Les médias traditionnels québécois toujours aussi déconnectés du nouveau monde du livre

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Sur le site internet LAPRESSE.CA qui regroupe les sept quotidiens québécois du groupe GESCA, propriété de POWER CORPORATION DU CANADA, l’autoédition a été l’objet de seulement 2 articles en 2013 (L’autoédition a le vent en poupe et L’autoédition gagne du terrain en Europe) malgré la popularité grandissante du phénomène au Québec et au Canada.

Les deux articles n’étaient même pas des textes signés par des journalistes ou chroniqueurs de ces quotidiens québécois mais plutôt des reproductions d’articles achetés auprès de l’Agence France-Presse.

thestar_logoPourtant, le Toronto Star proclame 2013, l’année de l’autoédition au Canada dans un article original publié le 27 décembre dernier sous le titre 2013: The year of self-publishing.

actualitte_01Le site français L’ActuaLitté a fait écho à la nouvelle du Toronto Star dès le 2 janvier 2014 dans un article intitulé Canada : 2013, année de l’autoédition pour les auteurs. Aucun média québécois n’a repris la nouvelle.

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Sans les deux grands quotidiens de l’empire Québécor, Le Journal de Montréal et Le Journal de Québec, on compte un seul article au sujet de l’autoédition dans lequel on annonce l’ouverture d’un service d’autoédition au Saguenay (Publications Saguenay ouvre ses portes à Saguenay).

Timide mention de l’autoédition

Dans un article consacré au bédéiste David Therrien sous le titre Ninja malgré lui, Le Journal de Montréal mentionne que l’auteur «a choisi le dur chemin de la consigne et de l’autoédition par désir de liberté créative». Cet article est réservé aux abonnés.

Dans un autre article, celui-là consacré au Comiccon de Montréal (une convention dédiée aux bandes dessinées) sous le titre Comiccon de Montréal: les Québécois ne laissent pas leur place, Le Journal de Montréal mentionne que «Ce sont surtout les gens de l’autoédition qui profitent du Comiccon. Ils sont débrouillards et savent qu’ils doivent y prendre leur place…» C’est tout. L’article est réservé aux abonnés.

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Le quotidien québécois indépendant Le Devoir n’a pas parlé de l’autoédition en 2013, si ce n’est une timide mention dans son article La «trahison» de deux auteures à succès publié à la suites des «décisions successives de Marie Laberge et d’Arlette Cousture de vendre leurs écrits en format numérique directement sur leur site Web.»

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Radio-Canada n’a parlé qu’une seule fois de l’autoédition en 2013 , et ce, dans le cadre d’un reportage au sujet du Salon du livre : Tous les chemins mènent au livre. Le texte fut court :

«L’autoédition, un phénomène en pleine ascension

Au Québec, plus de 90 % des manuscrits sont rejetés par les éditeurs. De plus en plus de gens ont trouvé une solution de rechange : se lancer eux-mêmes dans l’édition de leur propre livre. On appelle ça l’autoédition. Le phénomène est en pleine ascension aux États-Unis et en Europe. Au Québec, Marguerite Lescop a ainsi vendu des milliers d’exemplaires du Tour de ma vie en 80 ans.

L’autoédition reste une aventure parfois périlleuse, puisqu’un auteur doit tout planifier lui-même : écriture, corrections, mise en page, etc. Mais elle se diversifie et emprunte aussi le chemin du web. Des entreprises d’édition à la demande permettent aux auteurs qui se publient eux-mêmes de se mettre en valeur sur la toile, et de mettre en commun certains services.

Michel Labrecque s’est entretenu avec Maurice Tancelin, professeur de droit à l’Université Laval, qui a publié son livre avec l’aide du portail bouquinplus.com.» Écouter l’entrevue

Trois paragraphes seulement. Une seule entrevue. Voilà le bilan de l’année 2013 dans le domaine de l’autoédition pour Radio-Canada.

Pourquoi est-ce ainsi dans les médias québécois ?

Précisons la question : pourquoi les médias traditionnels québécois n’informent pas davantage leurs lectorats et leurs auditoires au sujet du nouveau monde du livre au Québec ? Car nos médias traitent bel et bien de ce qui se passe ailleurs dans le nouveau monde du livre, notamment aux USA en suivant de près Amazon, Google, Apple, etc. ? Pourquoi le nouveau monde du livre au Québec ne jouit pas de la même couverture de presse aux sein de nos médias ? Par manque d’intérêt ? Par manque d’information ? Par snobisme ? Par fidélité à l’industrie traditionnelle du livre ? Je ne sais pas.

En revanche, je dois me rendre à l’évidence que j’idéalise le rôle des médias traditionnels québécois au sein de notre société. J’ai des attentes très élevées face aux médias. Je m’attends à ce qu’ils participent au développement de notre société, y compris et surtout des secteurs en émergence afin que la population puisse en être informée et ainsi faire un choix éclairé à savoir si elle s’implique ou non dans ces secteurs.

