Nouveau livre : Les Trois Vallées – Les Chroniques de Jéléna – Tome 1. Vallée de Flavia, Pâquerette Béland, Fondation littéraire Fleur de Lys

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Les Trois Vallées
Les Chroniques de Jéléna
Tome 1 – Vallée de Flavia
Pâquerette Béland
Fondation littéraire Fleur de Lys,
Lévis, Québec, 2014, 336 pages.
ISBN 978-2-89612-459-6
Couverture souple couleur
Format 6 X 9 pouces
Reliure allemande
Exemplaire papier : 29.95$ (Canada)
Exemplaire numérique : 7.00$ (Partout)

PRÉSENTATION

Les Trois Vallées – Les Chroniques de Jéléna – Tome 1. Vallée de Flavia,
Pâquerette Béland, Fondation littéraire Fleur de Lys

Jéléna vit dans un monde entièrement géré par la magie. Elle possède celle des sons et rêve de devenir Maître dans ce domaine. Mais bien avant la Révélation, la vie lui réserve des surprises.

Vous ferez sa rencontre à un moment charnière de sa vie de scolière à la Magiscole 2 de Beaufils, moment où tout concoure à la perturber.

À peine remise, une situation choquante la pousse à fuir la maison. C’est alors qu’elle rencontre un dragonneau perdu et le Mage chargé de le ramener chez lui.

Elle est loin de se douter que cette rencontre déterminera le contenu de sa Révélation et orientera toute sa vie future.

EXTRAIT

Les Trois Vallées – Les Chroniques de Jéléna – Tome 1. Vallée de Flavia,
Pâquerette Béland, Fondation littéraire Fleur de Lys

NOTE DE L’AUTEUR

Pour créer l’atmosphère particulière du monde de Jéléna, j’ai inventé un vocabulaire spécifique aux réalités sociales et utilisé des mots du français du 19e siècle qui n’ont plus cours aujourd’hui ou qui sont peu usités. Vous en trouvez les définitions à la fin du livre.

Vous avez aussi un calendrier qui vous indique les saisons, très différentes de celles que vous connaissez, et les fêtes respectées par les habitants des Trois Vallées.

Une carte de la vallée de Flavia vous permet de suivre les déplacements des héros.

PREMIÈRE PARTTIE

Les indices avant-coureurs

CHAPITRE 1

Le boulanger Roubène

Année 861 de la nouvelle ère

30 Prime-saison

— Jéléna ! Viens ici ! s’époumona Latoya par la fenêtre ouverte de sa bonbonnière.

Tout en rechaussant bien son plant, comme le lui avait montré Léyéna à Sodoumère, la jeune fille irritée par cet appel tonitruant serra les dents.

— Oui ! J’arrive, répondit-elle du même ton.

Elle vida l’arrosoir dans le sillon qu’elle avait creusé. La terre gorgée d’eau la remercia par un mouvement de la plante. Elle secoua les saletés accumulées sur son talmat et d’un pas décidé entra dans la maison.

— Ah ! Te voilà ! Je n’ai pas cuit ce matin. Étant donné que ton Albépère est parti très tôt avec ses compagnons pour sa rencontre annuelle de fabricateurs à Boismage et que ma Léyésœur restera à Flavia jusqu’à la fête des Semences.

— Aussi longtemps !

— Ne m’interromps pas quand je parle. Bon, j’ai perdu le fil de mes idées. Ah ! Ça me revient. Je vais coudre l’andrienne de la scribe Marinova, elle sera prête pour un premier essayage le 32. Et puis, enlève ce surtout crotté. Comment peux-tu te salir autant alors que tu magies aisément ? Et pas dans la robière ! Accroche-le à côté de la porte. Ah, cette enfant ! J’y arrive. Va chercher une michotte pour nous deux. Avec les restants de cabrillon et des andouillettes, on aura un bon repas.

Jéléna se lava méticuleusement les mains sous le regard pressant de sa Latomère.

— Et n’oublie pas la panetière !

