L’entraide, un facteur de l’évolution plus important que la compétition

En ce dernier jour de l’année 2013, permettez-moi d’attirer votre attention sur l’entraide à titre de facteur de l’évolution de l’espèce humaine et de la société par opposition à la compétition ou, si vous préférez, à « la sélection naturelle par le plus fort » proposée par Charles Darwin.

Quel facteur contribue davantage à notre évolution : l’entraide ou la compétition?

Notre société nous lance très jeune dans une compétition les uns envers les autres. Certains supportent très bien cet environnement et livrent une féroce compétition à leurs pairs. D’autres s’écroulent rapidement dès leurs premiers pas dans cet environnement et n’acquerront jamais un esprit compétitif. Je suis de ceux-là.

En effet, je déteste la compétition depuis mon tout jeune âge. À l’école élémentaire, je me refusais systématiquement à fournir l’effort compétitif  demandé lors des cours d’éducation physique. Frêle et petit, je n’étais pas de taille à affronter la compétition sportive, tant au sien de mon équipe que de l’équipe rivale. Il en allait de même sur le plan intellectuel. J’ai rarement eu des notes au dessus de la moyenne. Bref, je ne trouvais aucune motivation dans la compétition.

Cette contre performance n’affectait en rien ma confiance en moi parce que je n’accordais aucune valeur positive à la compétition. Je demeurais neutre tant face aux vainqueurs qu’aux perdants, pour autant que je n’en faisais pas frais.

J’ai connu des gens très compétitifs au fil des ans, des gens en compétition constante dans leur vie personnelle et professionnelle. Souvent, ils ne connaissaient que la loi du plus fort ou la loi de jungle. Pour eux, seuls survivent ceux qui sont capables de s’élever au-dessus des autres par élimination de la compétition, ou capables de marcher sur la tête des autres, généralement sans scrupule, pour se hisser au sommet de la pyramide.

C’est sans doute pourquoi, dans ma vie professionnelle, j’ai toujours cherché à me spécialiser dans des domaines très pointus, souvent innovateur, où je me retrouvais seul, sans compétition directe.

J’ai grandi dans une famille politisée à l’extrême par solidarité avec un oncle élu député pendant vingt ans. Il n’y a pas un domaine où la compétition règne autant en roi et maître que la politique active. Il va sans dire que j’ai rejeté ce modèle de vie compétitif dès l’adolescence, et ce, au profit d’un autre modèle qui me semblait à l’opposé : l’entraide. Mon bonheur tenait et tient encore aujourd’hui à l’aide que je peux apporter aux autres.

Et je tiens à la naïveté dans toutes ses déclinaisons qu’implique le modèle d’entraide puisqu’il faut s’oublier soi-même pour être réellement utile à l’autre. Sympathiser ne me suffit pas; il me faut compatir avec l’autre.

C’est dans ce contexte que j’ai pris contact cette année avec une autre théorie de l’évolution liée à l’entraide et avancée par le penseur et scientifique russe Pierre Kropotkine (1842-1921). Il fera connaître sa théorie dans un ouvrage intitulé L’Entraide, un facteur de l’évolution paru en 1902 durant son exile à Londres. J’ai appris l’existence de ce livre lors de l’entrevue accordée par Francis Dupuis-Déri dans le cadre de l’émission Les publications universitaires à la suite de la parution de son livre Démocratie – Histoire d’un mot.

Le théorie de Pierre Kropotkine s’oppose à celle Charles Darwin fondée sur la sélection naturelle et exposée dans livre De l’origine des espèces (1859).

Charles Darwin

Charles Darwin

«En biologie, la sélection naturelle est l’un des mécanismes qui cause l’évolution des espèces. Ce mécanisme est particulièrement important du fait qu’il explique l’adaptation des espèces aux milieux au fil des générations. La théorie de la sélection naturelle permet d’expliquer et de comprendre comment l’environnement influe sur l’évolution des espèces et des populations en sélectionnant les individus les plus adaptés et elle constitue donc un aspect fondamental de la théorie de l’évolution. De façon sommaire, la sélection naturelle est le fait que les traits qui favorisent la survie et la reproduction voient leur fréquence s’accroître d’une génération à l’autre. Cela découle « logiquement » du fait que les porteurs de ces traits ont plus de descendants, et aussi que ces derniers portent ces traits (puisqu’ils sont héréditaires).» Source : Wikipédia

