Entrevue avec Dany Thériault, auteur du livre Harmonies et Manifeste post-symboliste

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Ce livre de poésie est particulier parce que son auteur, Dany Thériault, est un scientifique (chercheur attaché au département de traitement du cancer à l’Hôtel-Dieu-de-Québec). Dans la première partie de son livre (Manifeste post-symboliste), le scientifique explique en quoi la science ne peut pas procurer à elle seule une perception de réalité; il faut aussi la vision de la poésie. Bref, Dany Thériault se lance dans l’examen du lien entre la science et la poésie, un sujet qui fait de plus en plus parler de lui.


Question – En ouverture de votre manifeste, vous faites le constat que l’homme moderne est parfaitement conforté dans sa foi en la science, trouvez-vous que la science occupe une place démesurée dans la société en général?

RÉPONSE – Non, pas du tout, essayer de caractériser des phénomènes en utilisant une démarche scientifique est une bonne chose et il est tout à fait légitime d’essayer de le faire. Mon texte se veut une mise en garde contre une forme de complaisance intellectuelle envers la science que je constate chez des gens autour de moi, dans les médias et la société en général. La plus grande rigueur est essentielle à la méthode scientifique, à l’interprétation des ses résultats et à la diffusion de l’information dans la population en général. Surtout, il ne faut pas se servir d’une foi aveugle en la science pour éviter de faire face à l’absurdité de l’existence et à la souffrance parce que ces expériences sont importantes pour que l’homme soit complet dans sa nature. Personnellement, je serais incapable de vivre dans un monde sans rationalité scientifique, mais ne m’en tenir qu’à la science pour appréhender le monde serait un acte de lâcheté.

QUESTION – Pourquoi avoir choisi la poésie comme genre d’écriture?

RÉPONSE – Ça n’a pas été un choix rationnel, j’ai été conquis par ce mode d’expression lorsque j’ai lu Paul Valéry. Je ne sais pas exactement pourquoi, mais il y a un élément de réponse dans le fait que, par rapport à l’essai, au roman ou à tout autre discours prosaïque, la poésie est un acte brut, primitif. J’ai toujours cru que les choses les plus puissantes devaient s’exprimer dans la concision et la simplicité, la poésie est le seul genre qui s’accorde vraiment à cette quête d’absolu. Je suis fasciné par l’idée de cerner une partie de la cohérence du monde dans ces chansons à la fois intellectuelles et musicales, rationnelles et sensuelles. La poésie est à l’image de l’homme dans sa dualité raison/émotion.

QUESTION – Comment concevez-vous le travail le travail d’écriture? Est-ce un plaisir, une nécessité, une exigence…?

RÉPONSE – Je dirais que j’ai besoin du plaisir de la poésie pour me réconcilier avec le monde, pour être heureux, donc au bout du compte, c’est une exigence. La poésie est le seul moyen que j’ai trouvé pour assouvir un besoin d’explorer le monde dans sa dimension la plus fondamentale.

QUESTION – Est-ce que l’écriture poétique pour vous obéit à une inspiration ou à une recherche consciente, une application?

RÉPONSE – Il y a des deux. Il y a des idées qui viennent de manière spontanée, mais à mon avis, un poème ne peut se construire en entier dans la spontanéité. Une grande partie de mon travail de poète est d’arriver à filtrer et agencer les idées surgies de l’inspiration pour en faire une entité cohérente qui elle, constitue le propos du poème.

QUESTION – La question du mouvement semble une obsession pour vous et pourtant dans votre œuvre, la saisie du mouvement est toujours très délicate, très proche de l’immobilité?

RÉPONSE – Mes poèmes cherchent à évoquer et cerner les relations qui sous-tendent l’ordre et l’évolution des choses. Ils cherchent à se situer dans le calme et l’objectivité qui engendrent le mouvement apparent ou plus spectaculaire. Évidemment, il est impossible et illusoire de cerner l’ordre des choses dans sa totalité donc tout ce qui reste, ce sont des « instantanés », des photographies visant à cerner une partie de la cohérence du monde, c’est ce qui crée, je crois, cette impression d’immobilité. Dans son but final, cette façon de concevoir le travail poétique est assez proche de la méthode scientifique dans laquelle des modèles mathématiques sont créés et comparés aux résultats d’expériences sensibles pour éventuellement les raffiner, les rendre plus englobants.

QUESTION – Avez-vous le sentiment de vous inscrire dans une école littéraire?

RÉPONSE- Non, pas vraiment. J’ai utilisé la terminologie « postsymboliste » parce que je crois que les poètes de ce mouvement avaient tout dit en prose et compris ce qu’il y avait à « comprendre » rationnellement à propos des visées de la poésie qui m’influence. Je n’ai certainement pas la prétention de dire quelque chose de neuf sur la poésie après quelqu’un comme Valéry, mais de tout simplement reprendre des idées qui me semblaient oubliées dans la poésie moderne et qui sont les plus appropriées à ma démarche. Ce qui m’importe vraiment, ce sont les poèmes, ensuite les notions d’école littéraire, de mouvement suivront peut-être lorsque des traits communs à plusieurs œuvres seront dégagés…

QUESTION – La personne, l’individu humain n’apparaît presque jamais dans vos poèmes, est-ce un choix?

RÉPONSE – Pour moi, l’humanité constitue notre condition d’observateur et d’acteur avec le monde, mais elle ne constitue pas directement le sujet de mes poèmes. L’humanité est pour moi le point de départ de l’expérience de toute chose, l’endroit où nous nous situons. Mes poèmes partent forcément de ce point, mais le but visé est ailleurs, tout autour… Mes poèmes ne sont jamais autobiographiques et ne traitent pas de mes souffrances, de mes joies, de ma propre condition d’être humain. Les genres prosaïques comme le théâtre, le roman traitent de la condition humaine de manière directe et le font bien.

Président éditeur, Fondation littéraire Fleur de Lys

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