Au-delà des accommodements raisonnables, Charles Taylor, philosophe de la culture

 

Charles_TaylorPlusieurs Québécois découvrent le philosophe Charles Taylor en 2007 lors de la Commission de consultation sur les pratiques d’accommodement reliées aux différences culturelles (CCPARDC, dite « Commission Bouchard–Taylor »). Personnellement, je l’ai découvert quelques années auparavant, soit en 1998 lors ma lecture de son ouvrage LES SOURCES DU MOI – La formation de l’identité moderne présenté en ces mots par l’éditeur (Seuil) :

«Les Sources du moi est un ouvrage magistral sur l’identité moderne. Il en dresse un tableau saisissant sans en taire ni la grandeur ni la misère, et il tente de la définir en en retraçant la genèse. Cette généalogie remonte à saint Augustin, passe par Descartes et Montaigne et se prolonge jusqu’à aujourd’hui. Il s’agit de comprendre cette révolution inouïe qui a fait que les modernes se voient comme des êtres doués d’intériorité, comme des « moi » ayant une profondeur. Loin de pouvoir se ramener à l’essor de l’individualisme libéral, cette histoire est celle d’une très longue quête pour définir et atteindre le bien. Au cœur de cette définition, on trouve ce que l’auteur appelle l’affirmation de la vie ordinaire. La montée en puissance de cette valeur, retracée ici de ses origines dans la Réforme jusqu’aux formes qu’elle prend de nos jours, aura profondément transformé notre conception de la Raison.

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Ce livre d’histoire des idées, d’une grande érudition, ne saurait être séparé du combat, philosophique et politique, que mène l’auteur depuis de nombreuses années au nom du communautarisme. Il s’agit de défendre la modernité, moins contre ses détracteurs, que contre la philosophie libérale qui prétend seule en porter les couleurs. Trouvant son apogée dans l’œuvre majeure de John Rawls, Théorie de la justice (Seuil, 1987), celle-ci est accusée de faire bon marché de l’exigence de cohésion sociale et de ne s’intéresser qu’à la liberté des individus et à la justice dans la répartition des richesses. A cette abstraction du libéralisme, Taylor oppose une démarche qui fait fond sur le monde de l’expérience, l’analyse des faits, l’autoconception de la société telle qu’elle est vécue par les gens, leur imaginaire social.»

Source

Il faut une grande motivation pour lire cet ouvrage exceptionnel de 710 pages et comprendre la naissance du  »moi » qui fondera l’identité moderne. Car le  »moi » n’a pas toujours existé ! Il naît avec la modernité. La Vie des Idées nous propose un résumé intéressant de la pensée de Charles Taylor.

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«Charles Taylor n’a cessé de critiquer l’individualisme des sociétés modernes. La politique de la reconnaissance qu’il prône entend respecter la singularité de chacun et son inscription dans une communauté morale ou politique – quitte à accorder une importance excessive aux convictions religieuses.

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Charles Taylor, philosophe de la culture (PDF – 225 ko) par Céline Spector

Philosophe québécois anglophone et francophone, Charles Taylor (né en 1931) est aussi un homme politique engagé : candidat dans les années 1960 aux élections fédérales pour le Nouveau Parti Démocratique, il participe aujourd’hui encore à la vie politique québécoise, dont il est l’un des intellectuels les plus admirés. Son militantisme remonte à ses années de formation. En 1958, Charles Taylor se passionne pour le Marx humaniste des Manuscrits de 1844 qu’il vient de découvrir à Paris. Lié à l’Université d’Oxford à la Nouvelle Gauche, qui s’exprime après 1960 dans la New Left Review, il abandonne rapidement toute référence au marxisme orthodoxe. Dans son œuvre politique, l’individualisme libéral et l’économisme marxien sont renvoyés dos-à-dos, car tous deux détournent des questions majeures liées à la satisfaction des besoins culturels et spirituels : « la société libérale, comme toute autre société, ne peut tenir ensemble au moyen de la seule satisfaction des besoins et des intérêts de ses membres. Elle requiert également un ensemble de croyances sinon communes, du moins largement partagées, qui rapportent sa structure et ses pratiques à ce que ses membres considèrent comme ayant une signification ultime » [1]. Ainsi Taylor interprète le gauchisme qui conduisit à mai 1968 comme une contestation opérée au nom de principes romantiques. À ses yeux, il s’agit d’une tentative pour pallier les défauts du capitalisme par une synthèse de deux valeurs majeures de la modernité : la « liberté radicale » et « l’expression intégrale » de soi.»

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Président éditeur, Fondation littéraire Fleur de Lys

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