Pierre Kropotkine

Pierre Kropotkine

«Le scientifique Pierre Kropotkine oppose l’entraide aux théories du darwinisme social sur la sélection naturelle. Selon Kropotkine, le darwinisme social retient principalement le critère de « la sélection naturelle par le plus fort » (Charles Darwin notait aussi l’importance de l’altruisme). Kropotkine critique cette conception restreinte de l’évolution de l’humanité, en posant en détail des exemples du facteur d’entraide dans l’évolution des espèces, dont l’espèce humaine, mais aussi entre groupes humains.» Source : Wikipédia

«Dans la pratique de l’entraide, qui remonte aux plus lointains débuts de l’évolution, nous trouvons la source positive et certaine de nos conceptions éthiques : nous pouvons affirmer que, pour le progrès moral de l’homme, le grand facteur fut l’entraide et non pas la lutte. Kropotkine s’insurge contre la vision réactionnaire et dangereuse de la vie en société où « l’homme est perçu comme un loup pour l’homme » : qui est selon lui à la fois irréel et condamne à une vision de société cruelle.» Source : Wikipédia

Le livre a été réédité en 2001 par Les Édition écosociété :

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L’entraide
Un facteur de l’évolution
Pierre Kropotkine
Préface de Mark Fortier
Collection Retrouvailles
ISBN 2-921561-56-5
400 pages
27 $ / 22 €

À la fin du XIXe siècle, des hommes de science présentaient la nature et la société comme un univers de rareté, où se déroule un « spectacle de gladiateurs », une « mêlée générale perpétuelle »; les plus forts, n’agissant qu’en fonction de leur intérêt individuel, en sortent victorieux, assurant ainsi le progrès. Ces thèses faisaient bien l’affaire des économistes libéraux: elles donnaient au capitalisme une justification « scientifique ». Depuis la fin des années 1970, avec la montée du néolibéralisme, ces idées sont revenues au goût du jour: invoquant la responsabilité individuelle et les bienfaits de la compétition, on voue un culte aux « battants », aux « gagnants », aux « conquérants »…

Dans L’entraide, un facteur de l’évolution, le penseur russe Pierre Kropotkine (1842-1921) proposait plutôt, exemples à l’appui, une conception du progrès dans la nature et la société fondée sur l’entraide et la sociabilité. Homme de son temps, il faisait certes preuve du même scientisme naïf que les savants qu’il pourfendait, mais il a le mérite d’avoir mis en lumière des comportements animaux fascinants et des réalités historiques et culturelles trop souvent oubliées, comme l’espace politique autonome qu’ont constitué les cités libres du Moyen Âge.

Théoricien de l’anarchisme, Kropotkine comptait ainsi enraciner les idéaux de liberté. Après avoir réfléchi sur l’économie, le travail et l’industrie dans les oeuvres marquantes qu’ont été La conquête du pain (1892) et Champs, usines, ateliers (1899), il partait, dans L’entraide (1902), à la recherche des fondements mêmes d’une éthique libertaire.

Cette édition de L’entraide est accompagnée d’une préface du sociologue Mark Fortier.

Pierre Kropotkine fut fonctionnaire, explorateur, géographe, homme de sciences, militant et journaliste avant de devenir l’un des théoriciens les plus renommés de l’histoire du mouvement ouvrier.

La réédition

L’entraide, un facteur de l’évolution fut d’abord publié en anglais sous le titre Mutual Aid, A Factor of Evolution (Londres, William Heinemann, 1902). Il s’agissait d’un recueil d’articles de Pierre Kropotkine parus entre 1890 et 1896 dans la revue britannique The Nineteenth Century. En 1906, la maison Hachette (Paris) publiait la première version française de cet ouvrage, une traduction de L. Bréal du texte anglais, revu et augmenté par l’auteur. Cette version, enrichie d’une préface originale de Francis Laveix, a été réimprimée en fac simile par les Éditions de l’Entraide (Paris) en 1979. Nous vous présentons ici la version française originale, légèrement révisée pour la rendre conforme aux usages typographiques courants.

Avec leur collection « Retrouvailles », les Éditions Écosociété vous invitent à découvrir des textes, anciens ou plus récents, qui ont en commun d’avoir en quelque sorte été « oubliés », de n’être disponibles que dans de rares bibliothèques. Tout en vous plongeant au cœur de débats du passé, ces rééditions vous offrent des outils pour mieux comprendre les grands enjeux contemporains. Chaque titre de la collection comprend une présentation critique originale, destinée à illustrer le contexte dans lequel il a été écrit, à fournir des clés pour sa lecture et à le relier aux questions actuelles.

