«Cloud computing» ou quand les nuages nous dépossèdent du ciel

Dans cet article, je tente une vulgarisation d’un sujet de plus en plus populaire mais qui demeure tout de même méconnu : le «Cloud computing».

L’Office québécois de la langue française le traduit en ces termes :

  • infonuagique n. f.
  • informatique intranuage n. f.
  • informatique nuagière n. f.
  • informatique en nuage n. f.
  • nuage informatique n. m.

L’OQLF en donne la définition suivante :

Définition

Modèle informatique qui, par l’entremise de serveurs distants interconnectés par Internet, permet un accès réseau, à la demande, à un bassin partagé de ressources informatiques configurables, externalisées et non localisables, qui sont proposées sous forme de services, évolutifs, adaptables dynamiquement et facturés à l’utilisation.

Notes

Dans le monde informatique, le nuage (cloud en anglais) est l’image généralement utilisée pour symboliser graphiquement Internet.

L’infonuagique, c’est en fait l’informatique vue comme un service et externalisée par l’intermédiaire d’Internet. Elle fait référence à l’utilisation de la mémoire et des capacités de calcul des ordinateurs et des serveurs répartis dans le monde entier et reliés par Internet. Les ressources informatiques mises en commun et rendues ainsi disponibles à distance peuvent être, entre autres, des logiciels, de l’espace de stockage et des serveurs.

Source

Nuage33

Schéma donnant un aperçu sur les facteurs principaux du cloud computing.
par Sam Johnston
This file is licensed under the Creative Commons Attribution-Share Alike 3.0 Unported license.

Accès plutôt que possession

Par exemple, l’informatique en nuage vous offre un accès à des livres numériques entreposés sur des serveurs accessible par Internet plutôt que de vous vendre le livre en vue de le télécharger sur votre ordinateur, votre tablette électronique, votre téléphone cellulaire. Autrement dit, vous ne possédez pas le fichier du livre, vous y avez accès.

Implication matérielle

Si vous n’avez plus à télécharger les fichiers des livres et des musiques sur votre matériel informatique, l’enjeu n’est plus l’espace d’entreposage disponible sur votre disque dur internet ou externe. Votre ordinateur devient simplement un «clé d’accès» aux fichiers de votre choix dont vous avez payé l’accès pour y accéder par Internet.

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Le jour où notre disque dur aura disparu, par Olivier Ertzscheid

«Quand les moteurs de recherche sont venus indexer le contenu des disques durs, je n’ai rien dit parce que ce n’était pas mon disque dur. Quand ils sont venus regarder le contenu des courriels pour afficher des publicités en rapport avec leur contenu, je n’ai rien dit car ce n’était pas mes courriels. Quand ils ont commencé à numériser des livres et à en proposer des extraits en finançant l’opération grâce à la pub, je n’ai rien dit car ce n’était pas mes livres.

Et puis, quand le disque dur de mon ordinateur ayant disparu je n’ai plus eu d’autre choix que de m’en remettre à des services distants en ligne, quand ma machine n’a plus été qu’une clé d’accès à mes espaces informationnels on line, je n’ai rien eu à dire, car il était déjà trop tard.»

Lire la suite

Sur le plan matériel, avec l’informatique en nuage, il ne vous plus qu’à vous préoccuper de la qualité de la connexion de votre ordinateur au réseau Internet.

Il faut mentionner que les appareils informatiques avec une capacité d’entreposage limitée (téléphone cellulaire, tablette électronique et autres) ne posent plus aucun problème car il suffit de s’assurer d’un accès à ces fichiers.

Notez l’obligation d’un accès à Internet puisque les fichiers ne sont plus disponibles sur votre ordinateur.

Implication économique

«Du point de vue économique, le cloud computing est essentiellement une offre commerciale d’abonnement économique à des services externes.» Source

«Les caractéristiques du cloud computing intéressantes pour les entreprises sont la réduction du coût total de possession des systèmes informatiques, la facilité d’augmenter ou de diminuer les ressources. Le recours au cloud computing permet de décharger les équipes informatique des entreprises, qui ont alors plus de disponibilité pour des activités à haute valeur ajoutée. Le cloud computing permet également aux petites entreprises d’avoir accès à des services jusque là réservés aux grandes entreprises en raison de leur coût. Source

Impact révolutionnaire

Le passage de l’économie numérique de la possession à l’accès s’avère une véritable révolution et, comme toute révolution, elle suscite de fortes critiques. 

