Prix unique du livre : Dé(livre)z-nous du marché, Gilles Guénette, Le Québécois Libre

DOSSIER PRIX UNIQUE DU LIVRE

Gilles Guénette, collaborateur du journal LE QUÉBÉCOIS LIBRE, est contre l’adoption du «prix unique du livre». Certes, il n’est le seul à être contre mais ses textes sur le sujet ont le mérite d’être clairs, nets et précis, des qualités rares de nos jours. Extraits et liens vers ces textes.

Gilles Guénette – «Je détiens un bac en communications de l’Université du Québec à Montréal, milieu dans lequel je travaille depuis plusieurs années à titre de concepteur web et consultant. Dans mes articles du QL, je m’interroge sur ce que serait une culture non subventionnée et libre. De façon plus générale, je questionne certaines affirmations et idées reçues véhiculées par les médias et auxquelles personne ici ne semblent s’opposer.»

Dé(livre)z-nous du marche I, 9 octobre 1999

«Le libraire indépendant organise des lectures publiques, des conférences, des tables rondes; il participe à des lancements et à des émissions littéraires diffusées sur les ondes de radios ou de télés; il collabore aux divers salons du livres… bref, il est impliqué à fond dans les milieux de la lecture et de l’édition. Mais voilà que depuis quelque temps, les grandes surfaces viennent jouer dans ses plate-bandes en vendant à rabais des best-sellers. La vente de ces livres grand public aide l’indépendant à poursuivre sa « mission » de promotion de la lecture en amortissant les coûts qu’entraîne le maintien d’un inventaire de livres moins bons vendeurs. En fait, ce qu’il reproche aux grandes surfaces c’est de venir gruger le seul marché qui lui permet de maintenir en place de tels inventaires et, par le fait même, de mettre en péril la poursuite de cette mission qu’il s’est donnée.»

Dé(livre)z-nous du marche II, 28 octobre 2000

«Vase clos – On le voit, dans le concret, le régime de prix unique est loin d’être la solution. Le fait que les intervenants du milieu du livre reviennent constamment à la charge avec ce concept démontre à quel point ils sont déconnectés de la réalité, ils sont nuls en économie et ils se foutent éperdument du consommateur. S’ils avaient le lecteur à coeur, ils l’auraient consulté lors des travaux du comité Larose. Or, comme d’habitude, ils ont préféré faire ça entre eux – le comité était formé de conseiller en gestion de la FQCMS, d’écrivaine affiliée à l’UNEQ, de libraires affiliés à l’ALQ, de membres de la SODEC, d’autres de l’ANEL, de l’ADELF, de l’ADP… pas de lecteur à des kilomètres à la ronde.»

Dé(livre)z-nous du marche III, 15 août 2008

«Au Québec, lorsqu’on n’est pas suffisamment compétitif et qu’on veut s’assurer des rentrées d’argent sans trop se forcer, on se tourne vers l’État et on réclame des quotas, des tarifs, des prix planchers, des taxes spéciales, des politiques d’achat local. C’est simple, correct et socialement accepté. C’est ce que viennent de faire deux joueurs importants du monde de l’édition, deux éditeurs littéraires et indépendants. En jeu, la survie de l’édition québécoise pour certains, la vente de beaucoup de bouquins pour d’autres.»

Dé(livre)z-nous du marche IV, 15 février 2010

«Au lieu de se tourner automatiquement vers l’État pour réclamer des solutions à leurs problèmes ou de nouvelles protections, les libraires gagneraient à se spécialiser et à promouvoir ce qui les différencie des grandes surfaces et des chaînes de librairies.»

«Les gens du milieu n’ont pas à cœur l’intérêt des consommateurs lorsque qu’ils réclament un prix unique, ils ont à cœur leur propre intérêt. Parce que si le gouvernement cède à leur demande, ce ne sera certainement pas eux qui seront pénalisés par la disparition des rabais. Ce sont les consommateurs. Toutes les personnes qui achètent des livres à rabais vont devoir débourser quelques dollars de plus lorsqu’elles vont s’offrir un livre. Vont-elles continuer à acheter des livres? Vont-elles fréquenter plus les petites librairies et leur permettre de garder leurs portes ouvertes? Rien n’est moins sûr.»

Dé(livre)z-nous du marche V, 15 novembre 2012

«Disparaître version 2.0 – L’argument qui revient le plus souvent chez ces protectionnistes de salon, c’est que sans cette réglementation, la survie de notre littérature/culture serait compromise. Sans cette mesure, il n’y aura bientôt plus de livres produits chez nous. Et, par une tournure de l’esprit des plus tordues, ils font le pari qu’une fois les prix de vente uniformisés, les consommateurs vont se tourner automatiquement vers les librairies indépendantes pour faire leurs achats…

Vous n’êtes pas convaincus? Vous n’êtes pas seuls. Parce qu’une fois le 10% de rabais maximal instauré partout, qui dit que les gens ne vont pas continuer d’acheter leurs livres dans les grandes surfaces plutôt que de modifier leurs habitudes d’achat et de se rendre dans les librairies indépendantes comme c’est souhaité? Qui dit que les gens n’attendront pas neuf mois avant de se procurer leurs livres à meilleurs rabais? Ou qu’ils n’achèteront tout simplement plus de nouveautés parce qu’ils auront l’impression de payer trop cher?

L’autre argument qui revient presque aussi souvent que le premier est que « nos créateurs » doivent être en mesure de vivre de leur art et qu’une telle mesure ferait en sorte qu’ils obtiendraient davantage leur « juste part ». Mais s’il se vend moins de livres (pour les raisons évoquées plus haut), les créateurs seront-ils réellement plus en mesure de vivre mieux de leur art? Parce qu’il ne peut que se vendre moins de livres si on hausse les prix. Les grandes surfaces risquent même de laisser tomber la vente de livres, si elles n’y trouvent plus leur profit.»

«Comme à l’époque du déclin des cinémas de répertoire (souvenez-vous des montées de boucliers à toutes les fois qu’un d’entre eux était menacé de fermeture…), les personnes qui se prononcent en faveur du prix unique sont nostalgiques du temps où la petite librairie de quartier avec gros chat dormant ici et là et patron vous appelant par votre prénom avait pignon sur rue.»

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Tous les textes de notre dossier sur le prix unique du livre

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Président éditeur, Fondation littéraire Fleur de Lys

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  1. […] 7 JUILLET 2013 : Prix unique du livre : Dé(livre)z-nous du marché, Gilles Guénette, Le Québécois Libre […]

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