Source : Les Éditions écosociété

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Parution: 2009
ISBN: 9782930402611
368 pages
14 x 20 cm
22 €

Les Éditions Aden ont également republié l’œuvre en janvier 2009 :

«L’Entraide est le classique du prince anarchiste russe Pierre Kropotkine, posant les fondements mêmes d’une éthique libertaire. Rédigé au XIXe siècle, il s’attaque au darwinisme social qui montre que la société aussi est régie par les lois de l’évolution où seul le meilleur s’adapte et gagne la grande compétition de la vie sociale et économique. Kropotkine s’insurge contre cette vision réactionnaire de la vie en société où « l’homme est perçu comme un loup pour l’homme ».



Dans le monde animal nous avons vu que la grande majorité des espèces vivent en société et qu’ils trouvent dans l’association leurs meilleures armes dans la lutte pour la survie : bien entendu et dans un sens largement darwinien, il ne s’agit pas simplement d’une lutte pour s’assurer des moyens de subsistance, mais d’une lutte contre les conditions naturelles défavorables aux espèces. Les espèces animales au sein desquelles la lutte individuelle a été réduite au minimum et où la pratique de l’aide mutuelle a atteint son plus grand développement sont invariablement plus nombreuses, plus prospères et les plus ouvertes au progrès. La protection mutuelle obtenue dans ce cas, la possibilité d’atteindre un âge d’or et d’accumuler de l’expérience, le plus haut développement intellectuel et l’évolution positive des habitudes sociales, assurent le maintien des espèces, leur extension et leur évolution future. Les espèces asociales, au contraire, sont condamnées à s’éteindre.

Ce livre démontre que l’entraide et la solidarité ont davantage contribué à la création et la prospérité des sociétés humaines que la compétition de chacun contre tous.»

Voici la préface signée par Pablo Servigne :

«Il y a quelque chose de désespérant à lire L’Entraide aujourd’hui. Sommes-nous à ce point désemparés qu’il nous faille aller chercher un peu d’air frais dans ce vieux bouquin ?

Le philosophe Hobbes avait-il raison ? L’état de Nature serait un combat de gladiateurs où les plus forts et les plus rusés survivent, une loi de la jungle où l’homme, sociable non par nature mais par accident, se livrerait à une guerre permanente de tous contre tous. On serait presque tenté de le croire. Du moins tout est fait pour nous le faire croire, tous les jours et partout. Les théories économiques dominantes, parées d’un prix qui ressemble au prix Nobel [Prix d’économie créé par la Banque royale de Suède en l’honneur d’Alfred Nobel.] et de quelques équations mathématiques, imposent une libéralisation de l’économie (illusoire car en réalité truffées de règles), étouffent les modèles d’économie alternatifs et surtout répandent une idéologie du « tous contre tous ». La main invisible du marché guide le troupeau d’individus dits Homo œconomicus, rationnels et égoïstes, de la banque au supermarché et du bureau à la plage, naturellement. Et la compétition ? Un stimulant ! Gagner en écrasant l’autre et se retrouver seul sur la première marche du podium ? Un modèle de société. Battez vous, nous dit-on, c’est la guerre permanente.

L’image d’une « nature, rouge de dent et de griffe » [« Nature, red in tooth and claw », vers du poème In Memoriam A.H.H. écrit en 1849 par Alfred Tennyson (canto 56).] a la vie dure. Elle a été adoptée rapidement à l’époque victorienne pour évoquer le processus de sélection naturelle co-décrit par Darwin et Wallace, et a mis d’accord aussi bien les opposants à la théorie que ses partisans. A l’époque, la société britannique portait le développement d’un capitalisme puissant qui cherchait une justification théorique de ses principaux carburants : l’individualisme et la compétition. La théorie biologique de Darwin et Wallace arrivait à temps. Et les plus influents intellectuels de l’époque, tels Thomas Huxley ou Herbert Spencer, ont interprété la théorie pour l’appliquer à la société humaine. « On isole les thèmes de la compétition, de la concurrence vitale, de la lutte pour la vie, de la transmission cumulative des avantages, de l’élimination des moins aptes, et on applique le tout aux sociétés humaines » [La solidarité chez les plantes, les animaux, les humains, Jean-Marie Pelt (Fayard, Paris, 2006), p.113.]. C’est ainsi que le siècle n’a surtout retenu de Darwin que ces interprétations sociales : la « lutte pour la vie », la « loi du plus fort », le combat quotidien de tous contre tous. Or ce n’est pas ce qui se dégage de la lecture des écrits de Darwin. Celui-ci a certes observé comment la sélection naturelle modelait l’évolution et quel était le rôle de la compétition, mais n’a jamais nié l’importance de l’entraide dans cette lutte pour les moyens d’existence [The Descent of Man, Charles Darwin, 1871.]. Il n’y a d’ailleurs pas d’opposition entre sélection naturelle et entraide. Kropotkine, qui a lu et apprécié le travail de Darwin, a cherché au cours de ses nombreuses expéditions des preuves de sélection naturelle et de compétition dans la nature.

