La littérature national… isée !

DOSSIER PRIX UNIQUE DU LIVRE

Dans son plaidoyer en faveur de l’adoption d’une réglementation du prix de vente du livre (prix unique du livre), Clément Laberge, vice-président Marketing et développement de marché chez De Marque, insiste sur l’importance du processus d’édition et du rôle de l’éditeur. Dans son billet Réglementer le prix des livres? Pourquoi., il associe la production des éditeurs à la littérature nationale (nous soulignons le passage):

«Et je commence pour ça en rappelant de quoi est fait le processus d’édition d’un livre.

C’est un processus qui commence avec la sélection d’un texte par un éditeur, parmi l’ensemble de tous ceux qu’il reçoit. Un choix qui se fait généralement sur la base de sa qualité. Il se poursuit avec l’accompagnement de l’auteur pour perfectionner son texte. Il se continue avec la mise en forme du livre pour donner envie aux lecteurs potentiels de le lire et qui pourra, selon le cas, être imprimé ou numérique (ou, de plus en plus souvent, les deux). L’éditeur est aussi parfois un incubateur d’idées: il élabore des projets d’édition pour lequel il trouve par la suite des auteurs. Le processus repose aussi sur l’existence d’un réseau de diffusion organisé, capable de porter à l’attention de ces lecteurs l’existence d’un nouveau livre— ce qui suppose une connaissance des livres, des lecteurs, des dynamiques de marché et de l’environnement culturel. Ce sont ces savoirs faire qu’il me semble nécessaire de préserver — et de valoriser — à travers tous les bouleversements qui sont actuellement en cours dans le monde du livre. Sans pour autant nier qu’il existe aussi des façons alternatives de publier un livre sans devoir passer par un éditeur, sachant que le monde du livre est même, à cet égard, en avance sur bien d’autres marchés — notamment celui de la musique.

Il s’agit d’un ensemble de savoirs faire qui a évidemment un coût, dont il est nécessaire de tenir compte lorsqu’on veut assurer la diffusion des œuvres qui auront bénéficié de ce processus. Il est important d’être conscient qu’on trouve parmi ces œuvres la majorité de celles dont la qualité — après édition — donnera forme à notre littérature nationale. C’est aussi parmi ces œuvres que l’école puisera le plus souvent les textes grâce auxquels on pourra développer le goût de la lecture chez les enfants (et c’est évidemment ça qui reste la clé de l’affaire: le goût de la lecture!). Le processus d’édition contribue aussi largement à la circulation des idées — qui demeure, encore aujourd’hui (et peut-être plus que jamais!) une pierre d’assise de la démocratie.»

Clément Laberge, Réglementer le prix des livres? Pourquoi.

Selon monsieur Laberge, on doit à l’industrie traditionnelle du livre la majorité de notre littérature nationale. Or, la littérature, par définition, n’a aucun lien le livre : «ensemble des œuvres écrites ou orales comportant une dimension esthétique».

ecriture

La littérature est art et langage : c’est un système esthétique — le texte — impliquant un registre rhétorique de genres, de styles ou de figures et un régime socio-historique — l’archi-texte — impliquant un récit constitutionnel (ou un parcours), qui inclut lui-même un discours institutionnel. Qui dit art dit technique; qui dit langage dit grammaire; qui dit technique et grammaire dit tekhnê : poiêsis et physis. Le système esthétique fait de la littérature un art; le régime socio-historique en fait un métier : la littérature devient un art quand les artisans deviennent des artistes; mais c’est l’origine de l'(oeuvre d’)art qui est l’origine des artistes.

Martin Heidegger : «L’origine de l’oeuvre d’art» dans Chemins qui ne mènent nulle part. Gallimard nrf (Classiques de la philosophie). Paris; 1962 [1950] (320 – 2 p.) [p. 11-68].

La littérature est d’abord et avant tout un écrit, non pas un livre. Ce n’est pas parce que l’éditeur travaille avec l’écrivain sur ses écrits que ces derniers deviennent de la littérature. Ce n’est pas l’éditeur qui fait la littérature mais l’écrivain. Ainsi, avant même d’aboutir sur le bureau de l’éditeur, le manuscrit est en soi de la littérature. Certes, l’écrivain pourra améliorer sa littérature en suivant les conseils de son éditeur mais c’est encore et toujours l’écrivain qui tient la plume. L’idée que l’éditeur fait l’écrivain et la littérature est fausse.

* * *

L’erreur est plus grande encore lorsqu’on associe la littérature nationale à l’industrie du livre. La littérature nationale regroupe tous les écrits d’un peuple, édités ou non.