Elle sortit en empruntant le vestibule. Non, elle n’oubliait plus la panetière depuis cette fois où…

Elle avait jardiné toute la journée avec sa Léyétante. Quand sa Latomère l’avait envoyée au Panarium, elle y avait couru sans se soucier de sa tenue et était revenue tout aussi vite tenant entre ses doigts sales un larton qui ne méritait plus son nom. Latoya avait exigé, après un savonnage en règle de ses mains, qu’elle retourne le produit au boulanger pour que celui-ci procède à une purification. Ce qu’elle avait eu honte de lui demander cela ! Elle revoyait encore les grands yeux incrédules de l’homme, hésitant entre ses tâches régulières et cet ajout dont il se serait sûrement passé. Elle avait retenu ses larmes pour l’implorer du regard.

« Jéléna à Latoya ? C’est bien ça ? » avaient été ses seules paroles. Il avait repris le larton et l’avait ajusté dans un gril rond à long manche avant de le basculer sur les braises rougeoyantes qu’il avait activées d’un mouvement de la main. Le pain était ressorti d’un beau brun, la croûte bien grillée, purifié de toute salissure. Il l’avait glissé lui-même dans la panetière qu’elle lui avait tendue et l’avait gratifiée d’un grand sourire.

« Merci, boulanger Roubène, et elle avait spontanément ajouté la formule, que la magie du feu vous protège ! » avant de prendre la fuite.

Elle marchait d’un pas alerte. Le vent s’infiltrait sous sa mente. Elle regrettait son manteau, remisé trop tôt par sa Latomère.

— Jéléna ! Attends-moi ! Où tu vas comme ça !

Oulriche survola au ras du sol la distance qui les séparait. Elle se retint de pouffer en voyant son claque-oreille battre de chaque côté de la tête.

— Au Panarium. Mais tu devrais faire attention, ajouta-t-elle tout bas. Si quelqu’un t’aperçoit et déclare au Magimaistre que tu voles sans autorisation…

— Et toi, chuchota-t-il, si quelqu’un te surprenait à parler avec tu sais quoi !

Elle rougit, tourna la tête et reprit son pas.

— Qu’est-ce que tu fais après le repas ?

Elle haussa les épaules alors que son ami poursuivait :

— Je descends au port avec Posoyou et Iralova. Est-ce que tu viens avec nous ?

— Je ne sais pas.

— C’est congé. Profites-en ! On t’attendra face à l’ouvroir de mon Soulipère. Mais ne tarde pas trop ! Il jeta un coup d’œil rapide autour de lui, puis il retourna chez lui en rasant le sol sans y toucher.

Jéléna évita de le regarder pour ne pas attirer l’attention sur ce qu’il faisait.

— Bonjour, boulanger Roubène.

— Bonjour Jéléna à Latoya. Qu’est-ce que je vous offre en ce jour de congé ?

— Une michotte.

— Ce n’est pas foule à la maison, hein ? Et dans tout le bourg, c’est pareil. La prime-saison, c’est désastreux pour les affaires. Mais que voulez-vous ? Je profite de cette période pour professer auprès de mes compagnons. Dites-moi, scolière Jéléna, avez-vous réfléchi à la voie que vous alliez suivre au Magiprenti 1 ? L’artonomie, ce n’est pas que la magie de la forme. Elle implique aussi les hautes magies, comme la terre et le feu. Vous voyez mes compagnons ici, ils travaillent avec le sourire, même celui qui bretonne derrière le four. Ils sont conscients de l’importance de leur tâche. Qu’en pensez-vous ?

Estomaquée par ce qu’elle venait d’entendre de la part de Roubène habituellement avare de mots, elle déclina un « Je ne sais pas encore ce que je vais faire » avant de glisser la michotte dans sa panetière.

— Merci, boulanger Roubène. Et elle se sauva, encore une fois.

Oui, elle avait déjà réfléchi à sa voie. Et c’était la magie des sons.

