La promotion du lecteur pour convaincre de nouveaux lecteurs

Ce n’est pas en tapant sur la tête des gens qui ne lisent pas que l’on convaincra des gens à devenir des lecteurs, comme l’a fait le président de l’Association des éditeurs de livres (ANEL), monsieur Jean-François Bouchard, dans son billet La mythologie numérique (le caractère gras est de nous) :

Au solde, il n’y a d’avenir ni dans l’attentisme ni dans la fuite en avant. Et surtout pas dans la fatalité. Alors, organisons nous pour ne pas donner raison à ceux qui sont plus affamés de cartes de crédit que de savoir et de culture.

La mythologie numérique

16 avril 2013, par Jean-François Bouchard – Président de l’ANEL

Je suis toujours sous le choc de cette affirmation du grand patron du marché traditionnel de l’édition au Québec. Qualifier les gens qui ne lisent pas «d’affamés de cartes de crédit» relève du mépris et d’une méconnaissance certaine du marketing.

Première erreur

L’affirmation ne s’inscrit pas dans une conversation privée entre éditeurs. Elle se retrouve sur le blogue de l’ANEL, accessible à tous. C’est une déclaration publique, noir sur blanc.

Deuxième erreur

L’affirmation révèle l’attitude négative de la présidence de l’ANEL envers les gens qui ne lisent pas. Propos négatif = attitude négative.

Troisième erreur

Les gens qui ne lisent pas ne fomentent pas la «disparition rapide du livre papier, comme de toute forme d’édition sur support imprimé.» L’affirmation le suppose : «Alors, organisons nous pour ne pas donner raison à ceux qui sont plus affamés de cartes de crédit que de savoir et de culture.» C’est un procès d’intention.

Comment je suis devenu un lecteur ?

J’ai commencé à lire sérieusement et assidûment qu’à partir de l’âge de 35 ans, en 1992. Et je n’étais pas plus «affamé de cartes de crédit que de savoir et de culture» auparavant. J’ai lu, à l’école les livres imposés dans le cadre de mes cours mais sans grand plaisir. Je n’avais pas l’expérience de vie pour profiter de ces lectures. Et pour tout vous dire, je préférais m’exprimer à cette époque plutôt que de lire ce que les autres exprimaient.

J’écrivais de poésie au cours de mon adolescence et je ne lisais pas d’autres poètes, pas plus que des essais sur les poètes et l’art poétique. Je me savais trop influençable et je désirais conserver à ma poésie son authenticité et sa naïveté.  Cette peur de l’influence indue de toute lecture sur mes écrits a été bénéfique puisque que l’on reconnu à mon imagination et à l’expression de ma perception du monde un style propre.

Ce n’est qu’à l’âge 18 ans que je lirais la poésie d’Émile Nelligan et que j’aurais le sentiment de partager quelques chose avec ses états d’âme grâce à ma propre expérience de la poésie. Le Vaisseau d’Or me marquera pour la vie en me tirant vers le fond. Je n’en dirai pas plus sinon que j’ai abandonné la poésie pour l’écriture journalistique.

la_voie_initiatique_02Ma première expérience positive de lecture remonte à l’âge de 21 ans alors que paraît «La Voie initiatique : le sens caché de la vie» de Jacques Languirand. Ce lire sera pour moi une source de révélations qui changera ma pensée et mon appréhension du monde. J’associerai désormais la lecture à une expérience intellectuelle qui n’a de valeur que par son pouvoir sur mon esprit. J’ai tellement aimé cette expérience que j’achèterai plusieurs exemplaires de ce livre pour les donner en cadeau à des connaissances dans l’espoir qu’ils vivent la même expérience de lecture.

Puis, par la force de je ne sais, le livre est disparu de mes loisirs pour apparaître uniquement dans mon travail. En fait, je ne devrais pas dire «le livre» mais «la documentation». Je lisais désormais de la documentation, des informations sur mon métier, sur la communication, les médias et les sujets que je traitais dans mes articles, mes émissions de radio et de télévision. Je me limitais désormais à transmettre à d’autres les informations tirées de mes lectures, sans bénéfices personnels durables.