Il y a déjà un certain temps que l’industrie du livre québécois tente de s’approprier le terme littérature nationale. On se souviendra du Forum sur la littérature nationale tenu le 1er novembre 2007 sous la coprésidence de messieurs Gaston Bellemare, président de l’Association nationale des éditeurs de livres (ANEL) et Stanley Péan, président de l’Union des écrivaines et des écrivains québécois (UNEQ). L’Association nationale des éditeurs de livres confond régulièrement l’histoire de la littérature québécoise avec sa propre histoire, celle de l’industrie du livre. Plus encore, l’ANEL écrit : «Après quelques balbutiements dans la première moitié du 20e siècle, la culture québécoise se développe principalement à partir des années 1960-1970» (source), c’est-à-dire que notre culture s’est développé du moment où l’industrie culturelle est née. C’est un affront à la culture québécoise. Elle ne se doit à aucune industrie, pas plus que la littérature. L’industrie en fait un produit, c’est tout et rien de plus. Elle ne créée ni ne développe la littérature. Il y a une erreur de catégorie, un fantôme de la machine conclurait Gilbert Ryle.

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* * *

Aussi, l’industrie du livre refuse plus de 90% des écrits du peuple. Elle ne peut donc pas prétendre donner forme à notre littérature nationale avec l’édition de moins de 10% des écrits du peuple. Et cela est d’autant plus vrai que les critères de sélection des éditeurs demeurent davantage soumis à des impératifs commerciaux que littéraire, mis à part quelques rares exceptions. Bref, la littérature dite nationale que nous offre l’industrie du livre est une littérature commerciale et commercialisable.

Il serait aussi faux de prétendre que les éditeurs s’obligent à éditer toutes les œuvres dignes de s’inscrire dans notre littérature nationale. Plus encore, il est faut de prétendre que les éditeurs reconnaissent le potentiel de chaque œuvre soumise à son attention. Autrement, comment expliquer qu’une œuvre puise être refusée 40 fois avant de finalement intéresser un éditeur.

Monsieur Laberge idéalise le processus d’édition des livres en omettant de le situer dans son contexte industriel et commercial. Le processus d’édition des livres est un processus industriel et commercial. Et à l’instar de tous les autres marchés nés d’une industrie, la qualité de base varie passablement d’un produit à l’autre, d’une marque à l’autre, tout comme d’un livre à l’autre, d’une collection à l’autre.

Et que dire de ces éditeurs de renoms qui acceptent d’éditer une œuvre que si l’auteur se porte acquéreur des 1,000 premiers exemplaires ? On dit de l’éditeur traditionnel qu’il doit assumer tous les risques mais ce n’est pas le cas lorsque l’auteur doit acheter des centaines d’exemplaires pour voir le nom d’une maison d’édition reconnue sur la couverture de son livre. Eh oui, il y a des éditeurs qui vendent leur renommée.

On ne peut pas idéaliser le rôle de l’éditeur, pas plus que l’ensemble de l’industrie du livre.

Enfin, notons que l’industrie québécoise du livre est née de l’intervention législative (Loi du livre) et financière (subventions) du gouvernement du Québec. On justifie cette intervention par la petitesse du marché québécois du livre. Sans aide gouvernementale, il n’y aurait pas d’industrie québécoise du livre. Cette aide financière n’a pas cessé d’augmenter depuis plus de 30 ans, à la demande même de l’industrie du livre, et ce, au point où nous pouvons nous demander si elle n’est pas simplement devenue dans les faits une industrie gouvernementale produisant une littérature nationalisée.

Il y 30 ans, la petitesse du marché du livre québécois justifiait sans aucun doute un coup de main du gouvernement pour le démarrage d’une l’industrie du livre. Or, malgré l’évolution du marché du livre québécois au fil des ans, l’industrie du livre est demeuré dépendante de l’aide gouvernementale. Même si la population du Québec est plus nombreuse que jamais, même si le nombre de lecteurs est plus élevé que jamais, même si le nombre de bibliothèques est plus élevés que jamais, même si le nombre de livres québécois inscrits dans les programmes scolaires est plus élevé que jamais,… L’industrie du livre ne parvient toujours pas à se passer de l’aide financière des gouvernements, pis encore, elle en veut toujours plus, toujours sous le prétexte de la petitesse du marché québécois, peu importe son évolution. Un marché sera toujours trop petit si le nombre de joueurs est trop élevés.

