis pas exclusivement mais majoritairement.

«La plus grande bataille à faire, c’est du côté du lectorat, transmettre le goût de lire aux nouvelles générations.» Pierre Cayouette, conseiller littéraire, Québec Amérique

—-

 

Président éditeur, Fondation littéraire Fleur de Lys

Tagged with: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,
Publié dans Actualité au jour le jour, Votre éditeur prend position
One comment on “Le livre québécois ne représente que 32% des acquisitions des bibliothèques municipaless
  1. […] la moyenne de vente d’un nouveau titre est de seulement 300 exemplaires au Québec – Voir ici). Faut-il priver les lecteurs de ces œuvres parce qu’ils sont peu nombreux ? Non […]

Laisser un commentaire

Entrer les renseignements ci-dessous ou cliquer sur une icône pour ouvrir une session :

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

Entrez votre adresse de courriel pour suivre ce magazine littéraire et être notifié par courriel des nouvelles publications.

Joignez-vous à 1 088 autres abonnés

Dossier « Les 500 ans de la mort de Léonard de Vinci »
Dossier – Résultats du sondage « Les Québécois et leurs écrits »
TÉLÉCHARGEMENTS

Les documents PDF les plus populaires ci-dessous

Un petit détour – Vous êtes redirigés ici pour vous permettre de découvrir ce magazine en ligne avant de télécharger le document demandé. Tous nos documents à télécharger sont d’abord annoncés dans ce magazine. Abonnez-vous gratuitement (voir ci-dessous).

Composition technique d’un article de presse
Les styles interpersonnels selon Larry Wilson
Follow Le magazine en ligne de la Fondation littéraire Fleur de Lys on WordPress.com
Magazine littéraire

Ce magazine littéraire est l’œuvre de la Fondation littéraire Fleur de Lys et s'inscrit dans une mission d'éducation populaire au sujet du monde du livre, et ce, tant auprès des auteurs que des lecteurs.

Vous pouvez nous écrire à l'adresse suivante :


contact@manuscritdepot.com

Archives
%d blogueurs aiment ce contenu :