Olivier Ertzscheid, maître de conférences en sciences de l’information, y voit «un gigantesque hold-up»:

«L’économie numérique telle qu’elle se structure et se met en place dans les nuages, est, du côté des logiques de consommation courantes et à l’échelle de l’individu, un gigantesque hold-up.» 

Source : Propriété numérique et génération insupportable, affordance.info, Olivier Ertzscheid, 24 novembre 2013

»La matérialité de l’acte d’achat se dissout complètement au grand profit des « vendeurs » qui disposent seuls de la copie originale des biens culturels pourtant dûment acquittés, copie sur laquelle ils demeurent libre d’effectuer toutes les modifications d’usage qu’ils souhaitent (ajout de DRM – verrous numériques -, limitation du nombre de terminaux sur lesquels profiter de nos achats, limitation des droits de prêt, revente impossible, etc.)

Au delà de cette seule dépossession, cette opportunité d’un accès connecté permanent et ubiquitaire est un leurre visant à masquer la réalité d’un renforcement des contraintes liées précisément à nos modes de navigation, de consommation et d’interaction connectés.

Nous n’avons plus d’autre choix que de faire l’économie du support physique. Nous y sommes contraints. Nous n’avons plus d’autre choix que de confier à des serveurs tiers la copie originale, le « master » de nos vies, de nos contacts, de nos bibliothèques, et vidéothèques, de nos photos de famille. Nous n’avons plus d’autre choix que d’être exposés et soumis à de toujours possibles modifications des conditions d’usages associées au produit au moment de notre acte d’achat. Demain il n’y aura plus rien à nous vendre tant il dès aujourd’hui devenu bien plus rentable de nous allouer temporairement des accès.

L’économie numérique telle qu’elle se structure et se met en place dans les nuages, est, du côté des logiques de consommation courantes et à l’échelle de l’individu, un gigantesque hold-up.

Avec cette mainmise sur le « master », sur l’original de la presque totalité des biens culturels et informationnels qui entraient jadis dans le champ de la propriété « privée » et jouissaient de droits afférents, se profile aujourd’hui un scénario dans lequel les logiques de transmission, de partage, de médiation et plus globalement les possibilités d’une appropriation réelle se réduisent comme peau de chagrin.»

Source : Propriété numérique et génération insupportable, affordance.info, Olivier Ertzscheid, 24 novembre 2013

Plus rien à léguer à sa mort

Bruce (se) fait le (Steve) Job(s)

«Il y a l’acteur. Et la belle histoire. Celle de Bruce Willis soucieux de léguer le contenu de sa bibliothèque Itunes à ses filles après sa mort : sa musique, ses films (y compris ceux dont il est le héros), tout ce qu’il a acheté. La bibliothèque de Bruce Willis. Sa discothèque. Sa vidéothèque. Et puis il s’aperçoit alors qu’il ne peut pas, parce qu’à sa mort, son compte Itunes sera fermé. Sa mémoire vidée. Sa patiente collecte effacée. Bruce pas content contre Apple tout puissant. Le pitch idéal.»

« Bruce Willis attaque Apple en justice pour pouvoir léguer sa bibliothèque à ses filles et mettre fin à cette escroquerie en dépossession

L’acteur de 57 ans veut encore un peu plus assurer l’avenir de ses trois filles Rumer, Scout and Tallulah, qu’il a eu avec Demi Moore. Le principe de son action en justice est simple : faire en sorte que sa descendance puisse hériter de sa bibliothèque I-Tunes, à savoir les musiques qu’il a achetées – pour l’essentiel des classiques des Beatles ou de Led Zeppelin – ou encore ses films.

Bruce Willis souhaite remettre en question les conditions d’utilisation qui prévoient que le compte d’un utilisateur décédé soit désactivé et ses téléchargements effacés. En définitive, le fan de fichiers multimédias ne ferait qu’emprunter le contenu payé.