Bien sûr, on trouve aussi des essais parmi mes lectures à cette époque, des «livres documentaires» comme je les nommais. Mais seuls deux titres de Marshall McLuhan révolutionnèrent mon esprit, Pour comprendre les médias et La galaxie Gutenberg.

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Pour comprendre les médias : les prolongements technologiques de l’homme est un essai publié par Marshall McLuhan (Canada) en 1964 et traduit en français en 1968.

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LA GALAXIE GUTENBERG, MARSHALL MCLUHAN, HMH, 1968, 428 PAGES

Après la disparition du livre dans mes loisirs, il disparut aussi de mon travail pour plus d’une décennie. J’ai cessé de lire et je n’étais pas plus niaiseux , cave et imbécile que ceux et celles qui lisaient, je crois.

Ce n’est qu’en 1992 que j’ai renoue avec la lecture, et ce, par pur hasard dans mon travail. Un livre en apparence sans valeur du genre «Devenez millionnaire en un jour» s’est révélé comme un résumé simpliste d’une œuvre originale captivante d’une quinzaine de titres de l’auteur. Et d’un livre à l’autre, j’ai lu des dizaines d’ouvrages depuis.

En résumé, je suis devenu un lecteur parce qu’une l’une de mes premières expériences de lecture fut initiatrice en agissant comme une révélation sur mon intellect. Je ne suis pas devenu lecteur par amour des livres mais pour l’expérience que m’en procure la lecture.

La valorisation du lecteur plutôt que du livre

À chaque fois que je témoigne d’une expérience de lecture, je valorise le lecteur plutôt que le livre. Je l’informe de l’effet bénéfique potentiel de la lecture de tel ou tel livre sur sa vie. Le livre est un outil permettant aux lecteurs de prendre de la valeur par l’expérience du savoir et de la culture acquise.

Insister sur l’expérience

Avant le livre, le savoir et la culture se transmettaient oralement par des histoires exerçant un pouvoir révélateur sur l’auditeur. Le sage ou le conteur du village offraient des expériences initiatrices aux auditeurs. Il fallait marquer les esprits pour s’assurer que le savoir et la culture prennent profondément racine chez les auditeurs.

Puis l’écrit a progressivement pris le dessus sur l’oral dans la transmission du savoir. Désormais, le gardien du savoir n’avait plus à se prêter à de longues soirées en présence de sa «classe» d’auditeurs. Il n’avait qu’à jeter sur papier ses histoires.

Mais l’écrit présente un problème de taille : l’auteur ne peut pas s’adapter instantanément à la réaction du lecteur, comme le faisait le sage et le conteur suivant les réactions de son auditoire pour s’assurer de l’effet révélateur de son récit. Certains experts dans le domaine de la communication, soutiennent que malgré toutes les avancés de l’écrit, il demeurera toujours une part du savoir et de la culture que seul l’oral peut transmettre d’une génération à l’autre.

Heureusement, la maîtrise de l’écrit a permis à plusieurs auteurs de transmettre sur papier le savoir et la culture avec une efficacité similaire à l’oral. La lecture procure alors au lecteur une expérience initiatrice, une expérience qui le transforme à chaque fois et dont il recherchera la jouissance.

La spécificité de l’expérience du lecteur : la durée

La multiplication des médias a brisé le quasi monopôle de la transmission du savoir et de la culture acquis par le livre. Tout comme la presse écrite a survécu à l’arrivée de la radio, cette dernière à l’avènement de la télévision, et ainsi de suite, le livre a persisté. Il s’attire la faveur de 12% à 15% de la population, un exploit dans le contexte très compétitif actuel.

Pourquoi cette tranche de la population s’adonne à la lecture ? Je propose une réponse : pour fuir l’expérience immédiate et superficielle au profit d’une expérience soutenue intérieure plus profonde.