* * *

Voulez-vous connaître l’objet des réjouissances des suites du Forum sur la littérature nationale de 2007 ? Des subventions !!! (Nous soulignons)

MONTREAL, le 18 avril /CNW Telbec/ – Les coprésidents du Forum sur la littérature nationale, messieurs Gaston Bellemare, président de l’Association nationale des éditeurs de livres (ANEL) et Stanley Péan, président de l’Union des écrivaines et des écrivains québécois (UNEQ), ont tenu hier une rencontre de presse pour discuter des suites du Forum sur la littérature nationale et pour commenter l’annonce récente du ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine de l’allocation d’une somme récurrente d’un million de dollars pour le livre.

Le Forum sur la littérature nationale, qui a eu lieu le 1er novembre dernier, était le point culminant de cinq ateliers portant sur des problématiques qui affectent le milieu du livre auxquels ont pris part plus d’une centaine d’acteurs de toute la chaîne du livre. A cette occasion, une vingtaine d’organismes ont été invités à prendre un engagement concret en faveur d’une meilleure promotion de nos œuvres littéraires et d’une plus grande accessibilité à la littérature nationale.

Quelques mois après cet événement d’envergure, les coprésidents se réjouissent non seulement des actions posées par les divers organismes impliqués, mais aussi du million de dollars d’aide supplémentaire au livre annoncé par la ministre de la Culture, des Communications et de la Condition féminine, madame Christine St-Pierre, le 16 avril.

Une somme de 300 000 $ supplémentaires pour l’aide à la promotion, la priorité première de l’ANEL, une enveloppe de 200 000 $ pour la participation des éditeurs aux salons du livre et une aide de 200 000 $ pour la numérisation figurent parmi les détails de l’aide annoncée par la ministre St-Pierre.

Source

Et bien sûr, la tenue du Forum sur la littérature nationale fut rendue possible grâce à l’apport financier de la Société de développement des entreprises culturelles du Québec, du Conseil des arts et des lettres du Québec et du Patrimoine canadien (PADIE) (source). Cette industrie n’a pas les moyens financiers de se réunir.

Et le comble, c’est ce qu’on pouvait lire dans LA PRESSE : «La littérature québécoise représente tout de même 40% des ventes du genre; certains industriels visent 60%. Entre-temps, «les éditeurs partagent la pauvreté de leurs auteurs», prétend Gaston Bellemare qui partageait aussi avec un auteur la présidence de ce forum : Stanley Péan, président de l’Union des écrivains québécois (UNEQ), qui réclame des intervenants «un changement radical d’attitude garant de la suite du monde». (La presse, Daniel Lemay, Édition du vendredi 2 novembre 2007)

Et ceci dans LE DEVOIR : «Les acteurs du milieu littéraire québécois sont pauvres. Gaston Bellemare, le président de l’Association nationale des éditeurs de livres (ANEL), va jusqu’à parler à leur sujet d’«anorexie». «Les [petits] éditeurs doivent souvent exercer un autre métier pour vivre», souligne-t-il, ce qui est d’ailleurs aussi largement le cas des auteurs. C’est ce constat qui a lancé les discussions au forum sur la littérature nationale, qui se concluait hier au Centre d’archives de Montréal, rue Viger.» (Le Devoir, Caroline Montpetit, Édition du vendredi 2 novembre 2007).

bebe-gate_01Pauvreté ? L’industrie du livre a du culot ou est complètement aveugle pour exiger des gouvernements davantage de subventions en brandissant le spectre de la pauvreté. Cette stratégie lève le voile sur le comportement d’enfant gâté de l’industrie du livre. Remarquez que les auteurs n’ont tiré aucun gain direct, pas un seul sou noir, de ce forum. Les éditeurs ont tout raflé : un million de dollars de plus en aide récurrente. Il faut dire que l’ auteurs n’est là que pour fournir une matière première brute que l’éditeur transformera en vraie littérature. Et comme il y a abondance de matière première depuis l’instruction publique obligatoire et la Révolution tranquille, pourquoi se soucier de la santé financière de ce fournisseur, si ce n’est pas en tirer profit dans un argument alambiqué.

* * *

Le problème avec l’aide financière récurrente, c’est qu’elle engendre un mode de vie malsain. La réaction de l’industrie du livre québécois à la révolution numérique se pose en parfait exemple de ce mode de vie. L’industrie a accumulé un retard considérable dans la production de livres en format numérique parce qu’elle attendait que le gouvernement ajoute une aide financière (500.00$ maximum par titre, 30,000$ maximum par année). Et même avec cette aide, elle se demande encore aujourd’hui comment produire une masse critique de livres en format numérique pour faire face à celle des pays étrangers. La réponse : on veut plus de subventions du gouvernement !