Mes attentes face aux médias sont nés à la pratique même du journalisme. En effet, j’ai fait mes premiers pas en journalisme dès l’âge de 16 ans pour des médias locaux puis nationaux, notamment pour Radio-Canada et Le Soleil (Québec). Au début de la vingtaine, j’ai accédé à un poste de rédacteur en chef d’un hebdomadaire régional francophone en Ontario. Tout au long de ma carrière, j’ai exercer en parallèle le métier de chroniqueur pour différentes publications spécialisées et je fus même rédacteur en chef d’une revue d’affaires. De plus, j’ai donné plus de 350  conférences sur l’influence des médias après avoir fondé un Club d’Initiation aux médias dans les années 80 à la suite d’un stage en éducation aux médias en France. Bref, je connais les médias, leur fonctionnement et leur rôle et c’est pourquoi j’attends beaucoup de leur part.

De l’époque où il fallait courir après les nouvelles pour remplir chaque édition et chaque bulletin d’information, nous sommes passés à une époque d’abondance d’information, la société de l’information comme on l’appelait dans les années 70-80. Cette abondance a changé la donne. «Informer, c’est choisir» enseignait le quotidien Le Monde dans son livre Lire le journal publié au début des années 80.

Lorsque vous retrouvez un bon matin avec 32 communiqués de presse et 6 invitations à des conférences de presse sur votre bureau, vous devez choisir quelles informations vous passerez sous silence et lesquelles vous communiquerez à votre lectorat ou auditoire. Aujourd’hui, le choix de l’information est encore plus difficile puisque que nous sommes passés de l’abondance à la surabondance. Alors, quand votre présentateur des nouvelles télévisées vous dit «Voici toutes vos informations», il ment car il ne vous parlera pas de toutes les nouvelles mais uniquement de celles qu’il a sélectionnées pour vous celles et auxquelles vous devez prêter attention.

Ce mensonge est plus flagrant depuis l’arrivée de l’internet et du web. Les informations autrefois mises à la poubelle ou en filière dans les salles des nouvelles sont désormais accessibles à tous. On connaît la suite : les gens s’informent suivant leurs propres intérêts et ils exercent eux-mêmes leurs choix. Les médias traditionnels ont donc perdu le monopole de l’information et de la nouvelle aux mains mêmes de leurs lectorats et auditoires.

Malgré cette révolution, les médias traditionnels persistent et signent dans leurs choix de l’information et perdent contact avec la réalité des intérêts de la population. Ils sont plus que jamais déconnectés de la réalité vécue au jour et jour par la population ultra-connectée. Les médias traditionnels tentent tant bien que mal de suivre la population sur le web en ajoutant les propos qu’elle tient sur les réseaux sociaux (Facebook et Twitter) en guise de commentaires à leurs bulletins. Mais le web, c’est beaucoup plus que des commentaires, tout comme la vie d’un quartier ne se résume pas aux mémérage des cordes à linge.

Le web offre plus que des informations et des commentaires. Aujourd’hui, le web tire sa force des nouvelles possibilités qu’il nous offre en exclusivité avec la complicité du numérique. Et c’est sur ces nouveaux chemins que les médias traditionnels perdent pieds alors que la population les distance de plus en plus vite. Les médias traditionnels auraient-ils oublié que l’information à la propriété d’engendrer de nouveaux comportements. On se souviendra des efforts déployés dans les années 80 pour mieux informer les consommateurs qui devinrent ainsi plus critiques et changèrent leurs comportements. «Les comportements changent» nous répètent les médias alors que leur propre comportement ne change pas véritablement. Ils choisissent encore et toujours les informations et les nouvelles selon des critères qui ne reflètent pas les intérêts et les nouveaux comportements de la population.

On vient de constater au début de cet article que la couverture de presse de l’autoédition par les médias traditionnels québécois n’est pas à la hauteur de l’intérêt grandissant de la population pour ce type de publication et, globalement, des lecteurs pour le nouveau monde du livre. Pourquoi ? Je tente de comprendre l’attitude des médias depuis plus d’une dizaine d’année mais sans succès. Je ne trouve pas ce qui cloche.

J’ai mentionné ci-dessus que j’idéalise le rôle des médias au sein de notre société. Peut-être que je compte trop sur les médias traditionnels pour nous informer au sujet du nouveau monde du livre. Après tout, et c’est ce que je viens de comprendre en ce début d’année, le nouveau monde du livre évolue dans un tout autre environnement que celui des médias traditionnels. Les médias québécois ont l’habitude de couvrir les sujets propres à leur environnement, un environnement fermé, comme l’est le monde de l’édition traditionnelle. Ainsi, le nouveau monde du livre n’est pas à la portée de la main des médias traditionnels.

Aussi, je dois me rendre à l’évidence que la population n’a pas attendu les médias traditionnels pour s’intéresser au nouveau monde du livre, du moins au Québec. Car en France et aux USA, les médias traditionnels ont donné un coup de pouce évident au développement du nouveau monde du livre.

Alors, si je dois abandonner l’idée d’une solide implication des médias traditionnels québécois dans le développement du nouveau monde du livre, quelle solution de rechange s’offre aux Québécois ? Nous doter d’un site web d’actualité fédérant tous les univers du livre à l’image du site français L’ActuaLitté, de loin le meilleur dans sa catégorie.

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Le meilleur site web d’actualité du livre et de l’édition
selon la Fondation littéraire Fleur de Lys

À SUIVRE

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Président éditeur, Fondation littéraire Fleur de Lys

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