Aujourd’hui, l’expérience de la vie, tout comme du savoir et de la culture, se résume en de courts instants, une série de flashs quotidiens qui stresse l’esprit.

Aussi, on ne rencontre presque plus personne capables de tenir un discours ou de raconter une histoire avec les qualités des sages du temps de l’oral. La presse écrite, la radio et la télévision limitent toujours plus l’espace et le temps accordé à chaque intervention. Tout est court, très court et tout va vite, très vite.

Or, s’adonner à la lecture d’un livre, c’est se permettre une écoute de longue durée, comme au temps de l’oral, c’est invité chez-soi, en son esprit, le sage ou le conteur du village (global).

La spécificité de l’expérience du lecteur est la durée, essentielle à toute expérience révélatrice du savoir et de la culture. Il sera toujours des expériences que seul le temps permettra. On ne peut pas vivre une expérience initiatrice du savoir et de la culture en «consommant» de simples capsules de type télégraphique, si nombreuses soient-elles

La nature de l’expérience de du lecteur : cérébrale… et émotive

Plusieurs personnes qualifieront mon type d’expériences de lecture de cérébral et intellectuelle. Certes, mais mon témoignage à autrui déborde d’émotions et de passion, axé sur la vulgarisation et empreint de simplicité. C’est la joie !

Les lecteurs, une élite ?

(…), l’Enquête internationale sur l’Alphabétisation et la compétence des adultes (EIACA) réalisée il y a dix ans, révélait que sur une échelle de cinq niveaux, la moitié de la population du Québec n’atteignait pas le niveau 3 considéré comme la zone de confort pour une lecture féconde. Pire, 16% des adultes de 16 à 65 ans, soit 800,000 personnes n’atteignaient pas le niveau 1. On évalue aujourd’hui à plus d’un million le nombre d’illettrés chez nous. C’est dire, qu’on le veuille ou non, que la lecture — comme les études supérieures et les sports olympiques — est une activité de l’élite. J’entends, évidemment, la lecture d’ouvrages littéraire, pas de Allô Police.

Lettre ouverte: littérature dans les médias, François Jobin, écrivain minueur, L’Unique blogue, 5 décembre 2012.

Contrairement à monsieur Jobin, je ne crois pas que les lecteurs forment une élite. Ainsi, les nouveaux lecteurs ne rejoignent pas une élite. Les différents profils des lecteurs nous le confirment; on retrouve des lecteurs dans toutes les groupes de la société, à l’exception des analphabètes.

Je ne cherche pas à niveler vers le bas et je ne m’oppose pas à la reconnaissance des élites. Je constate une multitude de profils des lecteurs présents sur ma route. Je commence toujours mon investigation avec cette petite phrase : «Qu’est-ce que tu lis ?» Il y a des gens instruits et d’autres moins instruits, des gens pauvres, des gens riches, des gens de la (fameuse) classe moyenne, des travailleurs, des chômeurs, des gens en santé et d’autres malades, des gens de la ville et des gens de la campagne, à pied, en autobus, en automobile, des gens en vacances sur une plage, des gens en pause dîner de leur travail,… Une foule beaucoup trop hétéroclite pour répondre à la définition d’une élite : «L’élite regroupe la population qui a une place en haut d’une hiérarchie». Les lecteurs n’occupe pas une telle place, pas plus qu’ils détiennent une autorité morale sur les autres qui ne lisent pas.

Nous parlerons de promotion du lecteur, il sera important de nous rappeler que la cible n’est pas une élite. «Devenez lecteurs, rejoignez une élite !» ne sera pas notre slogan.

Les lecteurs connaissent des choses que vous ne savez pas

Le verbe «brancher» fait partie de l’usage courant pour désigner les gens navigant sur Internet. «Des gens branchés», dit-on, pour parler des internautes :

Un internaute est un utilisateur du réseau Internet.

Le terme internaute est de forme métaphorique, construit à partir du nom Internet et du suffixe -naute.