Né à Moscou dans une famille aristocratique [L’œuvre et la vie de Kropotkine (1842-1921) sont relativement bien connus. A ce sujet, lire son autobiographie Autour d’une vie : mémoires (Paris, Stock, 1909 ; dernière rééd., L’Aube, 2008) ; et la biographie Pierre Kropotkine, prince anarchiste, G. Woodcock et I. Avakumovic (Montreal, Ecosociété, 2005).], Kropotkine entre dans l’armée en 1857 à Saint-Pétersbourg puis renonce quatre ans plus tard au confort d’une carrière à la cour impériale en demandant son affectation dans une unité de Cosaques en Sibérie dans le but d’y trouver un vaste champ d’études scientifiques. Une grande partie de ses observations y sont décrites dans L’Entraide. Curieusement, il a surtout observé des espèces animales et des sociétés humaines qui s’entraidaient dans un milieu aux conditions climatiques hostiles. Sa sensibilité scientifique et humaniste l’éloignent de la brutalité de l’armée, qu’il quitte en 1867, et l’amènent à poursuivre des études de géographie et de mathématiques. Son engagement politique se renforce au contact des horlogers du Jura (Fédération jurassienne) et d’anarchistes tels qu’Elisée Reclus ou Errico Malatesta et de la branche anti-autoritaire de la Première Internationale, ce qui le mènera à plusieurs séjours en prison en Russie et en France. C’est à Londres qu’il passera la fin de sa vie à écrire de nombreux ouvrages, dont les plus connus sont La morale anarchiste (1889), La conquête du pain (1892) et L’Entraide (1902, publié en français en 1906 [Pour l’anecdote, ce serait le géographe anarchiste Elisée Reclus qui aurait proposé ce néologisme à son ami Kropotkine.]).

Avec L’Entraide, Kropotkine s’oppose frontalement à l’idée de Hobbes d’un état de Nature de guerre permanente de tous contre tous. Dans ce livre, ses deux faces, l’une libertaire et l’autre scientifique, se rejoignent à la recherche des fondements d’une éthique libertaire, mettant en valeur une idée chère aux anarchistes. Par de nombreux exemples empruntés aux scientifiques de l’époque où à ses propres observations, il décrit un état de Nature où l’entraide prend le pas sur la compétition, et montre à quel point l’entraide est primordiale dans les sociétés humaines. Son originalité tient au fait qu’il s’oppose au darwinisme social avec des arguments naturalistes. Partant à la recherche des fondements biologiques de l’entraide, il prend à contrepied la majorité de la gauche qui adopte (et adoptera par la suite) une conception anti-déterministe de la nature humaine basée sur la « tabula rasa » [Concept selon lequel l’esprit humain naîtrait vierge et s’imprimerait par la seule expérience.]. Du point de vue scientifique, malgré le fait qu’il s’emporte dans quelques interprétations exagérées et conclusions hâtives, et qu’il reste un homme de son temps quant à l’usage de certains termes ethnologiques tels que « peuples sauvages » ou « peuples barbares », Kropotkine fait deux avancées majeures. D’abord, il est le premier à montrer que l’entraide est omniprésente dans le monde animal et dans les sociétés humaines. Sans rejeter la théorie de la sélection naturelle, il avance que l’entraide serait même un des principaux moteurs de l’évolution. Pour Kropotkine, la « loi de la jungle » ne serait plus la loi du plus fort, mais l’entraide. Ensuite, il est le premier à mettre en évidence le rôle prépondérant des conditions écologiques dans l’évolution de l’entraide. En effet, depuis un siècle, de nombreux scientifiques ont toujours minimisé voire nié cette influence, préférant se concentrer uniquement sur les causes génétiques de l’entraide ou de l’altruisme. C’est de ce courant de pensée qu’est née la très polémique sociobiologie d’Edward O. Wilson (1975).