La résistance de l’industrie du livre québécois à la révolution numérique fut aussi structurelle. Elle voulait préserver tous les maillons de la chaîne du livre papier dans la mise en place d’une chaîne du livre numérique. La menace structurelle provenait de la disparition du distributeur; l’éditeur pouvant vendre directement ses livres à des librairies en ligne. Cela représentait un gain de 15% pour les éditeurs. Mais il en était pas question pour l’industrie traditionnelle du livre québécois. La solution : un distributeur virtuelle et une aide financière gouvernementale pour le créer et l’opérer. Ainsi est née l’Entrepôt numérique, qualifiée d’innovation avant-gardiste. Conserver tous les maillons de la chaîne du livre papier dans la chaîne du livre numérique est une négation de l’un des avantages que procurent la révolution numérique aux éditeurs. Mais peu importe, les subventions des gouvernements demeurent et même augmentent. On se retrouve une fois de plus face-à-face au mode de vie malsain engendré par l’aide automatique de l’état à l’industrie du livre québécois.

Je ne suis pas opposé à l’aide de l’état à l’industrie du livre québécois mais au mode de vie malsain qu’elle a créée et maintient.

« Quand un homme a faim, mieux vaut lui apprendre à pêcher que de lui donner un poisson » disait Confucius. Le problème, c’est que l’industrie du livre québécois n’a pas faim.

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Gavage industriel des canards à foie gras en cages collectives, France 2012
Auteur : Ethique & Animaux L214

Les gouvernements gavent l’industrie du livre québécois de subventions, bon an mal an. Devenue adulte,elle agit encore comme un enfant gâté qui réclame le beurre et l’argent du beurre. Il est temps de mettre fin à ce mode de vie malsain en imposant de nouvelles règles.

* * *

Le problème de l’enfant gâté provient en partie de la négligence de ses parents :

«Un enfant gâté est un enfant qui présente des problèmes de comportement suite à la négligence de ses parents. Un enfant gâté peut être perçu comme égocentrique ou narcissique. Être gâté n’est pas reconnu en tant que trouble mental dans aucun manuel de médecine tels que le CIM-10 ou le DSM-IV, bien qu’il n’y ait également aucune suggestion faite dans le DSM-5.»

Bruce McIntosh a inventé le terme de « syndrome de l’enfant gâté » en 1989. Ce syndrome est caractérisé par un « comportement immodéré, narcissique et immature ». L’enfant présente également un manque de considération concernant autrui, des sautes d’humeur fréquentes ainsi qu’une incapacité à attendre une gratification.

McIntosh expliqua que ce syndrome proviendrait du manque de limites imposés par les parents en fonction de l’âge de l’enfant. D’autres psychiatres tels que Glen Aylward pensent que la personnalité de l’enfant est également une cause probable.

Source

Autrement dit, le gouvernement a une part de responsabilité face au comportement enfantin de l’industrie québécoise du livre. Il a donné, donné et s’apprête encore à donner en lui accordant une réglementation sur le prix de vente des livres (Prix unique du livre), et ce, sans rien demander en retour. L’industrie du livre insiste sur sa contribution à la culture et à l’économie et cela suffit aux gouvernements. Pourtant, toute industrie contribue à l’économie. Cette justification avancée par l’industrie du livre québécois n’est plus suffisante dans le contexte actuel d’endettement des gouvernements et des citoyens forcés de se serrer la ceinture.

diagnostic_01D’abord le diagnostic

L’industrie du livre en complicité avec ses bailleurs de fonds se prescrit toujours le même remède : plus de subventions.

Il est temps que cela change. Désormais, on ne peut plus permettre à cette industrie de diagnostiquer elle-même son état de santé, ses problèmes et les remèdes. Cet exercice doit être confié à des ressources externes, complètement indépendantes de l’industrie du livre. Il faut réfuter l’idée que seule la culture peut porter un regard sur elle-même car il est biaisé dès le départ. Ce n’est pas la patient qui pose un diagnostic sur son état de santé et ses problèmes, c’est le médecin.

L’industrie québécoise du livre (et l’ensemble l’industrie culturelle) doit désormais se soumettre à une expertise externe comme l’exige déjà le gouvernement dans d’autres secteurs économiques dans lequel il intervient.