Il désigne donc une personne qui utilise un navigateur Web pour visiter des sites web et, par extension, toute personne employant une application informatique permettant d’obtenir sur Internet des informations, ou de l’interactivité avec d’autres personnes : courrier électronique, chat, transfert de fichiers par FTP ou peer to peer, forums de discussions sur Usenet, etc.

Source

De là, il n’a qu’un pas à franchir pour parler de «gens branchés SUR LE MONDE».

Les lecteurs sont aussi des «gens branchés» mais sur un tout autre monde et sur un tout autre réseau : l’univers des idées, plus spécifiquement dans la galaxie des «idées longues», par opposition à «idées courtes», dans le réseau de l’Homme, auquel on se branche uniquement par l’expérience de la lecture.

Eh ! Oui, les lecteurs connaissent des choses que vous ne savez pas si vous ne lisez pas.

Le secret des livres

Toutes les histoires, les informations, les analyses,… qui font l’objet de livres demeurent généralement dans les livres. Le contenu des livres ne se retrouvent pas sur la scène publique. Cette dernière propose des résumés, des critiques et des extraits, rien de plus. Et même lorsque l’auteur offre gratuitement la version numérique de son livre sur Internet, son contenu demeure accessible uniquement par la lecture.

Si les livres mettent en circulation des histoires et des idées au sein de la société, les versions originales élaborées par les auteurs restent dans les livres. Et par expérience, je sais que les échanges au sujet du contenu des livres dans nos conversations souffrent de réductionnisme et sont ainsi infidèles au texte original. Les livres ne se racontent pas, ils lisent.

Je constate que plusieurs personnes ne lisent parce qu’elles croient retrouver ailleurs les histoires et les idées véhiculées par les livres. «Si c’est important et si intéressant que ça, on en entendra PARLER. Pas besoin de lire.» C’est faux.

Car le livre présente des «idées longues» et nous avons la mauvaise habitude des «idées courtes», tout doit être court et rapide.

Je lis suffisamment pour vous confirmer que ce qu’il y a dans les livres ne retrouve pas ailleurs.

L’univers des idées

La lecture donne accès à des «idées longues», à des contenus plus élaborés qui entraînent l’esprit et l’imagination dans l’univers des idées, à na pas confondre avec celui des opinions où malheureusement la plupart des gens se trouvent ensorcelés.

L’opinion règne aujourd’hui en roi et maître des esprits. Un jeune homme me confiait dernièrement que l’opinion était le seul et l’unique produit possible de l’esprit ou, si vous préférez, que toute expression de l’esprit se définissait comme une opinion. Ce jeune homme croit que tout ce qui lui vient à l’esprit ce sont des opinions. Plus encore, il croit que tout ce que les autres expriment ne sont que des opinions. Il est prisonnier du monde des opinions.

L’expression «à chacun son opinion» prive les gens de toute libération. Elle enferme les gens dans leurs opinions. Et si une menace se pointe, ce sera «à chacun sa vérité». L’opinion devient ainsi une vérité personnelle.

On ne distingue plus «il est vrai que je pense» de «ce que je pense est vrai». On prend pour vrai tout ce que l’on pense. Un chose est vrai parce que je la pense.

Pour s’évader du monde des opinions, il faut un moyen de rejoindre le monde des idées : le livre libère !

Si vous pensez que les opinions, c’est tout ce qui compte. Éviter le livre !

Le réseau de l’Homme

Si le monde des opinions est replié sur lui-même, celui des idées s’ouvre sur tout un réseau, celui de l’Homme. Les idées circulent depuis la nuit des temps. Elles vivent et forment l’imagination de l’Homme, cette imagination dont nous héritons tout le potentiel à la naissance. Mais encore faut-il que cette imagination soit nourrie au plus tôt et tout au long de la vie pour exercer ses pouvoirs.