Expliquer les mécanismes et l’évolution de l’entraide est depuis longtemps l’un des grands défis de la biologie évolutive, et Kropotkine en a été l’un des pionniers. Mais durant un siècle, les scientifiques, acquis à la vision individualiste et compétitive de la sélection naturelle [C’est-à-dire centrée sur le patrimoine génétique de l’individu « égoïste » cherchant essentiellement à transmettre ses propres gènes.], ont été bien peu influencés par Kropotkine. La biologie évolutive, qui s’est principalement développée dans une société anglo-saxonne et anti-communiste, a oublié son nom ou l’a volontairement mis de côté. Rares sont ceux qui ont tenté de sortir Kropotkine des limbes [Comme par exemple le paléontologue Stephen Jay Gould. A ce sujet lire son essai : S.J. Gould, 1988, Kropotkin was no crackpot. Natural History 97(7) : 12-21. Traduit en français dans La Foire aux Dinosaures (Ed. Seuil, 1997).], et peu le citent, souvent avec un mélange de gêne, de condescendance et de fascination : un livre « remarquable mais peu critique » [Cooperation among animals, W. C. Allee (Henry Shuman, New York, 1938).] ou « merveilleusement bien écrit » mais qui « voit de la coopération animale à chaque coin de rue » [Cheating monkeys and citizen bees : The nature of cooperation in animals and humans, L. A. Dugatkin (Free Press, New York, 1999).] ; « un livre fascinant qui cherche à défier la dominance du paradigme de la lutte pour la vie » [J.T. Costa, 2002, Scale models ? What Insect societies teach us about ourselves. Proceedings of the American Philosophical Society 146(2) : 170-180.], « une vue positiviste convaincue et biaisée de la Nature » [A. Gardner & K.R. Foster, 2008, The evolution and ecology of cooperation : history and concepts. In : Ecology of Social Evolution. (J. Korb & J. Heinz eds.), pp 1-36. Springer.].

Aujourd’hui, un nouveau virage s’amorce. Après des décennies de domination « génétique » dans l’étude de l’évolution de l’entraide, de récents travaux mettent l’accent sur l’importance des conditions écologiques. Et on peut voir aujourd’hui quelques jeunes chercheurs citer Kropotkine dans les plus prestigieuses revues scientifiques [Par exemple K.R. Foster & J.B. Xavier, 2007, Cooperation : Bridging ecology and sociobiology. Current Biology, 17 : R319-R321.]. Il est possible que le côté dandy de citer un « prince anarchiste » y soit pour quelque chose, mais malgré les critiques idéologiques et l’âge du livre, la communauté scientifique commence aujourd’hui à admettre L’Entraide comme un livre-clé de la biologie évolutive et de l’étude des sociétés. Travail pionnier écrit-il y a plus d’un siècle, L’Entraide est une compilation d’exemples naturellement descriptifs. Depuis, les nombreux travaux de recherche effectués sur ce sujet ont permis de mieux comprendre certains mécanismes d’entraide chez les animaux et les sociétés humaines. Le grand chantier d’une réactualisation de L’Entraide, actuellement en cours d’écriture [Pour plus de détails me contacter : pablo.servigne@no-log.org], reprend ces découvertes, enrichi des polémiques que le sujet a suscitées depuis plus d’un siècle. Lire L’Entraide aujourd’hui ce n’est pas seulement trouver un repère historique, c’est peut-être aussi reprendre espoir. Et il y a là quelque chose de rafraîchissant.«

Pablo Servigne

Source

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Dans un petit théatre mécanisé, un film propose un dialogue fictif entre Darwin – naturaliste anglais bien connu – et Kropotkine – naturaliste russe anarchiste -. Il confrontent leurs théories respectives à la lumière des sociétés dans lesquelles ils vécurent ainsi que des terrains qu’ils étudièrent.
Le dispositif, comme un petit théâtre d’ombre, montrait le film synchronisé avec des avant – plans en découpes d’acier noir mécanisés, qui complétaient le décor du film. Un film produit par EPPGHV- Grande Halle de la Villette, en 2007 pour l’exposition Bêtes et Hommes.

Je vous invite à visionner la vidéo d’animation « Darwin et Kropotkine, compétition ou solidarité ? » qui présente un dialogue fictif entre Charles Darwin et Pierre Kropotkine. Aussi disponible sur le site du réalisateur.

Wikisource

Le livre est disponible en ligne gratuitement sur le site Wikisource – La bibliothèque libre.

Bonne année 2014 sous le signe de l’entraide !

Serge-André Guay, président éditeur
Fondation littéraire Fleur de Lys

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Président éditeur, Fondation littéraire Fleur de Lys

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