À la suite de la crise économiques des année 80, il fut décidé au ministère de l’Industrie et du Commerce du Québec (MICQ) d’exiger des entreprises un diagnostic externe avec toute demande de subvention. Pourquoi? Parce que les gouvernements ont du se rendre à l’évidence que leurs investissements massifs dans l’économie via les entreprises n’atteignaient pas les objectifs de sortie de crise.

Il s’est alors trouvé quelqu’un quelque part au ministère de l’Industrie et du Commerce qui s’est demandé si les entreprises identifiaient correctement les problèmes à solutionner avec l’aide de l’état. Une question toute simple et très pertinente. On a commencé par demander à des ressources de vérifier les diagnostics déposés par les entreprises avec leurs demandes de subventions. À cet époque, un directeur sectoriel au ministère de l’Industrie et du Commerce, m’a confié que 80% des diagnostics présentés ne relevaient pas le ou les bons problèmes. Et bon nombre de ces diagnostics concluaient que l’entrepreneur était lui-même le principal problème de son entreprise.

Le constat a mis les fonctionnaires du ministère dans le plus grand embarras puisqu’ils se devaient de maintenir de bonnes relations avec les entrepreneurs, peu enclin à se voir eux-mêmes comme faisant partie du problème plutôt que de la solution.

Il fut donc décidé d’exiger de l’entrepreneur qu’il confie le diagnostic de son entreprise à une ressource externe. Et c’est devenu la norme pour les industries de tous les secteurs économiques où le gouvernement intervient, sauf pour l’industrie culturelle. le temps est venu de soumettre cette dernière à cette norme du diagnostic externe.

Et puisque les organismes d’état tels que la Société de développement culturel du Québec (SODEC) et le Conseil des arts et des lettres du Québec (CALQ) sont eux-mêmes devenus des acteurs de l’industrie culturelle, dont les diagnostics se concluent toujours par des demandes d’investissements additionnels au gouvernement, il faut aussi aussi leur retirer le droit d’auto-diagnostiquer leurs secteurs d’intervention afin de leur appliquer cette norme du diagnostic externe, et ce, à même leur budget actuel (il faut le préciser car ils vont encore demander des argents additionnels au gouvernement).

Finie l’industrie du livre qui étudient l’industrie du livre. On passe à une autre étape.

Et les états financiers des éditeurs ne suffisent plus, pas plus que les données fournies avec les formulaires de demandes de subventions et les rapports de dépenses. On veut des diagnostics externes de chacun des éditeurs, des distributeurs, et des libraires agréés. Et il faut ajouter un diagnostic de l’industrie du point de vue des écrivains et des auteurs, et un autre du point de vue des imprimeurs, et encore un autre du point de vue de bibliothécaires et finalement encore un autre du point de vue des lecteurs. Tous réalisés par des firmes externes POUR UN MAXIMUM D’OBJECTIVITÉ.

* * *

Aide de l’état il y aura, si et seulement si on exige désormais, par exemple:

  • l’impression des livres au Québec pour recevoir 100% de l’aide de l’état;
  • un pourcentage de la subvention d’aide à l’édition à consacrer à la promotion de chaque livre édité avec l’aide de l’état;
  • la mise en vedette permanente des livres québécois en librairies agréées, et ce, sans frais pour le distributeur et l’éditeur;
  • une baisse substantielle du prix de vente voire un prix de vente fixe des livres québécois en format numérique dont la production est subventionnée par l’état (pour contrer la vente à 70% du prix du livre papier);

Ce n’est pas le nombre de mesures à prendre qui compte mais la pertinence de leurs effets sur l’établissement d’un nouveau mode de vie au sein de l’industrie du livre.

* * *

Terminé Le bon Dieu sans confession pour l’industrie du livre québécois!

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VOIR AUSSI

«J’ai personnellement la conviction qu’il faut réglementer le prix du livre» Clément Laberge, vice-président Marketing et développement de marché, De Marque

Les travaux de la commission parlementaire ne concernent pas tous livres. Clément Laberge, vice-président Marketing et développement de marché, De Marque

NOTRE DOSSIER SUR LE PRIX UNIQUE DU LIVRE

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Président éditeur, Fondation littéraire Fleur de Lys

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Publié dans Dossier : Prix unique du livre (Consultation-Votre opinion), La Révolution du livre numérique, Votre éditeur prend position
2 comments on “La littérature national… isée !
  1. […] Certains observateurs du Québec pensent que non, dont Susanna Lea ou Serge-André Guay de la Fondation littéraire Fleur de Lys qui s’exprime en ce sens dans ce texte, « La littérature national… isée !« . […]

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