Si les parents alimentent l’imagination de leurs enfants avec des opinions uniquement, l’esprit en sera atrophié. Plusieurs parents font preuve de bonne volonté au cours de la petite enfance mais tout se gâte à l’adolescence. Ils n’ont plus que des opinions à offrir à l’imagination de leurs adolescents. Les belles histoires ont pris le bord. Plusieurs jeunes croient qu’être adulte, c’est avoir raison. Une situation catastrophique pour l’esprit en eux.

Libérez votre esprit de lui-même par le livre ! Il y a dans les livres non seulement des idées mais tout un monde branché sur l’Homme que vous êtes !

La lecture à l’école

Plusieurs personnes soutiennent que la lecture doit devenir une habitude et que l’école a un rôle important à jouer. Bref, l’école doit développer le goût de lecture. Ce sera facile chez les élèves qui ont une propension à la lecture. Mais ils sont minoritaires. Dans notre société «toute verbale», la lecture demande une formation élaborée, attentive et subtile. L’expérience de la première lecture détermine l’avenir du livre chez tout élève. Une lecture imposée – forcée – ne séduira pas l’esprit. Que faire ? Opter pour une expérience initiatique de la lecture, une expérience qui révèlera aux pouvoirs de l’esprit de l’élève une manière unique d’appréhender la connaissance, l’imaginaire et le monde. L’honnêteté est de mise : «C’est davantage par les livres que par les cours que votre esprit exploitera son plein potentiel.»

La promotion du lecteur

Le marché traditionnel de l’édition s’inquiète. Il veut une part plus importante de lecteurs au sien de la population. Pour atteindre cet objectif, il faut promouvoir le lecteur et son expérience privilégiée de la lecture.

Il faut éviter à tout prix de dévaloriser ceux et celles qui ne s’adonnent pas à la lecture de livres, comme le fait le président de l’Association nationale des éditeurs de livre en affirmant qu’ils sont «plus affamés de cartes de crédit que de savoir et de culture.» On ne tape pas sur la tête des gens que l’on souhaite convaincre de lire.

La meilleure stratégie est de mettre en vedette des héros ou des modèles à suivre choisis parmi les lecteurs actuels, des gens capables de témoigner de leurs expériences initiatiques de la lecture.

Je donne souvent en exemple la stratégie publicitaire visant à sensibiliser les jeunes aux conséquences malheureuses de la vitesse et de l’alcool au volant. Ce n’est pas en disant que ces jeunes téméraires sont niaiseux, caves et imbéciles que l’on parviendra à des résultats intéressants. Il y a plus de dix ans que l’on procède ainsi auprès des jeunes. La plus récente approche vise à culpabiliser les jeunes téméraires du volant en exposant sous toutes ses coutures les conséquences de leurs actes après un accident, c’est-à-dire de les culpabiliser. Ce n’est pas une bonne approche. Il faut plutôt offrir des modèles à imiter. Tout le succès de l’Opération Nez rouge repose sur le respect et la valorisation du geste posé en confiant son volant à un service de raccompagnement. Il en va de même de la campagne valorisant le chauffeur désigné. Ça, c’est positif.

Le respect des gens qui ne lisent pas de livre s’impose comme une condition de basse à toute promotion de la lecture.

La loi de la convergence

Cibler tous les gens que ne lisent pas de livres sera une erreur fatale. D’abord, parce qu’en marketing, «tout le monde, c’est personne». Ensuite, parce qu’il est nécessaire de réduire la cible pour être efficace.

Réduire la cible pour appliquer la loi de la convergence. Le respect de cette loi permet de tirer le meilleur des ressources disponibles. À la manière d’une loupe utilisée pour concentrer l’énergie des rayons du soleil dans le plus petit point possible pour tirer toute la force, il faut accepter de réduire la cible par convergence.

«Oui, mais mon produit cible tout le monde» arguent les entrepreneurs auxquels il faut répondent qu’il va diluer ses ressources sur une cible trop large et irréaliste, même s’ils disposaient de ressources financières illimitées. Aujourd’hui, contrairement à la société d’après la dernière Grande Guerre, la population est divisée et subdivisée en une multitude de groupes distincts.