Au delà de son héritage personnel, l’acteur de «Die Hard» entend militer à travers cette action judiciaire pour accroître les droits des millions d’utilisateurs du service d’Apple. Affaire à suivre de près. »

Source : L’acopie, affordance.info, Olivier Ertzscheid, 3 septembre 2012

Cette actualité n’est qu’une rumeur mais elle illustre très bien la dépossession engendrée par l’informatique en nuage. Vous ne pouvez pas léger votre bibliothèque de livres numériques à qui que ce soit puisque vous n’en possédez aucune copie mais unique un accès et que ce dernier sera éliminé à votre mort.

«Ce que visent tous les acteurs du cloud, qu’ils soient fournisseurs de service ou opérateurs techniques (ou les 2 à la fois) est de l’ordre de la castration. Nous priver de la possession pleine et entière de nos copies, de nos documents, de nos oeuvres, de nos biens particuliers, comme parfois les mêmes ont déjà réussi à la faire dans le domaine de nos biens communs. Nous priver de la possibilité même de posséder une copie. Être les seuls détenteurs de l’accès à la copie. Plus qu’un oligopole, une nouvelle oligarchie.»

Source : Google Drive(s) me crazy, affordance.info, Olivier Ertzscheid, 25 avril 2012

Nuage de mots-clés

mot-cle-nuage

Illustration d’un nuage de mots-clés qui peut apparaître sur une page ou un site web
Sur nos sites le «nuage de mots-clés» apparaît dans la colonne à droite de la page.

Le mot «nuage» est aussi employé dans l’expression «Nuage de mots-clés». Il n’y a pas de lien entre l’informatique en nuage et le nuage de mots-clés.

«Le nuage de mots-clés (plus rarement nuage de mots-clefs ou nuage de tags ; tag cloud, word cloud ou keyword cloud en anglais1) est une représentation visuelle des mots-clefs (tags) les plus utilisés sur un site web. Généralement, les mots s’affichent dans des polices de caractères d’autant plus grandes qu’ils sont utilisés ou populaires.»

Source : Wikipédia

«Le « nuage de mots-clefs » est une sorte de condensé sémantique d’un document dans lequel les concepts clefs évoqués sont dotés d’une unité de taille (dans le sens du poids de la typographie utilisée) permettant de faire ressortir leur importance dans le site Web en cours ou dans les annuaires de sites utilisant ce même principe de fonctionnement. Il est possible de hiérarchiser ce système selon un ordre alphabétique, de popularité ou encore de représentation dans le site en cours.

Concrètement, plus un mot-clef (tag) est cité dans un article ou dans le site en cours, plus il apparaîtra en gros dans le nuage de mots-clefs que représente le nuage de mots-clefs. En cliquant sur l’un de ces mots-clefs, selon que l’on se trouve en présence d’un nuage de mots-clefs organisé par popularité dans le site ou dans un annuaire de sites tel que Technorati2, on génère une page contenant tous les articles faisant référence à ce mot-clef dans le site en cours ou dans l’annuaire en question.»

Source : Wikipédia

«Il existe deux grandes familles de nuages de mots-clefs. C’est plus par leur valeur sémantique que par leur apparence que l’on distingue ces catégories.

La première famille de nuage de mots-clefs classe les concepts selon le critère de la répétition d’un mot dans un article. Il s’agit donc d’une méta-donnée permettant de symboliser par ordre d’importance les concepts que recouvre l’article en cours.

La seconde, plus transversale, regroupe en nuage de mots-clefs les mots-clefs revenant le plus souvent dans un site ou dans un annuaire de sites. Il s’agit donc là de mettre en avant la popularité d’un concept, qui a fédéré plusieurs rattachements dans un site ou un ensemble de sites. Cela est particulièrement utile à une navigation transversale, permettant de balayer l’intégralité du contenu d’un site à travers le fil conducteur du mot-clef auquel on s’intéresse. Dans le cas d’un annuaire de site tel que Flickr ou Technorati, le nuage de mots-clefs permet alors de mesurer d’un coup d’œil les tendances du moment à travers les termes revenant le plus souvent dans les sites syndiqués.»

Source : Wikipédia

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Président éditeur, Fondation littéraire Fleur de Lys

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