Elle comprenait les animaux, leur parlait et les faisait chanter, même sans serinette. « Vous croyez cela, scolière Jéléna, lui avait soutenu son instructeur, parce que votre oreille est parfaite. » Elle ne l’avait pas trouvé très visionnaire pour un Maître. De toute façon, elle n’avait pas eu besoin de lui pour la découvrir, c’était venu naturellement, avant même d’aller à la Magiscole 1.

Après, elle en avait exploité un autre volet : la musique. Et elle ne s’était pas privée de gratter, frotter et frapper tous les tricorde, tétracorde ou pentacorde qui aboutissaient entre ses mains. Mais c’est surtout avec l’hexacorde qu’elle avait vraiment ressenti la magie opérer. Subtilement, ses doigts avaient glissé sur les cordes sans qu’elle leur donne une direction précise. Et l’instrument avait rendu la mélodie qu’elle avait en tête.

— Ah, enfin ! Je t’attendais pour manger, déclara Latoya. J’ai fait une salade de jeunes pousses que j’ai glanées autour de la maison. Tu aurais pu faire ça au lieu de transplanter ! C’est un peu tôt. Tu vas être obligée de les couvrir.

— Oui, je sais. Je le ferai.

Après un moment de silence, Latoya leva la tête :

— Tu vas faire quoi ? Ah oui ! Recouvrir les plants. Elle rompit la michotte, un sourire aux lèvres. « Il est beau, ce pain. Et bien pétri. Le boulanger Roubène comprend bien ce que transférer son âme à son produit implique. Réalises-tu que c’est de la vie que tu avales à chaque morceau ? »

Jéléna, la bouche pleine, fixa sa Latomère d’un air perplexe.

— Au fait, est-ce qu’il t’a parlé de son ouvroir ? C’est un bon professeur, tu sais, et il est fort bien vu à Boismage. Ses compagnons viennent des Trois Vallées pour perfectionner leur magie avant d’être reçus Manouvrier.

La jeune fille saisit sa tasse de tisane chaude et en huma les vapeurs.

— Je sais. Tu es jeune encore. Il te reste plus d’une année pour y réfléchir. Les sons, c’est bien beau. Mais ça ne remplit pas toute une vie. Mon Louvifrère est boisillier et ça ne l’empêche pas de ménestrauder à toutes les fêtes.

— Je ne veux pas ménestrauder.

— Ah ! On sait bien ! Scolière Jéléna rêve grand. Elle veut devenir Maître des sons, ni plus, ni moins.

Jéléna serra les dents sur sa tasse.

— Bon, assez parlé. J’ai une andrienne qui m’attend. Et sur un ton dégagé, elle compléta : « Je pense que ce sera la plus belle de toutes celles que j’ai réalisées. Tu ne peux pas t’imaginer le bonheur que l’on ressent quand la magie de la forme coordonne tous les éléments de la création. Tu comprendras, un jour. » Elle se leva. « Je te laisse ramasser. » Et elle retourna à son ouvroir.

Jéléna se hâta de terminer sa corvée sans toutefois sabrenasser. Quand elle revêtit son gros chandail de laine bouillie, décrocha sa mante et enfila des gants en poil de chèvre, elle laissait derrière elle un comptoir impeccable.

Elle sortit discrètement et prit soin de bien fermer la contre-porte.

AU SUJET DE L’AUTEURE

p.paquerette-beland.605

Pâquerette est native de la Matapédia.

Après des années d’études en piano, elle décida de l’enseigner un an ou deux. Ce fut une longue parenthèse qui se solda dix ans plus tard par un retour à l’Université en Études littéraires, suivi d’une maîtrise en Bibliothéconomie.

Cette nouvelle profession lui permit de travailler dans différents milieux et l’amena à rencontrer plein de gens intéressants.

Mais ce fut surtout la présence continuelle des livres autour d’elle et de tous les mondes qu’ils renferment qui déclencha son envie d’écrire. Et comme source d’inspiration, rien de mieux que la vallée qui l’a vue grandir et les nombreux pays qu’elle a visités.

Elle se mit à la tâche en février 2001 et depuis, l’écriture fait partie de son quotidien.

* * *

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Président éditeur, Fondation littéraire Fleur de Lys

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