Par exemple, les lecteurs d’essais et les lecteurs de romans ne forment pas un un seul groupe; les intérêts et les expériences de lectures diffèrent d’un genre littéraire à l’autre.

Si les éditeurs reconnaissent cette réalité par des publicités ciblées de leurs livres par genre littéraire, leurs efforts visent surtout les lecteurs actuels. Ils souhaitent maintenir ou augmenter la consommation de livres chez les lecteurs déjà convaincus des bienfaits de la lecture. C’est bien.

Mais l’objectif de convertir à la lecture de livrea des gens qui ne lisent pas encore, ne sera pas atteint avec la même stratégie publicitaire. Car dans ce cas précis, ce ne sont pas les titres de la rentrée littéraire que la publicité doit mettre en vedette mais plutôt le lecteur et son expérience de lecture, et ce, par genre littéraire.

Création d’une Agence de promotion du livre et de la lecture

Actuellement, le marché traditionnel de l’édition se limite à la promotion de ses livres auprès des lecteurs. Or, la promotion de l’expérience de la lecture nécessitent une action commune, une convergence de tous les intervenants en présence suivant les différents genres littéraires. Le Québec ne possèdent aucune structure organisationnelle pour une telle convergence des efforts de promotion de la lecture. Dans un article récent, je proposais la création d’une Agence de promotion du livre et de la lecture financée à même les budgets actuels, par exemple, une part de 15% de toutes les aides gouvernementales accordées au marché traditionnel de l’édition.

GENRE PAR GENRE

Voici maintenant deux exemples de promotion, la première ciblant les gens d’opinion, la seconde ciblant les gens à l’imagination fertile. Nous partons du principe que ces deux groupes privilégient la lecture des idées (trop) courtes (titres des médias, chroniques, courts textes sur le web,…) suivie de l’expression verbale (rapide).

Les essais pour les gens d’opinion

Les gens d’opinions forment aujourd’hui un groupe beaucoup trop large et hétéroclite pour être la cible d’une opération de marketing efficace. Il faut donc réduire la cible. Je propose de cibler un sous-groupe des gens d’opinions, ceux et celles soucieux d’exprimer la meilleure opinion possible car cela ne saurait se faire sans s’adonner à la lecture d’essais, sans profiter des idées longues du monde des idées. Dans ce cas, le lecteur héros témoignera de l’évolution qualitative de ses opinions grâce à sa lecture d’essais et du nouvel intérêt de ses proches face à ses opinions. Ce lecteur héros est devenu un conseillé dont on recherche l’opinion. Dans le contexte où un très grand nombre de gens cherchent à dire aux autres quoi penser et comment agir, la lecture s’impose pour être un guide responsable et respecté.

Les romans pour les gens à l’imagination fertile

«On dit de vous que vous avez une imagination fertile, que ce ne sont pas les idées qui vous manquent, faites l’expérience de l’imaginaire des auteurs pour surprendre encore davantage vos proches, au travail et dans les loisirs. La lecture de romans propulsera votre imagination et votre créativité à des sommets d’originalité inégalé. Lorsque j’ai lu…, j’ai eu une foule d’idées au sujet de… qui ont fait le bonheur de mes proches. Il y a un roman à la hauteur de votre imagination et votre libraire saura vous le dénicher.»

Serge-André Guay, président éditeur
Fondation littéraire Fleur de Lys

Site internet : http://fondationlitterairefleurdelysaccueil.wordpress.com/

Facebook : http://www.facebook.com/pages/Fondation-litt%C3%A9raire-Fleur-de-Lys/495352177170151

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Téléphone : 418-903-1911

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  1. […] : les lecteurs ne forment pas une élite ! J’élaborerai sur le sujet dans l’article La promotion du lecteur pour convaincre d’autres lecteurs qui sera publié demain dans ce magazine en […]

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